Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Pourvu d'un scénario classique et de moments proche du ridicule, Pan reste un film visuellement superbe et ambitieux qui assume pleinement son excentricité avec sa mise en scène inventive et habile ainsi qu'un casting over the top et globalement convaincant.
Mune, le gardien de la lune d'Alexandre Heboyan et Benoît Phillippon, est un conte mêlant mythologie et onirisme. L'univers du film est plein de poésie, on peut cependant reprocher un manque d'audace dans la création des personnages .
Guillermo del Toro est mis à l'honneur au Festival Lumière 2017. Pour l'occasion, CinéSéries revient sur la filmographie du maestro. Et on commence par son dernier film en date, Crimson Peak.
Après onze ans d'absence, Jean-Paul Rappeneau est de retour avec Belles familles, film choral et "roman familial" au casting trois étoiles, mais au scénario assez creux. Cette histoire est en effet assez peu accrocheuse tant elle mène à une conclusion assez attendue et plutôt décevante. En gros, "qui se ressemble, s'assemble". Soit, sans grande surprise, les deux figures aussi abstraites qu'électriques du film : Amalric et Vacth. Pour le reste, on sourit parfois, mais cette histoire d'allers-retours reste très longue (près de 1h53) et manque parfois cruellement d'intérêt.
Raging Bull est issu de la collaboration fructueuse entre Martin Scorsese et Robert de Niro. Ce film, c'est l'ascension et la chute du héros, personnifiées par De Niro.
En opposant les voix-off particulièrement bavardes et cultivées de ses deux protagonistes, Woody Allen fait plus que mettre en place une sempiternelle histoire d'amour impossible et et signe un essai philosophique d'une virtuosité romanesque sans égal.
Connu pour son cynisme, Kheiron livre ici une biographie de ses parents en reconstituant leur parcours, depuis leur engagement politique en Iran jusqu'à la reconnaissance, par la République Française de leur travail associatif. Un portrait moralisateur dans lequel humour et mélodrame ne font pas forcément bon ménage.
Avec sa ressortie au cinéma ce mercredi 14 octobre, "Blade Runner" il se devait y avoir un article avec comme fil directeur, cette question : qu'est-ce que revoir "Blade Runner" au cinéma, en 2015 ?
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.