Vacances au cinéma : Vicky Cristina Barcelona

Vicky Cristina Barcelona est un fantasme d’été, un regard enjôleur croisé dans les rues de Barcelone, un clin d’oeil qui déstabilise, une voix qui enivre. Woody Allen raconte la séduction, l’amour, et la liberté des personnages avec une sensualité débordante dont chacun des acteurs et actrices a su s’emparer parfaitement.

Avant de s’arrêter à Rome et Paris, Woody Allen installait son cinéma à Barcelone et dans les rues brûlantes de la ville espagnole, le casting l’était tout autant. Ce marivaudage catalan est plus que captivant grâce à l’incandescence de chacun de ses acteurs.  Comme dans son dernier film Café Society dans lequel la chaleur des couleurs jaunes prenait toute la place, Woody Allen réchauffe les corps et les cœurs avec ce trio ultra sensuel divinement bien interprété par Javier Bardem, Scarlett Johansson et Rebecca Hall. Au sein même de ce trio s’en trouve un second tout aussi fascinant et renversant au coeur duquel les thématiques bien que similaires offrent une nouvelle vision de la manière dont on peut vivre l’amour : à trois. C’est Penelope Cruz, toujours incroyable, qui ajoute cette nouvelle perspective et tentation pour le couple et qui viendra faire se questionner autant les personnages que les spectateurs.

I’ll show you around the city, and we’ll eat well. We’ll drink good wine. We’ll make love.

Dans des éclats presque rohmeriens, le film, léger au premier abord, tend vers un ton plus philosophique, comme très souvent chez le cinéaste américain. La philosophie de ces amours de vacances, qui révèlent bien plus que ce que l’on sait de nous mêmse et ici, de sentiments pourtant universels, s’en retrouve débordée mais passionnante. L’insatisfait résultat du couple, l’inconstance du sentiment amoureux et la question du choix sont au cœur du récit, des dialogues mais surtout des regards échangés desquels s’échappe un soupir, une pensée que le spectateur saisit au vol. Vicky Cristina Barcelona est une comédie de mœurs comme Allen sait bien les faire avec une voix off complice de chaque instant, comme si le spectateur lui-même commentait ces différents états amoureux. C’est bien cela qui ressort du film, la capacité à emmener le spectateur dans l’histoire et lui faire vivre ces vacances en lui offrant quelques frissons d’un érotisme des corps mais surtout des paroles. Chacun fera alors avec ce film sa propre expérience, si bien que la première fois, je ne l’avais pas autant apprécié que lors ce second visionnage parce qu’il faut en capter tous les enjeux et oser s’immiscer pleinement dans cette parenthèse vacancière.

Lorsque l’on pense au vacances alors forcément, ce sont tous les sens qui se mettent en éveil : la vision des corps dénudés sur la plage, la sensation de l’air frais des soirées estivales quand le souffle marin prend la place de la chaleur diurne, l’odeur des soirs d’été. Chacun de nos sens peut alors frissonner de repenser à tous ces étés et devenir nostalgique de ces souvenirs ancrés qui, pour la plupart, auront contribué à faire de nous une nouvelle personne : dans l’effusion des rencontres, dans les introspections intimes et personnelles de chacun. Mais Woody Allen oublie ce rapport au corps et offre une histoire bien plus cérébrale que charnelle, bien que tous nos sens y soient sensibles, la sensualité est ailleurs, palpable et l’on frissonne autant d’entendre Javier Bardem séduire que de voir Scarlett Johansson ressentir.

https://www.youtube.com/watch?v=Q2q1J-zm4Ug

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