On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Parmi les figures héroïques qui ont marqué les deux guerres mondiales, peu peuvent se targuer d’un parcours aussi invraisemblable qu’Adrian Carton de Wiart. Véritable "machine de guerre", ce Belge, officier dans l’armée britannique, a incarné la ténacité et l’absurde résilience d’un soldat prêt à tout endurer. Le Petit Théâtre des Opérations, signé Julien Hervieux et illustré par Monsieur le Chien, rend hommage à ce personnage hors norme dans un récit aussi amusant qu’instructif.
Becky Cloonan et Tula Lotay publient aux éditions Delcourt "Somna", une œuvre hybride mêlant thriller érotique, critique sociale et exploration onirique. Dans un village anglais du XVIIe siècle, en pleine chasse aux sorcières, le destin d’Ingrid, épouse du chef des inquisiteurs, bascule. Frustrée par un mariage étouffant et hantée par des rêves érotiques où une ombre démoniaque l’initie au plaisir, la jeune femme voit les frontières entre réalité et illusion se dissoudre, jusqu’à l’inévitable confrontation avec le patriarcat brutal de son époque.
Avec "Pyongyang Parano", Antoine Dreyfus, Emmanuelle Delacomptée et Fanny Briant nous offrent un récit graphique proche du documentaire. Inspirée de l'expérience authentique d’Antoine Dreyfus, cette bande dessinée nous entraîne au cœur de la Corée du Nord, l’un des régimes les plus opaques et répressifs au monde. À travers les mésaventures de deux journalistes se faisant passer pour des négociants en chocolat, l’ouvrage allie avec brio l'humour absurde à une critique incisive du système nord-coréen.
Avec "Le Cas David Zimmerman", publié aux éditions Sarbacane, Lucas et Arthur Harari s’associent pour proposer un album intrigant et rivé aux questions identitaires. Explorant les frontières entre fantastique, thriller et introspection, ce volumineux roman graphique (360 pages) place son protagoniste dans une situation troublante et potentiellement inextricable.
« Depuis la fin de la guerre, notre pays manque de bras. Cela fait dix ans que le gouvernement invite des ressortissants de nos colonies à venir travailler dans les usines. Le secteur minier des Cornouailles, en particulier, a eu cruellement besoin de main-d’œuvre et beaucoup d’immigrés d’Inde et d’Afrique y ont été employés. Lorsque ces immigrés sont devenus aussi nombreux que les locaux dans certaines régions, les nationalistes ont commencé à exiger le renvoi des travailleurs étrangers. Et les tensions ont commencé à croitre avec les exploitants des mines. »
« - Mais enfin, où veux-tu que je sois ? Je te l’ai déjà dit cent fois : si je réponds pas au téléphone pendant plus de deux ou trois heures, c’est que je suis en… ? En ?
- Garde à vue ?
- Voiiiilà !
- Oh, une histoire idiote de commande de café par satellite. Je t’expliquerai. »
« Et l’amour, c’est pas comme une tarte. T’en as pas un stock limité. C’est… C’est plus… Un peu comme les masques à oxygène, ceux qui tombent du plafond des avions quand ils doivent atterrir en extrême urgence : tu ne peux pas aider les autres si tu n’as pas respiré dans le tien avant. »
"Lawmen of the West", dirigé par Tiburce Oger, est le dernier volet en date d'une série d’anthologies graphiques retraçant l’histoire tumultueuse du Far West américain. À travers quatorze récits authentiques, cet album nous plonge dans l’univers brutal de ceux qui ont tenté d’imposer la loi dans une terre hostile où justice rimait souvent avec violence.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.