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Fast & Furious 6 de Justin Lin

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Fast & Furious 6 de Justin Lin : Adrénaline et gros bolides, belles nanas et messieurs muscles

Après leur rodéo à Rio, où ils s’étaient attaqués à un cartel de la drogue, Brian (Paul Walker), Dom (Vin Diesel) et toute leur équipe, se sont éparpillés aux quatre coins du globe avec un butin de 100 millions de dollars. Toutefois, ils sont dans l’incapacité de retourner chez eux et vivent en perpétuelle cavale. Pendant ce temps, l’agent fédéral  Hobbs (Dwaine Johnson) traque un groupe de chauffeurs mercenaires, surarmés et entrainés, dont le cerveau nommé Shaw (Luke Ewans) est secondé par celle qui fait tant vibrer Dom et qu’il ne pensait jamais revoir : Letty.(Michelle Rodriguez). Hobbs demande donc à Dom de rassembler son équipe de choc à Londres. En retour ? Un  casier vierge pour chacun d’eux leur permettant un retour près des leurs…

Vroom, vroum, et c’est reparti ! Pour la quatrième fois, nous retrouvons Justin Lin aux commandes de ce 6ème opus de la saga Fast & Furious qui ne devrait pas décevoir son public en décharges d’adrénalines et en beaux bolides malmenés. Depuis le Fast 4, on sait que la série s’est éloignée de ce qui la définissait à l’origine : un film sur le tuning ou sur les courses de rue underground, les gros bolides et l’argent facile. Elle est désormais résolument orientée vers l’action pure. Ses thèmes sont devenus la guerre, les armes, les accidents de voiture, les combats. Avec Fast 6, Justin Lin récidive et a gardé tous les ingrédients qui avait fait de Fast 5 un film d’action réussi : un casting qui ferait rougir celui d’Expendables, des gros bras, des belles filles, de l’humour, de beaux bolides et des fusillades à gogo.Fast & Furious 6 est bel et bien bourré d’action, mais également rempli de courses poursuites à fond la caisse, de cascades superbement chorégraphiées et toujours aussi explosives. Ce 6ème opus est donc un film d’action réussi où les fans retrouveront avec plaisir ces voitures aux moteurs V8 bourdonnants, ces  bolides flashy (Daytona, Ford Escort, Aston Martin…),  de l’action, du grand spectacle, de la castagne, mais aussi beaucoup d’humour (comme la scène de déshabillage du vendeur de voiture ou les nombreuses blagues de Han et de Roman Pierce), accompagnés d’une bande-son qui colle très bien à l’univers de Fast & Furious. Bref, une orgie de testostérone !

Depuis le 4, la série tente d’instaurer certaines histoires dramatiques pour unir les personnages et les rendre bien plus attachants. Avec Fast 6, s’affiche clairement l’ambition des producteurs et scénaristes à vouloir tisser des liens entre chaque film pour ne former qu’une seule histoire : un souci d’unité. Côté casting, Justin Lin s’amuse à repasser de manière chronologique les épisodes précédents et à. faire revenir des personnages secondaires, liant les multiples scénarios entre eux et enrichissant un peu plus l’univers de la saga. Nous retrouvons bien sur la « famille » : Toretto, O’Conner, Mia, Pearce, Parker, Gisele et Han. Dominique Torreto, le caïd en marcel joué par Vin Diesel, est toujours aux cotés de Brian O’Conner (Paul Walker) et Mia (Jordana Brewster), sa sœur. Nous accueillons une nouvelle fois Dwayne Johnson, The Rock, encore plus en muscles que jamais dans le camp Torreto. Et nous assistons au retour surprise de Lettie Ortiz (Michelle Rodriguez), disparue dans l’épisode 4. En plus de réunir le casting estampillé des précédents opus (Ludacris, Tej Parker, Gal Gadot, Gisèle, et Sung Kang, Han), c’est avec un grand plaisir que nous retrouvons les déboires humoristiques de Roman Pierce, interprété par l’excellent Tyrese Gibson. Luke Evans incarne le meilleur méchant de la saga, redoutable, très ingénieux et charismatique. La scène finale post -générique introduit le nouveau méchant du prochain épisode, Jason Stattham tout en bouclant la boucle avec Fast & Furious 3, Tokyo Drift, la première réalisation le Lin dans la série. Justin Lin clôture ici sa participation à la saga qu’il a rendue plus mature au fil du temps, et laisse la main à James Wan qui nous offrira un 7ème opus certainement plein de surprises.

Certes, le scénario de ce Fast & Furious 6 souffre de nombreuses invraisemblances tombant parfois dans une surenchère visuelle : -la scène du tank sur l’autoroute : la scène du pont ou Vin Diesel saute de sa voiture tel un super Hulk pour rattraper sa dulcinée, sans une égratignure bien évidemment (quoique très comique, les gens ont bien ri dans la salle) ; une piste d’atterrissage interminable… Les nostalgiques des premiers Fast reprocheront sans doute une mutation de la saga en un pur Expendable… On regrettera également un puritanisme américain bien affiché et totalement assumé : après une bonne tuerie, il ne faut surtout pas oublier de souhaiter que Dieu bénisse l’Amérique et la famille évidemment, tel un clip de campagne pour le parti républicain ! Mais en termes d’action pure, ce film est une vraie réussite que ce soit pour les cascades improbables à couper le souffle, les combats qui font mal, ou les scènes de poursuites pures et dures qui décoiffent. Que demander de plus ?  Certes, ce n’est pas du grand cinéma, mais c’est diablement efficace!! Ce blockbuster ultra-vitaminé est le genre de film parfait pour ne pas trop réfléchir et pour admirer confortablement les scènes d’action et les effets spéciaux spectaculaires. Totalement jouissif pour les fans !

 

 

 

 

 

Epic : la bataille du royaume secret de Chris Weber

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Epic : la bataille du royaume secret de Chris Weber, style elfique, conte écologique et morale panthéiste

Dans la forêt existe un monde miniature où s’opposent les forces du bien, les hommes-feuilles et les forces du mal, les méchants crasseux dirigées par le vil Mandrake. La paix est menacée suite au décès de la reine Tara. Une jeune femme Mary Katherine découvre que les lubies de son père sur ces êtres minuscules sont vraies après avoir été rétrécie et propulsée au cœur d’une aventure qui met en jeu l’avenir de la forêt et de notre monde. Aidée par des personnages singuliers et fantaisistes, Mary Katherine se voit confier la mission de sauver ce royaume caché en protégeant un mystérieux bourgeon confié par la reine défunte… A partir de 6 ans.

A l’instar de Dreamworks Animation et de ses féériques Cinq Légendes (2012), Blue Sky Studios de Twentieth Century Fox adapte ici un livre pour enfants de William Joyce à travers un de ses artisans les plus connus, le réalisateur américain Chris Wedge, créateur de la franchise à succès de L’Age de Glace (2002). Après le succès en demi-teinte de Robots (2005), le réalisateur propose un nouveau projet d’animation ambitieux, Epic : la bataille du royaume secret.

Epic est un film d’une grande beauté plastique, bercé de personnages toujours aussi fantasques et dotés d’une bonne dose de poésie, d’action et d’humour. Les plans sont profonds et dynamiques ; les dessins et les couleurs sont magnifiques (comme dans Rio, 2011) et très réalistes et raviront les amateurs du style elfique. L’animation de ce monde de la nature est sublime, mais aussi totalement immersive grâce à une 3D enivrante et aboutie, avec une belle profondeur de champs, et qui se distingue surtout dans les déplacements incessants de ces hommes-feuille, leurs courses poursuites dans les arbres ou les scènes de batailles D’emblée, une empathie se créée pour ces personnages sympathiques, mais aussi très proches de nous, très humains, surtout que l’humour est de la partie grâce au chien à trois pattes mais surtout aux gags du duo de Mub la limace et Grub l’escargot, les amis dévoués des deux héros, Mary Katherine et Nod. Ce binôme comique n’est pas sans rappeler Timon et Pumba du Roi lion (1994).

L’émotion est aussi au rendez-vous, notamment à travers les relations entre le chef de la garde royale, le valeureux Ronin et de la reine Tara. Il y a aussi beaucoup de magie dans cette animation, du fantastique et de l’imaginaire. Dans cet affrontement des forces du bien contre le mal représenté par le hideux Mandrake qui cherche à neutraliser le bourgeon magique afin de transformer la Terre en un monde ténébreux et stérile, Epic porte bien son nom et carbure à un rythme de folie, enchaînant les séquences d’action virevoltantes, trépidantes, et de combat de façon détonante. La partition de Danny Elfman prouve une nouvelle fois qu’il est un compositeur incroyable.epic-la-bataille-du-royaume-secret-banniere-2

Certes, le  récit qui consiste à rapetisser le héros et emporter le spectateur dans son sillage pour vivre des aventures dans un monde fascinant et effrayant, est une figure imposée du langage cinématographique [i]. Certes, comme souvent dans l’animation, les bons sentiments ont la vie dure. Mais Epic est plus que cela et réussit à renouveler le genre. Tout comme Là Haut (2009), ce conte écologique à la morale humaniste porte en lui un message profond et très actuel et beaucoup plus adulte qu’il n’y paraît : la nécessité de protéger la nature bien sur, mais aussi les rapports parfois conflictuels entre les enfants et leurs parents, la tolérance, et la révolte de la jeunesse envers un ordre établi. C’est en ce sens qu’il ne peut se réduire à un simple remake d’Arthur et les Minimoys, (2006). En effet, « Le bourgeon, c’est la vie de la forêt ». « Nous sommes tous des individus et nous sommes tous reliés aux autres ». « Les parchemins nous guident grâce à la mémoire du passé »…

Si le scénario d’Epic reste prévisible et conventionnel, cette aventure légère, rythmée et intelligente dans un cadre forestier ne manque pas de charme. Sans atteindre la sensibilité et l’onirisme des fables naturalistes d’Hayao Miyazaki [ii] et notamment de son sensible Arrietty (2010), ce joli conte écolo, humoristique et poétique mené avec virtuosité et vivacité, prouve la capacité des Studios Blue Sky de se renouveler. Après la déception ressentie l’été dernier avec L’Age de Glace 4 (2012), Le chemin emprunté ici, semble les rapprocher de la cheville des plus grands : DreamWorks ou Disney-Pixar. S’ils ne révolutionnent pas le genre, Epic est un bel effort qui ravira les plus petits comme les plus grands : les petites filles romantiques se demanderont si l’amour triomphera à la fin ; les petits garçons s’exciteront de la bagarre et des scènes de combat ; quant à l’adulte, il réfléchira sans doute un peu plus, et s’il a gardé son âme d’enfant, rêvera lui aussi de chevaucher un oiseau multicolore. 

Personnage du film d’animation Epic le royaume secret

epic animation les-personnages

Beyoncé Knowles sur youtube

[i] Nous pouvons citer entres entre autres Chérie j’ai rétréci les gosses de Joe Johnston (1989), L’homme qui rétrécit de Jack Arnold (1957), Microcosmos, le peuple de l’herbe (1996), 1001 pattes (1998), Arthur et les Minimoys (2006), Horton (2008).

Hayao Miyazaki est incontestablement un maître du genre, reconnu internationalement pour ses animations à échelle de l’enfant, pleines de curiosité et de pédagogie, aux valeurs universelles et écologiques : parmi ses plus grandes œuvres, Nausicaa de la vallée du vent (1984), Le Château dans le ciel (1986), Mon voisin Tohoro (1988), Kiki la petite sorcière (1989), Princesse Mononoke (1997) qui le consacra en occident, Le Voyage de Chihiro (2001), Le Château ambulant (2004) ; Ponyo sur la falaise (2008), Le vent se lève (2013). Il est aussi le scénariste du très onirique et poétique Arietty, le petit monde des charpadeurs de Hiromasa Yonebayashi (2010).

 

Only God forgives, un film de Nicolas Winding Refn : Critique

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 Only God Forgives : Complexe d’Œdipe vénéneux, cinéma choc et silence cauchemardesque.

palme d'or

Synopsis : Bangkok. Julian dirige un club de box thaï, façade d’un vaste trafic de drogue. Son grand frère Billy (Tom Burke) est retrouvé mort après avoir assassiné une prostituée de 16 ans. Cristal, la mère de Julian, débarque des Etats Unis pour rapatrier le corps de son fils et demander à Julian de venger son frère. Ils se rendent compte rapidement que le « véritable » responsable de la mort de son fils est un ancien policier Chang, au sens de la justice radical…

Deux ans après le sensationnel Drive (2011), prix de la mise en scène au festival de Cannes, Nicolas Winding Refn revient sur la croisette avec Only God Forgives en compétition officielle, sa neuvième réalisation marquant ses retrouvailles avec son acteur fétiche Ryan Gosling. Mais l’essai n’est pas le même : Only God Forgives lorgne plutôt du côté de l’hermétique, mais non moins réussi, Valhalla Rising (2010). Le réalisateur danois revient ici à un cinéma plus personnel, plus expérimental, et surtout plus radical. Winding Refn mise tout sur l’esthétique, l’ambiance et le non-dit. Si le rythme est lent, le film est beaucoup plus trash. Les plans à l’esthétique irréprochable et aux couleurs contrastées ont comme unique but d’agresser les rétines du spectateur « Art is an act of violence », telle est la philosophie cinématographique de Refn. Ici, le réalisateur ne fait pas de compromis avec son art, et s’éloigne de la commande de Drive, pour nous délivrer un film où la violence et le chaos semblent régner dans un grand silence cauchemardesque, mais toujours mêlé de poésie. Dans Only God forgives, la réalisation est esthétisante et s’installe dans l’onirisme de la nuit thaïlandaise : Bangkok filmée au cœur de son âme, jouant à la fois sur la luxure ou la misère ; les néons éclairant les dragons récurrents qui ornent les murs ; le réalisateur danois enferme la psychologie déviante ses personnages dans un labyrinthe de couloirs aux lumières, oscillant entre le rouge, le orange et le bleu, évoquant l’univers de David Lynch, dont la seule issue est la mort. La mise en scène de ce polar noir, violent et amoral est ébouriffante. Les images s’imposent comme autant de tableaux purement hypnotiques dont il ne faut pas tant chercher le sens qu’admirer la finesse. La partition planante de Cliff Martinez est encore ici admirable et accompagne parfaitement cette descente en enfer.

Only God Forgives est un film sur la vengeance, un thème somme toute classique.

Mais ici, la violence est radicale. Les scènes d’actions sont courtes, violentes, gores, brutales, viscérales : aucune pitié. Le pardon n’est pas terrestre et c’est cette même froideur qui séduit. La dédicace en fin de générique à Jodorowsky et son cinéma mystique d’avant-garde est tout à fait pertinente. Vithaya Pansringarm (aperçu dans Very Bad Trip 2) incarne ici parfaitement le Dieu vengeur, l’ange de la mort, un être déterminé, froid, stoïque, réfléchi qui livre la sentence implacable à grands coups de sabres assurés. Winding Refn amène un décalage burlesque avec ce policier qui après ses mises à mort chantent des chansons thaï à l’eau dans rose dans un karaoké. Kristin Scott Thomas, ici à contre-emploi campe une Crystal incontournable et détestable, manipulatrice et intransigeante, hystérique et mère incestueuse. Sa perversion et son érotisme muselé crève l’écran. A la fois humiliante, froide, vulgaire mais digne, elle s’impose comme une fatalité qu’il est impossible de contredire ou d’éviter. Elle est la représentation même de ce monde violent dans laquelle la notion de justice n’est que le fruit de la parole impulsive de l’homme. Cette mère castratrice et vulgaire se place en caïd dans un monde d’hommes. Ryan Gosling remplit son rôle, de fils cadet désorienté et mal dans sa peau. Avec son nouveau long-métrage, Nicolas Winding Refn pousse à son paroxysme le film de vengeance. La scène de combat aux poings et surtout la scène de torture sont brillantes.

La sexualité prend également une place importante pour la première fois chez Refn. Que ce soit dans Pusher (1996), Bronson (2010), Valhallah Rising ou Drive, le réalisateur ne traitait que très peu la question sexuelle. Mais encore une fois, il se démarque en allant droit au but : Rian Gosling campe un personnage d’apparence très viril, mais totalement impuissant, face à un frère pédophile et une mère incestueuse. Julian est un être mutique au regard et à la stature impeccable, mais faible, tant physiquement que sexuellement, castré et vampirisé par une mère monstrueuse dont il est le souffre douleur, qui prend plaisir à l’humilier, et dont toute l’ambiguïté des rapports incestueux est évoquée. Cet Only God Forgives représente un anti-Drive, dans le sens où le personnage principal, tout aussi silencieux qu’ayant des fantasmes bien réels de violence, n’est pas une sorte de super-héros invincible, mais a un fond d’humanité. S’il est poussé au crime, c’est par amour pour sa mère. Il est à la recherche d’une réponse existentielle, réponse qu’il espère trouver dans la foi et dont il espérait se rapprocher en tuant son père et réponse qu’il espère trouver à l’intérieur du corps de sa mère, là ou tout a débuté. Entre film psychanalytique, drame œdipien et thriller d’un nouveau genre, le film survit par la richesse et la densité de ses thèmes.

Only God Forgives est un film transcendant, sans limites et original qui nous fait vivre une véritable expérience sensorielle. Là où Le Guerrier Silencieux (2010), Drive, Bronson et la trilogie Pusher s’interrogeaient sur les actes, Only God Forgives se plonge dans une exploration abyssale de l’âme, une réflexion mystérieuse et sombre sur l’homme et sa foi face à son existence. Une nouvelle fois, Refn ne livre aucune fin réelle. Dans Drive, impossible de savoir si le héros a survécu, s’il rêve, s’il est mort… Dans Only God Forgives, on tend à l’abstraction, au formalisme esthétisant et expérimental. Si le scénario peut apparaître simpliste, le film est sujet à de multiples niveaux de lecture et bouscule. Une claque cinématographique assurément, d’une beauté rare, une œuvre d’art, un ovni cinématographique sifflé à Cannes, mais qui fait déjà couler beaucoup d’encre et qui devrait connaître un avenir plus radieux. Only God Forgives est un langage par l’image, qui est à réserver aux amateurs du cinéma choc, des David Lynch tardifs, de Stanley Kubrick, d’Enter the void (2010) de Gaspard Noé ou encore de l’univers de Luis Bunuel.

Only God Forgives : Bande-annonce

Only God Forgives : Fiche technique

Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn
Interprétation : Ryan Gosling (Julian Hopkins), Kristin Scott Thomas (Crystal Hopkins), Vithaya Pansringarm (Chang), Tom Burke (Billy Hopkins)…
Image : Larry Smith
Montage : Matthew Newman
Musique : Cliff Martinez
Direction artistique : Russell Barnes
Décors : Beth Mickle
Costumes : Wasitchaya ‘Nampeung’ Mochanakul
Production : Johnny Andersen, Lene Børglum, Jacob Jarek
Sociétés de production : FilmDistrict, Gaumont et Wild Bunch
Distribution : Wilde Side / Le Pacte
Avertissement : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Festivals : Sélection officielle à Cannes 2013 et Grand Prix à Sydney 2013
Durée : 90 minutes
Genre : Gangsters, action
Date de sortie : 22 mai 2013

Danemark / France / Etats-Unis – 2013

 

 

Mamá : Magnifique partition de Fernando Velazquez

Berceuse frissonnante de Velazquez dans le film Mamá

La musique aussi est un gros point fort avec cette berceuse inquiétante, une magnifique partition de Fernando Velazquez, les violons aigus ponctuant les frissons.

Cet ensemble musical construit lentement la tension, elle monte en vous au début c’est plutôt calme et tranquille, mais pas pour longtemps. Après une ligne de flute, un violon en solo, on monte vers des trémolos, des cordes dégageant l’information que quelque chose de mauvais va se passer…

Velasquez libère dans cette partition une fureur terrifiante, des notes d’une beauté musicale luxuriante, une énergie puissante se diffusant et se déplaçant de la lumière vers les ténèbres, l’obscurité…En particulier Final Reel où le sentiment de terreur se faufile en vous pour s’y installer. En effet les 13 minutes de Last Reel résume à coup de cordes exaltantes alternant les coups de cuivres martelés fébrilement ses moments de beauté et ce sentiment qu’une chose mauvaise va arriver…

Tracklist de la musique de Mama

The Car and the Radio
The Encounter and Main Title Helvetia A New Home (2:32)
What Happens Now ? Voices From the Outer Room Observation Room Victoria Come Mama
The Painted Wall / The Doll Desange Folder Scare and Lucas Wake UpWilson Pass Vic the Laptot Archive You Guyss Talk a Lot Last Hypno Good Night Mama Fight Final Reel

Mama Fight – Fernando Velazquez

 

 

 

Mamá d’Andreas Muschietti : Critique du film

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Mamá : Fable gothique sur l’enfance, spectre dans le placard

Avec Mamá, tous les éléments du conte d’antan sont réunis [i]. Dès l’ouverture et l’apparition à l’écran du “Once upon a time…”, et durant La première demi-heure du film typique des productions horrifiques espagnoles, le spectateur est plongé dans une fable noire aux méandres angoissants : un accident sous la neige, une situation familiale dramatique (le père indigne qui conduit ses enfants dans la forêt enneigée pour s’en débarrasser) ; une grande demeure délabrée et isolée au fin fond des bois, où habite une âme maléfique qui offre de la nourriture aux fillettes, entité spectrale, paysages et ambiance éthérés… La lumière est douce, les filtres jaunâtres et blanc pur. Le décor et l’ambiance du conte fantastique sur l’enfance [ii] sont plantés…

Petit carton au box office américain l’hiver dernier et grand gagnant du dernier Festival de Gérardmer [iii],Mamá est le premier film du réalisateur Andres Muschietti, produit par Guillermo Del Toro . Adaptation du terrifiant court métrage éponyme visible sur Youtube, Mamá nous réapprend à avoir peur des placards et des coins d’ombre, à redouter les bruits suspects annonciateurs d’une monstrueuse apparition, du fantôme possessif et gémissant. De quoi regarder sous son lit avant de dormir! Formellement somptueux et fort d’une interprétation solide, ce conte fantastique installe un climat d’angoisse qui nous tient en haleine jusqu’à sa magnifique et étonnante conclusion, éloignée des conventions hollywoodiennes, d’une grande poésie noire à la Tim Burton. Mamá est aussi un film traitant d’une opposition sur l’image maternelle : comme Frankenstein qui possède un côté touchant malgré sa monstruosité, Mamá est une créature ambivalente à la fois maternelle et destructrice, à la fois hideuse et fascinante, traînant une forme de malédiction, hantée par la maternité dont elle fut privée de la façon la plus arbitraire qui soit. Del Toro a sans doute apporté une touche de lyrisme tragique à la « mama ».

Comme tous les grands monstres réussis, elle est une âme en peine, complexe et touchante. Tandis qu’Annabel, guitariste dans un groupe de rock et dénuée a priori d’instinct maternel, est contrainte de devenir la mère de substitution. Jessica Chastain [v] est parfaite dans ce rôle de tante de fortune dépassée par les événements et sacrifie ici la chevelure blonde qu’elle portait encore dans Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012) au profit d’une coiffure courte et aussi noire que son look. Son personnage évolue en constante finesse, prenant en main le scénario.

Mais c’est surtout les performances des deux petites filles, rampantes, craintives, farouches puis dociles, qui forcent le respect : Megan Charpentier (Victoria) et surtout Isabelle Nelisse (Lilly) interprètent à la perfection ces enfants sauvages élevées au creux de la forêt par une mère fantôme délirante [vi]. Mamá aborde ainsi une réflexion sociologique sur l’étude des comportements innés/acquis : les petites filles à l’instinct bestial vont peu à peu revenir à la civilisation grâce à l’amour. Dans cette évolution, Nikolaj Coster-Waldau [vii] (l’oncle Lukas) le beau gosse utilitaire, est rapidement éclipsé. Il ne faut pas oublier comme personnage central, le fantôme à la silhouette de ju-on japonisant, perdu et délirant. Si la définition du monstre est une personne effrayante, inhumaine, qui suscite l’horreur, Mamá entre sans nul doute dans cette catégorie d’entité terrifiante, se situant entre Ring (1999) et The Grudge (2004).

Muschietti s’appuie sur la sensibilité de ses personnages, autant réalistes que fictifs. Le réalisateur aime ces personnages et cela fait toute la différence : Mamá est l’anti-Sinister (2012) par excellence. Aucun d’eux n’incarne le mal absolu. La musique aussi est un gros point fort avec cette berceuse inquiétante, une magnifique partition de Fernando Velazquez, les violons aigus ponctuant les frissons. La photographie et la mise en scène sont les principaux atouts de ce premier essai. Si le film est imparfait, il témoigne d’un amour sincère pour le genre. Certes, le scénario pêche et se noie à travers les errements du psychologue, personnage mal défini, à la fois examinateur des fillettes, puis enquêteur des dessous surnaturels, avant de devenir victime lui-même. Mais la qualité artistique de Mamá, sa poésie macabre, son lyrisme mystérieux font de ce film un conte fantastique bercé d’émotions, sur fond de maternité maudite. Avec Mamá, la terreur s’installe mais le papillon bleu se pose et porte l’espoir. Après Sinister et Insidious, le film d’épouvante prouve de façon indéniable qu’il peut encore se renouveler.

Synopsis  : Après avoir abattu deux de ses collègues Lucas (Nikolaj Coster-Waldau) tue sa femme et part prend la fuite avec Victoria (Megan Charpentier) et Lily (Isabelle Nelisse), ses jeunes filles de 1 et 3 ans. Suite à un accident de voiture, ils se cachent dans une cabane en pleine forêt. Au moment où le père s’apprête a donner la mort a ses filles, une mystérieuse ombre surgit et l’en empêche. Cinq ans plus tard, les autorités retrouvent les petites, réduites à l’état sauvage. L’oncle et sa petite amie Anabel (Jessica Chastain) les recueillent mais cette même présence maléfique semble avoir suivi les deux fillettes…

Mamá : Bande-annonce

Voici le lien du Mamá short film de 2008 sur Youtube


[i] Le début du film évoque les contes des Frères Grimm, à l’origine saturés de mort (mais aussi de sexualité), avant que ces derniers ne les aseptisent pour les rendre acceptables par la bourgeoisie allemande de leur temps.

[ii] L’enfance est l’un des thèmes fétiches du cinéma d’horreur : après The secret (Pascal Laugier, 2012), La Dame en noir (James Watkins, 2012), Sinister (Scott Derrickson, 2012) – voire le français Derrière les murs (Pascal Sid, 2010), qui, sans être un film d’épouvante, joue sur les registres du genre.

[iii] Au 20è Festival du Film Fantastique de Gerardmer, Mamá a remporté les 3 prix les plus prestigieux : Grand Prix, Prix du Public et Prix du Jury Jeune.

[iv] Guillermo Del Toro est le réalisateur emblématique du film d’épouvante :  Mimic (1997), HellBoy (2004), Le Labyrinthe de Pan (2006) et bientôt Pacific Rim (2013). Guillermo Del Toro, rappelons-le, est un brillant auteur qui possède sa propre touche esthétique, détectable notamment par son fétichisme des monstres en tout genre, les insectes souvent, mais aussi les entités à l’état larvaire, ou les appareils servant à mesurer le temps (tels que les horloges).[v] Jessica Chastain est une actrice en pleine ascension  depuis deux ans : Take Shelter (2011), The tree of life (2011), Des hommes sans loi (2012) et encore fraîche de sa nomination aux Oscars pour Zero Dark Thirty (2012).

[vi] Megan Charpentier et Isabelle Nelisse rejoignent au Panthéon les enfants prodiges ; Victoire Thivisol dans Ponette (1995) ou la talentueuse Bailee Madison de Don’t Be Afraid of the Dark (2011).[vii] Nikolaj Coster-Waldau jouait dans Oblivion mais est surtout connu pour son rôle de Jamie Lanister dans la série Game of Thrones,

Orphan Black : Clones en rebellion

Orphan Black, une série d’anticipation fun

Orphan Black une série canadienne vient d’être renouvelée pour une seconde saison, ce mélange de thriller et science-fiction, s’est fait une place sur les écrans américains. Créée par Graeme Manson, John Fawcett, cette série est une production originale de BBC America, et on peut dire qu’après avoir regardé les 5 premiers épisodes, je comprends ce renouvellement, il y a un côté très British comme dans la série Misfits, une énergie et un humour particulier, sans parler de cet inimitable accent anglais.

L’histoire d’Orphan Black aurait pu être une simple usurpation d’identité, en effet, Sarah interprétée par « Tatiana Maslany » l’héroïne, une orpheline marginale, pauvre, un peu paumée, assiste à la mort de Beth, une inspectrice de police qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Elle décide de prendre son identité, profitant de la troublante ressemblance, pensant sortir ainsi d’une existence où l’argent manque. On apprend que Sarah a une petite fille qu’elle avait laissée, et donc le mystérieux compte en banque bien garni de Beth est une aubaine.

On pourrait se croire dans une série comme Revenge, où encore Ringer, les histoires de changement d’existence, les découvertes d’un autre mode de vie et un compte en banque anormalement bien garni aurait pu faire déjà en soi une série, on aurait pu suivre la vie de Sarah passant d’un monde à un autre.L’introduction du fantastique dans ce monde réel, n’est pas forcée, cela pourrait en effet être une réalité dans un futur proche. Sarah découvre que Beth, celle dont elle a volée l’identité n’est pas la seule qui lui ressemble.

Dans le premier épisode elle rencontre Katja, une autre jeune femme possédant d’ailleurs le même type de téléphone qu’elle, avec une coque rose fluo, une allemande tuée par un mystérieux tueur qui tente d’éliminer les clones les unes après les autres. On découvrira au fil des épisodes que les clones possèdent des caractéristiques semblables.

L’univers de la série comme les personnages sont soignés, nous avons le frère gay fêtard Félix, un jeune homme de 23 ans caustique, artiste et mondain à ses heures, aux répliques cultes comme nous allons le voir en affiches. Le suspens monte en crescendo, le fantastique, l’étrange s’introduisent tout doucement dans ce monde réel, à mesure que Sarah devient Beth, qu’elle s’immisce dans la vie de cette dernière.Les cliffhangers sont nombreux dans cette série, on attend toujours la suite pour suivre les aventures de Sarah et les autres clones qu’elle rencontre au cours de son aventure dans ce monde étrange.

Extrait d’une interview de Tatiana Maslany

Dans une interview sur Buzzfeed.com dont voici un extrait Tatiana Maslany parle de son personnage en disant :

« Je suis obsédée par Sarah depuis le début. J’ai été complètement séduite par son  personnage – il y avait tellement de complexité, et tant de choses à y exploiter – et puis en même temps, ce défi de jouer et explorer plusieurs personnalités ».

Le spectacle a été comparé à beaucoup d’autres spectacles, dont certains ont mieux fonctionné que d’autres. Inspirée par le Film Memento, un côté X-Files pour la conspiration et bien entendu Battlestar Galactica pour ses histoires de clones.

Nous avons tous les deux aimés le ton et l’humour de Six Feet Under comme show sérialisé. Si vous faites un spectacle qui a une prémisse absurde comme une histoire de clones, vous pouvez aussi bien vous amuser avec elle, non ?

Vous pouvez ainsi profiter et permettre au public de rire.Pour moi, regarder United States of Tara – même si elle a du mal avec, vous savez, un trouble mental – il y a beaucoup d’humour dans cette exploration des multiples identités, et une femme jouant beaucoup de rôles différents, en raison de son engagement total pour ces différentes personnalités ».

Les clones 

Le Loft coloré de Félix, le frère adoptif de Sarah

Les tirades cultes

Note : Toutes les galeries ont été inspirées par le site bbcamerica.com

Stoker BO du film : Musique de Clint Mansell, Philip Glass et autres artistes

Stoker une BO hallucinante composée par Clint Mansell.

Park Chan-Wook, l’auteur du film Old Boy, dans son film Stoker nous offre une musique envoûtante, « trippante » pour un film à l’apparence gothique éthéré, un conte de fée vampirique, pervers à souhait…

La danse torturée, piquante entre India, l’oncle Charlie Stoker et Evie Stoker se jouent sur une musique toute aussi intense.

Tracklist Musique Stoker

I’m Not Formed By Things That Are of Myself Alone « dialogue »
Becomes the Color – Emily Wells
Happy Birthday « A Death in the Family » – Clint Mansell
Uncle Charlie – Clint Mansell
A Whistling Tune from a Lonely Man « dialogue »
The Hunter & the Game – Clint Mansell
Blossoming – Clint Mansell
Summer Wine – Nancy Sinatra & Lee Hazelwood
Becoming… – Clint Mansell
Duet – Philip Glass
Crawford Institute « Family Secrets » – Clint Mansell
Stride La Vampa « Verdi » – Victoria Cortez
The Hunter Plays the Game – Clint Mansell
In Full Bloom – Clint Mansell
The Hunter Becomes The Game – Clint Mansell
We Are Not Responsible For Who We Come to Be « Free »
If I Ever Had a Heart – Clint Mansell & Emily Wells « Bonus Track »

Clint Mansell – « In Full Bloom » – « En Pleine Floraison »

Je conseille ce morceau pour sa beauté et son crescendo représentant assez bien ce film à travers sa palette d’émotions où la pulsion meurtrière se cache même derrière la rose.

 

 

Stoker, un film de Park Chan-Wook : Critique

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 Stoker de Park Chan-Wook : Transmission du mal et déviance érotique

Synopsis:  Suite à la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India , qui vient tout juste d’atteindre ses 18 ans, fait la connaissance de son oncle Charlie  dont elle ignorait jusqu’ici l’existence. Ce dernier s’installe chez elle et sa mère Evelyn Stoker et va rapidement bouleverser la cellule familiale. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi…

 Pour son premier film hollywoodien, le réalisateur coréen de reconnaissance mondiale Park Chan-Wook, connu pour Thirst, ceci est mon sang (2009) mais surtout Old Boy (2004), Grand Prix au festival de Cannes, adapte ici le scénario de Wentworth Miller (l’acteur Michael Scofield dans Prison Break). Avec Stocker, le réalisateur retrouve ses thèmes de prédilection : une histoire de famille, de vengeance et de cruauté. Dès les premières minutes, Stocker est un véritable régal pour les yeux. Au bord d’une route, une fille élancée aux jambes nues, caressée par une brise silencieuse et une caméra langoureuse, observe des brindilles ensanglantées d’un air ingénu. En voix off, elle nous explique qu’elle est différente, qu’elle voit et ressent des choses que les autres ne voient et ne ressentent pas, et que nous ne sommes pas responsables de ce que nous sommes. La lumière du soleil et les couleurs donnent à la scène un caractère très éthéré. Nous voici plongés dans l’ambiance. Dès cette première scène d’une grande pureté visuelle, on sent que le maestro Park Chan-Wook a imposé la collaboration de son directeur de la photographie attitré, Chung Chung-hoon, qui apporte une classe monstrueuse à ce film aussi élégant que sulfureux.

Très vite, le spectateur comprend que les protagonistes semblent enfermés dans des costumes trop parfaits, des décors trop rigides, et qu’India est loin d’être une jeune fille en fleurs. L’arrivée inattendue du frère du défunt va être le premier événement perturbateur de l’intrigue. D’abord sceptique, l’adolescente se laisse apprivoiser par cet énigmatique oncle, ce qui lui permet de découvrir sa véritable nature. Référence directe à Bram Stoker et son Dracula (1897), le titre du film est en fait le nom de famille porté par les personnages. À l’instar du héros de l’écrivain, l’oncle Charlie vampirise son entourage, trouble, et s’immisce très vite dans le tête-à-tête conflictuel d’Indra avec une mère qui ne lui a jamais accordé beaucoup d’attention, et avec laquelle elle entretient des rapports réfrigérants. Or on connaît toute la forte symbolique sexuelle entourant le mythe du vampire. Le trio d’acteurs qui évolue dans ce quasi huit-clos anxiogène est aussi glamour qu’inquiétant. Tout d’abord la livide India, campée par Mia Wasikowska sobre et magnétique, bien éloignée de L’Alice aux pays des merveilles (2010) de Tim Burton, et confirme, après Spring Breakers (2013) qu’une rage inédite anime les jeunes filles. Pour India, c’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte décrit de façon brillante par plusieurs petites touches de sensualité à l’érotisme déviant.Ses regards, ses silences, ses moues boudeuses nourrissent le film dépeignant une India solitaire et glaciale, puis une redoutable machine à broyer les cœurs et les âmes. L’acteur Britannique Matthew Goode, vu dans Match Point (2005) et Watchmen (2009) incarne avec brio l’oncle à la fois élégant et énigmatique. Avec son physique de gendre parfait, le spectateur hésite entre méfiance et fascination. Nicole Kidman est elle aussi brillante dans son rôle la blonde hitchcockienne par excellence au trouble lancinant et communicatif. Elle incarne parfaitement la mère, vulnérable et névrosée, mais aussi rivale, séduite par le prédateur et à la recherche du désir consolateur.

Park Chan-Wook parvient à transcender son scénario, somme toute assez classique, par la puissance et l’indéniable beauté de sa mise en scène. L’ambiance est étrange et délicieusement perverse, la mort stylisée, la violence esthétisée, les crimes sophistiqués. Stocker est un thriller psychologique sulfureux, envoûtant et dérangeant. A travers cette promenade macabre, le spectateur ressent l’ombre d’Alfred Hitchcock, à qui les références se multiplient (outre l’influence évidente de L’ombre d’un doute sur la dramaturgie, on aperçoit la douche de Psychose, le piano de Vertigo, un escalier semblable à celui des Enchaînés ou bien encore des oiseaux empaillés comme chez Norman Bates) ou la technicité et le maniérisme d’un Brian de Palma, à qui sont également emprunté la touche fantastique et le travail sur le son. Park Chan-Wook est également un génie du montage, bluffant de maîtrise et d’imagination. Certaines scènes touchent au sublime comme celle de l’improvisation au piano à quatre mains ou la séquence du brossage des cheveux évoquant le thème de la transmission du mal par la simple transition entre la brosse à cheveux de Kidman et les herbes sauvages, Enfin, il faut souligner un montage sonore splendide, primordiale pour l’intrigue, et une musique oppressante tout au long du film d’une grande beauté.

Sur la forme, Stoker est conte morbide et délectable avec une sensualité perturbante. Le problème du film au final, ce n’est pas tant la réalisation de Park Chan-wook que le scénario de Miller. Contrairement à Old Boy, l’intrigue, bien que captivante, est trop simple, bien trop linéaire Le dénouement laisse sur sa faim et casse toute la subtilité précédemment mis en place. Le film nous fascine mais ne parvient pas à nous surprendre. L’influence de la production US se fait sentir et les personnages ont été négligés dans le travail d’écriture. Avec un scénario plus travaillé, sans doute que Stoker aurait pu atteindre le chef d’œuvre. Si Stoker a connu un échec commercial outre-Atlantique, il n’en demeure pas moins une œuvre étrange, dérangeante et diaboliquement fascinante qui s’interroge sur l’origine de la transmission du mal. Pour les  amoureux de ce cinéma de la transgression.

Stoker : bande-annonce

Stoker : Fiche technique

Réalisation : Park Chan-wook
Scénario : Wentworth Miller et Erin Cressida Wilson
Interprétation : Mia Wasikowska (India Stoker), Nicole Kidman (Evelyn « Evie » Stoker), Matthew Goode (Charlie Stoker), Dermot Mulroney (Richard Stoker), Lucas Till (Chris Pitts)…
Image : Chung Chung-hoon
Montage : Nicolas De Toth
Musique : Clint Mansell
Direction artistique : Wing Lee
Décors : Thérèse DePrez
Costumes : Kurt and Bart
Production : Michael Costigan, Ridley Scott et Tony Scott
Société de production : Fox Searchlight Pictures, Indian Paintbrush et Scott Free Productions
Distribution :Twentieth Century Fox France
Avertissement : Interdit au moins de 12 ans à sa sortie en salles
Durée : 100 minutes
Genre : Thriller horrifique
Date de sortie : 1er mai 2013

Etats-Unis – 2012

 

 

Le passé d’Asghar Farhadi : Critique du film

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Le passé d’Asghar Farhadi : Cinéma sans fards et peinture réaliste de l’âme

palme d'orAprès quatre années de séparation, Ahmad (Ali Mosaffa) quitte Téhéran pour Paris, à la demande de Marie (Bérénice Béjo), son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Marie souhaite refaire sa vie avec un jeune homme Samir (Tahar Rahim), lui même partagé entre son nouvel amour et la mère de son fils, plongée dans le coma. Lors de son séjour, Ahmad découvre les relations tendues qu’entretient Marie avec sa fille, Lucie (Pauline Burlet). Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un lourd secret du passé… Ce film est présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2013.

Après le succès légitime de ses deux premiers longs métrages, A propos d’Elly (2009) et surtout Une séparation (2011), Asghar Farhadi signe ici son premier film français tout en gardant en toile de fond ses thèmes de prédilection. En effet, ce n’est pas l’action qui intéresse le réalisateur iranien, mais bien plus les tourments de la psychologie humaine, la déchirure entre les hommes, le divorce, et les conflits familiaux. Le passé nous plonge ainsi dans un huit clos dramatique au scénario kafkaïen et maitrisé, une ambiance lourde mais stylisée, où tous les spectateurs s’adonnent à une psychologie sombre et manipulatrice liée au conflit des secrets. L’histoire se déroule dans le quartier populaire de Paris, bien éloigné des clichés et des cartes postales : un pavillon triste d’une morne banlieue, près de la voie ferrée et au jardin aussi désordonné que l’existence des protagonistes. La photographie magnifie la pluie et accentue l’impression de danger que ressent le spectateur. Les liens entre les personnages sont tous soumis à un dilemme, entre les doutes, la gêne, les mensonges, plongeant le spectateur au cœur d’une tragédie inexorable.

L’interprétation des acteurs, petits et grands, est d’une grande justesse et suscite d’emblée l’empathie envers ces personnages qui se démènent dans la complexité de leurs vies affectives. Berenice Bejo (Marie) joue le rôle poignant d’une mère dominatrice et destructrice dans ses relations intimes avec les hommes, aux accents bien plus graves que ceux la révélèrent dans The Artist (2011). Le spectateur plaint surtout les enfants qui souffrent des errances de ces adultes paumés et désorientés. On saluera au passage la prestation éblouissante du jeune Elves Aguis (Fouad), le fils de Tahar Rahim (Samir) dont la rébellion cache une souffrance réelle et légitime face à un monde d’adultes qui se déchirent, ainsi que celle de Pauline Burlet (Lucie) au rapport tendu avec sa mère, cachant un lourd secret. La première grande qualité du film découle du choix judicieux du réalisateur iranien d’éviter l’écueil facile et redondant de la différence culturelle. A aucun moment la religion de l’ex-mari iranien, interprété par un Ali Mosaffa (Ahmad) sublime et bouleversant, véritable révélation de ce film, ne vient parasiter l’histoire. Au contraire, ce dernier devient le catalyseur, le confident au sein de cette famille qui n’est plus tout à fait la sienne. Comme dans Une séparation, chacun a ses raisons, chacun souffre et adopte tour à tour un comportement maladroit ou blessant. Farhadi ne juge pas ses personnages mais démontre avec intensité comment coexistent en nous le meilleur et le pire, comment la déception, le sentiment d’abandon et l’enfermement fertilisent le terreau de la rancœur et de l’incompréhension entre les êtres. Comme toujours, outre la mise en scène impeccable, la réalisation d’Asghar Farhadi est simple, et la direction d’acteurs, une vraie leçon de cinéma. Le spectateur ne peut qu’apprécier cette peinture réaliste, sans fards, extrêmement subtile des relations entre les personnages

Le passé devrait servir à construire l’individu et non l’entraver. Les deux hommes, le premier marié, rongé par la culpabilité, toujours relié à sa femme dans le coma, ou l’autre séparé mais toujours aimant, témoignent de l’impossibilité de s’affranchir de son vécu et de vouloir tout effacer d’un coup de baguette magique. Il est en effet difficile de quitter pour reconstruire. Le passé est parcouru par une tension inouïe, qui s’exprime dans la puissance de chaque situation, chaque dialogue. Avec Farhadi et ce cinéma hyper-tendu, nous ne sommes jamais très loin du thriller. D’ailleurs l’histoire elle-même ne semble pas totalement résolue mais se conclue par une touche artistique de toute beauté.

Grand portraitiste de l’âme humaine, Asghar Farhadi nous livre un film d’auteur intense et profond, sincère et bouleversant. Le Passé atteint l’essence même du cinéma : de l’émotion, du suspens et, surtout, beaucoup d’amour. Ce film est notre miroir, il nous dépeint tels que nous sommes avec nos failles, nos secrets. Il renvoie chacun à ses propres interrogations sur le problème la de communication entre les êtres, la dialectique entre la vérité et le mensonge, le pouvoir et les limites de la rédemption, la confusion des sentiments. A Cannes, Le passé mériterait a minima le prix du meilleur scénario ou un de ceux de la meilleure interprétation, tant ces deux aspects sont ici maîtrisés avec brio et retenue.

Le Passé d’Asghar Farhadi : Bande-annonce

Le Passé d’Asghar Farhadi: Fiche Technique

Réalisation: Asghar Farhadi
Scénario: Asghar Farhadi
Interprétation: Bérénice Bejo (Marie), Tahar Rahim (Samir), Ali Mosaffa (Ahmad), Pauline Burlet (Lucie), Elyes Aguis (Fouad), Jeanne Jestin (Léa), Sabrina Ouazani (Naïma), Valeria Cavalli (Valeria), Babak Karimi (Shahryar)…
Image: Mahmoud Kalari
Son: Dana Farnazehpour, Thomas Desjonquères, Bruno Tarrière
Montage: Juliette Welfling
Musique: Evguéni Galpérine, Youli Galpérine
Production: Alexandre Mallet-Guy
Distributeur: Memento Films Distribution
Durée: 2h10
France – 2013

Casting Le Passé d’Asghar Farhadi en image

 

 

 

 

Continuum : Une serie de SF sur le retour vers l’imparfait

Continuum, un cyber polar canadien qui se cherche…

La chaine showcase, une chaine canadienne diffusent des séries qui intéressent de plus en plus les chaines outre-Atlantique, après Lost Girl, Continuum, créée par Simon Barry est diffusée depuis 14 janvier 2013 sur Syfy.

Une femme flic Kiera, « Rachel Nichols », de l’an 2077 se retrouve projetée à notre époque suite à une explosion programmée par des « terroristes », connu sous le nom de Liber8. Dans son époque, les gouvernements n’existent plus, ils sont tous tombés et les individus privés de leurs droits fondamentaux sont sous la coupe des multinationales, de mégas corporations, c’est donc un monde dirigé par une économie quasi orwellienne.

Seul un groupe aux méthodes discutables, violentes, s’opposent à ces corporations, arrêtés par Kiera et condamnés à la peine capitale en 2077. Lors de l’exécution une explosion à lieu et une partie des leaders de Liber8 ainsi que Kiera sont projetés dans le passé. Elle arrive ainsi dans notre époque équipée de son costume bionique, super high tech et s’enrôlera dans les forces de polices locales, afin de continuer sa traque des rebelles. Elle fera connaissance avec un jeune génie de l’informatique, Alec « Erik Knudsen », et l’inspecteur Carlos Fonnegra « Victor Webster », de la Police de Vancouver.

La série bien que n’ayant pas les moyens de productions des grands networks américains, pas d’explosions toutes les deux secondes, ce qui est reposant, de temps en temps pour les scénaristes, dont le boulot est d’inventer de bonnes d’histoires. Or c’est le cas, même si la série s’enrobe dans un polar, une sorte de Cop show Science Fiction, il n’en reste pas moins que les rebondissements et les intrigues sont intéressantes.

Terrorisme et Ethique

De plus est, les questions posées dans cette série sont d’actualités, ce monde dirigé par des mégas corporations détruisant environnement, emploi, créant des crises financières comme les questions sur la lutte contre ces corporations.

Évidemment objectivement ce groupe Liber8 a raison de lutter contre ces entreprises, seulement leurs méthodes sont les mêmes que ceux employés par le camp en face.La série pourrait faire penser à la série Terminator, où encore Retour vers le Futur où mieux encore au film Nimitz retour vers l’enfer, dans lequel joue Martin Sheen, avec une révélation finale expliquant la raison de ce retour vers le passé.

Dans la série Continuum, l’un des leaders de ce monde dirigé par les corporations est incarné par l’homme à la cigarette de X-Files « William B. Davis » qui y joue un rôle primordiale, Kiera le rencontre dans notre époque quand il était un jeune informaticien de génie et toute la question est de savoir le chemin qu’il prendra, ce qu’il sera dans cette époque déterminera le futur d’où vient la policière. D’ailleurs son voyage dans le passé semble être planifié pour un projet bien plus ambitieux, que la simple poursuite des leaders d’un groupe dont le credo est :

« L’ennemi de la société est notre ami »

Nous en sommes à la saison 2 et dans la période des révélations, en tout cas une série regardable, réalisée sans chichis, basée sur un pitch assez simple en apparence, diablement efficace et en plus l’histoire ne s’embourbe pas dans les affaires de continuum espace-temps tout en posant des questions sur l’éthique, le terrorisme et le fait d’intervenir sur le cours du temps.

Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann

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Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann : Strass, cotillons, paillettes et cinéma bling-bling

Le récit nous plonge dans le New-York des années folles, qui précèdent le Krach de 1929. Apprenti écrivain, Nick Carraway (Tobey Maguire), un jeune homme originaire du Minnesota, déménage à New York afin d’apprendre à œuvrer dans le milieu des obligations financières. Là-bas, il loue une maison dans un quartier chic du quartier West Egg de Long Island. Il fait la connaissance de son voisin Jay Gatsby (Leonardo DiCaprio), mystérieux millionnaire. Il retrouve également sa cousine Daisy (Carey Mulligan) et son mari volage, Tom Buchanan (Joel Edgerton), issu de sang noble. Nick devient l’observateur privilégié de ce monde de fêtes et de gens extravagants de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges

Quatrième adaptation très attendue du célèbre roman de Francis Scott Fitzgerald (1925), après celle de Jack Clayton (1974) avec Robert Redford, Gatsby le Magnifique est une adaptation clinquante, réalisée par Baz Luhrmann. Après la déception de son dernier film Australia (2008), Luhrmann revient à ses premières amours, un style bien reconnaissable depuis Roméo et Juliette (1995), inspiré du music-hall et jouant sur l’anachronisme d’une bande-son très contemporaine, ici le hip hop de Jay Z.Prince, et le R&B de Beyoncé ou de Lana del Rey. La musique, la construction du film, la narration de l’écrivain en voix off, évoquent également son grand succès, Moulin rouge (2001). La première partie de Gatsby le Magnifique, une première demi-heure très explosive, s’avère une débauche d’effets visuels et sonores, un foisonnement de couleurs et d’excentricité : les draps de soie s’envolent ; un phare vert éclaire l’autre bout de la rive ; des yeux énigmatiques sur une pancarte ; des mains qui se frôlent ; la transparence d’une piscine ; mais surtout un grand festival de cotillons et de paillettes, des costumes chatoyants, la tumulte festive du New York des années 20, toutes ces femmes, ces hommes tournoyant comme des papillons nocturnes. Le film de Baz Luhrmann fonctionne comme une orgie visuelle totale, d’une énergie folle, comme en témoigne la BO hallucinante. La photographie, la mise en scène, la direction artistique, les décors et surtout les costumes sont vraiment réussis. Puis, la seconde partie du film impose une chute lente et dramatique, celle de la passion tragique et impossible de Gatsby pour Daisy.

Gatsby le magnifique est un film-torrent qui émerveille et fascine, mais fatigue à vouloir trop en faire. Le film est constellé d’une multitude de plans qui s’enchainent si rapidement, que la tête du spectateur en devient chancelante. Par une utilisation anachronique de certaines musiques, un montage épileptique digne de MTV, un recours excessif à la 3D et aux travellings numériques, Baz Luhrmann signe un film aussi chargé que les décors de la demeure de Gatsby, réduisant ainsi l’essentiel de son travail d’adaptation à une performance outrancière de chef décorateur. Si la nature du film est respectée, celle d’un divertissement efficace, visuellement épatant, le tout demeure déséquilibré par de trop nombreuses superficialités et une trop grande technicité. De surimpression en surimpression, d’éblouissement en éblouissement, le spectateur est un peu perdu dans le méli-mélo d’images «Il faudrait pouvoir exposer l’année 1922», écrivait Fitzgerald. Ce n’est pourtant pas la critique sociale de l’époque qui intéresse le réalisateur, ni le Jazz Age fitzgéraldien, ni le thème de la crise qui traverse les époques, mais la propension du récit à lui laisser libre cours pour nous raconter ce qu’il nous a déjà proposé.

Cette poudre aux yeux ne suffit pas à pardonner l’erreur fondamentale de Luhrmann : celle d’avoir privilégier la forme au fond. Ce Gatsby le magnifique est un beau livre d’images, mais vide de la moindre émotion. En effet, le visuel ne fait pas le scénario. Le choix d’une reprise en voix off du texte de Fitzgerald plutôt que le traduire par l’image, est contestable. De même, la psychologie des personnages est moins bien amenée, moins fluide que dans la version de 1974 : Leonardo Di Caprio, est certes un grand acteur, dont toute la subtilité de jeu a été démontrée par sa haute performance dans Django Unchained (2012), mais il n’a ni le charisme, ni la prestance de Robert Redford dans ce rôle romanesque de millionnaire solitaire, mystérieux et idéaliste. Tobey Maguire change de registre après Spiderman, nous parle avec naïveté de ce millionnaire avec fascination, mais son rôle n’est pas celui de l’observateur affûté et critique comme pouvait l’être Sam Waterston : c’est ici un écrivain dont l’art sert de psychothérapie. Carey Mulligan, découverte dans Drive (2011) ou Shame (2011), amène une nouvelle fois avec elle sa mélancolie et sa douceur, mais n’a ni l’éclat, ni la folie de Mia Farrow, sublime Daisy dans la version d’origine. Surtout, le personnage de Myrtle Wilson est massacré : c’est pourtant elle la maîtresse sensuelle et exigeante de Tom, à l’origine du malheur de Daisy ; ici, l’interprétation d’Isla Fisher n’a aucun relief et ne sert de prétexte qu’à une scène d’accident de voiture, tout aussi spectaculaire qu’inutile. Seul, Joel Edgerton fait office d’impardonnable goujat et se montre particulièrement en jambes, dans son rôle de dandy au sang noble, cocu et adultérin…

Avec un casting de rêve et un budget pompeux, Luhrmann construit un film fascinant mais fragile. En dehors des décors et des costumes, le film oublie l’élément primordial qu’est la poésie. Le fond est sacrifié sur l’autel de la forme, comme en témoignent les dialogues creux et bien moins élaborés que dans le livre. Baz fait de cette adaptation un blockbuster hollywoodien digne de Las Vegas et Disneyland, lisse et sans âme. C’est regrettable tant il y avait matière à livrer ici une grande fresque romanesque. Très vite l’ennui s’installe. Il manque au tout une flamme, et l’espoir ne fait pas survivre l’étincelle. Il manque l’intimité, le mystère, pour que la magie, la fascination opèrent, puissent transposer le style extraordinaire de Fitzgerald, et toute sa mélancolie.

Da Vinci’s Demons : En route pour une saison 2

David S. Goyer co-auteur, scénariste des films  » The Dark Knight Rises Trilogy, Man of Steel » où encore de la fameuse série « FlashFoward » vient de se lancer dans une nouvelle aventure Da Vinci’s demons, une série qui mérite le détour.

Après Spartacus la chaine câblée Starz vient de commander une seconde saison nous narrant la vie d’artiste, d’inventeur et de génie de Leonardo da Vinci. D’ailleurs deux écrivains de comics books Jonathan Hickman et Matt Fractionde vont rejoindre l’équipe pour participer à la rédactions deux épisodes de la saison prochaine.

Libérer l’avenir

La série ressemble plutôt à une BD s’aventurant sur le terrain du mystique avec une quête du graal baptisé The Book of Leaves, une sorte de passage secret vers la connaissance suprême, faisant aussi penser au fameux roman de l’Italien Umberto Eco « Le Nom de la Rose » avec un zeste de super fantastique avec Vlad lui-même, le légendaire Dracula, « le dragon du diable » dans l’épisode 6 The Devil passant ce vendredi 17 Mai sur Starz.

Dans un monde à la 1984, où la pensée et la foi sont sous le contrôle d’une église inquisitrice, un homme va chercher le savoir, la connaissance, il a le feu sacré des génies, leurs marques, il sait observer, sa capacité d’observation est si importante qu’il percera plus d’un secret sur le fonctionnement, le code sur lequel est basé cet univers physique.

Faire le portrait d’un Léonardo jeune, un bâtard exubérant, rêvant de légitimité, d’une intelligence et d’une séduction incroyable sur un mode fantastique peut ne pas plaire, toutefois, au-delà de cet aspect, on nous conte que « l’histoire est un mensonge », que derrière la vérité organisée, il y une autre vérité et cette dernière est toujours plus incroyable que celle que nous pouvons imaginer. Pour voir cela, il suffit de regarder les actualités pour se rendre compte que la vérité dépasse toujours les apparences.

Les thèmes de l’obscurantisme, de complot sont très souvent abordés dans les séries, cette fois-ci il s’agit d’une conspiration, impliquant l’Église catholique et le Vatican jusqu’au sommet le plus élevé de la hiérarchie épiscopale dans une Rome où l’on retrouvera les Médicis, une famille, tout aussi légendaire que le fameux Da Vinci, le personnage le plus reconnu selon certains après Jésus.

Mais il est surtout et avant tout un génie, un artiste hors pair un homme qui consacrera sa vie à la découverte des fonctionnements des choses, mais aussi un homme qui se battra contre une société élitiste qui se maintient à travers l’interdit du savoir, et les ténèbres.

C’est le portrait d’un homme, d’un héros armée de sa force créatrice, de son génie pour faire émerger dans une époque d’obscurité une lumière. Évidemment on retrouve du sexe, du mystère et des complots comme dans la réalité, et nous avons notre héros, il n’a pas de bombes, pas de fusils, il est un génie, c’est son intelligence qui ouvriront des portes pour libérer le futur…Et de ce point de vue la série est à découvrir, elle est un miroir de notre propre époque, libérer l’avenir pourrait être aussi notre combat !