Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Donzelli est une fantasque parmi les fantasques, type de réalisateur assez rare, notamment en France, pour être revendiqué ici. On peut lui associer notamment une Sophie Fillières et ses films comme Arrête ou je continue. C'est d'ailleurs un peu le leitmotiv de Notre Dame, une sorte de pépite burlesque où chacun continue plus loin que l'autre tant qu'aucun n'a bien déterminé son périmètre identitaire. Retour sur ce film sorti en salles le 18 décembre 2019.
La papauté attire les cinéastes ces dernières années. Après Nanni Moretti, Paolo Sorrentino ou Wim Wenders, c'est au tour de Fernando Meirelles, le réalisateur brésilien devenu célèbre avec La Cité de Dieu, d'entrer sous les ors du Vatican. Au programme : la confrontation entre deux papes (Benoît XVI et le futur pape François), deux visions du monde, mais aussi deux hommes avec leurs souffrances et leurs peurs.
La réalisatrice Nicole Salo, n'a pas froid aux yeux, et aborde, pour son premier long-métrage, Emma Peeters, un sujet très difficile et encore tabou : le suicide. Elle désamorce son choix explosif, en utilisant une arme imparable, l'humour. Monia Chokri, qui incarne Emma, nous livre une prestation remarquable, au niveau de son jeu d'actrice. Le film est plaisant mais n'est pas une réussite totale.
L’immanquable Millennium Actress, réalisé en 2001 par Satoshi Kon, arrive enfin sur grand écran ce mercredi 18 décembre. Véritable déclaration d’amour au cinéma, chef d’œuvre de l’animation japonaise, Millennium Actress est une œuvre à découvrir ou à redécouvrir.
6 Underground n'est certainement pas le film qui va réconcilier pro et anti Michael Bay. Le cinéaste déploie ici tout ce qu'il sait faire, ses qualités, ses défauts et ses tics de réalisations habituels.
Coupée du monde, la ville de Norilsk semble figée dans le froid et la nuit polaire. Le documentariste français François-Xavier Destors nous amène à la rencontre des habitants de cette ville de l'extrême, plus grande ville située au-dessus du cercle polaire arctique, à la recherche d'une réponse à la question : comment vivre dans des conditions inhumaines ?
Considéré comme le mal incarné depuis la sortie de Star Wars : Les Derniers Jedi, Rian Johnson n'a pas attendu que la poussière retombe pour embrayer sur ce que l'on appelle de l'autre coté de l'Atlantique un "crowd-pleaser", comprenez ici quelque chose étant à même de plaire aux foules. En résulte le film À Couteaux Tirés, qui même s'il semble épouser les atours d'un genre méga codifié, ici le whodunnit, permet à son auteur de détourner ces mêmes codes et à gratifier le tout d'une pique éminemment incisive sur ce qu'est l'Amérique en 2019.
Comme un très bon chien sans maître, le cinéma de Terrence Malick a connu des errements pas toujours plaisants à suivre. Avec Une vie cachée, il a retrouvé un sens, et redevient passionnant de bout en bout.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.