Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Construit comme un jeu vidéo, Everly est un divertissement bourrin, avec une bonne dose d’hémoglobine de fusillades de combats aux sabres et de la lingerie...
Baroque, grandiose, burlesque, Tale of tales de Matteo Garrone est une oeuvre à l'esthétique léchée doté d’un réalisme effroyable, célébrant autant la cruauté et la féerie de l’être humain
Haramiste, un moyen-métrage d'Antoine de Rosière sur la jeunesse moderne et la liberté écrit pour un projet d'Arte sur l'Amour moderne à partir d'improvisations.
C'est par le langage, ces quelques mots prononcés en yiddish, que Tsili accorde la confiance à cet homme et lui ouvre la porte de son cocon. Et c'est par cette absence de parole, qu'il remplace par des bruits incessants d'obus, qu'Amos Gitaï rend compte du caractère inénarrable de la situation, et de l'atmosphère oppressante qui englobe les personnages.
Sorti en 2012, Indian Palace, de John Madden (le réalisateur Shakespeare in love) constituait une agréable surprise dans l’univers de la comédie britannique. En faire une suite n’était absolument pas nécessaire, et pourtant cette seconde partie reste au même niveau que le film original et en possède les mêmes qualités.
Derrière une retranscription très textuelle de l’œuvre, Justin Kurzel fait preuve d’une vraie proposition de cinéma et offre à cette pièce une modernité insoupçonnée [...] Le Macbeth de Justin Kurzel atteint la noirceur et la grandeur du texte, tout simplement.
4 ans après la fin de la série, Entourage le film débarque sur nos écrans. L'attente est immense pour les fans de ce show culte HBO de Doug Ellin, surtout qu'elle s'est achevée au bout de huit années, laissant le spectateur sur sa faim.
Après Darling, un film qui a été plutôt bien accueilli, Christine Carrière livre Une mère, un film en demi-teinte sur une relation mère-fils conflictuelle, avec des acteurs principaux (Mathilde Seigner, Kacey Mottet Klein) en deçà de nos attentes...
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.