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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Nom : le roman de Constance Debré adapté au théâtre 

Hugues Jourdain adapte le roman de Constance Debré, "Nom", publié en 2022 chez Flammarion. Victoria Quesnel (vue dans Léviathan de Lorraine de Sagazan à Avignon en 2024) y interprète l'autrice dans un décor d'une simplicité salvatrice : un plateau nu , un corps, une chaise, un micro et une paire de Nike. La force du texte dit n'en est que renforcée, le plateau s'embrase et les mots résonnent dans le silence pour mieux venir tout détruire et construire, autrement. "Nom" est une transformation, une épure, qui se débarrasse du futile et interroge nos rapports amoureux, familiaux surtout, notre lien au monde et au superflu.

« Congé pat’ » : réconcilier égalité et paternité

Avec "Congé pat'" (Marabulles), Tristan Champion, Stéphane Tamaillon et Jack Chadwick offrent une adaptation inspirée du récit autobiographique La Barbe et le Biberon. À travers l’histoire de Tristan, jeune papa français projeté dans une aventure inattendue de congé paternité de longue durée en Norvège, l'album aborde avec humour et émotion un sujet probablement trop peu valorisé en France : l'implication active des pères dans la parentalité.

Revenir sur « Un siècle de cinéma américain en 100 films » (1930-1960)

Benoît Gourisse, dans un imposant ouvrage de 620 pages publié aux éditions LettMotif, nous offre une traversée passionnante de trois décennies emblématiques du septième art. Il dresse un portrait complet des chefs-d'œuvre ayant marqué l’histoire hollywoodienne, tout en analysant les bouleversements artistiques, techniques et socioculturels qui ont façonné l'industrie du cinéma. 

Ici (Here)

« Chaque jour le facteur arrive, le chien aboie, le facteur repart. Et le chien croit qu’une fois de plus, il nous a protégés contre un intrus. C’est une relation symbiotique. Un petit rituel, un numéro qu’ils effectuent à deux. »

« La Marne » : fresque humaine et mécanique

Avec "La Marne : tenir à tout prix", quatrième volet de la série Les Grandes Batailles de chars, Vincent Brugeas, Marco Bianchini et Francesco Mercoldi nous plongent au cœur de la seconde bataille de la Marne, point d’inflexion de la Première Guerre mondiale. Alors que l'Allemagne mise tout sur son offensive du printemps 1918 pour écraser les Alliés avant l'arrivée en masse des troupes américaines, la France et ses alliés opposent une résistance acharnée.

« Liberté, Vérité, Démocratie » : un essai essentiel sur les nouveaux enjeux de la parole publique

Dans "Liberté, Vérité, Démocratie" (Flammarion/Climats), Arnaud Esquerre s’attaque avec une clarté redoutable à l’un des dilemmes centraux de notre époque : comment préserver la liberté d’expression tout en évitant qu’elle ne se détruise elle-même ? Alors qu’on lit et entend souvent qu’« on ne peut plus rien dire » en démocratie, l’auteur retourne la question et observe que nous n’avons jamais disposé d’autant d’espaces pour nous exprimer, quitte à ce que certains d’entre eux s’érigent en lieux d’excès et de violence. Entre réflexions théoriques (Freud, Judith Butler) et analyses contemporaines (cancel culture, modération sur les réseaux sociaux, scandales religieux), ce court essai regorge d’exemples concrets qui nous invitent à repenser la place de la vérité en politique.

« L’Enfantôme » : le spectre social

Les éditions Glénat publient L'Enfantôme, de Jim Bishop, un récit à hauteur d'adolescents évoquant les thématiques de la pression scolaire, du harcèlement et de...

« La Veuve » : une femme dans l’immensité des Rocheuses

Dans "La Veuve", Glen Chapron adapte avec maestria le roman de Gil Adamson et plonge le lecteur au cœur d’une cavale haletante et poignante. Entre paysages grandioses et périls incessants, le destin de Mary Boulton, jeune veuve meurtrière fuyant ses bourreaux dans les montagnes canadiennes, s'érige en une ode à la survie et à l’émancipation féminine. 

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.