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Evil Dead, un film de Fede Alvarez : Critique

Evil Dead : Pluie de sang et gore poétique

Après les séries télévisées Hannibal et Bates Motel, et avant l’arrivée imminente sur le grand écran de Carrie, la Revanche et Texas Chainsaw 3D, les remake du monde horrifique sont décidément à la mode ces temps-ci, essayant tant bien que mal de reconquérir un public en quête de sensations fortes. Le cinéma d’horreur serait-il en manque d’inspiration ?

Voici maintenant le remake du culte Evil Dead, premier du nom (1981), qui a révolutionné le genre à son époque. Produit par Sam Raimi, le réalisateur de l’opus origineldont on retrouve bien ici la patte à travers notamment les plans rapides du démon arpentant la forêt, autrefois à mobylette, et par Bruce Campbell, l’inoubliable Ash de la trilogie, Evil Dead est réalisé par un jeune réalisateur uruguayen, Fede Alvarez, auréolé jusqu’ici de quelques courts-métrages comme Ataque de Panico (2009). Simple remake ou reboot ambitieux ? Telle était la grande interrogation des spectateurs qui se sont précipités en salle, nostalgiques de la célèbre trilogie des années 80/90, souvent plagiée mais rarement égalée. «Vivez l’expérience la plus terrifiante : Evil Dead », ou « la scène la plus gore de tous les temps», indique la jaquette française. Le contrat a-t-il été rempli ?

Dés la bande-annonce non censurée, le spectateur fut prévenu : le film ne cherche pas à être tendre avec lui. Il va y avoir de l’hémoglobine à profusion. C’est sanguinolent, angoissant, bourré de références cinématographiques, à Tarantino notamment, mais aussi au film originel de 1983. On retrouve la vieille cabane abandonnée, les branches violeuses, la fameuse trappe où l’en enferme l’être possédé, la tronçonneuse… Toute la mythologie Evil Dead est respectée, son  ambiance glauque, pesante et malsaine, avec néanmoins de nouvelles idées, de nouveaux outils de torture, comme un plan un couteau à viande, un pistolet à clous, laissant présager la boucherie qui se prépare.

Mais le récit de Fede Alvarez est plus un reboot qu’un simple remake. Il prend quelques libertés avec le scénario d’origine et la tonalité est beaucoup plus sérieuse : on s’éloigne grandement de l’humour décalé d’un Ash et l’on plonge dans l’horreur gore. Le réalisateur uruguayen révèle tout son génie pour les effets spéciaux, ne se laissant pas piéger par la facilité du numérique et des images de synthèses, mais privilégiant des effets spéciaux à l’ancienne. Ces derniers donnent vraiment une dimension cauchemardesque aux différentes blessures ou mutilations, qui à travers des maquillages fantastiques, n’en sont que plus réelles et oppressantes. Donnant vie au démon, ils rappellent ceux de L’Exorciste (1973), pour une Jane Levy finalement proche d’une Linda Blair, mais dont la finalité sera toute autre, celle du pur gore. Ainsi, la réalisation est une pure merveille et cet Evil Dead impressionne surtout par le réalisme des scènes de boucherie. D’un seul coup la machine sanguinolente démarre, brutalement, sauvagement, jusqu’à la scène finale, aussi gore que poétique avec une superbe pluie de sang), montant la tension et l’horreur à leur paroxysme.

A partir du moment où l’incantation est citée à haute voix pour réveiller le mal qui sommeille, le rythme ne baisse plus jusqu’au générique de fin et sans scène inutile de sexe, pour une fois. Le spectateur n’attend pas en effet, pour voir le sang dégouliner. Car du sang, il en voit partout, sans aucune limite, et en quantité impressionnante puisque la réalisation a utilisé pas moins de 25.000 litres de faux sang sur le tournage. Fede Alvarez agit en roue libre et prend plaisir à balancer des litres d’hémoglobine sur son actrice principale, Jane Lévy, partant du postulat assez astucieux d’éparpiller le spectateur par le stratagème d’hallucinations visuelles liées au sevrage de son héroïne. Mention spéciale à la scène du cutter, qui démontre la volonté de l’équipe d’aller aussi loin que possible. On ressent le goût du tableau gore façon Fulci. Le jeune réalisateur n’a pas hésité a utiliser des plans et mouvements dingues pour donner un maximum de divertissements dans les scènes d’actions violentes. Tous ces éléments ont servi de faire une union spectaculaire avec l’excellente composition musicale de Roque Banos. Ce film, visuellement est brutal. La photographie est magnifique : cette cabane on la connait mais on ne l’a jamais vu aussi belle ; la Jeep rouge posé dans le décor, est à la limite de la poésie ; Le montage sonore, époustouflant et épuré tant il s’avère efficace : rien qu’à entendre le bruit des os cassés, le spectateur a mal. L’autre point fort cet Evil Dead cuvée 2013 est sa mise en scène très stylisée avec beaucoup d’effets qui installent le climat lugubre, macabre du film (le gros plan de l’ampoule qui scintille où la scène de Mia sous la douche bouillante), le tout étant très fluide. Féroce, cruel, le film tient ses promesses en matière de gore outrancier et de situations oppressantes.

evil dead possedéeCôté casting, pas d’énorme surprise, hormis l’interprétation impressionnante de Jane Levy,  à la hauteur de son personnage complexe et torturé. Elle tire profit de l’écriture de son personnage pour en devenir effrayante et naturelle, dangereux cocktail, ici parfaitement dosé. Elle joue merveilleusement l’être possédé farceur et masochiste. Le reste du casting demeure assez fadasse : on retrouve le beau gosse, campé par un Shiloh Fernandez (vu dans le Chaperon Rouge de 2010), aux réactions et aux dialogues d’une naïveté déconcertante, au charisme inexistant, et terriblement agaçant quand il s’agit de prendre la bonne décision qu’il ne saisit jamais. Jessica Lucas  joue une infirmière arrogante qui pense trouver les bonnes solutions en assommant l’héroïne de piqûres d’anxiolytiques et Lou Taylor Pucci a été enlaidi à souhait et volontairement démodé pour jouer le rôle de l’incantateur malheureux et pas très futé. La surprise vient plutôt à la fin du générique, un petit clin d’œil au film d’origine et à son acteur charismatique et l’humour déjanté Bruce Campbell. « On ne touche pas à Dieu », clame Alvarez dans un interview. Mais il reste probable que l’on revoit « Dieu » dans un prochain opus, peut-être dans un Evil Dead 4, avec cette fois aux commandes Sami Raimi.

Les fans des films d’horreur façon « old school » reprocheront sans doute la censure du film imposée par le MPAA (Motion Picture Association of America) qui a abouti à un montage moins gore que le précédent, et attendront avec impatience la sortie d’un éventuel director’s cut à l’occasion du DVD. De même, l’histoire est simpliste, bien qu’efficace. La VF est vraiment faiblarde. Surtout, trop de gore tue la peur : il manque encore à Fede Alvarez un bon sens du suspense pour arriver à jouer vraiment avec la peur, même si, côté horreur, il a de l’appétit et restera un réalisateur à suivre pour le genre. A vouloir trop faire dans l’effet choc, le réalisateur oublie que la suggestion à dose raisonnable, est bien plus efficace.

Le film aurait pu développer les origines du mal et ne pas sombrer dans une succession de scènes plus gores les unes que les autres, pouvant agacer le spectateur. Evil Dead version 2013 n’a certes pas le grain de folie expérimentale de l’original et n’exploite pas le coté horrifique des possessions des personnages, ni même l’ambiance démoniaque qui flottait dans les anciennes versions. Il ne réussit pas là où Insidious (2011) l’avait fait, en créant la surprise.

Si ce  Evil Dead  n’est pas « l’expérience la plus terrifiante de tous les temps », il demeure un reboot de qualité, une œuvre complète, et surtout il révèle un réalisateur d’avenir pour le genre. Dans le fond cependant, le film reste supérieur à la majorité des films d’épouvante actuels (Paranormal Activity, Le Dernier Exorcisme…), pour sa singulière démesure dans le gore. Le spectateur ressent toute la  nostalgie pour l’œuvre originale, mais aussi l’amour du réalisateur tous les films d’horreur qui ont bercé une époque hélas révolue : Evil Dead, BrainDead, Freddy, Les griffes de la nuit… Le remake est de qualité dans la lignée de La colline à des yeux et La dernière maison sur la gauche mais ne surpasse pas le classique indémodable de Sam Raimi qui, avec beaucoup moins de moyens, était gorgé de trouvailles visuelles propres à son metteur en scène et suscite davantage la peur. Espérons tout de même que le cinéma d’horreur connaîtra une renaissance sans puiser éternellement dans des œuvres déjà connues, qu’il renouera avec création et inventivité. A conseiller aux nostalgiques des films d’horreur « Old school ».

Synopsis : Cinq amis, Mia, son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, séjournent pour un week-end dans une cabane isolée en pleine forêt. Mia au vécu déjà lourd, cherche avant tout, à se débarrasser de ses addictions avec l’aide de ses amis. Mais très vite, le groupe vit des moments de terreur intense après avoir découvert le Livre des morts. L’incantation d’Eric libère la plus épouvantable des forces qui va se déchaîner sans relâche sur chacun d’entre eux.

Evil Dead : Bande-annonce

Evil Dead : fiche technique

Réalisateur : Fede Alvarez
Scénario : Fede Alvarez, Rodolfo Sayagues
Interprétation : Jane Levy (Mia), Shiloh Fernandez (David), Lou Taylor Pucci (Eric), Jessica Lucas (Olivia)…
Photographie : Aaron Morton
Direction artistique : Roger Murray-Leach
Montage : Bryan Shaw
Musique : Roque Baños
Production : Sam Raimi, Bruce Campbell, Robert G. Tapert
Société de production : TriStar Pictures, FilmDistrict, Ghost House Pictures
Distribution : Metropolitan FilmExport
Genres : Horreur
Durée : 91 minutes
Date de sortie :
Classification : Interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie, et aux moins de 18 ans depuis sa sortie en DVD

Etats-Unis – 2013

Iron Man 3 de Shane Black

Critique Iron Man 3 : Est-ce l’armure qui fait l’homme ou l’homme qui fait l’armure ?

Premier film de la phase 2 des studios Marvel après la réunion des Avengers, ce troisième volet consacré à l’homme en armure, change la donne puisque cette fois-ci, la réalisation et la plume sont confiées à Shane Black, scénariste de nombreux films d’action dont L’Arme fatale (1987) et réalisateur de l’excellent Kiss Kiss Bang Bang (2005, déjà avec Robert Downey Jr. Après un premier opus réussi grâce à son héros mégalo et tous deux dirigés par Jon Favreau, l’objectif est élevé pour Shane Black, le troisième opus étant très attendu par de nombreux fans.

L’histoire d’Iron Man 3 offre une vision différente et nous présente un Tony Stark angoissé, lorsqu’il repense à l’invasion des Chitauris à New York (Avengers, 2012). Graphiquement maîtrisée et bien rythmée, celle-ci s’attarde davantage sur le côté humain de Tony Stark sans son armure que sur Iron Man , le thème du doute et de la faiblesse intérieure des supers-héros étant un élément récurrent des comics. Tous n’aimeront cette transformation du héros, mais dans ce troisième volet, c’est bien l’homme qui est mis à l’épreuve et non l’armure. Il en ressort d’avantage de tension et d’angoisse que dans les précédents opus. L’insupportable génie fait face à la peur ; le héros cynique à l’égo surdimensionné montre ses faiblesses et se laisse porter par ses sentiments, que ce soit envers Pepper ou le garçon du Tennessee : « Je ne suis qu’un type dans une boîte de conserve » nous dit Stark au cours du film. Shane Black réussit parfaitement à rendre le personnage touchant, fragile et friable sans lui enlever son sens de la répartie et son humour décapant, très présent dans le film. Le spectateur se délecte des failles et des ratés du héros, mais aussi par le niveau des déflagrations des combats renforcés par des effets spéciaux spectaculaires, et un scénario plutôt malin, riche en surprise.

Si le scénario s’attarde sur l’homme qu’est Tony Stark, interprété par un Robert Downey Jr toujours très convaincant et qui crève l’écran, le spectateur retrouve bien tous les personnages de la saga et les acteurs secondaires ne sont pas en reste : Gwyneth Paltrow (une Pepper Potts ravissante et téméraire) et Jon Favreau (Happy Hogan), bénéficient d’un renforcement de leur personnage ; Guy Pearce (Aldrich Killian), colle très bien à son personnage de super méchant incandescent suite au virus ; Ben Kingsley (Le Mandarin) est excellent et surprendra plus d’un; (Happy Hoggan), Don Cheadle (James Rhodes), sont toutefois un peu effacés, et Rebecca Hall (Maya Hansen) tente de sauver les meubles malgré le peu de place laissé à son personnage Les effets visuels signés Marvel/Disney sont comme à leur habitude sublimes, avec des moments de grâce (la destruction de la villa, le sauvetage ou le combat final avec toutes les armures MK). La photographie d’un directeur plusieurs fois oscarisé, est très belle, et apporte au film de superbes images. Les technologies de Tony ont beaucoup progressé et continuent à nous épater et à nous impressionner. Il contrôle ses multiples armures à distance, elles viennent à lui par le simple fait de gestes. Il peut changer d’armure en deux temps trois mouvements. On se demande même parfois si l’armure n’est pas dotée d’une conscience en voyant la poussée de ces technologies. L’histoire est bien construite, le scénario est rempli d’humour et de surprises. La scène bonus est drôle : elle met en scène Tony chez son psychanalyste personnel, Bruce Banner. Celui-ci s’est endormi et n’a entendu que le début de l’histoire…

Les fans des comics de l’univers Marvel reprocheront au film certainement son manque d’action et certaines libertés scénaristiques : ainsi, Iron Patriot n’est pas à James Rhodes mais à Norman Osborn dans Spider Man ; l’armure est ici rechargée par batterie alors que dans les épisodes précédents, la découverte de Tony était bien le réacteur ARC de 3ème génération à énergie verte, qui alimentait toute la tour Stark ; comment Tony pourra désormais contrôler l’armure sans son cœur artificiel ? De même, les fans dénonceront la vulnérabilité de l’armure que n’importe qui ou presque peut revêtir (Pepper Pots, Kilian et même le Président des Etats Unis), l’absence d’explication sur Extremis, le nano-virus, sur les motivations profondes du Mandarin, ou encore une 3D mal exploitée. Ils regretteront l’absence de musique du groupe ACDC, remplacée par Eiffel 65. ls percevront une patte Disney beaucoup plus importante que dans Avengers, notamment à travers la relation de Tony et de l’adolescent. Surtout les fans ne pardonneront pas le twist scénaristique sur le Mandarin ;à leur grand désespoir, ils ne verront pas en effet, Starck combattre en pleine possession de ses moyens, le véritable Mandarin aux dix anneaux Makluan, un redoutable ennemi tout à fait crédible, à la façon de Bane dans The Dark Knight Rises (2012). Toutefois, les autres spectateurs y verront peut-être une mise en abîme rigolote du jeu d’acteur, l’avenir cinématographique du héros reste plutôt vague«  Mon armure n’a jamais été une distraction ou un passe temps, mais un cocon. Je suis un homme nouveau à présent. Il y a une chose que l’on ne m’enlèvera pas : je suis Iron Man ! conclut néanmoins le héros. Une suite à la trilogie demeure incertaine. Nous retrouverons sans doute Iron Man dans le prochain Avengers.

Iron Man 3 reste un bon blockbuster avec des effets spéciaux réussis, quelques séquences d’action époustouflantes et un scénario dans l’ensemble bien mené . Du côté cinéma à proprement parler, Iron Man 3 réussit sa mission : nous divertir. Et cela va continuer maintenant que la phase 2 des Avengers est lancée : Bientôt le Captain America et Thor vont faire leur grand retour. Un peu de patience, les super héros n’ont pas fini d’inspirer le cinéma!

On retrouve ce schéma dans The Dark Knight Rises (2012) de Christopher Nolan, avec un Batman toutefois beaucoup plus sombre.

Synopsis : Tony Stark, industriel milliardaire et flamboyant, qui est aussi Iron Man s’est mis durant ses nuits d’insomnie à construire avec obsession de nombreuses armures. Désormais, Pepper Potts dirige son entreprise et ils viennent de s’installer ensemble. Mais très vite, la vie paisible du couple est perturbée par les actes terroristes d’un ennemi mystérieux, le Mandarin. Lorsque le chef de la sécurité de Stark Industries, Happy Hogan,est victime d’un de ses attentats, Stark défie le Mandarin par le biais des médias. Il découvre rapidement l’existence du programme Extremis, un traitement expérimental dont le but initial est de guérir les personnes souffrant d’une mutilation. Développé par Killian à partir des recherches de Hansen, le sérum est instable et les sujets dont le corps n’a pu accepter le traitement voient la température de leur corps augmenter avant d’exploser. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait l’armure ou bien l’armure qui fait l’homme ?

L’écume des jours, un film de Michel Gondry : Critique

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L’Écume des jours : Univers onirique, bric à brac et cinéma de visions

C’est l’histoire d’amour surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme, douce et charmante. Peu après leur rencontre, les deux amants décident de se marier. Mais leur quotidien s’assombrit lorsque Chloé est touchée par une étrange maladie, un nénuphar qui  grandit dans son poumon…

Que le pari de cette adaptation semblait risqué pour Michel Gondry [i]! Porter à l’écran le célèbre roman éponyme de Boris Vian, L’écume des jours, pouvait relever pour certains esprits bien pensant, d’une gageure, ou du moins d’une folie. C’est sans doute oublier bien vite que Gondry a l’imaginaire fertile, aime l’univers poétique et mélancolique. Il se distingue déjà en 2004, aussi bien auprès des critiques que du public, par un véritable bijou cinématographique, un monument fantastique, Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Puis vient La Science des rêves (2006), où Gondry laisse libre cours à son imaginaire débridé. Dès lors, avec cet univers plastique si particulier, le réalisateur semble être des plus légitimes pour reproduire l’univers fantastique de l’œuvre de Boris Vian. Un des films les plus attendus de l’année 2013.

Tout comme le roman de Boris Vian, très visuel et détaillé dans les descriptions physiques,L’Ecume des jours de Gondry (BO) révèle un  monde incroyablement riche et foisonnant d’idées visuelles incroyables et poétiques, de machineries mécaniques en tout genre, de petites trouvailles merveilleuses, de décors absolument improbables.

L-ecume-des-jours-nuage-objet-volantLe spectateur retrouve ainsi l’imagination sans borne du réalisateur, son art du bricolage, sa fantaisie sans limite et se plonge dans un univers aérien, poétque et fantasque, qui l’emmène dans des contrées suspendues, dans toute la première partie du film [ii]. Puis la seconde partie devient plus calme, plus tragique ; Le tout glisse, au rythme de la croissance du nénuphar, vers une esthétique monochrome où mêmes les objets les plus capricieux se meurent doucement, les êtres vivants glissent aussi vers leur abîme respectif. L’appartement se rétrécit, les couleurs de l’image se fanent, la lumière s’atténue, le sentiment d’oppression grandit, tandis que se noue le drame pour s’achever dans un superbe noir et blanc, sobre et pudique, d’une infinie beauté.
Michel Gondry a fait les bons choix, notamment celui de décontextualiser l’époque en détournant des objets qui étaient à l’avant-garde dans les années 70, un peu comme Terry Giliam dans Brazil (1985), ou de privilégier les effets spéciaux simples et mécaniques à l’ancienne,en stop motion et cartons pates, aux effets numériques. De même, il demeure très fidèle aux descriptions des objets (le car de police avec « une multitude de pieds vibratiles »), des lieux (l’appartement de Colin) ou des costumes (la robe d’Isis, « la grille en fer forgée formant l’empiècement du dos »); au-delà, il a été surtout inspiré par l’esprit du livre, avec par exemple l’introduction de l’atelier (tourné dans la salle du comité central du P.C. bâtie par Oscar Niemeyer) où s’écrit le livre sur des machines à écrire qui glissent sur des tapis roulants. Le spectateur plonge ainsi véritablement dans le surréalisme. Le conceptualisme est poussé aux limites de l’imaginaire : l’univers est riche et plein de vie, la danse réinventée, Ellington ressuscité. On retrouve le pianococktail, l’arrache-cœur, l’idée d’un matérialisme bienfaisant, la philosophie sartrienne mais aussi toutes les réflexions sociales de Boris Vian : la critique de l’église ou de l’exploitation dans les scènes de travail à l’usine, celle des (1936) avec Chaplin. Le plan formel est très travaillé (perspective pour la souris, des cordes se substituent en faisceaux de lumière). Un écho au second film de Gondry, est palpable à travers les prises de vue sous-marine avec vidéo-projection en guise de fond d’incrustation, la personnification de la sonnette en araignée (dans La Science des Rêves, un rasoir électrique). La différence est dans l’énergie : alors que La Science des Rêves suit un rythme plutôt monotone et joue sur l’intime,L’Écume des Jours est un véritable feu d’artifice plein d’expressivité. La photographie est très belle, la mise en scène excellente, la bande-son très variée et adaptée à l’émotion de chaque séquence. D’une inventivité visuelle et narrative folle, ce cinéma de visions est d’autant plus troublant qu’il est orchestré avec une apparente simplicité  et rend palpable sur grand écran la poésie, l’humour et le romantisme de l’œuvre de Boris Vian.

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La réussite de ce film est en également en grande partie due à un casting judicieux, même si les acteurs sont un peu plus âgés que les personnages du livre : Audrey Tautou, douce et candide incarne une Chloé aussi fragile et touchante que dans le livre. Romain Duris fait un bon Colin, naïf et insouciant. Omar Sy est impeccable en cuisinier de Colin au langage sophistiqué, à la posture distinguée et relativement froide, tout comme Gad Elmaleh, en fan pathétique de Jean-Sol Partre. Une mention spéciale aux personnages secondaires : Aissa Maiga, juste dans son interprétation ou Charlotte Le Bon, pleine de charme; Sacha Bourdo est parfait dans le rôle de la souris et en donne une interprétation sans caricature et tout en douceur ; on notera également la folie froide d’Alain Chabat et le stoïcisme de Philippe Torreton, parfait en Jean-Sol Partre. Dans ce casting, il y a des stars en effet. Toutefois, Gondry ne fait aucune concession à but commercial à l’univers surréaliste qu’il retranscrit parfaitement, à sa manière. Tout comme Boris Vian  s’est efforcé dans son livre de ne pas développer ses personnages, Gondry dirige subtilement ses acteurs et leur laisse le temps de s’identifier d’une manière ou d’une autre à leur rôle, apporter leur propre touche au livre, pour le rendre encore plus subjectif. Il est donc normal que les objets soient plus mis en valeur que les acteurs puisque c’est Vian lui-même qui l’a voulu : dans le roman, les personnages sont sous-représentés par rapport aux objets. Les quelques libertés prises par le réalisateur s’intègrent parfaitement à l’histoire, notamment au niveau de l’humour absurde et subtil.

Évidemment, comment rendre en images ce que l’imagination construit à la lecture ? Si certains spectateurs reprocheront un déséquilibre  entre esthétisme et émotion, un manque de linéarité, Gondry réalise encore une fois un film dans un style qui lui est propre. Il reste très fidèle aux idées transmises par Boris Vian, pourtant tant dénigrées il y a cinquante ans. Le spectateur s’attache tout de même aux personnages, et ainsi Gondry, notamment dans sa mise en scène dense et poétique,rend un très grand hommage à tous les cinémas et procédés littéraires surréalistes possibles. L’Écume des jours est vraiment un film unique en son genre. Gondry retourne à son cinéma d’origine, le cinéma qu’il affectionne tant, celui de Soyez sympas, rembobinez (2008), et s’éloigne des sirènes hollywoodiennes, des productions formatées, comme celle du Green Hornet (2011). Le spectateur ressort de la salle, bousculé par l’univers surréaliste empreint de sensibilité poétique, véritable explosion de visuel. C’est comme un rêve éveillé. À la sortie de la salle, le spectateur rêvera peut-être de retrouver les danseurs de Bigle-moi, des nuages tirés par un grutier solitaire ou des véhicules marchants dans les rues… L’écume des jours sonne alors comme une foi retrouvée au cinéma originel. Cette adaptation improbable, pouvant déranger ou décevoir, restera quoi qu’il en soit, une œuvre majeure de la carrière de Michel Gondry. A conseiller à un public cinéphile averti.

Fiche technique : L’Écume des jours

Titre anglophone international : Mood Indigo
Réalisation : Michel Gondry
Scénario : Luc Bossi et Michel Gondry, d’après L’Écume des jours de Boris Vian
Casting : Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy…
Musique : Étienne Charry
Photographie : Christophe Beaucarne
Montage : Marie-Charlotte Moreau
Décors : Stéphane Rozenbaum
Costumes : Florence Fontaine
Sociétés de production : Brio Films, SCOPE Invest, Scope Pictures
Distribution : Studiocanal (France)
Pays d’origine : France
Budget : 19 000 000 €
Genre : comédie dramatique
Durée : 125 minutes


[i] Rappelons tout de même qu’il y avait eu une première adaptation ciné en 1968 (avec Jacques Perrin)

[ii] Déjà, la bande-annonce sent l’onirisme, la poésie, la fraicheur qui manque à la production française de ces derniers temps.

Les âmes vagabondes d’Andrew Niccol : Critique du film

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Les âmes vagabondes d’Andrew Niccol : Passion, émotions et conflit  de l’âme

Les Âmes vagabondes, adaptation cinématographique du roman éponyme de Stephenie Meyer, était l’un des films les plus attendus d’avril 2013. Le spectateur pouvait en effet mettre toute sa confiance entre les mains de son producteur et réalisateur, spécialiste des films d’anticipation, à qui l’on doit Bienvenue à Gattaca (1997), Lord of War (2005), ou encore Time Out (2011).

Dans ce film intrigant et efficace, on retrouve indéniablement la patte du réalisateur à travers. une vison SF très épurée, féminine pour une fois, une vraie mise scène, des plan très beaux, un casting correct et une musique de générique très touchante. Nous soulignerons les prestations de Diane Kruger dans le rôle de La Traqueuse, et surtout l’interprétation très juste de Saoirse Ronan, forte et douce en même temps, qui crève l’écran à seulement 19 ans dans le rôle de Mélanie/Vagabonde. Il ne faut cependant pas s’attarder sur les rôles masculins, qui en amoureux transis, sont beaucoup moins convaincants et ne retrouvent pas véritablement la position centrale qu’ils ont dans le roman.

Les Âmes vagabondes est un beau film sur la schizophrénie. L’idée de départ, deux âmes en corrélation dans un même corps, est originale[i]. Le spectateur aime suivre le conflit de la double personnalité de l héroïne, malgré, il faut le dire, une voix-off de Mélanie, si désagréable qu’elle se rapproche plus de L’exorciste, que d’une véritable conscience, d’une voix intérieure convaincante. Ce film est également une réussite pour son émotion et son humanité. Vagabonde découvre tout ce qui rend la vie à l’intérieur des humains si difficile : les émotions, les passions et les souvenirs qui demeurent tellement vivants. L’histoire est beaucoup plus profonde qu’un simple Twilight. Nous assistons à une vrai réflexion sociale sur la condition humaine, sur les conséquences d’un monde parfait, la place de l’individu au sein d’un régime totalitaire, mais également sur la force de résistance, la tolérance ou le vivre-ensemble. Au-delà du côté romance, l’auteur pose l’idée de la perfection et de son opposé la passion. La passion de vivre, d’être libre, de tomber amoureux. L’histoire est joliment accompagnée par des images à couper le souffle, jouant sur la lumière, la nuit et le soleil, des plans sublimes sur les paysages magnifiques de Louisiane et du Nouveau-Mexique et des moments de grâce (la scène des lucioles, ou celles des étoiles, par exemple.). L’esprit et la magie sont là ainsi que l’émotion. L’histoire d’amour est pour une fois mis au second plan Décidément, après Oblivion, les films SF semblent privilégier l’esthétisme à l’action.

Certes, Niccol prend quelques libertés quand à certaines scènes clés du livre et les détracteurs du film opposeront sans doute le roman au film, littérature et cinéma étant souvent les meilleurs ennemis. Mais une adaptation ne peut coller à l’œuvre originale et les grandes lignes du livre sont là. On peut également regretter une BO ratée, qui rend mièvre toutes les scènes d’émotion et une deuxième partie de film autour du triangle amoureux, mal maîtrisé et manquant de tension dramatique. Toutefois, avec cette adaptation, Niccol offre, au roman une identité visuelle forte, un style inimitable et une belle profondeur psychologique. Le réalisateur orchestre avec maestria la schizophrénie de l’héroïne, partagée entre deux visions du monde, puis tiraillée entre deux amoureux. Les Âmes vagabondes est un divertissement des plus agréables à regarder, abordé d’un point de vue original et maîtrisé. Le spectateur attendra sans doute avec une certaine impatience, la suite de cette trilogie…

Synopsis : Melanie Stryder est une rebelle. Notre Terre a été envahie par un ennemi invisible. Les âmes vagabondes s’emparent du corps des hommes en neutralisant leur esprit. Lorsque Melanie est capturée par les Traqueurs, on lui insère Vagabonde, une âme pacifique qui a déjà connu plusieurs corps. L’âme explore les souvenirs de Mélanie dans l’espoir de découvrir l’endroit où se cachent le dernier groupe d’hommes libres, dont Jared, l’amant de Mélanie, Jamie, son frère de 11 ans, Ian, l’homme que Vagabonde a déjà remarqué, et son oncle, Jeb. Mais Melanie, résiste à la possession de son esprit. L’exceptionnelle volonté de Melanie va pousser Vagabonde à devenir son alliée. Ensemble, elles se lancent dans une quête impossible pour sauver la famille de Melanie, et les hommes qu’elles ont appris à aimer toutes les deux..

 


[i] Même si le thème des extraterrestres prenant possession des corps, n’est pas nouveau : The Faculty (1998) de Robert Rodríguez, ou Invasion (2007) d’Olivier Hirschbiegel, entre autres.

 

The Borgias vs Borgia ? Rivalité franco-américaine à la sauce romaine…

The Borgias vs Borgia ? Rivalité franco-américaine ou deux mêmes visions d’une réalité historique?

Synopsis : La série narre l’histoire de la famille Borgia, une dynastie italienne d’origine espagnole, durant l’une des époques les plus fastes, la Renaissance, et relate comment le cardinal espagnol Rodrigo Borgia devient le pape Alexandre VI en 1492. Le scénario se concentre sur les intrigues, complots et guerres menées par ou contre les Borgia, cherchant à survivre dans une Italie où leur famille se confronte aux autres familles richissimes de Rome.

Borgia est une série franco-allemande créée par Tom Fontana pour les chaînes Canal+ et ZDF, diffusée depuis le 10 octobre 2011. Actuellement la saison 2 est diffusée sur Canal + depuis le 18 Mars 2013.

Ainsi deux chaînes de télévision l’une, américaine « Showtime », cherchant à remplacer sa série culte « Tudors », l’autre est une chaine française Canal + diffusent à quelques jours près la 2ème saison pour l’un Borgia et pour l’autre The Borgias, réalisée par Neil Jordandeux. Une 3eme saison est prévue pour le 14 avril 2013. La chaine vient d’ailleurs de dévoiler une bande-annonce intitulée « A New Pope », nous rappelant à une actualité récente puisque le Vatican vient d’élire un nouveau Pape.

Deux séries consacrées au même sujet ce qui bien entendu ne peut qu’engendrer un désir de comparaison : pouvons nous vraiment qu’il existe un Borgia vs The Borgias ?

Visuellement, The Borgias nous en offre plein la vue, c’est somptueux, les costumes sont magnifiques : on se croirait dans un tableau de la Renaissance. Borgia la série française semble plus solennelle. La bande son est à souligner, ainsi que l’ajout de samples électroacoustiques dans la bande originale dans la saison 1.Dans la série américaine, on nous offre une vision d’un pape presque infantile, capricieux, on a du mal à voir du machiavélisme dans le personnage interprété par Jeremy Irons, alors que le pape Français joué parJohn Doman porte en lui une ambition dévorante ; il se montre sans aucun scrupule ni culpabilité. Alors que Borgia nous montre la rivalité des grandes familles Romaines, The Borgias lui est plus tourné vers l’action, vers l’aventure, les grandes chevauchées et les scènes de batailles. L’esthétisme de la série américaine est évident, décors, costumes, musique sont juste incroyables : c’est la Renaissance dans toute sa grandeur.

Les deux séries réunissent des qualités. Dans la série diffusée sur Canal +, on peut trouver une plus grande authenticité, une justesse historique alors que dans la version américaine, on trouve beauté et dynamisme. Pour se faire un avis je dirais que le mieux est de regarder les deux séries…, car il est difficile de trancher dans un sens ou dans l’autre.

Les Croods : Musique du film

Les Croods : Émerveillement et mélodie

Une famille, les Croods à l’ère préhistorique, part en voyage vers un monde fait de merveilles, d’inconnu et de fantastique, sur une musique composée par Alan Silvestri, qui a déjà travaillé entre autres sur Forrest Gump, The Avengers…L’album comprend une chanson originale par Owl City, le nom de scène d’Adam Young, comme vous pouvez le voir ci-dessous :Musique originale composée par Alan Silvestri

Toute la musique du film

1.Shine Your Way – Yuna, Owl City
2. Prologue
3. Smash and Grab – Le cheval de Troie fanfare de USC, Alan Silvestri
4. Ours Owl échapper
5. EEP et le Warthog
6. Enseigner feu à Tiger Fille
7. Explorer de nouveaux dangers
8. Piranhakeets
9. Fire and Corn
10. Turquie Follies de poisson
11. Going Way Guys
12. Heure du conte
13. Maze familiale
14. Étoile Canopy
15. Grug Flips Son couvercle
16. Planète Réduire
17. Nous allons mourir si nous restons ici 18 ans. Peinture rupestre
19. Big Idea
20. Epilogue
21. Peinture rupestre Thème
22. Les Croods du thème de la famille
23. Cantina Croods

© Motion Picture Title, Artwork & Photos © 2013 DreamWorks Animation L.L.C

 

Les Croods : et si nous partions tous pour « demain » ?

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Pendant longtemps, Dreamworks est resté dans l’ombre de Pixar. Mais depuis quelques années le public a réellement changé son regard que sur ce studio, depuis Dragons (2010) exactement, film plébiscité autant par la critique que par le public, puis Les Cinq légendes (2012) et aujourd’hui avec Les Croods. Il faut dire que John Cleese (Monty Python) a participé à l’écriture de l’histoire, et que l’on retrouve aux commandes Chris Sanders, accompagné de Kirk DeMicco. Une nouvelle fois, cette équipe démontre l’étendue de son talent pour réaliser un très bon film d’animation.

Dernier né des studios Dreamworks après Fourmiz (1998), Kung-Fu Panda (2008) ou encore Madagascar (2005, 2008, 2012)), le vingt-sixième film de l’écurie nous ramène ainsi à l’âge de pierre pour une aventure colorée, envolée, burlesque mais également touchante et profonde. Le moteur graphique est saisissant, la mise en scène est ambitieuse, la réalisation de toute beauté. Nous suivons avec joie les pérégrinations des Croods, une sorte de road movie servi par une 3D en relief réussie, à travers un monde préhistorique luxuriant aux décors majestueux, aux paysages très colorés (qui rappellent Avatar), peuplés de créatures extraordinaires et surtout inédites telles qu’un tigre à dents de sabre vert, un ours-hibou, des oiseaux-piranhas, des souris-éléphant ou encore des crocodiles-chiens. Le spectateur est amené à s’attacher à cette savoureuse galerie de personnages déjantés, que ce soit le père hyper-protecteur, la fille aventureuse, le fils un peu simplet, le bébé féroce ou la grand-mère rigolote qui refuse de mourir. On a envie de faire partie de cette famille des cavernes. Dès le début du film, la scène de chasse menée tonnerre battant par les Croods comme un match de rugby explosif, est hilarante. Plusieurs anachronismes malins sont très amusants également, tels la chaussure, le parapluie ou encore les lunettes de soleil et se mélangent astucieusement avec quelques allusions historiques, telles la découverte du feu, la création de Lascaux, voire de la photographie ou du cinéma. Le générique de fin, quant à lui, propose une chanson rock du groupe Owl City, parfaitement en résonance avec l’ambiance pop des Croods.

Mais ce film est bien plus qu’une animation pour enfants[iii]. Les réalisateurs démontrent également leur volonté de transformer cette odyssée préhistorique en fable philosophique, en rite initiatique : les personnages migrant face à une nature qui se modifie et devient dangereuse rappelle L’Âge de glace 2 et bien entendu L’Âge de glace 4, dans lequel les personnages sont également confrontés à la séparation des continents et doivent trouver un endroit plus sûr. Les Croods sont au final la première famille moderne : la Terre n’attend pas pour évoluer ; Les Croods prennent rapidement conscience que s’ils n’évoluent pas, ils appartiendront à l’Histoire. Grug pense au départ que tout ce qui est nouveau est un danger pour sa famille. La rencontre de l’autre, de Guy, le contraint d’évoluer et de changer les habitudes de toute sa famille. Le jeune guide va non seulement leur apprendre de nouvelles choses utiles comme le feu, les chaussures, les pièges ou encore manger la poule et non l’œuf, mais également à vivre au lieu de survivre, nouant ainsi une relation amoureuse avec la fille Croods, Eep, éprise de liberté… Au contact de l’autre, les Croods apprennent à ne plus avoir peur, à sortir de la grotte pour aller vers la lumière, et à apprivoiser la nature qui les entoure aussi dangereuse soit-elle. Les Croods, c’est nous à l’aube de notre vie : l’homme doit évoluer sans cesse, s’habituer à la nouveauté, à la différence, se confronter à la peur de l’inconnu ou de la mort, prendre confiance. Les Croods découvrent ainsi le sens de la vie, ses dangers, ses joies et ses peines, non sans transmettre une émotion sincère au spectateur. L’adulte à travers cette interrogation existentielle se retrouvera, lui aussi.

Avec Les Croods, Dreamworks propose un bijou d’animation, un divertissement remarquable qui ravira tant les enfants que les parents. Pour toute les familles du Pierrafeu 2013 !

https://vimeo.com/225227498

Synopsis : la famille Croods, dernière représentante de son espèce, menée par Grug, père ultra-protecteur, tente de survivre dans le monde hostile qui l’entoure. Vivant la majeure partie du temps enfermée dans une sombre caverne, la petite famille ne sort que pour se nourrir. Face à ce quotidien morose, Eep, la fille aînée s’ennuie ferme. L’arrivée de la fin du monde et du très évolué Guy et son hilarant paresseux Brassé, va changer la donne. Suite à la destruction de la précieuse caverne, le sympathique clan d’Homo sapiens est contraint pour survivre de  passer de l’ère paléolithique à l’ère néolithique à travers de nombreuses péripéties et la découverte d’un nouveau monde merveilleux. (A partir de 6 ans)
coup2coeurNote CSM : 4/5

[i] Chris Sanders, animateur, acteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 mars 1962 au Colorado, travaille tout d’abord pour le compte de Walt Disney Pictures entre 1984 et 2007, puis chez Dreamworks : on lui doit notamment Lilo et Stitch (2002), ou encore Dragons (2010).

Kirk DeMicco, producteur, scénariste et réalisateur américain, qui travaille pour Dreamworks. On lui doit Les chimpanzés de l’espace (2008).

[iii]  Il ne faut d’ailleurs pas s’arrêter ni sur la bande-annonce, ni sur l’affiche, qui ne rendent pas la véritable dimension de ce film.

Oblivion ou l’échec d’une SF renouvelée

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Joseph Kosinski, n’ayant pas connu le succès escompté avec Tron : L’Héritage (2010), adapte ici son propre roman graphique Oblivion, un projet nettement plus personnel, un récit de science-fiction écrit de sa main.

Synopsis: En 2077, Jack Harper en station sur la Terre devenue hautement radioactive suite à une guerre avec une race extra-terrestre, est en charge de la réparation de drones et de la surveillance des plateformes d’extraction des dernières ressources disponibles. Sa mission touche à sa fin. Bientôt il rejoindra la colonie de survivants sur Titan, via une station orbitale, le « Tet », gigantesque tétraèdre flottant dans l’espace. Mais un jour, il est témoin du crash d’un vaisseau spatial et sauve l’un des membres de l’équipage, Julia, ce qui le bouleverse et le confronte à certains éléments de son passé pourtant effacés de sa mémoire.

Le point fort d’Oblivion est sans nul doute, son esthétisme, la création d’un univers de sensations. Graphiquement, le film est une merveille, due en grande partie aux décors épurés (notamment à celui de la station perchée et dotée d’une piscine céleste) ou aux paysages splendides d’Islande qui après le mauvais Prometheus (2012) de Ridley Scott, demeure malgré tout un paradis pour les films de SF. Les paysages désertiques et post-apocalyptiques sont très réussis, les effets spéciaux subtils, difficiles à distinguer des prises de vues réelles. La beauté plastique réside également en une mise en scène élégante et aérienne; le design de la technologie, à la fois sobre et travaillé, évoque l’univers d’Apple ou du jeu Portal. La photographie est somptueuse et certainement renforcée par l’absence de 3D, qui s’avère un choix courageux et efficace du réalisateur. Kosinski en grand maître plasticien, a ainsi su créer un univers, une ambiance, un visuel fort et d’une grande beauté qui rappelle une science-fiction à l’ancienne avec un habillage sonore remarquable et une bande-son épique du groupe M83. Pour une fois, l’action n’est pas le maître-mot du film ; La technique sert uniquement le récit et non le contraire ; la mise en scène joue davantage avec les errances géographiques, amoureuses et psychiques du héros. Les amateurs de SF noteront également, sans être exhaustif, les clins d’œil du film à Total Recall (1990), La Guerre des Mondes (2005), ou encore au vaisseau mère d’Independance Day (1996). Le spectateur appréciera aussi les drones rigolos de Portal ou leur efficacité de combat, les terres désolées de Fallout, la petite plante de Wall-E (2008), la course-poursuite dans le canyon rappelant celle de l’Étoile de la Mort dans Star Wars et certaines idées sympathiques, comme le mystère entourant l’identité des chacals.

Toutefois, Oblivion pêche par son casting. Certes, le jeu d’acteur de Tom Cruise, malgré ses 50 ans, est indiscutable et apporte une grande profondeur au personnage. C’est d’ailleurs lui qui porte le film sur ses épaules. Omniprésent, il occulte complètement le rôle des acteurs secondaires dans le film, qui malgré leurs efforts restent totalement effacés : Andrea Riseborough, apporte une tendresse cruelle à son personnage blafard mais sur-joue parfois, et reste discrète par rapport à son compagnon de cabine. Olga Kurylenko, ne transmet aucune émotion, et plombe la dimension sentimentale du film, qui passe totalement aux oubliettes. Quant à Morgan Freeman, acteur dont le talent n’est plus à démontrer, la quinzaine de minutes qui lui est accordée dans le film ne permet pas d’octroyer une véritable ampleur à son personnage.

En outre, le scénario reste en grande partie prévisible. On peut regretter l’absence de forts enjeux dramatiques et le manque de rythme de l’intrigue. Le film reprend quelques motifs connus pour tout connaisseur de SF : l’homme face à la machine, le clonage déjà abordé par Le Meilleur des Mondes (1998) ou Matrix (1999), l’idée récurrente de l’implantation des souvenirs et l’effacement de la mémoire de Blade Runner (1982) ou Total Recall, l’intelligence artificielle néfaste qui se fait passer pour ce qu’elle n’est pas (HAL dans 2001 l’Odyssée de l’Espace)…. Mais le réalisateur se perd dans un scénario retors sans réellement apporter un renouveau, une véritable piste de réflexion pour le spectateur. Plus regrettable encore est qu’Oblivion s’inspire grandement du film Moon (2010) de Duncan Jones avec Sam Rockwell, mais n’en est qu’une pâle copie plus politiquement correcte et se conclue par un dénouement ridicule : le retour improbable d’un clone aux émotions renouvelées à la terre paradisiaque.

Fort d’un budget de 120 millions de dollars, le film malgré un renouveau esthétique certain, se noie dans un scénario complexe, un casting en demi-teinte, une absence de construction. Ceci est regrettable car Oblivion aurait pu tenir ses promesses…

 

 

Effets secondaires, un thriller de Steven Soderbergh

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Thriller médical au scénario intelligent, Effets secondaires de Steven Soderberghpart d’un bon sujet, très actuel : le traitement de la dépression et les effets secondaires des médicaments.

Il évoque aussi le conflit inhérent des labos pharmaceutiques entre la volonté mercantile de faire fructifier leurs molécules coûte que coûte, et celle de soigner. La première partie est une merveille de suspense, à la tension psychologique permanente : fascinante et inquiétante à la fois, elle plonge le spectateur dans un monde où tout est magouille et pots de vin. Elle a aussi l’ambition de poser une question essentielle : jusqu’où la responsabilité du psychiatre est-elle impliquée lors de la prescription d’un anxiolytique?

Du « brouillard empoisonné » au jeu de masques hitchcockien ! Jon Banks est un psychiatre ambitieux. une jeune femme, Emilie, le consulte pour dépression. Il lui prescrit un anxiolytique dernier cri. Ses réactions deviennent brusques, inquiétantes, jusqu’au meurtre sanglant de son mari. La réputation du docteur Banks est alors compromise. Va-t-il échapper à la culpabilité ?…Soderbergh signe un thriller psychologique évocateur de l’âge d’or du film noir, qui ne devrait pas décevoir les fans d’Hitchcock, car il impose un retour aux fondamentaux du cinéma : un scénario en béton, un casting somptueux, une réalisation sobre, et une mise en scène froide totalement acquise à la narration, évoquant souvent le grand De Palma. Soderbergh rappelle tout d’abord que la désorientation, ce « brouillard empoisonné », est avant tout un art, avant de faire volte-face et d’imposer en seconde partie un jeu de marionnettes hitchcockien. La bande annonce a elle a toujours aimé les femmesd’ailleurs le mérite de ne pas déflorer l’intrigue.

Ainsi, le suspense pharmaco policier nous tient en haleine jusqu’à son dénouement vengeur grâce à la fantastique brochette d’acteurs fidèles, castés et dirigés avec brio : le charismatique Jude Law, à travers un personnage opaque et agité, toujours porté par un instinct de survie, démontre que l’acteur se bonifie, se complexifie clairement avec les années ; Rooney Mara époustouflante de bout en bout, impressionnante de vérité, impose à travers un physique gracile et un regard intriguant, une palette de jeu remarquable et de plus en plus complexe. C’est elle l’épicentre ambivalent de l’histoire et elle ne dévisse pas. Catherine Zeta-Jones est également crédible en psychiatre perverse et hautaine…

elle a toujours aimé les femmes effect secondaireLe seul reproche que l’on peut faire au réalisateur est peut-être une ambition démesurée, celle de faire deux films en un. Le cinéma de Soderbergh est pluriel, sa carrière et ses réussites sont elles aussi fluctuantes. Le film n’a d’ailleurs pas eu un grand succès aux États-Unis en partie à cause de son réalisme. Ainsi, la première grosse demi-heure résolument intellectuelle semble limpide, ancrée dans le thème de la dépression et du drame lié à l’industrie pharmaceutique. Elle apparaîtra trop lente pour certains. Mais comment décrire un tel phénomène de société d’un point de vue sensationnaliste ?

Puis Sodebergh nous surprend à mi-chemin en transformant son récit en un thriller psychologique. D’autres, reprocheront une embrouille alambiquée, un jeu inutile du chat et de la souris, avec fausse victime, faux médicaments, personnages manipulateurs ou scène pseudo-saphique… Certes, la fin est un peu trop rapide. Il n’en demeure pas moins que Effets secondaires se révèle une étude glaciale de la nature humaine, un thriller psychologique bien construit, remarquablement maîtrisé, et magnifié par une mise en scène élégante : un pur moment de cinéma. Espérons que Soderbergh n’ait pas réellement décidé de mettre fin à sa carrière. Car lui aussi, se bonifie avec le temps.

Le premier plan est d’ailleurs une caméra qui s’avance vers la fenêtre d’un immeuble d’une grande ville, comme dans Psychose.

Rooney Mara, révélée dans The Social Network, s’est également distinguée pour son rôle de Lisbeth Salander dans le Millénium de David Fincher. Après son interprétation remarquable dans Effets secondaires, il faut désormais suivre cette actrice de près.

Oblivion : Le choix de l’esthétisme

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Oblivion, est un film aux décors spectaculaires, novateur cinématographiquement, un événement visuel tourné dans une superbe résolution 4k numérique à travers les États-Unis et l’Islande.

Le réalisateur de Tron a encore une fois montré sa capacité à imaginer une Terre spectaculaire où un homme se confronte à son passé. La force du film réside dans le visuel agrémenté d’un esthétisme hors du commun et d’une bande originale sublime qui donne des frissons comme ce fut le cas pour Tron. Kozinski sait créer de bons univers futuristes uniques en leur genre, les décors sont tellement convaincants que l’on croirait qu’ils sont réels. L’une des machines volante de Tom Cruise, a un côté très kitsch, et la phrase « la Terre est un souvenir pour laquelle il faut se battre », fait penser à Mass Effect 3.

Les thèmes abordés dans ce film sont aussi très intéressants et largement exploités dans les livres d’anticipation et de fantastique : le clonage, la domination des machines, la survie dans les souterrains et l’effacement de la mémoire faisant penser aux histoires de Philip K. Dick et aux films comme Terminator, Total Recall etc… Et pour ceux qui adorent les jeux vidéos, une scène dans laquelle on voit Jack se battre dans son engin contre les drones ressemble à s’y méprendre à un de ses combats que l’on voit dans les jeux vidéos space opéra utilisant le même type de stratégie pour descendre un ennemi trop puissant.

Le synopsis peut se résumer ainsi : En 2077, la Terre est désormais une ruine, post-nucléaire suite à une guerre contre des aliens nommés Scavs, le dernier bastion de l’humanité a été évacué sur une lune de Saturne, Titan, Jack Haper, dont la mémoire est effacée tous les 5 ans, est un technicien vivant sur une tour dans le ciel. Il doit rester sur Terre pour veiller à l’entretien de drones, programmés à sauvegarder de gigantesques stations, pompant l’eau de mer pour s’en servir comme une source d’énergie nécessaire aux derniers humains.

Il vit avec Victoria, un agent de liaison, qui reçoit ses ordres d’une station spatiale du Têt où son patron Sally contrôle les opérations, mettant fin à chaque conversation par la même question « Êtes-vous une équipe efficace? ». C’est une question étrange mais Victoria est heureuse d’y répondre tel un perroquet : « Oui, nous sommes une équipe efficace ».

Quant à Jack, son sommeil est troublé par la vision d’une femme toujours la même, dans un New-York de notre époque, il rêve de Julia, à qui il rend visite chaque soir dans la cabane qu’il s’est construite sur cette Terre dévastée. Deux semaines avant le départ pour Titans l’arrivée d’une étrangère, interprétée par Olga Kurylenko, que la plupart d’entre nous connaissent comme la James Bond girl de Quantum of Solace, va remettre en question son existence…et l’emmènera dans un voyage de rédemption et de découverte qui placeront le destin de l’humanité entre ses mains.

Si on peut reprocher au film une certaine longueur, et une fin trop vite expédiée, le film reste bon, une photographie esthétisante, et un crescendo vers des révélations surprenante comme sur qui sont les Scavs. Reste à poser la question d’une science fiction renouvelée

D’ailleurs, le rédacteur en chef de l’Ecran Fantastique Alain Schlockoff s’enflamme pour le film Oblivion il dira : « J’ai ADORÉ LE FILM ! C’est, pour moi, non seulement un grand film de SF, mais l’un des meilleurs du genre, qui m’évoque parfois 2001, conjuguant ici à merveille action, suspense et émotion, soutenu par une B.O. exceptionnelle (de M.8.3., auquel on doit déjà celle de l’épatant Chronicle). Tom Cruise est formidable (même s’il n’est pas le seul à l’être….). J’ai craqué par ailleurs sur Olga Kurylenko, que j’avais trouvé quelconque dans Quantum of Solace, sans doute parce que je n’aime pas le film, mais qui est sublime ici. Les visuels (décors, engins, etc) sont juste à couper le souffle !! (de même que les SFX). Un détail, important en ce qui me concerne : moi qui déteste revoir un film (quel qu’il soit), je suis partant pour le revoir tout de suite ! »

Au final, un vrai bon film de SF à l’ancienne, bénéficiant d’un savoir-faire dernier cri qu’aimeront les amoureux du fantastique…sans parler d’une bande musicale originale à tomber !

 

Oblivion : Toute la musique du film

Oblivion Bande originale du film
Anthony Gonzalez & Joseph Trapanese
Titres utilisés dans la bande originale du film Oblivion :

1. Jack’s Dream
2. Waking Up
3. Tech 49
4. StarWaves
5. Odyssey Rescue
6. Earth 2077
7. Losing Control
8. Canyon Battle
9. Radiation Zone
10. You Can’t Save Her
11. Raven Rock)
12. I’m Sending You Away
13. Ashes Of Our Fathers
14. Temples Of Our Gods
15. Fearful Odds
16. Undimmed By Time, Unbound By Death
17. Oblivion (feat. Susanne Sundfor)

Back Lot Records, sortira la bande originale d’Oblivion le 19 avril 2013, et en partage avec nous la chanson principale du film Oblivion sur Soundcloud :
« StarWaves » – Oblivion : Original Motion Picture Soundtrack – Oblivion Soundtrack ( M83) – 20. Radiation Zone

 

 

Secret d’Etat : Thriller sur les jeux de Pouvoirs entre Gouvernements et Multinationales

Secret State : Conspiration dans les arcanes du pouvoir

Secret State est une série britannique en 4 parties qui est passé sur Channel 4 en 2012, un thriller explosif explorant les liens troubles entre le gouvernement britannique, les entreprises internationales, les médias et les services de renseignements.

Cette série qui n’est pas encore arrivée en France, a été diffusée en plein milieu d’une affaire incroyable, aboutissant à une  enquête sur les pratiques de la presse britannique et l’affaire Saville. Même le nouveau film de James Bond Skyfall, fait allusion à l’ère Leveson.

Secret State est une adaptation libre du roman de Chris Mullin, A Very British Coup. Notons pour l’anecdote, sa furtive apparition dans la mini-série. Son roman, est lui-même inspiré par l’affaire de la Lettre de Zinoviev de 1924, une fausse lettre utilisée pour déstabiliser le gouvernement de l’époque.

L’histoire commence par un grave accident provoquant la mort de 19 personnes dont des enfants, déstabilisant le pouvoir politique en place. S’ensuit une mort plus qu’étrange du Premier ministre dans un mystérieux accident d’avion. Toute la toile de fond de la série tourne autour de la valeur d’un vote face à des pouvoirs pour qui le mot même de démocratie n’a plus aucun sens. C’est un thriller plutôt bien fait, palpitant. Le portrait de nos démocraties s’apparentant plus à des systèmes d’oligarchies, y est dressé sans aucune concession.

L’un des reproches que l’on pourrait faire à cette série en 4 parties est de survoler différents thèmes, en ayant voulu s’attaquer à trop de sujets à la fois, la série se heurte au problème du temps, et peut donner au téléspectateur le sentiment d’un manque de profondeur.Dans cette série, on aborde un débat d’actualité, face aux pouvoirs financiers brisant les emplois pour baisser les salaires, les conditions de travail, on peut se poser la question de la résistance du politique face à la toute puissance de l’économique.

Cette idée de la résistance des politiques, de complot militaire, est l’un des thèmes les plus récurrents dans les séries britanniques et américaines. Ce thriller suit un politicien propulsé à la tête de la Grande-Bretagne, qui se heurte rapidement aux enjeux financiers et énergétiques.

PetroFex, un consortium texan, responsable du site où s’est déroulé l’accident à travers la voix d’un de ses représentants dira clairement au remplacent du 1er ministre, mort dans un accident étrange, qu’il a fait une faveur au gouvernement en acceptant de s’implanter en Grande-Bretagne plutôt qu’en Pologne, où les autorités sont moins regardantes sur les questions de sécurité.Les profits méga-gargantuesques de ces entreprises, leurs capacités à acheter, éliminer tous ceux qui se trouvent sur leur passage, est traité au cours de cette série : suite à la disparition de l’avion ramenant le Premier ministre britannique des États-Unis, le Vice-Ministre Tom Dawkins, vétéran de la guerre de Bosnie est alors contraint de prendre les rênes du pouvoir. Il va s’intéresser de très peu à l’affaire PetroFex, dans sa quête de recherche de la vérité il sera mis en face d’un système de lobbying, d’argent et de puissance d’action dont il n’avait probablement aucune idée.

La série sait aussi jouer sur les décors symboliques des tons grisâtres annonçant des drames, et les menaces à venir. Enfin, le casting est impressionnant, solide, on y retrouve Charles Dance, Games of Throne, Bleck House, Rupert Graves, Garrow’s Law, Sherlock, Stephen Dillane John Adams, et Gina McKee The Lost Prince. Le rôle de Tom Dawkins revient à Gabriel Byrne que l’on peut voir sur la chaine History dans The Vikings.

Son interprétation est à saluer : il fait de cet homme politique placé soudainement devant des responsabilités écrasantes, un personnage complexe, tout en nuance et finesse.En conclusion, c’est une série bien qu’ayant voulu aborder trop de thèmes, n’en reste pas moins un excellent thriller, plus que jamais d’actualité. En effet quel est le poids d’un vote face à des puissances qui se sont libérées des lois de la démocratie, amenant en parallèle la question de la résistance aussi bien pour les politiques que pour les peuples….