Critiques films

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Sur la route d’Omaha : le pari de la retenue

Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.

Les Maîtres de l’univers (2026) : les muscles froissés

Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.

Le Rêve américain : Candide au pays du NBA

"Le Rêve américain" d’Anthony Marciano est un drôle de film sans être d’ailleurs un film franchement drôle. Drôle dans son projet de réunir deux des acteurs contemporains les plus populaires, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, tout en jouant la carte de la tonalité modeste, neutre, presque atone. S’il est un trait saillant de l’aventure inspirée de l’histoire vraie de ces deux jeunes passionnés de basket devenus agents stars du monde de la NBA, c’est cela : une absence de panache, de brio et un jeu très retenu des deux protagonistes, Quenard et Zadi. Comme si Marciano avait passé son temps à leur demander de jouer au rabais ou de ravaler leur intensité.

Rental Family : Quand la réalité se joue de la fiction

Avec Rental Family, Hikari s’empare du phénomène singulier des agences de location familiales, apparues au Japon dans les années 1980, pour en faire le cadre d’une comédie dramatique délicate. Le film suit Philipp, un acteur américain isolé à Tokyo, interprété avec finesse par Brendan Fraser. Engagé malgré lui pour jouer des rôles de proches — père, mari, journaliste — il découvre, au fil de deux missions marquantes, combien ces relations factices réveillent chez lui une sensibilité enfouie. À travers ces rencontres, notamment avec une fillette en quête d’un père et un vieux réalisateur en manque d’affection, Hikari explore la solitude, le besoin de lien et l’impossibilité de tricher avec les émotions. Porté par une mise en scène subtile, un jeu de couleurs évocateur et un regard tendre sur la culture japonaise, Rental Family devient un récit touchant où fiction et réalité se confondent pour mieux révéler l’humanité des personnages.

Urchin : le paumé de la terre

Héritier du "Naked" fiévreux de Mike Leigh, Harris Dickinson signe avec "Urchin" un premier film hérissé comme son titre. Porté par un Franck Diliane électrique, ce récit à rebrousse-poil refuse toute rédemption facile pour filmer l’entropie d’un homme qui ne peut pas devenir un produit du Capital. Une claque tendue, d’une rudesse empathique.

Hurlevent : Le vent sans la tempête

Pour la Saint-Valentin, Emerald Fennell offre un anti-cadeau : une passion destructrice filmée comme un cauchemar charnel où le sang remplace les roses. Son "Hurlevent" mise tout sur la provocation visuelle — sang, désir, textures organiques — mais dilue la violence morale du roman. La stylisation excessive s’oppose à la profondeur émotionnelle, débouchant ainsi sur une adaptation qui fascine autant qu'elle frustre.

Aucun autre choix : la guerre de l’emploi

Retrouver un poste n'est pas toujours une chose aisée, d'autant plus dans le milieu ouvrier, où la machine remplace progressivement la main de l'homme. Pour survivre dans ce monde capitaliste en déclin, un père de famille licencié ne trouve qu'une seule solution : éliminer, un par un, ses concurrents potentiels. L’histoire est connue. Tirée du roman "Le Couperet" de Donald Westlake, déjà adapté en 2005 par Costa-Gavras, elle se marie volontiers à tous les genres et toutes les langues. "Aucun autre choix", la version de Park Chan-Wook, compose une satire sociale acerbe mêlant violence, humour noir et grotesque. Un mélange des genres bien rodé, qui manque malheureusement de sel.

Send Help : SOS collègue en détresse

"Send Help" marque le retour de Sam Raimi à la série B avec un film de survie mêlant humour noir, gore et tension sur une île déserte. Porté par Rachel McAdams et Dylan O’Brien, ce duel cruel explore les rapports de force et offre un divertissement sanglant et jubilatoire.

À pied d’œuvre : à flanc de sujet

Avec une justesse mélancolique et une élégance sobre, "À pied d’œuvre" de Valérie Donzelli, adaptation du récit de Franck Courtès, explore ces moments de fragilité humaine où la vie semble authentique, mais échoue à capturer le vertige et la violence d’une vie dévouée à l’écriture.

Nuremberg, de James Vanderbilt : l’Histoire est-elle trop grande pour le cinéma ?

Bien servi par un casting solide, une production impressionnante et une confrontation entre deux personnages qui fait tout le sel de son film, James Vanderbilt s’embourbe en revanche de manière coupable dans son évocation de l’Histoire avec un H majuscule. 

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L’homme gribouillé, à l’aspect monstrueux

« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ? - Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de… - Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ? - Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh… - Répugnant. Oui - … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a… - … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble ! - Franchement, je préférerais pas… - Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard. - Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »

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