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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« La Fabrique des insurgées » : mémoire d’un combat oublié

Dans "La Fabrique des insurgées", Bruno Loth exhume un pan méconnu de l’histoire sociale française : la première grande grève féminine de l’Hexagone, survenue à Lyon en 1869. En noir et blanc, porté par un sens aigu de la narration historique, ce roman graphique redonne voix aux "ovalistes", ces ouvrières de la soie longtemps condamnées au silence.

« Mercader » : les promesses de l’ombre

Un homme meurt, une mémoire s’ouvre. Et soudain, c’est toute l’Histoire qui chancelle. Avec ce deuxième et dernier tome de "Mercader : L’Assassin de Trotsky", Patrice Perna et Stéphane Bervas concluent un diptyque aussi intelligent que glaçant, entre fiction politique et mémoire trouble, où l’Histoire n’est jamais tout à fait ce qu’elle paraît. 

« Kundan (T02) » : un conte vampirique au cœur du Raj

Loin des ruelles embrumées de Whitechapel, "Kundan : Crépuscule indien" déploie la majesté lumineuse des palais du Raj pour mieux y distiller son venin gothique. Deuxième volet d’une trilogie où le vampire ne chasse plus seulement dans les brumes victoriennes mais sous le soleil écrasant de l’Inde coloniale, cet album entérine le virage engagé dans le premier tome : une hybridation du mythe stokerien et du folklore indien.

Du Rififi à Ménilmontant : Nestor Burma dans le XXe arrondissement

« - Vous croyez au Père Noël, M. Burma ? - Oui, madame ! - Vous avez raison, c’est la saison ! Le petit Jésus va bientôt sortir de son étable et tout ira mieux… Vous croyez au Père Noël ? - Mais non ! - Vous avez tort ! »

« Candy Superstar » : portrait d’un monde en friche

Avec "Candy Superstar", Claire Translate et Livio Bernardo signent une œuvre aussi baroque que documentée, à la croisée du roman graphique, de la fresque historique et du manifeste queer. À travers le destin météorique de Candy Darling – superstar trans de la Factory warholienne – se dessine un portrait kaléidoscopique de l’Amérique des années 60-70, où la liberté, la création, la violence et l’invisibilisation se heurtent sans cesse.

« Inexistents » : et si l’univers vous rayait d’un trait ?

Il est des œuvres qui ne se contentent pas de raconter une histoire : elles vous interrogent dans les interstices de leur récit. "Inexistents" fait partie de ces rares objets narratifs à la fois limpides dans leur construction et troublants dans leurs implications. Publié chez Glénat, né de l’alliance entre Miki Makasu et Takeliongawa, ce manga charpente une fable existentielle et métaphysique où le destin se voit confronté à l’amour des histoires – et à ceux qui les écrivent.

« Le Temps des pivoines » : le sang, la cendre et le parfum tenace de l’espoir

"Le Temps des pivoines" paraît aux éditions Glénat. Signé Aucha et Maxime Belloche, ce roman graphique constitue une fresque médiévale, une chronique de guerre, mais surtout une ode à la résilience, un manifeste discret contre l’arbitraire.

« Clifford Hicks » : la chute d’un homme

Le jazz fait son œuvre. Nous sommes en plein cœur des années 1950. Certains musiciens s'élèvent au firmament, tandis que d'autres sombrent dans l'oubli. Clifford Hickman appartient à la deuxième catégorie, et c'est cette trajectoire brisée que Tommaso Valsecchi et Riccardo Rosanna racontent avec émotion dans leur premier roman graphique, publié aux éditions Glénat.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.