À travers un trait simple et des mots d’une précision désarmante, "La Garde" racontent un système de santé en tension permanente. Entre conquêtes passées et fragilités présentes, c’est toute une vision du soin qui se dévoile.
Dans les plis du temps, entre deux fractures intimes, "Jusqu’à la nuit tombée" explore les états d'âme d’un homme qui cherche à comprendre et à réparer, quitte à s’égarer.
Dans "Les Voyageurs de la Porte Dorée", paru aux éditions Delcourt, Flore Talamon et Bruno Loth inventent un dispositif narratif aussi simple qu’efficace : faire parler les objets pour redonner chair à l’histoire des migrations. Une traversée sensible, entre transmission et introspection, où le passé s’invite dans le présent avec une étonnante justesse.
« - Ce gamin attire le mauvais œil sur notre village.
- Le renard a déjà attaqué trois fois le poulailler, ce mois-ci.
- Chers voisins, restons raisonnables.
- Raisonnables ? Ma vache ne donne plus de lait depuis un mois !
- Emmenez-le loin d’ici.
- Il est maudit.
- Quelle plaie !
- Vous n’auriez jamais dû le garder sous votre toit. »
« - TOI… L’EPERVIER DE CROZON, rossé par des valets de ferme et mené à pendre comme un chapon…
- Oh ! Arrête tes sermons, tu veux ?
- … Sans parler de ta fuite de Brest dans les jupes de cette… cette…
- Le mot… PUTAIN vous écorcherait-il la bouche, maître Caroff ?
- Peuh !... En tout cas, si l’écho de cette aventure vient à se répandre, on se gaussera de l’Épervier dans tous les ports de la côte…
- Que veux-tu… ? La mort du comte de Kermellec m’a complètement retourné les sangs !... »
On connaît Fabien Toulmé pour "L’Odyssée d’Hakim". Avec "Ulis", son nouvel album, il s’aventure dans un territoire encore méconnu : celui des classes spécialisées d’inclusion scolaire et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Les éditions Daniel Maghen publient "Artifices", un one-shot de 112 pages, scénarisé par Mathieu Mariolle et mis en images par Julen Ribas. L’album retrace un épisode méconnu mais authentique de l’histoire coloniale française : l’envoi, en 1856, du prestidigitateur Jean-Eugène Robert-Houdin en Algérie, afin de contrer l’influence des marabouts kabyles et, selon l’expression de l’époque, "pacifier" la région.
Un échiquier, deux hommes, une époque. Le 17 juillet 1978, à Baguio, aux Philippines, le monde entier retient son souffle. Sur la scène du Palais des Congrès, deux joueurs d’échecs s’installent face à face. Le premier, Anatoli Karpov, champion en titre, est la vitrine la plus brillante de l’URSS triomphante, encadré par une délégation pléthorique de médecins, espions et même d’un parapsychologue. Le second, Viktor Korchnoï, plus âgé, indocile, a claqué la porte du régime et trouvé asile en Suisse. Entre ces deux figures antagonistes se rejoue une partie autrement plus vaste : celle de la guerre froide. Avec "Le Roi sans couronne", Toni Carbos adapte en bande dessinée le roman de Javier Cosnava et entraîne son lecteur dans une double intrigue où la tension géopolitique se mêle à un récit policier aux accents de thriller.
Quelque part à la frontière entre la fable et le cauchemar, "C’est où, le plus loin d’ici ?", publié aux États-Unis par Image Comics et désormais traduit aux éditions Casterman, appartient à la lignée des œuvres post-apocalyptiques qui placent l’adolescence au cœur de la fin du monde.
On a souvent reproché aux manuels de management leur sérieux compassé, leur jargon gorgé d’anglicismes et leurs schémas ternes. Mais que se passe-t-il lorsqu’on choisit d’éclairer les travers et les fulgurances du monde managérial à travers… une bande dessinée ? C’est le pari de Ludovic Girodon et Jack Chadwick avec "Un manager presque parfait" (Marabout). À mi-chemin entre le guide pratique et la BD humoristique, l’ouvrage déploie en 80 pages une galerie de situations que tout manager reconnaîtra, parfois avec un sourire gêné, parfois avec un soupir de soulagement : ouf, je ne suis pas le seul !
Avec "Sid Cooper", Pendragon imagine un récit fantastique où adolescence cabossée, fureur punk et apocalypse végétale s’entrelacent. On en ressort éraflé mais conquis.
À travers un trait simple et des mots d’une précision désarmante, "La Garde" racontent un système de santé en tension permanente. Entre conquêtes passées et fragilités présentes, c’est toute une vision du soin qui se dévoile.
Dans les plis du temps, entre deux fractures intimes, "Jusqu’à la nuit tombée" explore les états d'âme d’un homme qui cherche à comprendre et à réparer, quitte à s’égarer.
Dans "Les Voyageurs de la Porte Dorée", paru aux éditions Delcourt, Flore Talamon et Bruno Loth inventent un dispositif narratif aussi simple qu’efficace : faire parler les objets pour redonner chair à l’histoire des migrations. Une traversée sensible, entre transmission et introspection, où le passé s’invite dans le présent avec une étonnante justesse.
Avec "l’Encyclopédie des patrimoines de l’Amérique française", le patrimoine est une matière vivante, mouvante, où se croisent mémoire, langue, paysages, techniques, rites, saveurs ou encore combats collectifs. Ce livre foisonnant, paru aux PUR, constitue surtout une manière très juste de rappeler qu’une civilisation se conçoit autant dans ses vieilles pierres que dans ses chansons, ses noms de lieux ou sa manière de faire lever une pâte et mûrir un fromage.