Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Give me Liberty de Kirill Mikhanovsky : Les joyeuses tribulations de l’autre Amérique

Le deuxième long métrage du Russo-Américain Kirill Mikhanovsky, Give me Liberty est un beau film résolument optimiste et joyeux sur fond d’une réalité pas toujours drôle

L’œuvre sans Auteur de Florian Henckel von Donnersmarck : Une épopée romanesque et romantique

Avec son nouveau film, « L’œuvre sans Auteur », l’allemand Florian Henckel von Donnersmarck réussit la gageure d’imaginer une épopée romanesque et dense avec des bribes de la vie mouvementée du grand peintre allemand Gerhard Richter.

Le Roi Lion (2019), de Jon Favreau : le (re)cycle éternel ?

Le tant attendu et tant redouté remake du Roi Lion est enfin sorti. Entre un parti-pris visuel intéressant et une frilosité musicale décevante, le film de Jon Favreau s'en tire avec les honneurs sans révolutionner la recette. Mais ne vous en faites pas, l'émotion est toujours là !

Face à la nuit : la temporalité du regret

Face à la nuit  de Wi-ding Ho est une longue et douce insomnie, un film qui ne fait qu’un avec l’esprit éphémère d’un homme. Le cinéaste nous immisce dans les trois nuits marquantes de Zhang Dong Ling, avec à chaque fois le même schéma : un homme, une femme, des ravisseurs, un désir, la police, la pluie, une course poursuite, un dédale nocturne, des âmes en peine, une déliquescence montante.

Annabelle 3, le train fantôme de la saga Conjuring

Avec Annabelle 3, la saga Conjuring trouve ses limites en montrant à quel point elle n'arrive plus à se réinventer ni à savoir exploiter ses bêtes de foire correctement. Mais parvient tout de même à tenir la distance avec cette suite d'une générosité folle question séquences horrifiques.

Anna, Luc Besson drague Me Too

Sur le papier, Anna a tout du projet « safe », monté spécialement pour remettre une pièce dans la machine Luc Besson. A l’écran, ça ressemble un adulte de 60 ans qui ressort son vieux t-shirt des Spice Girls pour être invité aux soirées pyjama de la petite nièce de Rose McGowan.

Crawl, une série B peut-être plus personnelle qu’il n’y paraît

L'idée de gros crocodiles qui hantent une cave inondée, telle qu'on l'aperçoit dans la bande-annonce, est a priori grotesque. Mais la façon dont Alexandre Aja l'exploite, dans un contexte de catastrophe naturelle apocalyptique, transforme le film en un divertissement marquant qu'on prendra plaisir à voir entre amis... surtout avec ceux qui ont peur des gros reptiles.

Golden Glove, de Fatih Akin : Quand la morale suinte

Faire face à Golden Glove, c’est se faire éclabousser par une saleté rance et putride qui suinte du film à chaque instant, de ses décors à son personnage principal, en passant par le bar glauque qui lui donne son sobriquet.

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