Le talent d’Eisenstein fut initialement mis au service de la machine propagandiste soviétique. Un siècle plus tard, le temps a débarrassé ce film de toute la dimension polémique attachée au régime criminel. Ne reste aujourd’hui plus que la substantifique moelle du génie de son metteur en scène.
Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
L'Escadron noir de Raoul Walsh a tout du western malaimé : ouvrant la voie au futur succès que sera L'Homme qui tua Liberty Valance, ce film de 1940 semble trop précoce dans les thématiques qu'il développe, frappé d'un réalisme accablant malgré une véracité historique à nuancer. Un petit qui a tout d'un grand, porté par un John Wayne en plein essor.
Des plans larges, des décors naturels, une histoire filiale contrariée, une réflexion sur la justice expéditive, les canons du western : "A l'ombre des potences" est un film bien plus riche qu'il n'y paraît, qu'on peut aujourd'hui redécouvrir en DVD/Blu-ray chez Sidonis Calysta.
Alexandre le Grand, réalisé par Robert Rossen, se démarque des productions habituelles de péplum par son caractère intellectuel et le portrait psychologique de son personnage principal. Un film rare, qui sort enfin en DVD et Blu Ray chez Sidonis Calysta.
"The Intruder" est tout à la fois : un brûlot antiraciste parmi les plus remarquables de l'histoire du cinéma, un coup de maître de Roger Corman, le fruit d'un tournage cauchemardesque, une dissection minutieuse de la propagande politique et des effets de groupe... C'est Carlotta Films, par la voie d'une édition DVD/Blu-ray techniquement au point, qui nous propose de nous y (re)plonger. Pourquoi résister ?
Depuis le 20 mars dernier, le coffret "Ingmar Bergman : mode d'emploi" est sorti chez Carlotta. Au menu, 6h de documentaires, un court-métrage d'animation, et un livre "abécédaire" pour apprendre à mieux connaître ce cinéaste de légende.
"Le Testament du docteur Mabuse" paraît en combo DVD/Blu-ray. Dans son dernier film allemand, Fritz Lang exploite à nouveau la bande-son et l'image expressionniste pour porter une charge virulente à l'encontre du nazisme, confondu avec un réseau tentaculaire de malfrats à la solde d'un aliéné aux pouvoirs quasi mystiques.
Depuis quelques semaines, l'éditeur Sidonis Calysta célèbre Ray Harryhausen, génie créatif des effets spéciaux, de l'animation et des créatures au cinéma. Après une sortie vidéo plus que bancale consacrée à L'Île mystèrieuse (1961), retour sur le coffret Blu-ray, DVD et livre dédié à Jason et les argonautes : l'occasion de revenir sur le "devoir de célébration" par les critiques et cinéphiles, ou le mal du compliment à tout va selon la mode du moment. Cela, pour mieux rendre hommage au film de 1963, plus un excellent film de dieux et monstres qu'un grand récit d'aventure humaine, au come-back video remarquable.
"M le Maudit" sort en combo DVD/Blu-ray. Fritz Lang y expérimente le son avec une prescience remarquable, interroge la société allemande, sonde la justice expéditive et distille des symboles visuels aussi géniaux qu'inépuisables. Un chef-d’œuvre incontournable, agrémenté d'un livret explicatif de seize pages et d'un documentaire de quarante-deux minutes sur le contexte, le message et la technique du film.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.