Critiques films

André is an Idiot : le dernier cri d’un condamné

On connaît tous un André. Ce type qui blague sur tout, qui vit à fond, qui remet au lendemain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. "André Is an Idiot", prix du public à Sundance 2025, raconte comment cet homme-là a appris, trop tard et avec humour, ce que mourir veut vraiment dire.

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

La bonne Réputation d’Alejandra Marquez Abella: grandeur et décadence d’une bourgeoisie mexicaine aux repères éculés

Alejandra Marquez Abella réalise avec la bonne réputation un film plutôt subtil, faussement dépassionné, mais vibrant au contraire d’un maelström de sentiments violents d’orgueil et de condescendance, d’une conscience de classe que le temps n’a pas diminuée d’un iota dans un Mexique arc-bouté sur ses valeurs archaïques

Queens de Lorene Scafaria où l’arnaque en talons hauts

Sur le papier, difficile de rester insensible à la proposition de Queens qui troque les gangsters habillés en costume 3 pièces de Scorsese pour les charmes d'une Jennifer Lopez grimée en matriarche/strip-teaseuse qui va réussir à écumer les poches des cols blancs de Wall Street, le tout dans un divertissent solide et bien troussé.

Chambre 212 de Christophe Honoré : la légèreté lui va si bien

Chambre 212 s'écrit comme un long rêve peuplé de fantômes, d'amours consommées, consumées. C'est une petite parenthèse dans l’œuvre très riche de Christophe Honoré. Une déclaration d'amour aux acteurs, mais surtout à la grande Chiara Mastroianni qui prouve qu'il reste encore des rôles forts, libres, poétiques, même à presque 50 ans. Et tout ça sous l’œil avisé d'un homme qui filme mieux que personne l'amour et ses désillusions, mais surtout son empreinte indélébile sur le corps. Le film fait joliment écho à l'album d'Alex Beaupain sortie le 4 octobre dernier : Pas plus le jour que la nuit. Ici la nuit apporte légèreté et liberté au jour. Elle évite les grandes scènes de ménage et offre les corps en partage.

Atlantique de Mati Diop : une réalité dakaroise magnifiquement au-delà du réel

La Franco-Sénégalaise Mati Diop a peaufiné son Atlantique, un film qui ne ressemble à aucun autre, aussi ancré dans la réalité que quasiment mythologique, avec un départ en mer au centre du récit. Une réussite qui mérite amplement le Grand Prix obtenu à Cannes.

Gemini Man, d’Ang Lee : le spectateur de demain pour le cinéma du futur

Sous ses airs de commande boostée par un projet de mise en scène, Gemini Man aligne toutes ses planètes sur le même curseur. Ainsi l’argument du double numérique, loin de constituer un simple produit d’appel, permet justement de construire l’identification au héros sur une base qui n’est plus seulement celle de l’empathie, mais de l’expérience. Bienvenue dans l'ère du spectateur-acteur, mais en 3D HFR exclusivement.

Les films de septembre : Wedding Nightmare, Deux moi, Ça…

Le cinéma a repris sur les chapeaux de roue en septembre avec la sortie de plusieurs très grosses attentes : Ad Astra, Ça chapitre 2, Bacurau... Il y en avait pour tous les goûts dans les salles obscures et la rédaction a pris le temps de revenir sur certaines de ces sorties et de la grande ressortie du mois : Apocalypse Now Final Cut.

Ceux qui travaillent d’Antoine Russbach : une belle fiction qui rejoint la réalité d’un monde asservi aux lois du marché

Pour un premier long métrage, Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach est un film déjà maîtrisé, bourré d’intelligence sur le monde cynique d’une certaine forme de travail qui ne répond qu’aux exigences du libéralisme et qui ne se soucie pas de l’humain.

Bacurau : Allons enfants du Brésil ! Contre nous de la tyrannie !

Moment de cinéma jouissif et biberonné à l'âge d'or particulier de tous les genres qu'il brasse avec amusement et ingéniosité, Bacurau est un cri de résistance sociétal primordial qui n'en oublie pour autant jamais l'aspect spectaculaire.

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« - Ce type pond des coups d’état comme ma femme reprise mes fonds de culotte ! Et vous voulez que j’obéisse ? • SUFFIT, BOUFFON ! OBEISSEZ OU JE VOUS ENFERME DANS VOS PROPRES GEOLES ! »

Blacksad stories : Weekly ou les origines d’un personnage

« - Mes rêves ne me trompent jamais. Les Kalisnowszczyzna… - … « Les Kalisnowszczyzna ont toujours eu un don pour la voyance… » - Paf - Aïe ! Alors j’ai dû être adopté, moi, je ne vois jamais rien venir… - Moi, je peux te dire que tu es de la famille ! Tu as hérité du sale caractère de ma sœur Prili. - Grand-mère… Tu n’as pas de sœur. Tu confonds tes rêves et la réalité. »

« L’Origine de l’humour » : l’homme qui inventa la blague

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