« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
"In the Lost Lands" est une aventure post-apocalyptique pleine de contradictions, portée par Milla Jovovich et Dave Bautista. Adaptation d'une nouvelle de George R.R. Martin, le film mêle science-fiction et western, mais peine à offrir une expérience mémorable avec un scénario confus et des effets visuels décevants.
Dans un film dur et impérieux, puissant et magistral, "La Convocation", Halfdan Ullmann Tøndel dénonce les ravages et dérapages des mythomanies et névroses familiales en milieu scolaire. Un coup de maître.
Bong Joon-ho revient avec "Mickey 17", un film de science-fiction burlesque et satirique qui explore la question de l’humanité à travers le personnage de Mickey Barnes, un homme réplicable et sacrifiable dans une mission spatiale. Porté par un Robert Pattinson exceptionnel, ce film mêle humour noir, enjeux écologiques et questionnements philosophiques, tout en offrant un regard critique sur notre société. Une œuvre audacieuse et décalée du réalisateur de "Parasite".
Empreint de finesse, vivacité subversive et tendresse provocatrice, Judith Davis fondatrice du collectif de théâtre "L'avantage du doute" signe avec "Boujour l'Asile" un film-manifeste salutaire interrogeant l'écrasement de l'humain par les normes et notre "vivre-ensemble".
"The Monkey", adaptation décevante de Stephen King réalisée par Osgood Perkins, offre un début prometteur mais souffre d'une intrigue simpliste et d'une mise en scène anecdotique. L'humour noir empêche toute tension, et l'absence de rythme rend cette série B vite oubliable. Un cocktail d'horreur et de comédie raté.
A travers un film fort et étrange, la comédienne grecque Ariane Labed fait irruption sur la scène des futures grandes réalisatrices proposant un 1er long métrage "September & July" dérangeant et fascinant, ancré dans l'héritage du monstrueux "Canine" de Yorgos Lanthimos.
Après "Challengers", Luca Guadagnino revient avec "Queer", un projet audacieux inspiré de la nouvelle sulfureuse de William S. Burroughs. Entre esthétique léchée, casting prometteur et exploration des tabous des années 50, le film promettait beaucoup. Pourtant, il divise : si la maîtrise visuelle et émotionnelle est indéniable, la dérive narrative et le manque de profondeur des personnages laissent un goût mitigé. Plongée dans un film en deux temps, entre extase et désillusion.
"When the Light Breaks" de Rúnar Rúnarsson plonge dans la fragilité de la vie à travers l’histoire d'Una, une jeune artiste en pleine quête d’identité. Ce film islandais explore les thèmes du deuil, des relations humaines et de la douleur à travers un groupe d’amis confrontés à la perte brutale d’un proche. Avec une mise en scène lumineuse et une réflexion profonde, il offre une vision émotive de la vie, de l’amour et de la séparation.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.