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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

« Serial » : désaxées

Les éditions Delcourt publient Serial, un récit complet de Terry Moore. Le scénariste et illustrateur texan y met en scène trois personnages féminins forts : une tueuse en série névrosée et hantée par des blessures remontant à son enfance, une fillette de dix ans caractérisée par un démon la maintenant éternellement jeune et une policière cherchant à mettre fin à un périple sanguinaire dont elle ignore quasi tout.

« Grand Atlas 2023 » : post-Covid et permacrise

Ouvrage collectif placé sous la direction du docteur en géopolitique Frank Tétart, ce Grand Atlas 2023, le dixième du genre, entend nous offrir les clefs de compréhension et d'analyse de l'actualité internationale. Il prend aussi le parti de revenir sur dix faits marquants de la décennie passée et de poser un regard panoptique sur la Russie, dont les visées ukrainiennes s'affichent en bonne place...

« Recette de famille » : la fin justifie les moyens

Avec un parti pris graphique peu conventionnel, se jouant des formes tout en mettant en exergue les traits de crayon, l'auteur et illustrateur britannique James Albon raconte, dans Recette de famille, l'épopée culinaire et agricole de deux frères ayant quitté leur petite île écossaise pour la vie londonienne. Pour le meilleur et pour le pire.

« Space Connexion » : trois récits venus d’ailleurs

Le scénariste El Diablo et le dessinateur Romain Baudy remettent le couvert après un très engageant « Darwin's Lab » : en trois récits aussi courts que fulgurants, ils mettent en scène des créatures extraterrestres confrontées à la nature humaine.

En bref : Orage, Herbarium, Adan et Le Manoir Sheridan

Retour sur quelques nouveautés de l'été 2022. Au programme : Orage, Herbarium, Adan et Le Manoir Sheridan.

« Phénix, l’Oiseau de feu » en édition prestige chez Delcourt

On ne présente plus Osamu Tezuka, le père du manga moderne, régulièrement mis à l'honneur par les éditions Delcourt et leur collection « Tonkam ». Cette fois, ils accueillent une publication de prestige en présentant dans un format raffiné et volumineux le premier volume de l'extraordinaire Phénix, l'Oiseau de feu.

Retour des « Brèves d’école »

Professeur par vocation, bédéiste par passion, Guillaume Guedre exprime à nouveau ses états d'âme à l'occasion de Brèves d'école 2, dans lequel il revient, toujours avec une ironie mordante, sur la réalité d'un métier aussi enthousiasmant qu'éprouvant.

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » : une rhétorique fallacieuse

Jean-Charles Stevens et Pierre Tévanian publient aux éditions Anamosa l'opuscule On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Ils y décryptent les dessous d'une opération sémantique considérée comme une « sentence de mort ».

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.