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Lone Ranger, Naissance d’un héros de Gore Verbinski

Dix ans après Pirates des Caraïbes, le réalisateur Gore Verbinski s’attaque à une icone de la culture pop populaire américaine The Lone Range, le redresseur de tords masqué sur son célèbre cheval blanc Silver, avec l’aide d’un Comanche intelligent et placide, le célèbre Tonto (joué par Johnny Depp).

Dans les années 30, Lone Ranger a d’abord été un western radiophonique, puis télévisuel à partir des années 50. Il est fort probable qu’en Europe, on ne connaisse pas cette figure héroïque de la culture américaine. Signalons que le film Lone Ranger, la naissance d’un héros, n’est pas une histoire linéaire mais se base sur le récit d’un Tonto plus âgé, contant l’histoire de la naissance du légendaire justicier à un enfant qu’il confond avec Kemosabe.

Ce blockbuster de l’été au budget colossal près de 200 millions de dollars s’est fait littéralement descendre par les critiques, on peut lire dans le magazine Rolling Stone « Si vous vous attendez au pire, vous êtes en deçà de la réalité ». Or c’est l’un des blockbuster de l’été qui sort du lot, le scénario est bien ficelé, en effet  les dialogues sont plutôt bien écrits, certaines répliques croustillantes, le rythme tient la route même si on compte au début quelques lenteurs.

Visuellement Lone Ranger est un film aux décors superbes, un régal visuel, avec des plans simplement époustouflants. Le photographe Bojan Bazelli a su parfaitement mettre en avant les scènes d’actions, les magnifiques décors et les paysages naturels des réserves navajos.

Cette adaptation cinématographique signée Gore Verbinski, réalisateur de la saga Pirates des Caraïbes regorge d’humour, les scènes d’actions sont plutôt punchy, du genre cartoon Tex Avery de quoi vous scotcher sur votre siège.

L’Ouest Mythique

Dans ce western on comprend à quoi à pu servir le budget, non seulement les figurants sont nombreux, les rebondissements intéressants, et la reconstitution de l’Amérique des années 1800 est vraiment impressionnante. Des villes entières ont été recrées, des voies ferrées avec des trains grandeurs natures sans parler de ce magnifique troupeau de bisons que l’on voit lors de l’arrivée du héros dans la ville, tout ce décor année 1800, cette ambiance ouest mythique est merveilleusement bien filmé. Mêmes les costumes près de 1500, vieillis à l’aide d’un chalumeau reflètent cette période de l’histoire américaine.

l’Ouest mythique lone rangerLe casting est à la hauteur, Johnny Depp l’interprète du célèbre Capitaine Jack Sparrow, devient Tonto, ce personnage légendaire haut en couleur. L’acteur excelle d’ailleurs dans son jeu de comédien, il est incroyable, un saltimbanque brillant interprétant avec retenue cet indien fantasque.. . Quant à John Reid le Lone Ranger, interprété par Armie Hammer que l’on a pu voir notamment dans le film The Social Network dégage un certain charisme.

L’alchimie s’est opéré entre les deux acteurs, le duo principal fonctionne et donne naissance à des scènes très drôles et le méchant du film, Butch Cavendish, « William Fichtner », se fait vraiment détester…

Je ne comprends pas cette avalanche de critiques impitoyables, dans la longue série des blockbusters sortie cet été, ce n’est pas le film à jeter, bien que Lone Ranger ne soit pas le western de l’histoire du cinéma, ce film est loin d’être un daube, il y a quelques défauts bien sur mais le film a aussi de nombreuses qualités évidentes. C’est un bon divertissement, alliant paysages grandioses tournés dans des décors naturels et séquences faisant vraiment penser à un Cartoon.

Synopsis : John Reid, un Ranger du Texas, est abattu en patrouille par Butch Cavendish et sa bande, parmi les victimes, le frère de John. Miraculeusement en vie, le cours des événements le conduira à rencontrer le célèbre Tonto, un indien Comanche. De cette rencontre naîtra le fameux Justicier Lone Ranger, un mélange entre Robin des Bois et Zoro. Le film Lone Ranger, Naissance d’un héros,  nous entraîne dans les pérégrinations de ce duo de justiciers.

https://www.youtube.com/watch?v=L9DDCKVrZfU

Fiche Technique

Réalisateur : Gore Verbinski
Casting : Johnny Depp, Armie
Helena Bonham Carter, William Fichtner, Barry Pepper, Tom Wilkinson, James Badge Dale, James Frain, Ruth Wilson, Damon Herriman, Timothy V. Murphy, Mason Cook
Durée : 02h29
Titre orginal du film : The Lone Ranger Directeur
Décors : Jess Gonchor
Costumes : Penny Rose
photo : Bojan Bazelli

Musique : Hans Zimmer reprend la musique d’Enio Morricone et l’air de Guillaume Tell de Rossini qui faisait déjà office de générique pour la série.
Producteur : Disney/Touchstone
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : $ 215,000,000
Box-office mondial : $ 147,571,000
Budget : $ 215,000,000

 

12 heures de Simon West : Critique du film

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12 heures de Simon West : Le classicisme sans prétention d’un braquage à l’ancienne

Après Le Pacte (2011), Effraction (2011) et Ghost Rider 2 (2012), Nicolas Cage ose le pari de 12 heures (Stolen), boudé par la presse française, et qui n’a rapporté que 300 000 dollars malgré un budget de 35 millions, au box-office américain.

Après Les Ailes de l’Enfer (1997), nous retrouvons le duo Cage/Simon West [i] dans cette course contre la montre infernale. L’histoire n’est pas sans rappeler l’excellent Taken de Pierre Morel (2008) où Liam Neeson, ancien agent secret, se transformait déjà en papa agité pour récupérer sa fille.

Malgré un scénario classique et une fin prévisible, 12 heures est un film d’action efficace aux scènes d’actions globalement réussies : braquage, cascades, et poursuites de voiture par des flics teigneux sont au rendez-vous. Sans commune mesure avec Braquage à l’italienne (2003) ou Ocean’s eleven (2011), l’interprétation de Nicolas Cage en cambrioleur flamboyant, sauve ce thriller sans grande prétention et aux invraisemblances assumées. On ne peut pas en dire autant malheureusement d’un Josh Lucas caricatural, grimé en barbu à la tignasse blonde et grasse, à l’allure de SDF, acnéique, unijambiste et aux trois doigts restants. Malin Akerman (Watchmen, 2009), en co-équipière fidèle, tire son épingle du jeu, et Sami Gayle  apporte un peu de fraîcheur à ce spectacle douteux.

A l’image de sa bande-annonce inadaptée, 12 heures est un thriller convenable, rythmé, mais qui manque d’intensité. Nicolas Cage n’est plus le génial Castor Troy et West  a perdu de sa nervosité dans la réalisation. 12 heures est trop peu surprenant pour emporter totalement l’adhésion.

Synopsis: Nouvelle Orléans. Trahi lors d’un hold-up qui a mal tourné, Will Montgomery (Nicolas Cage), un as du braquage, vient de purger huit ans de prison. Désormais, il est décidé à se ranger et à se consacrer uniquement à sa fille, Alison (Sami Gayle). Mais ses anciens associés, tout comme le FBI, sont convaincus que c’est lui qui a caché les 10 millions de dollars du butin. Pour récupérer le magot, Vincent (Josh Lucas), son ex coéquipier, véritable psychopathe, kidnappe Alison. En plein Mardis Gras, Will a 12 heures pour trouver la somme s’il veut libérer sa fille. Sa seule chance de la sauver est de reprendre du service avec l’aide de Riley (Malin Akerman), une voleuse aussi sexy que futée…

Titre original : Stolen
Réalisateur : Simon West
Acteurs : Nicolas Cage, Danny Huston, Josh Lucas
Genre : Action, Thriller
Nationalité : Américain
Date de sortie : 24 juillet 2013
Durée : 1h36mn


[i]  Simon West est connu pour Les ailes de l’enfer (1997) production Jerry Bruckeimer avec déjà Nicolas Cage. Il est également le réalisateur du carton surestimé Expendables 2, 2012.

Les Schtroumpfs 2 de Raja Gosnell : Critique

Après un premier opus fort bien réalisé, Raja Gosnell rempile avec Les Schtroumpfs 2 dans un genre qu’il connait bien, puisqu’il est à l’origine des deux premiers Scooby-Doo ainsi que du premier volet des Schtroumpfs.

Pour sauver la belle, tous les talents sont mis à l’œuvre, celle du Grand Schtroumpf, du Schtroumpf grognon, du Schtroumpf maladroit, du Schtroumpf coquet et de leurs amis humains Patrick (Neil Patrick David How I Met Your Mother), Grace (Jayma Mays Glee), leur fils Blue et leur beau-père Victor.

La Schtroumpfette se pose des questions sur son passé et se demande où est sa place… Il faudra toute l’ingéniosité des Schtroumpfs pour la convaincre que sa place est bien parmi eux, et pas avec les Canailles…

Cette seconde adaptation Hollywoodienne de la bande dessinée de Peyo, se passe presque entièrement dans notre monde plus exactement au cœur de la ville lumière Paris montrée sous ses plus beaux atours avec ses monuments célèbres et ses quartiers chics (la Tour Eiffel, la Concorde, L’avenue Montagne…).

Nos petits lutins bleus nous reviennent sous une mouture ultra modernisée grâce à une 3D relief avec des effets réellement épatants. Le scénario tourne principalement autour du passé de la Schroumpfette en pleine crise existentielle et attirée par la force obscure. Une part de son passé est dévoilée, le sorcier Gargamel (Hank Azaria) a créé la demoiselle dans le but de nuire à l’harmonie régnant dans le village des Schtroumpfs.

Hélas, ce deuxième film est en dessous du niveau du premier opus, les gags ne sont pas là, on a du mal à rire, c’est clairement une animation destinée pour enfants. Il ne faut pas s’attendre à un film réaliste, les effets spéciaux sont extrêmement bien faits et les photos très belles, elles sont lumineuses. Les adultes, trouveront les effets visuels, certainement très chouettes, de mêmes que quelques scènes d’actions, mais l’intrigue reste faible ! Encore une fois le scénario n’est pas travaillé, ça devient d’ailleurs l’un des gros problèmes du cinéma Hollywoodien, c’est fade, éculé, voire parfois complètement stupide.

L’écriture est juste ratée, c’est drôle de voir un Azrael disposant d’une page Facebook, mais ces petits clins d’œil à la technologie du 21eme siècle ne suffissent pas pour faire un bon film d’animation. Les gesticulations d’Azrael, ses grimaces à répétitions finissent par devenir ridicule, le surdosage des pitreries finit par lasser…

Même le casting provenant de sitcoms très appréciés comme (Glee, How I Met Your Mother et Modern Family) ne parvient pas à livrer une prestation digne de ce nom, c’est tiède et plutôt morne. En conclusion, une animation sans grande nouveauté, ratée sauf au niveau de l’animation et des images resplendissantes.

Synopsis : Cherchant désespérément à s’emparer de l’essence magique des Schtroumpfs, Gargamel a inventé les Canailles, de minuscules créatures. Afin que leur transformation en vrais Schtroumpfs soit complète, il lui manque encore la formule secrète que détient la Schtroumpfette. Poursuivant son plan diabolique, il charge Vexy une petite canaille de Gargamel de kidnapper la petite demoiselle et l’emmène à Paris …

Fiche Technique – Les Schtroumpfs 2

D’après la bande dessinée de Peyo

Réalisateurs : Raja Gosnell
Scenaristes : J.David Stem, David N. Weiss “Sherk 2, Jay Sherick “Zookeeper, le Héros des animaux”
Acteurs : Neil Patrick Haris « How I Met Your Mother » jayma Mays « Glee », Sofia Vergara « Modern Family » et Hank Azaria “Love, et autres drogues”
Genre : Animation

Casting Acteurs de doublage (Voix originales) Katy Perry Rôle : La SchtroumpfetteJonathan Winters Rôle : Le Grand SchtroumpfChristina Ricci Rôle : VexyJ.B. Smoove Rôle : HackusGeorge Lopez Rôle : Le Schtroumpf grognonAnton Yelchin Rôle : Le Schtroumpf maladroitJohn Oliver Rôle : Le Schtroumpf coquetShaquille O’Neal Rôle : Le Schtroumpf tranquille

Musique de Wolverine : le combat de l’immortel par Marco Beltrami

 Musique de Wolverine : le combat de l’immortel par Marco Beltrami

Marco Beltrami a suivi des cours de composition de musique de films dispensés par le maestro Jerry Goldsmith, dès 1996 il se fait connaitre par le succès Scream en 1996. Il est surtout Connu pour son travail  sur des films d’horreur tels que Mimic, des Resident Evil, Dark, la femme en noir et Sundance. Ami de longue date de Wes Craven, Beltrami a marqué sept des films du réalisateur depuis leur première collaboration sur Cri. Il a également composé la musique des deux derniers films Die Hard et A Good Day to Die.

Sa musique prend une dimension tragique sur le néo western 3 h 10 Yuma réalisé par James Mangold, une musique tragique, pour laquelle il obtient sa première nomination à l’Oscar de la meilleure musique. Sa collaboration avec James Mangold est à l’affiche pour Wolverine : le combat de l’immortel, une musique aux sonorités se conjuguant parfaitement avec l’idée que l’immortalité peut devenir durant un laps de temps un fardeau.

A Walk in the Woods une magnifique partition…

Play list Wolverine : le combat de l’immortel par Marco Beltrami

1 A Walk in the Woods
2 Threnody for Nagasaki
3 Euthanasia
4 Logan’s Run
5 The Offer
6 Arriving at the Temple
7 Funeral Fight
8 Two Handed
9 Bullet Train
10 The Snare
11 Abduction
12 Trusting
13 Ninja Quiet
14 Kantana Surgery
15 The Wolverine
16 The Hidden Fortress
17 Silver Samurai
18 Sword of Vengence
19 Dreams
20 Goodbye Mariko
21 Where To?
22 Whole Step Haiku
23 Yukio

Wolverine : le combat de l’immortel, critique du film

Wolverine : le combat de l’immortel, un film qui manque de bestialité, de fougue malgré les magnifiques paysages enneigés d’un Japon fleuri et les combats avec les samouraïs, yakuzas et autres ninjas

Une immortalité pesante pour ce super héros sans masque, une malédiction pour ce personnage torturé, l’offre du maître Yashida est-elle vraiment la voie ?

Je peux te rendre mortel

L’opus Wolverine : le combat de l’immortel puise ses sources dans la série de comics rédigé par Chris Claremont et Frank Miller, publiée en 1982, où il y fait la rencontre de Mariko Yashida au Japon.

Commençons par un petit mot sur le réalisateur James Mangold, ancien étudiant de Milos Forman, un de ses réalisateurs à la carrière éclectique, passant d’un genre à un autre sans aucun problème. Sa biographie cinématographique parle pour lui, il signe en 1997 l’excellent polar Copland, un thriller en 2003 Identity, en 2005 le drame Walk the Line retraçant la vie du chanteur de country Johnny Cash, en 2008, un western 3 h 10 pour Yuma, un remake d’un film réalisé en 1957 par Delmer Daves, en 2010 une comédie Night and Day ou Nuit et Jour …De toute évidence un réalisateur caméléon, capable de réaliser d’excellents films. Il a prit le relais suite à la défection de Romanek en 2011, le genre Supers héros est une première pour lui, ce qui peut expliquer que son Wolverine : le combat de l’immortel est un échec en demi-teinte.

Un échec partiel, ce n’est pas le fiasco complet mais presque, les producteurs et réalisateurs avant de penser pognon auraient dû commencer par lire les comics d’origines, pour s’imprégner des personnages afin de ne pas tomber dans le ridicule.

Et du risible il y en a dans ce film, prenons la culpabilité  de Logan, elle le ronge, il s’en veut d’avoir dû tuer Jean, ce sentiment aurait pu être retranscrit magnifiquement. Mais tout cela est montrée sans finesse, ces ellipses où il la voit en rêve ne rajoute rien et ralentisse un film déjà lent, après la scène du train on commence à sombrer dans l’ennui.

the wolverine avec jean grey

Le fardeau de l’immortalité

Pourtant, la première partie du film est assez intéressante, l’idée de montrer un Wolverine plus faible mentalement, un peu perdu avec un côté humain permet d’approfondir le personnage. Il est très difficile de juger un film, on voit un raté peut être en raison du manque de rebondissements, un rythme mal négocié, sans parler des dialogues entre  les personnages qui ne suscitent ni empathie ni intérêt, surtout les conversations entre Wolverine et Mariko, donnant juste envie de bailler, la pseudo-romance est trop  clichée, on dirait qu’ils n’ont rien à se dire.

Par contre, certaines scènes sont très belles, comme celles où Wolverine avance à côté d’un grizzly, Hugh Jackman est d’ailleurs convaincant en clodo hermite, la scène du Love Hotel est plutôt drôle. Quant aux scènes de combats, celle sur le toit du train est spectaculaire, on a bien affaire à un mutant avec des griffes en adamantium. Une autre scène de combat est plutôt bien vu, celle où les ninjas plantent des flèches à corde dans son dos pour l’arrêter.

Toutefois hors ses scènes, le reste des combats laisse à désirer, c’est trop mal chorégraphié, quant aux méchants, ils sont complètement inexistants, tous pareils et ratés surtout Vipère interprétée par l’actrice Russe Svetlana Khodchenkov, une super vilaine en cuir et latex copiée sur Poison Yvy.

Par contre le choix de prendre des acteurs locaux est une excellente idée, les deux actrices principales Tao Okamoto « Mariko Yashida » et Rila Fukushima « Yukio » sont très jolies et bonnes actrices.

De même que choisir le Pays Du Soleil Levant, comme cadre embellit le film, avec ses maisons typiques sous des flocons de neiges, sa nature, son calme et ses paysages sublimes trop peu portés à l’écran.

Ce film aurait pu être une grande réussite, l’idée d’un Wolverine contre des Samouraïs où des Shinobi est vendeur mais au final on aboutit à un film passable pour James Mangold, ça se laisser regarder sans faire décoller le spectateur de son siège.

Synopsis : Vivant comme un solidaire suite à la mort de Jean Grey, abattue par ses propres griffes dans X-Men : L’Affrontement final. Apres 7 ans Wolverine sort de sa retraite et est entraîné au cœur du Japon pour y rencontrer un ancien officier japonais, à qui il a sauvé la vie en 1945 lors du bombardement de Nagasaki. Ce dernier lui propose un marché : en échange de sa capacité à se régénérer, il lui propose la mortalité.

Fiche Technique

Date de sortie : 24 juillet 2013
Réalisé par : James Mangold
Avec : Hugh Jackman, Tao Okamoto, Rila Fukushima, Famke Janssen, Will Yun Lee, Hiroyuki Sanada, Hal Yamanouchi, Brian Tee
Durée : 2h 06min
Genre : Action, Fantastique
Nationalité : Américain
Budget : 100 000 000 $
Titre Original : The Wolverine
Distributeur : Twentieth Century Fox France

Rampart, d’Oren Moverman

Rampart : Le portrait psychologique d’une police violente, raciste et mysogine

Après avoir publiquement brutalisé un individu lors d’une interpellation, un officier de police, Dave Brown (Woody Harrelson) dont la réputation est déjà entachée, devient l’attraction médiatique locale, obligeant ses supérieurs à mener une enquête afin de montrer l’exemplarité des services de police.

Sa carrière étant remise en question, l’agent Brown voit sa vie familiale, au préalable fragile, prendre du plomb dans l’aile et le contraint à tenter de se racheter une conduite.

Co-écrit par le romancier James Ellroy, roi du polar, Rampart, le deuxième film d’Oren Moverman après The Messenger (2012), nous plonge dans le quotidien de Dave Brown, un officier de police de l’unité Rampart, violent, raciste et misogyne, interprété par le prodigieux Woody Harrelson, omniprésent, inquiétant et surtout diablement attachant malgré son personnage détestable, et à fleur de peau.

Nous sommes en 1999, à Los Angeles, l’affaire Rodney King est encore dans les esprits et Dave Brown, ce vétéran du Vietnam, ce flic ripou à l’ancienne, devient vite la cible de tout le monde : médias, police, et proches. Nous suivons avec attention et une certaine empathie la descente en enfer de ce flic perverti en quête de rédemption. Avant l’histoire, Rampart s’intéresse d’abord à la psychologie de son personnage et nous immerge en lui, à l’image d’un documentaire. La caméra de Moverman est proche de son personnage, sans concessions, pour mieux nous montrer son état intérieur, sa mise à nu.

De même, la mise en scène, étrange et âpre, focalise son intérêt sur la composition de Woody Harrelson. Malgré un rythme lent, l’histoire progresse de façon originale, avec un personnage principal qui n’est pas facile à cerner. Rampart est également riche par son casting d’excellence, jusqu’aux seconds rôles. Le spectateur a la surprise d’y découvrir Signourey Weaver, Robin Wright, Steve Buscemi et Ice Cube dans de petits rôles.

Mais chaque apparition est marquante, a du sens. On retrouve également Ben Foster, que l’on aimerait décidément voir plus souvent sur grand écran.Malgré une mise en scène maniérée, Rampart est un film policier intense, d’une grande noirceur, et à l’âpreté féroce, qui ne se regarde pas, mais qui se vit. Rampart est un film percutant, étouffant, une pépite mésestimée et magnifiée par un Woody Harrelson en état de grâce démoniaque. Une belle preuve que le polar sombre n’est pas mort a Hollywood !

Dans The Messenger, sorti seulement en 2012, et inédit dans les salles françaises, Oren Moverman expose déjà sa maitrise d’écriture et sa mise en scène, si particulière. Il dirige pour la première fois Woody Harrelson qui dans une interprétation délicate mais toujours juste, porte un regard intéressant et inédit sur la guerre en Irak.

Texas Chainsaw 3D, de John Luessenhop

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Texas Chainsaw 3D : Teen-movie horrifique, comédie macabre et juvénile

Après le reboot plutôt efficace signé Fede Alvarez de la saga Evil Dead, c’est au tour de la célèbre franchise Massacre à la tronçonneuse[i] de faire son retour au cinéma avec Texas Chainsaw 3D ! Mais il ne s’agit pas d’un énième remake ou reboot de la franchise, mais bien de la suite directe de l’original de 1974 réalisé par Tobe Hooper. Le générique d’introduction plutôt plaisant, s’illustre ainsi par une rétrospective du film de 1974, suscitant la nostalgie mais également l’espoir que cette séquel se montre à la hauteur, 39 ans après. Le réalisateur John Luessenhop (Takers, 2010) multiplie d’ailleurs les références au premier volet comme la venue d’un auto-stoppeur qui s’avèrera être un escroc, les crocs de boucher où Leatherface dispose ses victimes ou encore la fille qui se réveille une fois que le congélo est ouvert. Quelques clins d’œil plutôt sympas de premier abord !

Malheureusement, Luessenhop ne parvient jamais à instaurer une ambiance aussi glauque, malsaine et poisseuse que l’original, ni atteindre son réalisme saisissant, et ce malgré les litres d’hémoglobine déversés, et quelques scènes d’exécution brutalement sanglantes. Texas Chainsaw 3D n’est pas exempt de défauts, à commencer par un script convenu et prévisible, ainsi qu’une une galerie de personnages stéréotypés. Trey Songz, le black musclé, Tania Raymonde, la blonde dévergondée aux tenues légères ; le personnage de l’auto-stoppeur, incarné par Shaun Sipos, sorti tout droit d’une pub Hugo Boss ne sert strictement à rien malgré ses intentions douteuses, sauf à se faire exécuter le premier! D’ailleurs, toutes les exécutions sont beaucoup trop rapides : on n’a nullement le temps de se familiariser avec les personnages.

Keram Malicki-Sanchez est très effacé et n’attire donc pas l’attention. Scott Eastwood, fils de Clint, semble à l’aise pour l’un de ses tout premier grand rôle. Dan Yeager se voit octroyer le rôle de Leatherface, rôle qu’il a réussit à bien restituer dans la tradition d’avant le remake, c’est-à-dire un personnage plus humain, moins monstrueux et largement moins imposant. D’autres trouveront cependant qu’il n’a pas le charisme d’Andrew Bryniarski (le Leatherface des années 2000 d’1m96) ni même sa férocité effroyable. Alexandra Daddario (saga Percy Jackson), nouvelle héroïne brune, ayant la tête sur les épaules tout en étant rebelle, a beau déployer ses attributs mammaires, rien n’y fait ! Texas Chainsaw 3D est bourré d’aberrations scénaristiques et d’incohérences chronologiques, comme la scène du policier qui filme son intervention avec son i phone, ou l’âge de l’héroïne qui ne peut coïncider avec les évènements. A tout cela, se rajoute une 3D accessoire et un twist final ridicule.

Malgré son introduction prometteuse, Texas Chainsaw 3D n’est qu’une une comédie macabre et juvénile, un nouveau teen-movie horrifique au scénario faiblard, au déroulement sans panache, qui fait honte à la franchise culte. Aucun suspense, ni peur, ni angoisse ! Ce film est loin d’égaler l’ambiance pesante et malsaine de l’excellent remake de 2003 de Marcus Nispel, Massacre à la tronçonneuse, ni même la version honorable de Jonathan Liebesman, Massacre à la tronçonneuse : le commencement. A éviter !

Synopsis : Après le massacre de ses quatre amis, Sally était parvenue à échapper à l’épouvantable famille Sawyer. Les habitants de la petite ville de Newt, au Texas, avaient décidé de faire justice eux-mêmes, brûlant la maison de cette famille maudite et tuant tous ses membres, hormis un enfant, qui survit. Bien des années plus tard, à des centaines de kilomètres de là, une jeune femme, Heather (Alexandra Daddario), reçoit une lettre de sa grand-mère, dont elle ignorait l’existence jusqu’ici, lui léguant tous ses biens, dont un somptueux manoir victorien. Accompagnée de ses trois meilleurs amis et d’un auto-stoppeur, elle part découvrir la magnifique propriété isolée. Heather ignore que son cousin Leatherface y vit caché et va vite comprendre que du fond des caves, l’horreur n’attend qu’une occasion pour surgir… Interdit aux moins de 16 ans


[i] En 1974, Tobe Hooper réalise l’excellent Massacre à la tronçonneuse. Douze ans plus tard, il réalise Massacre à la tronçonneuse 2, une parodie plutôt sympathique du premier opus. S’en suivront deux films beaucoup moins réussis : Massacre à la tronçonneuse 3 : Leatherface de Jeff Burr en 1990, et Massacre à la tronçonneuse : La nouvelle génération de Kim Henkel ou plus simplement les épisodes 3 et 4, en 1990 et 1994. En 2004, Marcus Nispel réalise Massacre à la tronçonneuse, un remake honnête du film original suivi, en 2006, d’un prequel de Jonathan Liebesman de ce remake Massacre à la tronçonneuse : le commencement. Enfin, Texas Chainsaw 3D, la version 2013, est quand à elle une suite directe de l’original de 1974.

R.I.P.D. Brigade Fantôme, un blockbuster bêtifiant

R.I.P.D. Brigade Fantôme : Production Hollywoodienne du muscle, des boobs et des effets visuels

Adapté d’un comic book écrit par Peter M. Lenkov, édité par Dark Horse. R.I.P.D est un mélange entre action et comédie, avec quelques scènes plutôt drôle, même si de toute évidence le scenario ne brille guère par sa construction narrative et qu’il décevra les fans de la bande dessinée.

R.I.P.D  : un blockbuster fantomatique

Le film reprend la recette du Buddy cop comédie, au goût de déjà vu, l’éternel jumelage du jeune flic et du vieux flic, basée sur l’idée d’une alchimie entre deux acteurs principaux comme dans l’arme fatal et maints autres films. Même si Jeff Bridges a une présence certaine, il est plutôt bon dans son rôle de vieux briscard hilarant, mais le film pêche par une construction sans surprises. Quant à Ryan Reynolds, son jeu est plutôt terne et Kevin Bacon incarnant le méchant flic mort vivant n’a jamais vraiment le temps de jouer, d’exprimer son rôle de méchant.

Une fois les premières 45 minutes passées, nos héros doivent stopper l’invasion de la Terre, et bien sur la menace vient d’un portail venant du ciel. Évidemment là aussi un effet au goût de déjà vu, Man of Stell, Transformers 3, Avengers 3, ces éternels portails au-dessus de ses villes américaines aux immenses gratte-ciels, est plutôt esthétique visuellement même si récurrent. Il faut dire que ce type d’effet visuel semble presque attendu par le spectateur, l’idée du ciel qui vous tombe sur la tête est une des peurs ancestrales parfaitement ancrée dans l’esprit.

Reste un constat lui aussi trop répétitif dans le monde des blockbusters et R.I.P.D ne coupe pas à cette tradition hollywoodienne. Comme d’habitude, le scenario est bâclé, les gags ne sont pas toujours au top, même si on peut trouver une où deux scènes assez drôle comme celle de la course poursuite en plein centre ville contre une sorte de bidendum et les avatars de nos chasseurs de fantômes (une bimbo pour Bridges et un vieux chinois pour Reynolds). Notons au passage l’apparition de Robert Knepper que l’on a vu dans Prison Break et plus récemment dans la série Cult, il incarne dans R.I.P.P, le rôle d’une de ses âmes n’ayant plus rien à faire sur terre.

R.I.P.D utilise des parts de recettes en mettant un zeste de Beetlejuice, de Ghostbuster, voir même de Men in Black, un tandem au diapason , admirablement incarné par Will Smith et Tommy Lee Jones, mais qui dans le cas de R.I.P.D tombe à plat. Les répliques, elles aussi tombent dans le vide, les gags n’ont pas été vraiment travaillés…

Ce titre résume parfaitement la longue liste de blockbusters ratés, il serait peut être temps qu’Hollywood se réveille et fasse des scénarios digne de ce nom en présentant de meilleurs produits. L’excuse consistant à penser qu’un film pour plaire aux adolescents, adultes, aux différents types composant la population doit être fade n’est rien d’autre que du mépris, envers cet art mais aussi envers les spectateurs, clairement pris pour des crétins. En mettre plein la vue, en oubliant le scenario, la direction artistique, dangereux pour la diffusion de la culture américaine dans le monde sur le long terme. Ne nous leurrons pas le cinéma est aussi un commerce, mais cela devient alarmant lorsque le côté commercial détruit l’art. Or c’est le cas avec ce déferlement de blockbusters bêtifiants sans aucune originalité, et le problème est qu’ils sont la majorité tandis que les blockbusters dits intelligents comme The Dark Knight, Matrix, Equilibrium sont de plus en plus rares.

En conclusion on pouvait s’attendre à mieux, il y avait de la matière et un budget confortable de 130 Millions de dollars. R.I.P.D est à voir si vous aimez les films au rythme rapides, sans messages, une désinvolture sans prises de têtes à consommer avec modération. Il est en effet divertissant, sympathique d’aller voir un de ses films de temps en temps, mais là, c’est une horde de blockbusters bêtifiants ou même les scènes d’actions ne sont pas à la hauteur.

Synopsis : L’agent Nick Walker, est abattu par son coéquipier et se retrouve dans l’au-delà, engagé par la RIPD, (Rest in Peace Department) une brigade fantôme composée d’officiers morts chargée de chasser les esprits néfastes du monde des vivants. Nick fera équipe avec le vétéran Roycifus….

Fiche Technique : R.I.P.D. Brigade Fantôme

Titre original : R.I.P.D
Réalisateur : Schwentke Robert
Acteurs : Kevin Bacon, Ryan Reynolds, Jeff Bridges, Mary-Louise Parker
Genre : Comédie, Fantastique, Action
Date de sortie : 31 juillet 2013
Durée : 1h36mn
Scénariste : Phil Hay et Matt Manfredi
Collaboration au scénario : David Dobkin

Casting du film R.I.P.D

Jeff Bridges Rôle : Roy Pulsipher et Marisa Miller Rôle : L’avatar de Roy
Ryan Reynolds Rôle : Nick Walker James Hong Rôle : Grand-père Chen/L’avatar de Nick
Kevin Bacon Rôle : Bobby Hayes
Mary-Louise Parker Rôle : Procter
Stephanie Szostak : Rôle : Julia
Robert Knepper : Rôle Stanley Nawlicki

Insaisissables, de Louis Letterrier : Critique du film

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Insaisissables : Magie et Robins des Bois des temps modernes

Les Quatre Cavalier, des magiciens surdoués, sont réunis par une mystérieuse tête pensante, afin de dérober banques et assureurs et remettre leur butin aux pauvres. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à déjouer leurs plans avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux. Ils font appel à Thaddeus (Morgan Freeman), spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, une gigantesque chasse à l’homme commence.

Après une succession de blockbuster passable (L’Incroyable Hulk, 2008), voire pitoyable (Le Choc des Titans, 2010), le réalisateur français Louis Leterrier [i], issu de l’écurie Besson, revient avec un thriller estival qui nous en met plein les mirettes en jouant avec l’art du subterfuge.

Insaisissables de Louis Letterier est en effet un film à grand spectacle. Entre Las Vegas, Paris, New York et la Nouvelle-Orléans, les aventures des Robins des bois prestidigitateurs tiennent le spectateur en haleine, grâce notamment à une course-poursuite effrénée et à des tours de magie époustouflants et d’une grande beauté visuelle, entre mentalisme et tours de passe-passe, petite escroquerie, et autres tours de cartes sans pareil. Avec Insaisissables, le show est assuré, à grand coup d’effets spéciaux : la carte choisie apparaît sur un immeuble, une fille entre dans une bulle de savon et flotte dans les airs, des billets de banque volent au-dessus des spectateurs après le braquage de la banque de France qui met en scène José Garcia…

insaissables magie

Insaisissables est un pur divertissement qui n’existe et n’est construit que pour faire plaisir à son public. Doté d’un casting cinq étoiles, quoique inégal, ce thriller amusant et à tiroirs multiples propose un divertissement aussi léger que jubilatoire. Les comédiens sans livrer la performance du siècle, ont visiblement un certain plaisir à jouer ensemble : les Quatre Cavaliers tout d’abord, un hypnotiseur déshonoré joué par Woody Harrelson (Tueurs nés, 1994, Bienvenue à Zombieland, 2012), un illusionniste de rue, Jesse Eisenberg (The Social Network, 2010, également Bienvenue à Zombieland), un artiste de l’évasion Isla Fisher (Serial Noceurs, 2005, Confessions d’une accro du shopping, 2009) et un pickpocket, Dave Franco.

On retrouve également l’étoile montante Mark Ruffalo (Hulk, Avengers) en agent du FBI, et son acolyte d’Interpol, jouée par une Mélanie Laurent (Je vais bien, ne t’en fais pas, 2006, Inglourious Basterds, 2009, La Rafle, 2010) un peu trop transparente et souriante. Enfin, Morgan Freeman dans son rôle de Thaddeus, un magicien qui cherche aussi à coincer les quatre robins des bois de la magie, et Michael Caine en riche producteur. La bande son de Brian Tyler (Fast and Furious, Iron man 3, 2013) accompagne parfaitement l’évolution des personnages haut en couleur et des différentes scènes d’actions.

Insaisissables est avant tout un film d’action, avec des cambriolages et une magnifique course poursuite dans New York. On peut regretter qu’il souffre de nombreuses invraisemblances, dont un twist final téléphoné, et que l’intrigue soit reléguée au second plan : on aurait aimé sans doute en savoir un peu plus sur la secte de l’œil, par exemple. Ce film, même si c’est un parti pris, n’est pas à la hauteur du Prestige de Christopher Nolan (2006), ou de L’illusionniste de Neil Burger (2006). Malgré cela, Insaisissables demeure un divertissement sympathique, au charme et à la fraîcheur indéniables, qui saura plaire en cette période estivale au grand public, après une série désastreuse de blockbuster ratés.


[i] Louis Leterrier a d’abord travaillé avec Luc Besson (les 2 premiers Transporteurs, 2002 et 2005 et Danny the Dog, 2005) avant de faire ses premières armes à Hollywood (L’Incroyable Hulk, 2008, Le Choc des Titans, 2010).

Hijacking, de Tobias Lindholm

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Hijacking, de Tobias Lindholm : Thriller maritime et drame psychologique d’une prise d’otages

En plein océan Indien, un cargo danois est pris d’assaut par des pirates somaliens, qui retiennent en otage l’équipage et réclament une rançon de 15 millions de dollars. Parmi les sept hommes prisonniers de cet enfer, Mikkel (Pilou Asbaek), le cuisinier, marié et père d’une petite fille, tente se survivre. Peter (Soren Malling) le PDG de la société danoise propriétaire du navire, improvisé négociateur, doit mener d’intenses négociations avec les preneurs d’otages pour libérer ses hommes…

Enfin du vrai cinéma, capable de dépeindre sans fard la diversité des sentiments, la profondeur et les abysses de l’âme humaine ! Le réalisateur danois Tobias Lindholm [i] propose ici le thriller haletant et d’un grand réalisme d’une prise d’otages en pleine mer, qui mettra sans nul doute vos nerfs à vif.

A travers un dialogue téléphonique tendu et interrompu, ce film oppose sans manichéisme, avant de les réconcilier, deux figures emblématiques : l’ouvrier et le patronat. Mikkel, magnifiquement interprété par Pilou Asbaek, est une petite main tenace enfermée dans ce huit clos maritime infernal, soutenu par un instinct de survie familial, mais s’affaiblissant, peu à peu traumatisé psychologiquement; Peter, magnifié par Soren Malling [ii], incarne le PDG d’une grande compagnie maritime ancrée dans un monde globalisé, tiraillé par des préoccupations pragmatiques, éloignées des affects, et la dimension éminemment humaine d’une prise d’otages. En évitant l’écueil de scènes musclées artificielles, grâce à un scénario soigné et une mise en scène sobre et tendue, Tobias Lindholm réussit à maintenir de but en bout la tension de ce drame psychologique.

En abordant avec finesse un sujet d’actualité assez rarement abordé au cinéma, Hijacking est une belle réussite [iii]. Entre documentaire et fiction, Lindholm place la barre très haute en terme de thriller maritime [iv]. La mise en scène très immersive n’est pas si éloignée d’un cinéma d’auteur à la Ken Loach. Il convient d’encourager ce cinéma capable d’insuffler de l’émotion à travers la pellicule.

Extrait du film Hijacking de Tobias Lindholm


[i] Tobias Lindholm, scénariste de la série Borgen et co-scénariste des deux derniers films de Thomas Vinterberg dont La chasse (2012) avec Mads Mikkelsen, nous offre avec Hijacking sa seconde réalisation après R.

[ii] Soren Malling a déjà été vu récemment dans le drame historique, A Royal Affair (2012). Pour Hijacking, à travers un rôle très différent de celui qu’il tenait dans la série The Killing, le comédien a été récompensé du Prix du Jury et du Prix d’interprétation masculine au Festival International du Film de Marrakech de 2012.

[iii] Hollywood sortira bientôt Captain Philipps de Paul Greengrass, avec Tom Hanks, retraçant l’histoire vraie d’une prise d’otage en mer. Il sera intéressant de comparer les deux œuvres.

[iv] Hijacking fut également auréolé de la Flèche de cristal au Festival de Cinéma Européen des Arcs (2012).

 

Ray Donovan, une seconde saison pour une série noire

Ray Donovan incarné par Liev Schreiber est un « nettoyeur, un peu comme dans la série Scandal avec ses gladiateurs, il fixe les dérapages des  stars « overdose,rappeur s’éveillant auprès d’une prostituée morte… » d’Hollywood.

Dans ce monde de paillettes et de stars harcelés par la presse people,  Ray Donovan s’arrange pour régler les affaires en toute discrétion et préserver votre réputation. En cela il rappelle les détectives hard-boiled des années 30. Le 1er épisode a eu lieu le 30 Juin 2013, le même soir que la dernière saison de et quelques jours après la disparition de James Gandolfini,l’acteur de la série culte Soprano.

Cette nouvelle série lancée sur Showtime, Ray Donovan s’ajoute à une programmation déjà riche en séries de qualité avec Shameless et la fameuse série Homeland dont on verra le retour dans une saison 3.
Le show présente une entreprise plutôt florissante, les scandales pleuvent sous le soleil californien, et les affaires bien que n’étant pas de tout repos  marchent plutôt bien.

Cependant, derrière l’homme qui gère la face obscure de la célébrité, se cache un homme hanté par un passé douloureux, le suicide de sa sœur, un anti-héros torturé, qui s’en tirait plutôt bien avant la libération de son père Mickey (Jon Voight) après vingt ans d’incarcération, annoncé par Ray à sa femme Abby (Paula Malcomson) comme un chevalier de l’apocalypse.

Le portrait d’un affrontement entre un père et son fils 

Ce show ne se concentre pas que sur les drames des stars mais aussi sur les démons d’un homme, ravivés par l’apparition de ce père, faire disparaître les démons des autres ne sera plus suffisant, il devra aussi affronter les siens, et faire en sorte que son monde, sa famille ne s’écroule pas.

Ray, un antihéros à la devise mystérieuse : (Vous faites maintenant partie de la solution) a trois frères, dont les vies ont été détruits par un père, manipulateur, mafieux, un grand-père alliant charme et duplicité, un personnage incarné par un Jon Voight, saisissant.

Que s’est-il donc passé à Boston, leur ville natale ? Pourquoi Ray a-t-il fait mettre son père en prison ? Quelles sont les véritables intentions de Mickey ? Dans un dialogue explosive le père lance « :

Je veux retrouver ma famille » ; « Non, tu veux ma famille », lui rétorque Ray.

Une série noire prometteuse 

Les blessures de la famille Donovan annonce une série avec un fort potentiel dramatique, explorant aussi bien les drames cachés du gratin hollywoodien mais aussi ceux d’une famille maquillant ses fissures en réparant celles des autres.La force de cette série se situe aussi dans son casting, l’acteur Liev Schrieber impose avec beaucoup de charisme son personnage, Jon Voight est renversant et les seconds rôles sont parfaitement campés, bien que partiellement introduits, à travers Terry (Eddie Marsan), un ancien boxeur dirigeant une vieille salle d’entraînement, affecté par les premiers signes d’un Parkinson précoce.

Et Bunchy (Dash Mihok), toxico et alcoolo violé par le prêtre de la famille alors qu’il était enfant.Nous avons là une série prometteuse, la mise en scène d’Allen Coulter introduisant avec finesse la noirceur des personnages dans un monde où en apparence tout semble poli peut faire espérer un show de qualité, en tout cas il y a de la matière…

Trailer Ray Donovan

 

Sons of Anarchy : saison 6

Sons of Anarchy est une série télévisée américaine, créée par Kurt Sutter « The Shield » et diffusée depuis le 3 septembre 2008 sur FX.

Il fait plutôt bon vivre dans cette petite ville fictive paumée qu’est Charming, comté de San Joaquin en Californie sous la houlette d’un club nommé Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original, couramment abrégé en SAMCRO. En réalité un club de hors-la-loi, un gang de bikers vivant de trafics illicites réussissant souvent à contourner la loi, ce qui donne du fil à retordre à la police locale.

Après quelques épisodes mettant en place les différents intervenants, développant les traits de caractères des personnages permettant d’asseoir ainsi sur la durée la série, apportant ainsi une vraie profondeur, c’est directement le gros plongeon dans un univers fascinant.

Un univers de bikers, violent et sans concession, avec ses propres codes et valeurs. Sons of Anarchy c’est un peu « Les Soprano » sous le soleil avec des motos. On retrouve d’ailleurs des thèmes similaires notamment, la loi du clan, l’importance de la famille mais traités de manière différente.

Les Sons, c’est une meute de loups, avec plein d’action, de trafics illicites, de drogues, de corruptions, de débauches, de sexe et de motos…:-), un milieu très (rock’n’roll) à l’image du générique.

Il faut noter que « scénaristiquement », l’introduction des personnages est un des points forts de la série. On s’attache à ses différents protagonistes, en comprenant leurs manières de penser, leurs fêlures… En effet, autour de Jax, incarné par le très doué Charlie Hunnam, évoluent une sacrée brochette de personnages avec un charisme faisant exploser l’écran, que l’on peut adorer où détester…

Plus on avance dans la série, et plus les rebondissements sont surprenants, les cartes ne tombent pas de manière prévisible, on va de surprise en surprise. Bien malin celui qui peut deviner la suite logique des saisons. Chaque nouvelle saison, apporte son lot de suspense, de situations périlleuses, de guerre de gangs, ainsi que des drames familiaux. Nul doute, le chef d’orchestre derrière la mise en scène est talentueux avec des twist géniaux.

En somme, une superbe série, dans la lignée des (Parrain) où (Scarface), attachante avec un casting charismatique, chacun est crédible dans son rôle. Les acteurs sont bons, Ron Perlman (Clay) est excellent, dans son personnage de chef de la meute manipulateur, prêt à tout pour garder le pouvoir, ainsi que (Gemma), sa femme, mère de Jax, incarnée par Katey Sagal, elle joue à merveille ce rôle de matriarche cynique et calculatrice loin de celle qu’elle jouait dans (Touche pas à mes filles)

Un décor, des dialogues maitrisés, et surtout une bande son magnifique, les musiques sont très bien choisies, avec de nombreux groupes comme White Buffalo avec la reprise House of the Rising Sun, où encore les chansons des Black Keys ou des Forest Rangers. Une BO s’imbriquant à merveille dans une série époustouflante avec des thématiques intéressantes comme le racisme, la marginalité, la criminalité, le pouvoir…

« Sons of Anarchy FULL Soundtrack »>Sons of Anarchy FULL Soundtrack


Une série vraiment palpitante, au rythme fracassant, qui vaut le détour, jetez-vous dessus à consommer sans modération !

Deux nouveaux personnages, font leurs apparitions dont un personnage féminin majeur joué par Bridget Regan (Legend of the Seeker, Beauty and the Beast)
Via la chaîne Youtube de Kurt Sutter, vous pouvez suivre le développement de la série et voir les dernières news.

Acteurs principaux : Sons of Anarchy

Charlie Hunnam Rôle : Jackson « Jax » Teller
Katey Sagal Rôle : Gemma Teller-Morrow
Ron Perlman Rôle : Clarence « Clay » Morrow
Maggie Siff Rôle : Dr Tara Knowles
Kim Coates Rôle : Alexander « Tig » Trager