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Peaky Blinders : Musique de la série

Musique Peaky Blinders : Savourer ce son grave, majestueux, et écouter quelques morceaux sélectionnés de la saison 1 de cette série britannique au rock chic.

Créée par Steven Knight scénariste de « Eastern Promises » et du film d’espionnage « Closed Circuit », l’histoire de Peaky Blinders (voir notre article Peaky Blinders : un gangster drama à Birmingham) se situe dans un Birmingham des années 20. Au générique on retrouve Cillian Murphy, Sam Neill, Paul Anderson, Joe Cole, Helen McCrory, et Annabelle Wallis. Une seconde saison est en route pour cette série élégante, présentant de vrais gueules.
Pitch : En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces.

La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » en raison de l’utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville. Ne doit-il pas se méfier tout autant la ravissante Grace Burgess ? Fraîchement installée dans le voisinage, celle-ci semble cacher un mystérieux passé et un dangereux secret.

La réalisation est particulièrement bien soignée offrant de magnifiques plans, poétique voir surréaliste accompagné d’une musique participant pleinement à l’esthétique d’une série à découvrir. Une vraie pépite dans ce monde des séries.

Une bande son qui détonne dans ville surnommée le Black Country en raison de la présence de nombreuses mines, ou le contexte social est balancé sans fard.

Loin d’être anachronique, cette musique rock peint de ses sons les conflits et la combativité d’un univers sombre et rarement entrevu du passé de l’Angleterre. Du rock n’roll contemporain à l’aube des années 20 pour une ambiance inattendue avec des morceaux de Nick Cave & the Bad Seeds : Red Right Hand mais aussi les White Stripes.

Je vous invite à écouter le générique de la série, un morceau de Nick Cave & the Bad Seeds : Red Right Hand (datant de l’album Let Love In, 1994). Une musique qui swing évoquant les chevaux, créant une ambiance western adaptée à Birmingham. Peaky Blinders : une musique à la couleur sonore décalée, que vous ne pourrez qu’apprécier. Cette musique peint des sentiments, donne une identité propre à une série à l’aura à la fois sombre et lumineuse.

Peaky Blinders : Musique 

Love is Blindness – Jack White

The White Stripes – St James Infirmary Blues

Wicked Game – Gemma Hayes

Lana Del Rey – Off to the Races

https://www.youtube.com/watch?v=noDGOzao9iU

Sinister Kid The Black Keys

Refrain :  well, the crooks are out
and the streets are gray
you know I wouldn’t have it
any other way

Paroles : Sinister kid The Black Keys » Well, the crooks are out And the streets are gray You know I wouldn’t have it Any other way Your mother’s words They’re ringing still But your mother don’t Pay our bills A sinister kid is a kid who Runs to meet his Maker A drop dead sprint from the day he’s born Straight into his Maker’s arms And that’s me, that’s me The boy with the broken halo That’s me, that’s me The devil won’t let me be I got a tortured mind And my blade is sharp A bad combination In the dark If I kill a man In the first degree Baby would you Flee with me? A sinister kid is a kid who Runs to meet his Maker A drop dead sprint from the day he’s born Straight into his Maker’s arms And that’s me, that’s me The boy with the broken halo That’s me, that’s me The devil won’t let me be

Mandela : Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick

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Adapté de l’autobiographie éponyme de Nelson Mandela sortie en 1995, qui a souhaité que le film soit de nationalité sud-africaine en apportant ses mémoires au producteur Anant Singh, refusant ainsi toutes les propositions alléchantes d’Hollywood, Mandela, un long chemin vers la Liberté de Justin Chadwick, est un biopic classique [i], qui relate le combat de toute une vie, le courage d’un homme qui a toujours gardé sa dignité et fait preuve d’une détermination inébranlable dans son combat contre l’oppression [ii], et ce même quand l’espoir était au plus bas. Doté d’un scénario fiable et de conviction de William Nicholson, à qui l’on doit Gladiator (2000) et Elisabeth l’âge d’or (2007) entre autres, l’importance humaine et historique de Mandela est ici bien dépeinte : le réalisateur anglais, Justin Chadwick [iii] dépassionne le propos et et livre un portrait intime qui rend justice au grand homme, sans jamais déraper dans l’hagiographie, mettant au contraire en exergue ses faiblesses.

Madiba : la force du combat, le pouvoir de dire « Non! »

Ce film est d’abord porté par un duo d’acteurs admirable qui livre une prestation très juste: Idris Elba, que l’on n’attendait pas forcément dans ce registre, confère à ce personnage charismatique, une force et une authenticité bouleversante, tandis que Naomie Harris est tout aussi époustouflante et émouvante dans le rôle de Winnie.

Si la première partie du film élude certains faits d’importance et constitue une forme de zapping empêchant réellement de comprendre le basculement de Mandela vers une lutte plus violente et de se rendre parfaitement compte des conditions de vie horribles du peuple noir à cette époque répressive et violente qu’était l’apartheid, le film trouve son vrai souffle dès que Mandela, le militant, est en prison, relatant son calvaire, mais surtout le cheminement intérieur de l’homme vers la stature d’homme d’Etat et son choix pour la paix. A cela se rajoute une musique magnifique, des prises de vues fort belles, et un générique de fin qui rend hommage au vrai Madiba.Mandela-CSM-image4

Certes, Mandela, un long chemin vers la Liberté, demeure un biopic à la sauce internationale, sans doute trop consensuel. Il manque une fougue et une certaine dimension politique pour atteindre le souffle épique que pouvait avoir le Gandhi de Richard Attenborough (1982). Ce long-métrage souffre par son ambition démesurée de relater la vie du grand homme en près de 2h30. On aurait apprécié davantage de scènes sur son combat politique, peut-être un peu moins sur sa vie amoureuse. Mais son avantage réel est que le spectateur ressort de la salle avec une envie d’en apprendre davantage et d’ouvrir quelques livres sur Mandela et l’Apartheid. L’histoire du leader de l’Afrique du Sud est suffisamment forte et le jeu d’acteur juste, pour faire tenir l’édifice dans son ensemble.

« J’ai parcouru un long chemin vers la liberté. Ce fut une route solitaire et ce n’est pas fini. Personne ne naît en haïssant son prochain à cause de sa couleur de peau ou de son passé, ou de sa religion. Les hommes apprennent à haïr. On peut leur apprendre à aimer. »

Mandela, un long chemin vers la Liberté de Justin Chadwick demeure une épopée émouvante, une ode à l’antiracisme et la non-violence, un témoignage optimiste pour l’humanité : chaque combat n’est jamais perdu d’avance ; « penser c’est dire non » comme l’affirmait le philosophe Alain, et la résistance à l’oppression est un combat intemporel.

Synopsis : Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela (Idris Elba) gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC. Son arrestation le sépare de Winnie (Naomie Harris), l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC. À travers la clandestinité, la lutte armée, l’emprisonnement durant 27 ans, sa vie se confond plus que jamais avec un combat hors norme pour la liberté et la paix, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président Sud-Africain élu démocratiquement.

Fiche technique : Mandela : Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick

Titre : Mandela : Un long chemin vers la liberté
Réalisateur(s) : Justin Chadwick
Scénariste(s) : William Nicholson
Acteurs : Idris Elba, Naomie Harris, Fana Mokoena
Titre original : Mandela: Long Walk to Freedom
Date de sortie :18 décembre 2013
Pays : Royaume-Uni, Afrique du Sud
Budget: 35 000 000 $
Genre : Biopic, Drame, Histoire
Durée : 2h 26


[i] Clint Eastwood dans son film Invictus (2009) avait déjà relaté la vie du grand homme en ne prenant qu’une partie de son existence. J’avoue être un adept non seulement de Clint Eastwood mais aussi de Morgan Freeman…

[ii] Ce film s’inscrit dans un certain courant qui veut mettre en lumière le combat contre la ségrégation. Cela a commencé avec La Couleur Des Sentiments (2011), Django Unchained (2012), Le Majordome (2013) et maintenant Mandela, Un Long Chemin Vers La Liberté, avant de découvrir l’année prochaine, 12 Years A Slave de Steve McQueen, l’un des favoris des Oscar 2014.

[iii] Réalisateur de Deux Sœurs Pour Un Roi (2008), le réalisateur Justin Chadwick s’intéresse ici à l’histoire contemporaine en adaptant l’autobiographie de Nelson Mandela. Son précédent film inédit en France The First Grader (2010) lui a servi un peu d’échauffement, puisqu’il se déroulait déjà en Afrique avec quelques uns des acteurs secondaires choisis pour ce biopic.

Fruitvale Station : la critique du film de Ryan Coogler

Fruitvale Station : Chronique d’une mort annoncée

Fruitvale Station n’est pas un brûlot rageur mais un film pudique toute en finesse. Le néo-realisateur Ryan Googler a eu l’intelligence de s’écarter des sentiers des raisins de la colère, pour présenter avec une caméra qui ne lâche pas Michael B. Jordan(Chronicle) le portrait d’un jeune homme au destin tragique.

Un film toute en douceur, le réalisateur prend le temps de camper les personnages et les liens qui les unissent, il nous montre la façon dont il s’occupe de sa fille âgée de 5 ans, l’aide qu’il apporte à une femme blanche qui achète du poisson dans un supermarché et qu’il met en contact avec sa grand-mère, spécialiste du poisson frit : des épisodes d’une tranche de vie sur 24h avant le drame.

Un témoignage noble, simple d’un jeune homme qui après avoir fait de la prison décide à 22 ans de se construire une vie rangée. On voit un jeune homme, avec ses défauts, ses doutes, ses qualités, sa joie et ses peurs de la précarité prêt à prendre son destin en main. Ce drame, tourné caméra à l’épaule permet de s’attacher aux personnages et même si la fin est inéluctable, on se surprend à espérer un autre destin pour Oscar Grant.

Fruitvale Station est une chronique poignante, un fait divers raconté avec sobriété. Un film sincère, à la mise en scène intimiste, qui nous emporte dans une histoire bouleversante à la fin terrifiante.

On peut reprocher à cette production indépendante soutenue par le comédien Forest Whitaker d’être trop porté sur le pathos, d’avoir utilisé les véritables images du meurtre d’Oscar Grant par un policier à la gâchette facile. Pourtant Fruitvale Station est un premier film emprunt d’humanisme, un bon début pour Googler, un réalisateur prometteur, à suivre…

Un film porté par des acteurs à l’interprétation magnifique, Octavia Spencer et Melonie Diaz sont excellentes. Quant à Michael B. Jordan que l’on a pu voir dans la série (Friday Night Lights et le film Chronicle), il est vraiment durant cette chronique d’une mort annoncée, Oscar Grant, un acteur magnétique, talentueux qui fera certainement parler de lui dans un futur proche.

Synopsis : Fruitvale Station fut la sensation, du dernier Festival de Sundance, où il remporta le prestigieux Prix du Jury ainsi que le Prix du Public. Fruitvale Station marque les premiers pas dans le long-métrage du jeune réalisateur Ryan Coogler, 27 ans, qui s’empare d’un authentique fait divers survenu à Oakland en 2009. Le soir du réveillon, le jeune Oscar Grant et ses amis croisent la route d’un gang vindicatif dans le métro. La situation dégénère, les policiers interviennent. Une bavure plus tard, la vidéo filmée par des passagers tourne à plein régime sur les réseaux sociaux et la ville est en émoi autant qu’en colère. Pour aborder cette histoire terrible, le jeune réalisateur Ryan Coogler, opte pour un point de vue mettant la dimension humaine au centre de ce tragique épisode, mêlant images fictionnelles et réelles.

Fruitvale Station : Bande-annonce

Fiche Technique : Fruitvale Station

Titre original : Fruitvale Station
Réalisation : Ryan Coogler
Scénario et dialogues : Ryan Coogler
Casting : Michael B. Jordan (Oscar Grant), Melonie Diaz (Sophina), Octavia Spencer (Wanda), Kevin Durand (Officier Caruso), Chad Michael Murray (Officier Ingram), Ahna O’Reilly (Katie), Ariana Neal (Tatiana)…
Date de sortie : 1er janvier 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h25
Budget : 900 000 $
Décors : Hannah Beachler
Costumes : Aggie Rodgers
Image : Rachel Morrison
Montage : Michael P. Shawyer
Directeur de la photographie : Rachel Morrison
Musique : Ludwig Gôransson
Produit par Nina Yang Bongiovi et Forest Whitaker

 

 

Du sang et des larmes : Critique du film de Peter Berg

Du sang et des larmes « Lone Survivor » : Immersion Violente dans une guerre ultra réaliste

Basé sur une histoire vraie, le deuxième de la semaine avec Fruitvale Station, Du sang et des larmes est adapté du livre de Marcus Luttrell (interprété par Wahlberg) « Lone Survivor » qui retrace les événements survenus lors d’une mission qui s’est déroulé le 28 juin 2005…

Du sang et des larmes, titre français paraphrasant Churchill, qui lors d’un discours devant la chambre des Communes dira « Je n’ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. » Ce film à petit budget réalisé par Peter Berg, loin d’être un film de propagande, est avant tout un hommage au Navy Seals. Un film de guerre dans la plus noble tradition du genre, très réaliste même trop pour ce genre.

Après le très bourrin « Battleship » (2012), un film mal compris, un passage super héros avec « Hancock » (2008), Peter Berg revient avec un film dans  la lignée du du Royaume « 2007 ».

Avec Du sang et des larmes, il vise directement au plexus, l’immersion violente, sans détours, désarçonnant le spectateur par cette vision de la guerre ultra réaliste, déchirante. Un récit simple, incisif, à l’impact émotionnel saisissant. La guerre ce n’est pas comme dans Call of Duty : c’est un déluge dévastateur, brutal et violent.du sang et des larmes peter berg

Du sang et des larmes c’est l’enfer couché sur une pellicule qui vous fait sentir le goût du sang dans la bouche, la peur qui vous prend aux tripes, les larmes dans les yeux. Ces soldats en bavent, cette réalité sanglante, cette poussière qui vous enflamme la gorge happe le spectateur frontalement dans une tragédie prenante, un cauchemar apocalyptique. Un film ou l’on ressent chaque chute, chaque blessure, chaque tir grâce à une réalisation soignée explorant intelligemment les décors naturels avec pour finalité un enchaînement de séquences terribles.
du sang et des larmes movie film

Du sang et des larmes n’est pas que l’expérience traumatisante d’une guerre sale, cruelle, barbare, c’est aussi un véritable hommage au peuple afghan. Quand le chef de village pachtoune protège Marcus blessé, au péril de sa propre vie, s’ébauche une transformation chez ce soldat façonné par une certaine idéologie.

Évidemment, Du Sang et des larmes rend hommage aux frères d’armes tombés au combat, tout en dressant le portrait de cette relation entre 4 frères de sang, plongés dans une situation qui leur échappe. Peter Berg ne cherche pas à savoir qui sont les marchands de chaos, ceux qui profitent des guerres. Son film montre ceux qui sont sur le terrain sans pour autant tenter d’analyser la psychologie de ces soldats.

C’est le portrait d’une fraternité d’hommes, loin de toutes idéologies, ce n’est pas une invitation à s’engager dans les Navy Seals, ni un éloge pornographique de la guerre à travers de gros plans de visages ensanglantés. C’est un vibrant hommage à des hommes tout simplement, jusqu’au générique de fin bouleversant.

Du sang et des larmes est une immersion totale dans un univers, un vrai film de guerre touchant, poignant, d’un réalisme époustouflant, articulé autour d’un casting haut de gamme et d’une photographie sublime. Un film authentique, épique, furieux mais profondément humain. Un survival dopé à l’adrénaline dont certaines scènes d’héroïsme rappellent « La chute du Faucon Noir », » Black Hawk Down » (2001) de Ridley Scott.

Synopsis : Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération baptisé « Red Wing », qui a pour but de localiser et d’éliminer un dangereux chef taliban Ahmad Shah repéré dans un petit village reculé niché près des montagnes. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats vont se retrouver pris au piège.

Fiche technique : Du sang et des larmes

Titre original : Lone Survivor
Interdit aux moins de 12 ans
Réalisateur : Berg Peter
Acteurs : Mark Wahlberg, Eric Bana, Taylor Kitsch, Emile Hirsh
Genre : Biopic, Film de guerre
Date de sortie : 01 janvier 2014
Durée : 2h01mn
Production : Emmett/Furla Films, Films 44
Casting : Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch, Ben Foster, Eric
Bana, Ali Suliman, Alexander Ludwig, Yousuf Azami, Sammy Sheik
Scenario : Peter Berg, basé sur le livre “Lone Survivor: An
Eyewitness Account of Operation Redwing and the Lost Heroes of SEAL
Team 10” by Marcus Luttrell with Patrick Robinson
Producteurs : Peter Berg, Sarah Aubrey, Randall Emmett, Norman Herrick,
Barry Spikings, Akiva Goldsman, Mark Wahlberg, Stephen Levinson,
Vitaly Grigoriants
Producteurs exécutive : George Furla, Simon Fawcett, Braden Aftergood,
Louis G. Friedman, Remington Chase, Stepan Martirosyn, Adi Shankar,
Spencer Silna, Mark Damon, Brandt Andersen, Jeff Rice
Directeur de la photographie : Tobias A. Schliessler
Monteur : Colby Parker Jr.
Compositeur : Steve Jablonsky
Budget : $ 50 000 000

Sleepy Hollow : Critique de la saison 1

Sleepy Hollow, série fun et fantastique façon 2.0

Première série renouvelée de la saison, est donc l’un des succès de la rentrée, fruit de la collaboration entre Roberto Orci, Phillip Iscove et Alex Kurtzman (Star Trek Into darkness, Insaisissables), la nouvelle série fantastique/horrifique de la Fox réalisée par Len Wiseman ( Underworld ) s’attaque à l’adaptation de la célèbre légende noire du cavalier sans tête.

Sleepy Hollow est une version modernisé, façon 2.0, de La Légende de Sleepy Hollow basé sur la courte nouvelle de Washington Irving, que le roi du gothique Tim Burton tourna en 1999, un film culte fort bien accueilli par le publique.

La série Sleepy Hollow mélange toutes sortes de mythes chrétiens et païens comme dans la fameuse série Supernatural, avec les mêmes thèmes, celle de la fin du monde, l’Apocalypse, une idée récurrente que l’on trouve dans bon nombre de film, comme celle du combat contre les forces du mal. Une série à l’humour présent, présenté un cavalier sans tête sans sa hache médiévale mais comme une sorte de Terminator équipé d’un semi-automatique c’est d’ailleurs plutôt bien amené comme idée.

Sleepy Hollow s’avère agréable à regarder, la photographie est plutôt bonne, le langage châtié d’Ichabod Crane rende le personnage attachant et la série est riche en révélations baignant dans une douce atmosphère démoniaque en raison de la lumière qui ne semble pas vouloir assombrir les plans, ce qui a son charme…

Honnêtement, Sleepy Hollow n’est pas la série catastrophe annoncée, bien sur le mélange entre histoire et surnaturel peut déranger les plus puristes, le scénario est encore trop brouillon mais pour ceux qui aiment le mélange des genres, la série reste divertissante et peut véritablement prendre de l’ampleur pour devenir la série fun fantastique à la mythologie efficace.

Coté casting, les acteurs sont crédibles, sauf peut être le capitaine, et puis une série qui a diffusé lors de la diffusion du pilot « Sympathy for the Devil » des Rolling Stones ne peut que s’améliorer.

« Please allow me to introduce myself
I’m a man of wealth and taste
I’ve been around for a long, long year
Stole many a mans soul and faith« 

Synopsis : En 1781, Ichabod Crane, un soldat dans l’armée coloniale, en mission pour le général George Washington décapite le soldat de Hesse, le cavalier sans tête qui se révèle être un des 4 chevaliers de l’apocalypse. Ichabod Crane se réveille après un sommeil de près de deux siècles et demi dans notre époque moderne, ou il trouve une alliée inattendue en la personne d’Abbie Mills, lieutenant de police à Sleepy Hollow. Evidemment la vision du monde du temps de l’Amérique coloniale n’est pas la même que celle du 21ème siècle et est souvent une source de scènes plutôt drôle. Tous les deux ont un rôle à jouer dans les événements qui se préparent, et une apocalypse à éviter.

Fiche Série : Sleepy Hollow

Créateurs : Roberto Orci, Alex Kurtzman, Phillip Iscove, Len Wiseman (2013)
Chaîne de diffusion : FOX
Casting : Tom Mison, Katia Winter, Orlando Jones, Nicole Beharie, John Cho, Lyndie Greenwood, Jahnee Wallace
Nationalité : Américaine
Genre : Science fiction, Thriller
Nombre d’épisodes : 13
Format : 42 minutes

Jamais le premier soir : Critique du film de Mélissa Drigeard

Jamais le premier soir ou la recherche bonheur à tout prix

Le 1er janvier 2014 tombe cette année un mercredi, le jour des sorties cinéma, commençons l’aventure par une critique d’une comédie française réalisée par Mélissa Drigeard qui dira de son long métrage qu’il est « Une satire de la recherche systématique du bien-être »

Une comédie légère introduisant 3 représentations différentes de femmes à la recherche de l’amour. Julie (Alexandra Lamy), la jolie quarantaine naïve et romantique, se fait larguer par son mec par coursier au bureau. Déprimée, elle décide de se refaire une santé en achetant des livres « d’épanouissement  personnel » qu’elle se procure dans sa librairie de quartier, tenue par Marc (Jean-Paul Rouve). Sa nouvelle bible, « Le bonheur, ça s’apprend », sous le bras, elle décide de partir à la  quête de l’amour.

Ses deux meilleurs amies Louise (Mélanie Doutey) et Rose (Julie Ferrier) ne sont pas mieux loties en amour. Louise derrière un look de femme fatale enchaîne les relations sans lendemain et tombe amoureuse de son patron sans le dire à ses copines, et Rose, prof de tennis au franc parler, vit elle aussi une vie de couple en bout de course…

Jamais le premier soir, une comédie romantique qui s’amuse de tous ces gourous…Une satire sur cette recherche du bonheur systématique dans des livres, des coachings, des séances chez le psy… Une recherche du bonheur éperdue pour un bon nombre de personnes dans une société en crise qui ne voit pas parfois que ce qu’ils cherchent est à la portée de leurs regards.

Une quête assez bien capturée par la réalisatrice Mélissa Drigeard, même s’il manque cette audace, cette énergie pour en faire un film vraiment aboutit. Dommage, car le thème de base, sans être original, aurait pu être traité de façon vraiment amusante provoquant de l’empathie chez le spectateur (mais ce n’est pas le cas). Les situations cocasses ne sont pas assez percutantes, l’écriture manque de rythme, les filles s’y amuseront peut être un peu, mais n’y trouveront rien d’exceptionnel.

Au final un film à voir pour le trio d’actrices de charmantes et pour passer une soirée sans prise de têtes.

Synopsis : Julie est une jeune femme pétillante mais continuellement malheureuse en amour. Se faire larguer par coursier à son travail semble donc lui porter le coup de grâce. Mais le livre « Le bonheur, ça s’apprend » devient sa bible et elle en applique les conseils à la lettre au travail et en amour. Cette nouvelle lubie de « pensée positive » laisse sceptiques ses deux meilleures amies dont la vie amoureuse n’est pas non plus au beau fixe. Quand l’une, Louise, entretient une liaison secrète avec son boss, l’autre, Rose, subit le quotidien d’un couple en bout de course. Devenue cliente régulière d’une librairie où elle dévalise le rayon « épanouissement personnel », Julie va y faire des rencontres qui vont peut-être enfin changer sa vie…

Fiche technique : Jamais le premier soir

Pays : France
Année De Production : 2 013
Date De Sortie : 01 Janvier 2014
Genre : Comédie, Romance
Durée : 90 Min
Réalisateur : Mélissa Drigeard
Acteurs : Alexandra Lamy, Mélanie Doutey, Julie Ferrier, Jean-Paul Rouve et Grégory Fitoussi
Distributeur : Europacorp Distribution

La Vie rêvée de Walter Mitty : Critique du film de Ben Stiller

La Vie rêvée de Walter Mitty : Ode poétique entre rêve et réalité

Adapté d’un grand classique de la littérature américaine de 1939, une nouvelle parue en 1937 et signée James Thurber, « La vie secrète de Walter Mitty » déjà mise en scène pour le grand écran en 1974 par Norman Z. McLeod avec Danny Kaye dans le rôle éponyme. 67 ans plus tard Ben Stiller adapte et s’octroie le rôle-titre d’une adaptation nommée La Vie rêvée de Walter Mitty ou une ode poétique entre rêve et réalité.

Après la comédie déjantée Tonnerre Sous les Tropiques, l’acteur abandonne le registre purement comique pour se glisser dans la peau du fameux Walter Mitty, un employé du célèbre Life Magazine, doté d’une imagination fertile, il vit des aventures flamboyantes et palpitantes dont il est le héros.

Une déconnexion vers une secret life ou cet homme ordinaire archiviste depuis 16 ans se transforme en héros sauvant un chien handicapé de l’explosion d’un immeuble ou encore dans une virée dans les rues de New-York poursuivant son boss imbuvable.

Ses séquences issues de l’imagination de Walter Mitty prennent littéralement vie à l’écran et nous transporte à différents endroits du globe aux paysages somptueux. Les voyages extravagants de ce rêveur sont pour lui le moyen de se déconnecter d’une vie réelle insipide ou il peut même conquérir sa collègue Cheryl, interprétée par Kristen Wiig.

Sur les murs et pancartes lorsque Walter Mitty part à l’aventure :

« To see things thousands of miles away, things hidden behind walls and within rooms, things dangerous to come to…to draw closer…to see and be amazed. That is the purpose of LIFE. »

Cette fuite devant la vie réelle s’arrête le jour ou on lui demande un négatif très important qui ne figure pas dans les archives, Walter trouve la force de sortir de sa bulle et retrouver le fameux cliché égaré du légendaire photographe globe-trotteur Sean O’Connell (Sean Penn). Il part et même très loin vers un voyage initiatique qui va lui faire vivre des péripéties toutes aussi folles et grandioses que les périples de ses rêves. Il se retrouve en skate au pied du volcan Eyjafjallajökull, en Islande avant l’éruption, au Groenland, mais aussi Himalaya et jusqu’en Afghanistan. Le voilà à son tour un aventurier dans le monde réel traversant des paysages d’une beauté incroyable.

La mise en scène de Ben Stiller dans La Vie Rêvée de Walter Mitty est très graphique, visuellement c’est magnifique et coté musique on retrouve José Gonzàlez, Of Monsters And Men mais aussi un duo entre David Bowie et l’actrice Kristen Wiig. D’ailleurs, la scène avec la chanson SpaceOddity est une des plus envoûtantes.

Coté casting les acteurs sont impliqués mention spéciale pour le rôle de Sean Penn impeccable et Adam Scott désopilant dans ce rôle de patron tyrannique). Ce long métrage est un hymne à la vie avec un message sympa, concrétiser vos rêves, vivez les plutôt que d’en rêver, soyez l’artiste, le peintre de votre vie. Au final La Vie Rêvée de Walter Mitty est une comédie-poétique émouvante, drôle, avec de très bons effets spéciaux, une belle photographie et une superbe bande-annonce.

Synopsis : Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

Fiche technique : La Vie Rêvée de Walter Mitty

Titre original : Secret Life of Walter Mitty (The)
Réalisateur : Ben Stiller
Scénario : Steve Conrad
États-Unis : 2013
Casting : Ben Stiller, Kristen Wiig, Sean Penn, Kathryn Hahn, Adam Scott,Shirley McLaine
Photo : Stuart Dryburgh
Musique : Theodore Shapiro
Durée : 1h54
Sortie cinéma : 01 Janvier 2014
Productions : 20th Century Fox

 

La Reine des Neiges, un film de Chris Buck, Jennifer Lee : Critique

La Reine des Neiges : Tragédie féerique et poétique

Avec La Reine des neiges, les studios Disney reviennent à la filmographie classique, celle de la comédie musicale. C’est d’autant plus évident que les deux auteurs, Robert Lopez (The Book of Mormon, Avenue Q) et sa femme Kristen Anderson-Lopez (Le Monde de Nemo), avaient déjà collaboré avec les studios sur d’autres films. Saluons des mélodies entraînantes, notamment les magnifiques morceaux « Let It Go » et « For the First Time in Forever ». Ce nouveau film d’animation est co-réalisé par Chris Buck (Tarzan) et Jennifer Lee (Les Mondes de Ralph) et produit par Peter Del Vecho (La Princesse et la Grenouille).

« L’amour peut dégeler un cœur de glace »

Très librement inspiré du conte éponyme de 1844 du célèbre écrivain danois Hans Christian Andersen et de légendes nordiques, on y suit deux sœurs inséparables, Anna et Elsa, princesses du royaume d’Arendelle. Elsa se trouve dotée d’un puissant pouvoir… Disney a d’ailleurs la bonne idée de laisser cette partie mystérieuse, donnant ainsi à la malédiction, un poids beaucoup plus percutant. Un personnage féminin ni méchant ni gentil, une création qui échappe au manichéisme classique pour devenir un être tragique. Un changement de cap depuis Raiponce et Rebelle, les figures féminines sont moins mièvres, moins clichées, elles deviennent des héroïnes indépendantes, plus complexes et pugnaces.

Quant à la sœur Anna, bien que comparée à Raiponce, elle ne lui ressemble pas du tout physiquement, même si on peut voir quelques rapprochements au niveau du caractère, elle n’en est pas pour autant une pâle copie, c’est unehéroïne attachante, maladroite, énergique et très moderne aussi.

La Reine des Neiges introduit des personnages secondaires, hauts en couleurs, truculents, notamment Olaf, le bonhomme de neige qui rêve éperdument de l’été, hilarant, pétillant, naïf, courageux, mon personnage préféré avec Sven un adorable renne. Autre signe de nouveauté dans ce conte moderne, le prince charmant, Hans, n’est pas aussi charmant qu’annoncé. Quant à Kristoff le montagnard, un personnage original, un vendeur de glaçons de prime abord insociable. Ses discussions avec Sven sont à mourir de rire, il est parfaitement mis en avant sans passer en second plan.
Reine des neiges château

Enfin les effets visuels sont fulgurants, la glace devient un véritable personnage, on sent presque les flocons et le vent glacial sur ses joues. Un superbe graphisme où la neige magnifiée par les pouvoirs d’Elsa, passe par un Kaléidoscope de reflets allant du rose au bleu, du violet au rouge en passant par du gris et de l’orange. Le plus bel exemple de cette beauté visuelle, étant la création par Elsa lors de sa fuite, d’un somptueux château de glace au sommet des montagnes. Quant aux paysages, ils sont tout aussi sublimes (fjords, montagnes, lacs…), ça scintille, ça floconne, c’est magique…Cependant, il y a un vrai défaut dans ce film. Il y vraiment trop de chanson, même si certaines mélodies sont très belles comme « Vuelie », le chant norvégien du générique de début.

Au final, La Reine des Neiges est un long métrage au scénario plus contemporain, une féerie hivernale combinant amour et aventure, mais aussi des rebondissements, avec des moments déchirants, d’autres très drôles, ainsi que des protagonistes très attachants.

Synopsis : Elsa a des pouvoirs magiques qui lui permettent de créer des objets en glace et en neige et de geler les choses qui l’entourent. Le jour où elle blesse sa soeur Anna en s’amusant avec elle, ses parents lui demandent de contenir ses émotions et de ne pas révéler ses pouvoirs à quiconque. Quand ces derniers décèdent, Elsa devient l’héritière du trône. La journée de son couronnement, une nouvelle que lui apprend sa sœur la bouleverse et elle dévoile, sans le vouloir, sa magie aux fidèles. Traitée de sorcière, la nouvelle reine s’enfuit dans la montage. Anna part alors à sa recherche pour tenter de la convaincre de revenir au royaume.

La Reine des neiges : Bande-annonce

La Reine des Neiges : Fiche technique

Titre original : Frozen
Réalisation : Chris Buck & Jennifer Lee
Scénario : Shane Morris, Hans Christian Andersen, Jennifer Lee et Chris Buck
Doublages: Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad, Santino Fontana et Alan Tudyk
Producteurs : John Lasseter, Peter Del Vecho
Studio de production : Walt Disney Pictures
Genre : Animation, Aventure
Durée : 102 minutes
Date de sortie : 4 décembre 2013

États-Unis – 2013

Critique du film Le Manoir Magique : Une animation féerique et festive

Le Manoir Magique : Féerie et esprit forain

Le Manoir magique est le quatrième long métrage pour le réalisateur Ben Stassen après Fly me to the Moon (2007), Le Voyage extraordinaire de Samy (2010) et Sammy 2 (2011), en collaboration avec Jérémie Degruson, cette adaptation d’un autre livre pour enfant de Domonic Paris se révèlent être une aventure féérique suscitant un certain enchantement grâce à la qualité de l’animation sublimée par la 3D conçu pour donner l’impression d’objets sortant de l’écran pour sauter à la figure du spectateur tel un jaillissement magique.

Magique est le mot résumant cette animation truffée d’automates et de jouets délirants à l’esthétisme coloré. Bien que le scénario ne brille pas par l’originalité, des jouets qui se rebellent contre un méchant agent immobilier, (du déjà vu vous me direz…), il n’est reste pas moins que le héros est un animal attachant, Tonnerre, un chaton au poil roux et aux grands yeux malicieux vert.

Les automates et personnages du film d'animation le Manoir Magique
Cronien, Stomp, Freak et Edison

Un vrai cadeau de fin d’année pour les enfants que ce dessin animée peuplée de personnage cocasses : comme l’automate Edison bricolés à base d’ampoules lumineuses, qui connait son Moowalker, Stomp un distributeur de bonbon vintage, Grammy, un antique phonographe de la belle époque…

Une flopée de personnages au caractère bien affirmée, surtout Jack ce lapin qui n’est rien d’autre que le chef de cet univers de fête foraine et il ne compte pas, bien sur laisser Tonnerre tout chambouler, après tout, le chaton est le dernier arrivant dans le manoir du prestidigitateur.

Au final, Le Manoir Magique nous plonge dans un univers féerique de gags burlesques ou la 3D est vraiment immersive, on se surprend à vouloir éviter les objets. Une grande réussite visuellement, un moment poétique, pétillant à apprécier en famille au son d’une musique jazzy pop folk anglaise composée par Ramin Djawadi.

Synopsis : Tonnerre, un jeune chat, a été abandonnée par sa famille. Seul et perdu, il trouve refuge dans un mystérieux manoir appartenant à Lorenz, un magicien retraité. Très vite, Tonnerre se sent comme chez lui dans cette maison enchantée, remplie de petits personnages aussi étranges qu’amusants… Mais lorsque son hôte, Lorenz, est envoyé à l’hôpital, son neveu essaie par tous les moyens de vendre la maison sans que son oncle ne s’en aperçoive. C’est alors que Tonnerre a une idée des plus surprenantes : transformer leur manoir en maison hantée ! La résistance s’organise avec l’aide de ses petits compagnons.

Fiche Cinéma : Le Manoir Magique

Titre original : The House of Magic
Genre : Animation
Réalisateur : Ben Stassen, Jérémie Degruson
Durée : 1h 25m
Pays : Belgique
Date de sortie : 25/12/2013
Distributeur : Studio Canal
Année de production : 2013
Film à partir de 6/8 ans

Peaky Blinders : un gangster drama à Birmingham

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[Critique] Peaky Blinders, saison 1, une série inspirée par des faits réels

Créée par Steven Knight, Peaky Blinders, cette série britannique dont la première saison a été diffusée sur BBC2 rassemblant près de 2.4 millions de téléspectateurs par épisode, est passée quasiment inaperçue. Pourtant, ce drame historique est une excellente surprise en 6 épisodes. Bien que comparé par les médias d’outre-Manche, à Broadwalk Empire, la série est plus proche par son style au film Gangs of New York de Martin Scorsese en 2002.

Après la série The Wipers Times qui s’inspire aussi d’une histoire vraie, celle soldats anglais postés sur la ligne de front tenant un journal satirique durant la première guerre mondiale, Peaky Blinders s’intéresse à ceux qui sont revenus du front, traumatisés, dans un pays ou la pauvreté accroît les tensions politiques et sociales et que la révolte gronde dans le Nord de l’Irlande.

En plus de traiter d’une période de l’histoire anglaise plutôt méconnue, la série s’intéresse plus particulièrement à un gang de bookmakers, les Peaky Blinders (un gang ayant vraiment existé sévissant dans les faubourgs pauvres de Birmingham). La série nous entraîne dans ses temps de troubles, un an après la fin de la première guerre mondiale, Peaky Blinders dirigés par la famille Shelby.

Une famille, dont chaque membre, cherche à faire prospérer ses affaires criminelles, rackettant les commerçants, truquant les paris et j’en passe. Une famille ou le plus jeune, Tommy (Cillian Murphy) mais aussi le plus violent attire l’attention des autorités qui jusqu’à présent n’en avait que faire de la criminalité omniprésente. Seulement le détournement d’une cargaison d’armes éveille la peur et attire l’attention des plus hautes autorités de l’État. Winston Churchill, craignant qu’un soulèvement ou que les communistes ou encore que des Volontaires irlandais (qui deviendront l’IRA) ne soient derrière ce vol, décide d’envoyer le Chief Inspector Chester Campbell incarné par le néo-zélandais Sam Neill. Une sorte de super flic puritain, à la tête de sa propre police composée surtout de gros bras, jugeant les forces de l’ordre de Birmingham corrompues et faibles, il va se servir de son expérience en Irlande pour nettoyer la ville par tous les moyens…

Peaky Blinders : Ambiance western adaptée à Birmingham

Deux hommes implacables, stratèges vont alors s’affronter, l’un veut maintenir la domination de son clan, l’autre veut faire régner l’ordre dans une ville plongée dans la plus noire des misères mais aussi agitée par des revendications politiques.

Une partie d’échecs intense va commencer entre les deux protagonistes, qui portent la série sur leurs épaules. Peaky Blinders est une série immersive, le portrait de l’extrême pauvreté y est fait sans fard, on plonge littéralement dans cette ambiance très western d’après guerre recréée par des jeux de lumière sublimes, une photographie d’un esthétisme à couper le souffle.

La réalisation est particulièrement bien soignée offrant de magnifiques plans, même si par moment un peu trop réaliste, elle n’est en pas moins poétique voir surréaliste comme lors de la première scène de « bénédiction » du cheval de course. Une série sans temps mort, sublimée par une bande son originale comprenant Nick Cave, The Raconteurs ou encore The White Stripes. Loin d’être anachronique, cette musique rock peint de ses sons les conflits et la combativité d’un univers sombre et rarement entrevu du passé de l’Angleterre.annabelle-wallis-peaky-blinders

Enfin Peaky Blinders happe par l’intensité des jeux des acteurs, notamment Cillian Murphy impressionnant dans son interprétation toute en nuance d’un leader impitoyable, façonné par la guerre. Face à lui, Sam Neill (The Tudors et dernièrement Alcatraz) trouve enfin un rôle à la mesure de son talent, Ce Casting masculin magistral est entouré de rôles féminins impressionnants, Helen McCrory qui campe la tante Polly, la matriarche de la bande, est très crédible et Annabelle Wallis, la belle Grace (The Tudors) serveuse mais pas seulement, je vous laisse découvrir son secret dans ce bar fréquenté par les hommes du gang ou elle travaille en arborant une coiffure année 2013. Notons aussi la présence d’Andy Nyman en Winston Churchill. Ses quelques mots rendent hommage à une série punchy, qui vient d’être prolongée pour une saison 2, Enjoy !

Synopsis : En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces. La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » par rapport à leur utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville. Ne doit-il pas se méfier tout autant la ravissante Grace Burgess ? Fraîchement installée dans le voisinage, celle-ci semble cacher un mystérieux passé et un dangereux secret.

Bande-Annonce : Peaky Blinders 

Peaky Blinders : Fiche technique

Créateur : Steven Knight
Interprétation : Cillian Murphy (Tommy Shelby), Sam Neill (Chester Campbell),Helen McCrory (Polly Gray), Annabelle Wallis (Grace Burgess)…
Production : Katie Swinden
Chaîne d’origine : BBC Two
Genre : Drame historique, Série policière
Durée : 6 épisodes de 55 minutes

Royaume-Uni – 2013

Le Cinquième Pouvoir, un film polémique : La Critique

Le Cinquième Pouvoir : un cyber biopic sans code d’accès

Réalisé par Bill Condon au commande des deux épisodes de la franchise « Twilight », le cinquième pouvoir a été le film le moins rentable de l’année 2013, un gros échec commercial fustigé par le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, ce qui peut s’expliquer car le film est directement adapté des mémoires de Daniel Domscheit-Berg, l’associé avec lequel il s’est gravement querellé au point de lui avoir intenté un procès lors de la publication de son autobiographie. Ce dernier, joué par l’acteur Daniel Brühl, a été le co-fondateur et le bras droit d’Assange avant la rupture.

Ce thriller politico-informatique commence par un générique rappelant l’évolution de l’information de Gutenberg à la presse actuelle en manque d’inspiration. Une presse qui a d’ailleurs mal reçu le film. Pourtant même si la mise en scène n’équivaut pas celle du film « The Social Network » de David Fincher dans la maîtrise du récit, le thème abordé ici est bien plus intéressant que celui du film de Fincher. Il s’interroge sur le rôle des médias, qu’est-ce que l’information à l’ère de la communication en temps réel ?

« Le Quatrième pouvoir » (2013) de Dennis Gansel, thriller allemand sur le pouvoir des médias s’interrogeait sur la puissance d’un pouvoir en perte de vitesse à l’heure d’un autre contre pouvoir, l’Internet que représente Wikileaks et son apôtre Julian Assange qui d’un seul clique peut tout faire basculer.

Evidemment le scénario, un peu trop brouillon ne répond pas aux questions, le film expose les principaux faits d’armes, les comptes offshores de la banque Julius Bär en 2008 à l’affaire Manning plus récemment, en passant par les documents de guerre concernant la présence américaine en Afghanistan et en Irak. Le Cinquième Pouvoir donne une vision romancé de l’histoire de wikileaks, maintenant quant à savoir si c’est un film de propagande cherchant à diaboliser Julian Assange, c’est aux spectateurs de se faire une idée…

En conclusion, ce film vient trop tôt et ne permet pas de comprendre l’importance qu’a cette histoire sur le futur de ce contre pouvoir qu’est Internet. Le gros point fort du film est le casting avec Daniel Brühl et Benedict Cumberbatch qui campe avec beaucoup de talent le fondateur de Wikileaks, un personnage fascinant qui lors de la scène finale, commandé par le vrai Assange face à la caméra nous confie : « Salut toi, ce film c’était de la merde. Au revoir. »).

En attendant peut être l’émergence d’un 6ème pouvoir pour avoir les codes d’accès permettant de comprendre la notion d’information et désinformation de masse.

Synopsis : en décembre 2006, Julian Assange (Benedict Cumberbatch) lance WikiLeaks, avec pour but de dévoiler des informations que les différents gouvernements dans le monde souhaitent garder secrètes. Il est aidé pour cela de son ami Daniel Berg (Daniel Brühl), avec qui il va parvenir à publier de plus en plus d’informations avec un principe simple : préserver l’anonymat des sources. Mais avec le temps et la montée en popularité du site, les deux amis vont laisser leurs divergences d’opinions éclater, alors qu’Assange devient activement recherché par le gouvernement américain.

Le Cinquième Pouvoir : Fiche technique

Titre original : The Fifth Estate

Réalisation : Bill Condon
Montage : Virginia Katz
Scénario : Josh Singer
Photographie : Tobias A. Schliessler
Musique : Carter Burwell
D’après le livre de : Daniel Domscheit-Berg,David Leigh,Luke Harding
ACTEURS : Benedict Cumberbatch, Carice van Houten, Laura Linney, David Thewlis, Moritz Bleibtreu, Anthony Mackie, Daniel Brühl
Date de sortie : 4 Décembre 2013
Pays : États-Unis
Distributeur : Buena Vista
Genre : Thriller, Biopic
Durée : 128 min.

Critique du film Don Jon, de Joseph Gordon-Levitt

Don Jon, est le premier film en tant que réalisateur, scénariste, ET acteur, de Joseph Gordon-Levitt. Il prend le pari risqué de faire un film sur une dépendance bien contemporaine le porno. Thème abordé par le cinéaste britannique Steve McQueen dans Shame, film admirable et plus douloureux que Don Jon qui est une comédie plus légère.

Une comédie assez osée dont l’originalité tient surtout au personnage interprété par Joseph Gordon-Levitt, un jeune homme prénommé Don Jon, un être aussi vide que musculeux, dont la vie se résume en quelques mots sa bagnole, son église, son appart, sa famille, ses potes, ses baises d’un soir et bien sûre ses sites pornos.

Jusqu’à ce qu’il rencontre Barbara (Scarlett Johansson), elle lui plait vraiment sauf qu’elle est éduquée par des films à l’eau de rose et à une idée bien précise de l’homme de ses rêves.

La réflexion est adroite en abordant deux conceptions de l’amour, du sexe nés d’un gavage l’un au porno, l’autre aux comédies guimauves. Don Jon retranscrit ce processus d’influence imposée par la société que l’on retrouve dans l’air du temps. Cette libido qui ne trouve sa satisfaction que dans le virtuel est une assez bonne observation d’une génération élevée dans le porn.

Don Jon : porn-addict

Ce n’est pas la comédie du siècle, le film regorge de stéréotypes, comme celle de la famille italienne et on peut reprocher cette répétition en boucle de scènes (voiture, lit, ordinateur, église) même si cette construction traduit la vacuité de l’existence du personnage, elle devient lassante à force.

Au final une première comédie satirique dynamique, assez drôle mais qui s’essouffle pour prendre une tournure mièvre dès l’arrivée du personnage d’Esther (Julianne Moore), plutôt mal introduit. Reste une bonne bande son et un casting dominé par Tony Danza, incarnant un magnifique père à l’italienne au caractère bien trempé et une parfaite Scarlett Johansson dans le rôle de la bimbo. Certes, ce premier long-métrage bien que n’étant pas exempt de défaut reste un film assez divertissant, sans prise de tête, une sorte de « Shame » version American Pie.

Au cours du mois de janvier 2014, on verra un autre film abordant un thème très proche Nymphomaniac de Lars Von Trier que l’on attend avec impatience.

Synopsis : Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Fiche technique : Don Jon

Réalisateur : Joseph Gordon-Levitt
Acteurs : Brie Larson, Glenne Headly, Joseph Gordon-Levitt, Julianne Moore, Rob Brown, Scarlett Johansson, Tony Danza
Scénariste : Joseph Gordon-Levitt
Compositeur : Nathan Johnson
Directeur De La Photographie : Thomas Kloss
Monteur : Lauren Zuckerman
Genre : Comédie, Drame, Romance
Distributeur : Mars Distribution
Date De Sortie : 25 décembre 2013