Evil Dead revient joyeusement capturer et déchirer votre âme en Blu-ray UHD

Sortie ce 21 janvier d’Evil Dead en Blu-ray Ultra-HD pour la première fois en France. Editée par l’Atelier d’Images (déjà à l’oeuvre sur Darkman du même réalisateur), la matrice horrifique de Sam Raimi fait son retour avec un formidable master UHD.

Synopsis : Cinq amis en vacances s’installent dans un chalet dans les bois. En remettant en marche un vieux magnétophone, ils libèrent sans le savoir une force maléfique. C’est le début d’un véritable cauchemar.

Ash becoming slashy

Que peut-on ajouter de plus à ce tout ce qui a été écrit et déclaré sur le grand film réalisé par Sam Raimi en 1981 ? Avec Evil Dead (The Evil Dead aux Etats-Unis), le cinéaste bouscule l’horreur et ses codes en ramenant sur le devant de la scène l’expérience cinématographique – soit celle de l’écriture du sensationnel horrifique – par une caméra mouvementée épousant d’un côté le point de vue du mal, de l’autre, celui de son héros malgré lui, Ash Williams, transposé avec énergie et physicalité. Ce travail s’illustre avec les dutch angles venant capter l’effroi vers le cosmos qui l’entoure. Ce jeu de points de vue, qui tendent à se rencontrer et à ne devenir qu’un de la même manière que le mal d’Evil Dead a la volonté d’absorber l’âme des personnages, réveille avec une inventivité sans égal (encore aujourd’hui) l’essence de la cinématographie, soit l’écriture du mouvement par le mouvement.

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Ash craint le pire en hors-champ.
Copyright : Renaissance Pictures, Lionsgate, l’Atelier d’Images

Le seul concurrent du réalisateur est Raimi lui-même qui n’a cessé d’employer et de réinventer ses codes filmiques ainsi que la grammaire cinématographique, classique comme moderne (voir les ralentis de Spider-Man qui renvoient à ceux de Matrix). Et pourtant, Evil Dead 2, suite sublime et soft-remake malin à l’inventivité orgiaque, n’enlève rien au premier volet comme Spider-Man 2 n’écrase pas la grandiose introduction cinématographique de l’homme-araignée. La force du cinéma de Raimi tient dans sa marche du progrès tout comme dans sa capacité à inscrire en dur l’énergie inventive dans la cinégénie irréductible de ses films.

Qui dit grand cinéaste dit aussi conteur de mythes. Avec Evil Dead, Raimi se réapproprie les motifs de l’épouvante, de l’horreur et des grands récits mythologiques pour créer son propre folklore qui a d’ailleurs eu récemment un nouveau et formidable chapitre avec la série Ash vs. Evil Dead, suite sérielle de la trilogie cinématographique. Les morts-vivants croisent les possédés pour devenir des Deadites, créatures démoniaques en possession des corps de leurs victimes. Ces démons sont de retour suite à la lecture d’un extrait d’un livre écrit avec du sang inscrit sur un parchemin relié par de la peau humaine : le Necronomicon. Il ne s’agit pas de celui écrit par « l’arabe dément Abdul az-Hazred » décrit dans l’univers Lovecraft-ien mais il est, comme ce dernier, une porte ouvrant la voie à des forces obscures ancestrales. Heureusement, pour les affronter, le livre mythique décrit un être héroïque qui combattra ces figures maléfiques et détruira le livre. Cette prophétie, qui se dévoile à partir du deuxième film, présente Ash, ce gentil garçon qui ne cesse de subir de façon tout aussi douloureuse que burlesque comme tout bon personnage Raimi-en, l’environnement et les maux qui s’y jouent. Le garçon qui deviendra plus barré dès le deuxième volet, et gagnera en égoïsme et en égocentrisme dans le troisième, devra dans la série ressortir son bras tronçonneuse, son double canon et son imbécillité de vieil héros inconnu et fini face au retour de la menace, faute d’une partie de jambes en l’air arrosée. On notera le génie méconnu de son interprète, Bruce Campbell dont les traits seront éternellement liés à son personnage. Enfin, jeux vidéo et comic books viennent enrichir cet univers pulp et cartoonesque qui n’a apparemment pas fini de s’étendre si l’on en croit les derniers propos de Raimi portés par l’espoir d’un nouvel Evil Dead au cinéma.

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Gare au Deadite !
Copyright : Renaissance Pictures, Lionsgate, l’Atelier d’Images

Evil Blu-ray UHD

Evil Dead nous revient en vidéo avec une formidable édition UHD. Le master UHD 4K (vidéo) natif est celui utilisé par Lionsgate Films pour l’édition américaine sortie le 09 octobre 2018.  Premièrement, il faut expliquer que le long métrage fait son retour dans son format original, soit 1.33 (ou 4/3 pour les néophytes). Les fans de la dernière heure pourraient crier au scandale, habitués au controversé recadrage du film en 1.85 (16/9) supervisé par Sam Raimi à l’occasion de la ressortie salle et vidéo du film dans les années 2000. Et pourtant, quel plaisir que de redécouvrir Evil Dead dans son format original et dans un état aussi beau. Oui, le scan 4K d’un film 16 mm (peut-être le scan du gonflage 35 mm du film) permet ici d’obtenir un rendu plus détaillé et plus fin par la compression UHD et le travail de l’HDR – Dolby Vision génère une excellente gestion du grain ainsi qu’une palette colorimétrique bien plus nuancée que sur les versions vidéo précédentes. Malgré quelques défauts probablement propres à la copie scannée (plans flous et grain foisonnant de temps à autre), Evil Dead fait son grand retour en vidéo grâce à l’Atelier d’Images.

Du côté du son, on pourra noter la présence de la version française d’époque en Master Audio DTS-HD 2.0, depuis longtemps réclamée par les fans. Même si les dialogues sont moins dynamiques que le dialogue de 2003 en 5.1, le fait d’avoir inscrit cette piste dans l’édition est un bel effort de la part de l’éditeur. On regrette toutefois de n’avoir la version originale que dans son récent mix 5.1 surround. S’il est très efficace et de très bonne facture, il aurait été appréciable d’avoir aussi, comme sur l’édition UHD de Predator et d’Halloween (édition US), les mix originaux ou presque (respectivement 4.0 & mono), avec un minimum de déformation.

evil-dead-visuel-de-l-edition-blu-ray-uhd-4K-atelier-d-images-esc-distributionPeu de surprise du côté des compléments qui, en grande partie, reprennent tous ceux produits jusqu’alors (voir la longue liste plus bas). On remarque tout de même une interview inédite en France de Sam Raimi, Tom Sullivan (responsable des accessoires et maquillages sur les Evil Dead) et Ted Raimi de 1982. Tous les bonus sont présentés en SD sur un DVD dédié tandis que le Blu-ray de l’édition porte, comme l’UHD, le film. On peut aussi noter la présence de bandes-annonces et clips originaux du film et du catalogue de l’éditeur en SD sur la galette UHD. Ainsi, ce comeback Ultra HD 4K tient de l’édition ultime pour la matrice horrifique et mythologique de Raimi. En effet, on ne saurait mieux vous conseiller, tant à ceux qui possèdent le matériel de lecture UHD que ceux pour l’instant cramponnés au Blu-ray, de vous jeter sur cette riche édition signée l’Atelier d’Images.

Bande-Annonce – Evil Dead, de Sam Raimi

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

BD-66 – BD-50 – DVD 9 – Digipack Blu-ray 4K UHD Dolby + Blu-ray (master 4K) + DVD Bonus – 4K HEVC – Dolby Vision HDR10 – 16/9 – 1.33 – Couleur – Audio : français (1983) DTS-HD Master Audio 2.0 mono – français (2003) & anglais DTS-HD Master Audio 5.1 – Sous-titres : français – Etats-Unis – Durée : 1h24 environ – Editeur : l’Atelier d’Images – ESC Distributions

COMPLÉMENTS

  • Commentaires audio de Sam Raimi, Robert Tapert et Bruce Campbell (VOST)
  • Carrousel aux images : interview de Sam Raimi, Tom Sullivan et Ted Raimi du 02/09/1982 (4 min) = INÉDIT EN France
  • Tout ce que vous ne savez pas sur la Saga Evil Dead (53 min.)
  • Les trésors de la salle de montage (59 min)
  • Test de maquillage (1 min)
  • Les pages du livre des morts (2 min)
  • Rencontre à la Cinémathèque d’Hollywood (2001) (7 min)
  • À la découverte d’Evil Dead (2003) (13 min)
  • Discussion avec l’équipe du film (2005) (31 min)
  • Jeu de questions/réponses (12 min)
  • Peu « conventionnel » (2006) (19 min)
  • Bandes-annonces et spots TV

Sortie le 21 janvier 2020 – Prix de vente conseillé : 29,99 € TTC

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