Dès les premiers plans du film Still the Water, on est submergé par la beauté des paysages japonais : les hautes montagnes embrassant des cieux azurés, des vagues déferlants sur les récifs…
L’île d’Anami, la Nature nippone sublimée
On est frappé par tous ses détails, et même tous ses bruits. Tous les bruissements de feuilles, les sifflements de vents imperceptibles à l’oreille sont passés au zoom de la caméra de Kawase. Elle sait faire également ressortir le pire de la Nature, jusqu’à la personnifier en monstre dévastateur avec ses immenses et violentes bourrasques de vent. Un film totalement en harmonie avec son milieu atypique, l’île d’Anami dont des parents de la réalisatrice, sont originaires.
Fenêtre de l’âme et de l’homme
Alors qu’un corps est découvert dès les premières minutes, accident ou meurtre, on se détache rapidement de cette intrigue pour se plonger de manière subtile et naturelle dans le cœur de l’histoire : le quotidien de deux jeunes amis, Kaito et Kyoko. Le premier souffre de la totale absence de sa mère, lui reprochant d’être avec d’autres hommes que son père et n’acceptant pas leur séparation. Kyoto, elle, doit faire face à sa mère mourante du cancer.
Ces deux jeunes acteurs, Nijirô Murakami et Jun Yoshinaga, interprètent en symbiose les premiers émois amoureux. Chacun jouent de manière juste, l’acceptation de leurs sentiments respectifs, encore trop timides. Ils finiront par faire la découverte du désir sensuelle au milieu de cette nature inviolable.
S’accepter, pour mieux aimer
Plus en profondeur, le film aborde le deuil à travers un parcours lent et paisible vers la mort de la mère. Sous l’imposant banian (figuier d’Asie) de 500 ans, on partage la douleur de Kyoko face au passage dans l’au-delà de sa mère, montré de manière si douce, que la mort en serait presque heureuse. Des rites, des danses et des chants initiatiques nous bercent dans cette latente agonie.
Alors que Kaito, jusque-là très renfermé et mystérieux, devient impulsif en même temps que le typhon. Il s’expose et fait face aux non-dits avec sa mère, pour enfin démêler ses problèmes et accepter ses sentiments refoulés. De manière authentique, on apprend beaucoup de la sagesse de ce peuple à travers le personnage du « Papi Tortue » qui sert de guide dans ce conte de la vie. Puis, on est dépaysés avec des scènes de rites chamanes (sacrifices de chèvres) à couper le souffle.
La musique est présente, mais presque imperceptible. Elle ne sert qu’à souligner la Nature sereine. Les chants et danses servent d’accompagnements pour les moments les plus durs, et le silence sert à la douleur. Même si parfois la caméra est tremblante, et l’action un peu longue, la lumière naturelle sublime et intensifie jusqu’à donner une réelle âme au film.
Saisir la vie
Sachant que la réalisatrice a elle-même perdue sa mère adoptive avant le film, on retrouve alors le discours d’une ode à la vie : comme dans «Le vent se lève» de Miyazaki. Et ce, tout en étant sublimé par la beauté et l’inimaginable splendeur de la faune et la flore nippone. Still the Water est un drame touchant et une romance pudique qui rend ce film plus qu’humain, et même inclassable.
Synopsis : Sur l’île d’Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu’un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d’été, Kaito découvre le corps d’un homme flottant dans la mer. Sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l’amour…
Fiche Technique : Still the Water (Futatsume no Mado)
France, Japon, Espagne – 2014
Réalisation: Naomi Kawase
Scénario: Naomi Kawase
Interprétation: Nijirô Murakami (Kaito), Jun Yoshinaga (Kyoko), Miyuki Matsuda (Isa), Tetta Sugimoto (Tetsu), Makiko Watanabe (Misaki), Jun Murakami (Atsushi)…
Date de sortie: 1er octobre 2014
Durée: 1h59
Genre: Romance, Drame
Image: Yutaka Yamazaki
Son: Shigeatsu Ao, Roman Dymmy, Olivier Goinard
Montage: Tina Baz
Musique: Hasiken
Producteur: Masa Sawada, Takehiko Aoki, Naomi Kawase
Production: Comme des Cinémas, Wowow
Distributeur: Haut et Court
Still the Water a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2014
Synopsis : Un agent sportif se rend en Inde pour organiser un jeu de télé réalité intitulé « Million Dollar Arm ». Le but : dénicher les talents du baseball de demain. A la clef pour les deux élus, une nouvelle vie aux Etats-Unis, dans l’équipe de Baseball des Pittsburgh Pirates.
JB Bernstein (Jon Hamm) est un agent de joueur sportif indépendant. Cela fait 2 ans, qu’il s’est associé avec Ash Vasudevan (Aasif Mandvi). Ils attendent la signature d’un joueur professionnel de football américain Popo (Ray Maualaga), qui leur permettra de s’imposer parmi les grosses agences. Malheureusement, celui-ci a changé d’avis. Face à ce revers, JB Bernstein va partir en Inde, avec Ray Pointevint (Alan Arkin), un retraité, ancien spécialiste en recrutement au Baseball. Ils vont parcourir tout le pays, pour trouver des joueurs de cricket, capable de s’imposer en MLB (Major League Baseball). Avec l’aide d’Amit (Pitobash), ils vont faire la découverte de Rinku Singh (Suraj Sharma) et Dinesh Patel (Madhur Mittal). De retour aux USA, le choc culturel et leurs performances sportives vont être mis à mal.
Don Draper et les indiens
Million Dollar Arm est inspiré d’une histoire vraie, une succes story comme en raffole les américains, sur le mythe du self-made man. Avec en toile de fond, le sport numéro 1 aux USA, le Baseball, sans oublier une love-story. C’est produit par les studios Disney, c’est familial, ce sera donc édulcoré et politiquement correct.
On pouvait s’attendre à au moins, un choc des cultures, entre les USA et l’Inde, mais même pas. L’adaptation de Jon Hamm en Inde, se fait facilement, même s’il trouve que les indiens klaxonnent beaucoup….. Il en sera de même pour Suraj Sharma et Dinesh Patel aux USA. Bien sur, il y a de légers accrocs, mais rien de bien dérangeant, puis la pizza, c’est trop bon….. C’est plein de bons sentiments et comme le disait si bien Louis Armstrong « It’s a beautiful world ».
Il y a trop de bons sentiments, ça dégouline de partout et ça lasse rapidement. Cela manque d’événements dramatiques. Certes, il y a des tentatives, mais elles sont tellement poussives, qu’elles tombent à plat. Il n’y a aucun suspense, on sait comment cela va finir, on ne sera jamais surpris. Que cela soit sur la réussite des deux jeunes indiens et donc de l’agent sportif, tout comme de son histoire d’amour. On aura notre happy end, c’est vraiment un monde magnifique.
Jon Hamm ne se foule pas trop, son rôle est quasiment identique à celui qu’il tient dans Mad Men. Il est égoïste, imbu de sa personne, côtoie que des tops model superficielles et boit souvent du whisky. Bien évidemment, comme Million Dollar Arm est un film familial, il ne fume pas et reste propre sur lui. Il ne semble pas vraiment dans cet univers, il avance avec le frein à main. Au contraire de ses partenaires, qui sont plus à l’aise, surement parce qu’ils ne sont identifiés, cela leur permet de ne pas jouer dans l’ombre d’un personnage célèbre.
Lake Bell est parfaite en colocataire. Son idylle avec Jon Hamm, rend l’homme plus humain. Elle est la touche charme avec son côté « girl next door ». Suraj Sharma et Madhur Mittal sont à l’aise dans leurs rôles respectifs, au contraire de Pitobash, la version indienne de Kevin Hart, un petit roquet inoffensif, la caution comique du film, mais plus crispant qu’autre chose. Puis pour donner le sourire, on a le toujours excellent Alan Arkin. Même si on le voit peu, on ne l’oublie pas. Aasif mandvi sert de faire-valoir, comme Bill Paxton, qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Un casting à l’image du film, sans trop de fausses notes, mais sans rien de bien enthousiasmant.
Un film quelconque, aussi plat que la réalisation de Craig Gillepsie. On est plus proche du téléfilm pour Disney Channel, que d’un film pour grand écran. Cela donne tout juste envie de se renseigner sur le parcours de Rinku Singh et Dinesh Patel, vu celui-ci est en cours. On aura peut-être droit à une suite, si l’un d’eux remporte les World Series, pas vraiment envie et encore moins hâte.
Fiche technique: Million Dollar Arm
USA – 2014
Réalisation : Craig Gillepsie
Scénario : Thomas McCarthy
Distribution : Jon Hamm, Lake Bell, Suraj Sharma, Madhur Mittal, Alan Arkin, Aasif Mandvi, Pitobash Bill Paxton, Tzi Ma et Ray Maualaga
Musique : A.R. Rahman
Photographie : Gyula Pados
Montage : Tatania S. Riegel
Production : Walt Disney Pictures, Roth Films et Mayhem Pictures
Distribution : Walt Disney Pictures
Genre : Biopic
Durée : 124 minutes
Synopsis: Dans une petite ville côtière des Etats-Unis, le corps sans vie d’un petit garçon de douze ans, Danny Solano, est retrouvé sur la plage. Une impression de déjà-vu ? Rien d’étonnant, puisque Gracepoint n’est rien d’autre que la copie quasi-conforme de la série anglaise Broadchurch, énorme succès outre-manche mais méconnue des téléspectateurs américains. FOX va encore plus loin, en recyclant son acteur principal, le génial David Tennant (sans l’accent scottish, malheureusement). Que dire de ce remake US ? Gracepoint parvient-elle à dépasser son modèle ?
Mêmes personnages, même intrigue, même ambiance
Autant le dire tout de suite : si vous avez déjà vu Broadchurch, autant faire l’impasse sur Gracepoint. La similarité entre les deux séries est déconcertante, ne serait-ce qu’au regard des premières minutes de ce pilote. Mêmes plans sur les différents lieux de cette petite ville, sur la maison de la famille Solano encore endormie alors que Danny, au bord de la falaise, vit ses derniers instants ; même bande-son angoissante à la Twin Peaks, même utilisation un peu trop fréquente des ralentis pour renforcer l’ambiance dramatique.
La similarité s’étend à l’ensemble des personnages : la mère, dévastée par la disparition soudaine de son fils (bien que l’actrice américaine Virginia Kull peine à égaler la performance de Jodie Whittaker), le père étrangement calme à l’annonce de sa mort, la journaliste fouineuse, le meilleur ami de Danny, la femme qui vit dans une caravane au bord de la plage, probable témoin du meurtre… Bref, Gracepoint ne semble pour l’instant laisser place à aucune innovation, bien que son créateur, Chris Chibnall (Torchwood, Doctor Who et, bien sûr Broadchurch) ait promis une fin différente.
L’adaptation américaine, au-delà de son manque évident d’originalité, perd aussi en intensité. Les caractères bien trempés des deux enquêteurs Ellie Miller et Alec Hardy de la première version, interprété avec brio par Oliva Coleman et David Tennant, semblent moins développés (en tout cas pour l’instant) dans Gracepoint. Anna Gunn ne parvient pas à rivaliser avec l’actrice anglaise, plus convaincante en femme-flic trop sensible, tiraillée entre sa famille, sa communauté et l’enquête.
La mode des séries noires européennes
Dans son article plutôt mitigé sur Gracepoint, le site spécialisé Slate évoque la « rise of bummer TV » (la montée de la télé déprimante), « we are swimming in televisual sadness » (nous nageons dans la tristesse télévisuelle) ajoute l’auteur, évoquant à juste titre la mode des séries glauques, telles que The Killing, The Bridge ou encore la série anglaise Happy Valley. Un phénomène venu d’Europe donc, que ce soit d’Angleterre ou des pays scandinaves, spécialistes de ces histoires de meurtres violents dans de petites communautés fermées où tout le monde se connaît et s’épie. En effet, The Killing n’est rien d’autre que le remake de la série danoise Forbrydelsen, The Bridge étant la reprise de Bron, série suédo-danoise sortie en 2011.
A souligner quand même, l’audace de FOX qui fait le pari de diffuser une mini-série (Gracepoint ne comptera qu’une saison de 10 épisodes) alors que ce genre de format est habituellement la marque de chaînes privées comme HBO ou FX. Malheureusement, ce genre ne fait pas encore recette aux US : le pilote de Gracepoint n’a attiré qu’une faible part d’audience (4,76 millions de téléspectateurs), quand plus de 12 millions de personnes ont suivi How to Get Away With Murder sur ABC le même soir.
Gracepoint – New FOX Series | TRAILER | Broadchurch Remake
Fiche technique – Gracepoint
Première diffusion USA: 02 octobre 2014
Création: Chris Chibnall
Réalisation: James Strong
Casting: David Tennant, Anna Gunn, Victoria Kull, Michael Pena, Nick Nolte, Jacki Weaver, Josh Hamilton
Production: Anya Epstein, Dan Futturman, Chris Chibnall, Jane Featherstone, John Goldwyn, Carolyn Bernstein
Scénario: basé sur la série orginale Broadchurch, créée par Chris Chibnall
Musique: Marty Beller
Format: 45′
Si l’Italie est une terre riche en culture et en diversité, force est de reconnaître que, lorsque l’on pense à nos voisins transalpins, on pense souvent à trois choses : les pâtes, la pizza (et donc la pâte à pizza) et la mafia. Si les films centrés sur les spécialités culinaires ritales se font rares, ce que l’on ne peut que regretter, ceux ayant pour objet la Cosa Nostra et ses diverses branches sont multiples. Les Âmes Noires fait partie de cette branche, basant son histoire sur la région de la Calabre, tristement célèbre pour son passé criminel.
Une région à la beauté sauvage, superbement mise en images par le directeur de la photographie Vladan Radovic. Les décors hostiles ont une place à part dans l’intrigue du film, comme un témoin silencieux de cette famille qui se déchire dans ses luttes pour conserver le pouvoir. Les ruines d’Africo, le village Calabrais au centre de toutes les attentions, sont un pan de l’Italie rarement montré sur grand écran, une erreur rattrapée ici de la plus belle des manières. D’autant que, si les extérieurs ont bien sûr leur importance, l’intégralité du film pourrait se vivre comme un huis-clos dans la demeure familiale, dont chaque pièce et chaque couloir possède sa propre atmosphère et finit par devenir familier au spectateur.
Car, contrairement à d’autres films du genre, la grande Histoire de la mafia se vit ici de l’intérieur, à travers la vie d’une famille, associée de longue date au contrôle de la région. Ce sera donc à travers les membres de cette fratrie, et dans leur relation aux autres, que l’on verra se dérouler ce conflit qui aura des répercussions sur chacun d’entre eux. Sans être d’une folle originalité, le scénario est très bien écrit, dosant parfaitement chacun de ses personnages et montrant leurs travers et leurs forces en quelques scènes. Tout le passé de la famille est condensé dans ces cent minutes, et on sent le poids des responsabilités peser sur les épaules de l’aîné de la fratrie. Une belle prouesse que l’on doit à un casting impeccable, en particulier Fabrizio Ferracane, dont c’est le premier rôle au cinéma.
Ce drame familial, dont les ramifications dépassent de loin le cadre du clan, se déguste comme une tragédie grecque à l’ancienne. Tous les éléments sont réunis, dans un théâtre grandiose qui ajoute à la majesté du scénario. Loin de l’image glamour du Parrain, plus proche d’un Soprano sans aller aussi loin dans la névrose, Les Âmes Noires donne à voir une autre image de la mafia. Indispensable pour tous les amateurs de polars nerveux et bien écrits.
Les Âmes Noires : Bande-annonce
Synopsis : Luigi et Rocco, fils d’un berger proche de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, sont dans le trafic international de drogue. Luciano, le troisième frère, est berger comme son défunt père assassiné par une famille rivale. Il s’occupe des terres familiales et a décidé de rester à l’écart des activités de ses frères. Malgré ses efforts pour protéger ses proches de cet héritage de violences et de rancoeurs, son fils Léo est attiré par ce monde où la loi du sang et le sentiment de vengeance sont maîtres.
Fiche Technique Les Âmes Noires
Italie, France-2014
Drame
Réalisateur : Francesco Munzi
Scénariste : Francesco Munzi, Fabrizio Ruggirello, Maurizio Braucci, d’après le roman de Gioacchino Criaco
Distribution : Marco Leonardi (Luigi), Peppino Mazzotta (Rocco), Fabrizio Ferracane (Luciano), Giuseppe Fumo (Leo), Barbora Bobulova (Valeria), Anna Ferruzzo (Antonia)
Producteurs : Luigi Musini, Olivia Musini
Directeur de la photographie : Vladan Radovic
Compositeur : Giuliano Taviani
Monteur : Cristiano Travaglioli
Production : Cinemaundici, Babe Films
Distributeur : Bellissima Films
Découvert il y a déjà dix ans avec Haute Tension, Alexandre Aja a depuis porté hautes les couleurs de l’horreur à la française. Son univers visuel délirant et déjanté fait de lui un réalisateur atypique et surprenant. Il s’attaque ici à l’adaptation du roman de dark fantasy Horns (Cornes en version française), de l’américain Joe Hill, le fils d’un certain…Stephen King. Un terrain de jeu idéal pour son imagination sombre et fertile. Après avoir subi plusieurs problèmes de production, Horns sort enfin dans nos vertes contrées.
Et le résultat est du plus bel effet. Difficile, en voyant la direction artistique et l’univers déployé par Aja, de ne pas penser à un autre grand créateur visuel, Guillermo Del Toro. S’il n’atteint pas la dimension onirique d’un Labyrinthe de Pan, Horns lorgne clairement du côté du maître mexicain, dans un style bien plus réaliste malgré tout. Mélange de thriller, de film d’horreur et de conte de fée version ultra-dark, Horns se permet aussi quelques clins d’œil discrets à d’autres monuments du 7ème art comme Friedkin ou Lynch. Tout en conservant une identité visuelle qui lui est propre. Plutôt classique à la base, le scénario oscille entre les époques pour mieux raconter cette histoire mêlant amour tragique et esprit de revanche.
La grande réussite d’Alexandre Aja, c’est de savoir mixer les styles et les ambiances. Si le ton général du récit est résolument sombre, certaines séquences viennent apporter des touches de lumière, teintées d’un certain onirisme qui renforcent l’impression d’assister à un conte de fée. D’autres se veulent résolument drôles. Ces dernières fonctionnent d’ailleurs inégalement, apportant parfois un sentiment de gêne venu de l’hésitation ressentie devant certaines répliques : second degré ou pas ? Mais, dans l’ensemble, le mélange des genres fonctionne parfaitement, empêchant le spectateur de s’installer dans un rythme trop confortable.
Des baguettes aux cornes
Daniel Radcliffe est au centre du film, son premier depuis la saga Harry Potter lorsque débute le tournage. Sa prestation est plutôt mitigée. S’il parvient à créer un personnage sympathique et crédible, il a parfois un peu de mal à se détacher de l’image de sorcier qui lui colle à la peau, et se débrouille moins bien que dans La Dame en Noir, par exemple. Il est entouré d’un casting de seconds rôles convaincants, au premier rang duquel on peut noter la superbe prestation d’une Juno Temple dans son style habituel, parfaite en jeune femme au charme éthérée et à la troublante beauté.
Résolument moderne, parfois férocement drôle et porté par une bande-son rock’n roll électrisante, Horns détonne dans le paysage de l’horreur actuel. Loin de ses productions habituelles, Alexandre Aja nous propose un conte de fées aux relents gothiques, une romance vouée à la tragédie, superbement mise en images. Si l’ambiance sombre et le mélange des genres ne plaira pas à tout le monde, les amateurs d’ovnis visuels à tendance (gentiment) gore seront ravis.
Synopsis : Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…
Fiche technique – Horns
USA-2014
Fantastique, Drame, Horreur
Réalisateur : Alexandre Aja
Scénariste : Keith Bunin, d’après le roman de Joe Hill
Distribution : Daniel Radcliffe (Ignatius Perrish), Juno Temple (Merrin Williams), Joe Anderson (Terry Perrish), Max Minghella (Lee Tourneau)
Producteurs : Cathy Schulman, Riza Aziz, Joey McFarland, Alexandre Aja
Directeur de la photographie : Frederick Elmes
Compositeur : Robin Coudert
Monteur : Baxter
Production : Mandalay Pictures, Red Granite Pictures
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Dracula Untold est un film qui manque d’ambition, malgré un budget conséquent de 100M$. Il raconte quelques jours dans la vie de Vlad l’empaleur, devenu le prince de Transylvanie, avant de devenir Dracula. Un homme aux multiples visages, qui est traité superficiellement, malgré l’excellente prestation de Luke Evans.
Synopsis : 1462, Le prince Vlad (Luke Evans) règne en paix sur la Transylvanie, aux côtés de sa femme Mirena (Sarah Gadon) et de leur fils Ingeras (Art Parkinson). Mais cette paix est fragile, le sultan Mehmet (Dominic Cooper) lui réclame 1000 jeunes hommes pour grossir son armée. Le prince Vlad tente de lui faire renonce à cette requête, mais celle-ci sera maintenue. Pire encore, il lui demande aussi son fils Ingeras (Art Parkinson). Il se retrouve face à un choix difficile, maintenir la paix et sacrifier son fils, ou entrer en guerre avec l’empire Ottoman. Il va s’en remettre au maître des vampires (Charles Dance), concluant un pacte, lui permettant d’acquérir d’immenses pouvoirs, au risque de perdre son âme et sa famille.
Dracula Irregardable
Sa période Vlad l’empaleur est résumée en quelques images. Elle ne montre pas le côté obscur de celui-ci, sa violence et son absence d’âme. Les scénaristes ont préféré mettre en avant, le gentil prince, en tentant de créer une empathie envers lui, sa femme et son fils. Un homme bon, proche de son peuple est prêt à se sacrifier pour les protéger de l’envahisseur turc. Cela semble émouvant, cela aurait pu l’être, mais cela ne sera jamais le cas. La faute à des dialogues et situations risibles.
La mode étant aux super-héros Marvel et DC Comics, le film tente de concurrencer ceux-ci en faisant de Dracula, un héros aux pouvoirs exceptionnelles. Là aussi, cela ne fonctionne pas. C’est un échec dès qu’il découvre l’étendu de ceux-ci. Il se comporte comme le Spider-Man de Sam Raimi. Sauf que celui-ci était un adolescent, alors que là, nous avons un homme qui a connu la guerre et ne connait pas la peur. L’histoire étant sombre, ce traitement n’est pas cohérent. Le sommet étant atteint lors de sa première bataille, ou il décime mille hommes à lui seul. La caméra virevolte dans tout les sens, on ne voit pas grand chose et cela se finit dans le reflet d’une lame. Déjà que cela se déroule de nuit; Dracula oblige; le réalisateur nous frustre, comme l’a fait auparavant Gareth Edwards pour son Godzilla. Son armée est mis au second plan, arrivant après le combat, alors que celui-ci se déroule au pied de leur château. Cela en devient ridicule et cela ne va pas aller en s’arrangeant.
Il faut aussi subir le jeu tout en sourcils froncés de Sarah Gadon. Elle manque de subtilité, ce qui est assez étonnant de sa part. Absence de direction d’acteurs ? C’est le premier film de Gary Shore, cela peut expliquer ce manque d’exigence à ce niveau, avec un budget aussi conséquent à gérer. Surtout qu’elle n’est pas seule, Dominic Cooper n’étant que l’ombre de lui-même. Sur le papier, le casting était prometteur. A l’écran, seul Luke Evans s’en sort, alors que son rôle était le plus complexe, tout en étant handicapé par son côté super-héros. Le jeune Art Parkinson complète ce quatuor d’acteurs, le reste de la distribution n’apportant pas grand chose, même Charles Dance surjouant, ce qui confirme le fait que Gary Shore, n’était pas à la hauteur du projet.
Bien sur, les comparaisons avec les Dracula de Francis Ford Coppola, John Badham, Tod Browning, Werner Herzog, Friedrich Murnau, voir de Terence Fisher, ne sont pas des plus flatteuses, mais elles n’ont pas lieu d’être, le film ne racontant pas la même histoire. Elle a tenté de se démarquer, en contant les origines de Dracula, un choix intéressant Mais le choix de confier le projet à un jeune réalisateur et à un duo de scénaristes Burk Sharpless et Matt Sazama, manquant d’expérience, n’était pas très judicieux. Une prise de risque, qui se révèle catastrophique et relègue le film au niveau du navet « I, Frankenstein« , un autre mythe massacré sur l’autel d’absence de création dans le cinéma américain. Dracula Untold n’étant au final, qu’un produit sans saveur, dénué d’ambitions artistiques.
Fiche technique: Dracula Untold
USA – 2014
Réalisation : Gary Shore
Scénario : Matt Sazama et Burk Sharpless
Distribution : Luke Evans, Sarah Gadon, Dominic Cooper, Samantha Barks, Art Parkinson, Paul Kaye, Zach McGovan et Charles Dance
Photographie : John Schwartzman
Montage : Richard Pearson
Musique : Ramin Djawadi
Société de production : Michael De Luca Productions
Distribution : Universal Pictures
Budget : 100 M$
Genre : Fantastique
Durée : 1h32
Date de sortie France : 01 Octobre 2014
Synopsis : A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?
Une femme a disparu
Depuis le début de sa carrière il y a déjà plus de vingt ans, David Fincher s’est créé une place à part au panthéon des réalisateurs américains. Manieur d’images iconoclaste, son nom suffit à attiser la curiosité chez les cinéphiles du monde entier. Alors, lorsqu’il s’associe à une écrivain de la qualité de Gillian Flynn, dont les romans sombres à l’univers glauque et réaliste ont glacé le sang de millions de lecteurs, on est en droit de s’attendre au meilleur.
Casting quatre étoiles
Les adaptations, Fincher connaît bien. On a tendance à l’oublier, mais Fight Club était, à la base, un roman de Chuck Palahniuk. Et son dernier film n’était autre que sa vision du premier tome de Millenium. Gone Girl est un challenge bien plus compliqué à mettre en scène. Ceux qui ont lu le roman, construit sous la forme d’une alternance de points de vue, dont une moitié à la manière d’un journal intime, pouvaient douter de le voir adapté un jour, tant il semblait compliqué d’en faire un ensemble cohérent et cinématographique. En l’occurrence, Fincher a pu compter sur l’aide de Gillian Flynn, qui a elle-même rédigé le scénario.
Une bonne chose, puisque l’on retrouve parfaitement le mordant de ses dialogues, prononcés par un casting de très haute volée. Le couple Ben Affleck-Rosamund Pike fonctionne parfaitement, et cette dernière rentre parfaitement dans le rôle pourtant compliqué d’Amy Dunne, la fille disparue du titre. La réalisation de Fincher est également de très bonne facture, et les fans du metteur en scène seront en terrain familier, tant l’on retrouve son style caractéristique dans chaque plan, dans chaque mouvement de caméra calculé à la perfection. Alors, encore une victoire pour le roi David ?
Une adaptation plate
Pas vraiment, en fait. Sans surprises, Fincher suit à la lettre le scénario de Flynn, qui suit elle-même précisément le déroulement de son roman. Le problème, c’est qu’il ne rajoute rien à cette histoire, se contentant de faire le travail de façon presque mécanique, sans y insuffler un supplément d’âme. L’histoire satisfera donc les amateurs de polars sombres et tendus, aux retournements de situations multiples et bien amenés. Les fans du roman retrouveront l’ambiance glaciale et le machiavélisme du matériau originel. Mais il manque quelque chose, ce petit plus qui avait fait de The Game, par exemple, un monument de la manipulation.
Gone Girl est un bon film. Véritable plongée dans l’esprit dérangé d’un psychopathe, il surprendra les non initiés et ravira les amoureux du style si particulier de Gillian Flynn. Malheureusement, le soufflé a tendance à retomber, et on finit par assister aux événements avec un détachement clinique, auquel ne nous avait pas habitué le réalisateur. Si Gone Girl est un très bon thriller, glaçant et bien réalisé, il ne restera pas dans les annales comme le meilleur Fincher. C’est le problème d’avoir de telles attentes : à la fin, on est forcément déçu…
Gone Girl : Bande-annonce
Gone Girl : Fiche technique
Réalisation : David Fincher
Scénario : Gillian Flynn
Interprétation : Ben Affleck (Nick Dunne), Rosamund Pike (Amy Dunne), Carrie Coon (Margo Dunne), Kim Dickens (l’officier Boney), Tyler Perry (Tanner Bolt), Neil Patrick Harris (Desi Collings)
Directeur de la photographie : Jeff Cronenwerth
Compositeurs : Trent Reznor, Atticus Rose
Monteur : Kirk Baxter
Société de production : Cean Chaffin, Reese Witherspoon, Joshua Donen, Arnon MilchanProduction : New Regency Pictures, Pacific Standard, Regency Enterprises, Artemple-Hollywood
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée: 149 minutes
Genre: Thriller
Date de sortie: 8 octobre 2014
Synopsis: À Lyon, Antoine, vingt ans, s’est mis à dos une bande de petites frappes à qui il doit de l’argent. Fatigués de ses trafics en tous genres, sa mère et son grand frère décident de l’envoyer à Saint-Etienne chez son père, Vincent, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années. À son arrivée, Antoine découvre que Vincent tient une salle de musculation, qu’il s’est mis au culturisme et qu’il se prépare intensivement pour un concours de bodybuilding. Les retrouvailles entre le père et le fils, que tout oppose, sont difficiles et tendues.
Le père de mes enfants
« T’as un père maintenant ? »
Vendu comme un drame social à la française, « Bodybuilder » ne déçoit pas sur ce point. Le film commence comme tant d’autres avant lui : un jeune homme, paumé, vit de petits trafics, il est rattrapé par une bande de son quartier et s’enfuit pour leur échapper. Résultat, comme il a épuisé tous ceux qui l’aident, il est expédié chez son père qu’il n’a pas vu depuis 5 ans. Le décor est planté : gris, le ton est donné : hyperréaliste jusque dans ses dialogues « so real » qui tombent à plat. Voilà donc qu’Antoine (Vincent Rottiers) se retrouve à cohabiter avec son père, Vincent, dont il ne connaît presque rien. Quant à la mère, elle nie ce père hors norme dont le visage et la présence ont été effacés des photos de famille. Il n’existe plus. Pourtant, cet être resurgit maintenant, malgré lui. C’est là tout l’intérêt du film : la rencontre et la confrontation, assez étonnante, entre le père et le fils.
Super-héros
Le regard d’Antoine, et par là de Roschdy Zem, devient passionnant quand il découvre son père, adepte du culturisme au corps et aux courbes démesurées. Son regard est fasciné et, dès lors, le nôtre aussi. Il n’y a pas de moquerie dans la découverte d’Antoine, il regarde, il cherche, il peine à comprendre ce père qui dépense autant d’argent, d’énergie et de temps pour une discipline qui ne fait rien gagner sinon la joie d’être arrivé au bout, d’avoir la médaille. Pas de grand média, pas d’argent à la clef, juste la satisfaction d’avoir rempli le contrat imprimé sur les murs de la salle de sport de Vincent « On ne naît pas vainqueur, on le devient ». Les deux corps, ainsi que celui de l’entraîneur autrefois, sont en complète opposition permanente. Antoine le subit, ne sait pas trop quoi en faire, Vincent le bichonne, l’entraîne et l’écoute. Voilà deux rapports au corps qui font le sel de plusieurs scènes : le tabassage d’Antoine, l’entraînement de Vincent sur « Eye of the tiger ». Les deux s’apprivoisent, l’un devant absolument entrer dans l’univers de l’autre, très envahissant, voire entêtant. De cela Roschdy Zem, tire un savoureux regard sur un monde de super-héros sans pouvoirs magiques.
Grisaille
Pourtant, passée la découverte, si les deux se regardent et se cherchent, le film demeure, comme son affiche, profondément gris. Et ce malgré la présence, tout en retenue, des yeux bleus électriques de l’acteur Vincent Rottiers et du corps tout en muscles saillants du culturiste Yolin François Gauvin. L’un pratique un sport purement esthétique, très masculin aussi, l’autre une vie dangereuse, où l’on n’évite pas les coups. La scène de retrouvailles après le concours en est l’illustration flagrante. Mais il manque un vrai parti pris de réalisation, tout demeure assez fade malgré des acteurs très bien dirigés. C’est mou, déjà vu, ça manque de recul. Roschdy Zem, à l’image du personnage qu’il incarne est trop terre à terre par rapport à son sujet. Il colle aux baskets de ses personnages, rien de plus. C’est comme ça que ses personnages secondaires agacent par leur allure super clichée : le frère rangé, la mère dépassée, les caïds très bêtes … Bref, ce ne sont que des faire-valoir. Et dans cette affaire, le regard sur les femmes déprime, même s’il se veut réaliste. Elles n’ont guère beaucoup d’option : la copine de Vincent (Marina Foïs) est une présence, un vague soutien, elle exécute des gestes, sans recevoir de tendresse et finira,comme la mère d’Antoine, comme celle de son frère, par devenir mère, c’est tout. Et celles que l’on voit en arrière fond, aux séances de bodybuilding, au concours sont des caractérielles, rien de plus encore une fois, qu’on évince bien vite. Ou des objets au corps exhibé. Voilà, le constat est simple, mais jamais approfondi. Et, à la fin, tout s’arrange comme par magie. Par un tour de passe-passe qui aurait pu être drôle, s’il n’avait pas été le seul élément comique d’un film désespérément plongé dans une grisaille que seule deux acteurs illuminent, bien loin de donner corps à ce film de chair meurtrie.
Bodybuilder – La bande-annonce
Fiche Technique: Bodybuilder
France – 2013
Réalisation: Roschdy Zem
Scénario: Roschdy Zem, Julie Peyr
Interprétation: Vincent Rottiers (Antoine Morel), Yolin François Gauvin (Vincent Morel), Marina Foïs (Léa), Nicolas Duvauchelle (Fred Morel), Dominique Reymond (Muriel), Roschdy Zem (Vadim), Adel Bencherif (Luigi), Caroline Gaume (Caroline)
Date de sortie: 24 septembre 2014
Durée: 1h40
Genre: Comédie Dramatique
Image: Thomas Letellier
Décor: Jérémie D. Lignol
Costume: Emmanuelle Youchnovski
Montage: Monica Coleman
Producteur: Pascal Caucheteux, Grégoire Sorlat, Roschdy Zem
Production: Hole in One, Why Not Productions
Synopsis: Un terrifiant Blitzer Skovox s’apprête à détruire toute l’humanité – mais il y a pire, car, d’un instant à l’autre, Danny Pink et le Docteur vont se rencontrer. Lorsque des événements terribles menacent l’école de Coal Hill, le Docteur décide de l’infiltrer.
Pull fiction
Et si avant de parler de la série on parlait mode ? Vêtement ? Style ? Promis ça ne va pas durer très longtemps, (si vous êtes allergiques à tout ce qui touche au textile, sautez directement au prochain paragraphe). Alors donc allons y promptement : Il n’aura échappé à personne que le docteur, en plus d’être un archéologue-scientifique-défenseur-de-l’univers-voyageur-temporel-champion-du-cent-mètres, est avant tout un homme de goût. Qu’il soit vêtu d’une écharpe multicolore de 4 mètres, d’un élégant blouson de cuir ou d’un nœud papillons du plus bel effet, le seigneur du temps reste envers et contre tous un individu bath ! (mot au charme désuet que vous pouvez remplacez par élégant, chic, swag, frais etc…). Un type cool avant même que les hipster le soient (c’est dire si l’homme est en avance sur notre temps ). Mais ce serait bien mal le connaître que d’assimiler cela à de la pure coquetterie. Que nenni, il y a une symbolique bien rodée derrière tout cela (en tout cas depuis le neuvième docteur), non content de redéfinir les canons du cool à chaque incarnation, l’alien choisi méticuleusement ses couleurs en fonction de l’époque où il se rend, par exemple le onzième (Matt Smith) porte généralement un nœud papillons bleu quand il va dans le passé et un rouge quand il va dans le futur (pareil pour le dixième qui porte un costume marron dans le passé et un bleu dans le futur) et là vous vous dites…mais quid du nouveau docteur ? Lui qui aborde régulièrement une chemise blanche avec un gilet et un manteau des plus sobre… pas même une cravate, un nœud ou même un pin’s pour casser la morosité de l’ensemble. Ou est passé cette symbolique subtile ? Elle ne semble pas avoir disparu mais s’être réorientée. En effet occasionnellement ce cher voyageur du temps aborde à la place une sorte de pull rapiécé dont les manche se prolongent en mitaines lui donnant une apparence délicatement « grunge » du plus bel effet. La dernière fois qu’il l’avait porté c’était pour chasser les fantômes dans Listen, qui était sans conteste le premier épisode vraiment bon de cette nouvelle saison. Et surprise The Caretaker est également de qualité. Faudrait il y voir un signe ?
C’était tout pour le pull, maintenant parlons un peu de l’épisode : Une resucée de school reunion était à craindre, le docteur s’infiltrant un fois de plus dans une école pour capturer un alien vindicatif. Pourtant l’intrigue surprend en inversant la tendance. Ce n’est plus Clara qui suit son amis mais lui qui découvre (et nous aussi) son environnement quotidiens fait d’élèves turbulents, de réunions parents profs et de flirt avec un collègue. Et forcément le seigneur du temps aura bien du mal à se fondre dans le décor sans attirer l’attention de Danny Pink, le petit ami de son assistante dont il ignore l’identité. Le dialogue où, rêveur, il imagine son amie flirter avec un troublant sosie de sa précédente incarnation (nœud pap’ compris) est d’ailleurs assez drôle. La rencontre entre ces deux protagonistes aux antipodes ne manque alors pas de sel, quand l’ancien soldat le compare à un officier ou un aristocrate à l’ego surdimensionné. Toute la force de cet aventure tient justement de cette confrontation tant attendue qui pourrait bien avoir une grande influence sur la suite. Et même si l’antagoniste extra-terrestre manque d’originalité, c’est finalement tout le microcosme qui gravite autour de Clara qui donne de l’épaisseur à l’ensemble : l’élève turbulente qui se « lie d’amitié » avec le docteur, les cours de littérature où ce dernier intervient pour corriger son amie (mettant un peu à mal son autorité). Avec en plus l’apparition de personnages possiblement récurrents (la jeune Courtney Wood, le mystérieux homme en costume…), The Caretaker se révèle être un épisode assez riche, prompt a faire avancer une intrigue qui avait tendance à stagner depuis quelques semaines.
Réalisation et montage efficace et humour omniprésent fignolent les contours d’un épisode rythmé qui semble revenir aux sources. Beaucoup commençait à critiquer le virage « plus sombre » de la série qui semblait ne plus vouloir s’adresser au jeune public qui est pourtant le pilier principal de son succès (étonnante décision de la BBC de déplacer la diffusion en début de soirée plutôt qu’en fin d’après midi comme le voulait la tradition…). On ne peut qu’espérer que cette aventure ne soit pas encore un sursaut providentiel. Toujours est il que si l’habit ne fait pas le moine, le pull semble, pour l’instant, faire le docteur, il faudra donc guetter son retour pour voir si la tendance se confirme.
Fiche Technique: Doctor Who
Titre original : Doctor Who
Genre : Aventure, Science fiction
Créateur(s):Steven Moffat (depuis 2008)
Pays d’origine : Royaume-unis
Date : 2005
Chaîne d’origine : BBC
Épisodes : Beaucoup…
Durée : 50 minutes
Statu : en cours
Avec : Peter Capaldi, Jenna Louise Coleman, Samuel Anderson…
Synopsis: Sergey, un jeune sourd et muet entre dans un internat spéciale pour malentendant. Dans ce nouvel établissement, il se fait sa place parmi le gang « The Tribe », qui règne sur l’école dans les crimes et la prostitution. En participant à plusieurs vols, il s’élève dans la hiérarchie du réseau. Puis il rencontre une des filles du gang, Anna, et bafouent involontairement les règles officieuse de « The Tribe ».
De l’Ukrainien Myroslav Slaboshpytskyi, le réalisateur révolutionne l’histoire du cinéma en réalisant ce film entièrement en langage de signes, sans sous titres, ni doublages.
Présenté au Festival de Cannes 2014, le film remporte tous les prix de la semaine de la Critique, et l’a grandement mérité.
Le langage du corps nous laisse sans voix
Un film viscéral, violent et traumatisant. La langue n’est plus une barrière, les sentiments et les intentions sont d’autant plus compréhensibles. Leurs gestes, leurs regards, leurs râles, n’ont jamais été aussi expressifs. Si au début on est troublé et perdus face au langage des signes, on reste captivé. On est justement obligé d’être attentif et réceptif face à cette histoire muette. On a la preuve que les gestes remplacent la parole.
L’amour et la mort viscérale
Toujours dans des plans fixes et larges, jamais d’insert ou de zoom. On est témoins de la vie de ses jeunes dans un pensionnat Ukrainien pour jeunes sourds et muets. L’arrivé d’un jeune nouveau, Sergey, assez paumé va nous introduire dans l’univers créé par ces jeunes adolescents. Ou est régis la violence, le sexe et l’argent. Ils volent, se battent, se prostituent, et semblent s’en satisfaire. Le drame s’installe quand Sergey s’éprends d’Anna, une des filles qui se prostitue et refuse catégoriquement qu’elle continue de participer à ce gagne-pain malhonnête. Déterminé dans sa jalousie ou son amour pour elle, il se met toute la bande à dos et en subit violemment les conséquences. La violence engendrera la violence, dans une scène finale hallucinante et traumatisante. On souffre et on ressent ce violent rejet, dans des images crus et au-delà de notre imagination.
Indescriptible et Incomparable
Ce film puise sa force dans sa manière de montrer la vérité de ces jeunes. Une vision pessimiste mais réelle de l’Ukraine actuelle.
A travers 6 minutes de pure torture visuelle, on assiste à un avortement clandestin, qui fait sortir beaucoup de spectateurs de la salle. Il faut s’armer émotionnellement pour affronter les images et s’immerger dans le film bouleversant. Seuls les plus téméraires pourront ressortir l’esprit non touché par les images violentes et le sentiment de malaise qu’impose ce film.
Fiche technique: The Tribe
Titre original : Plemya
Réalisateur : Myroslav Slaboshpytskiy
Scenariste : Myroslav Slaboshpytskiy
Acteurs : Grigoriy Fesenko, Yana Novikova, Rosa Babiy, Alexander Dsiadevich, Yaroslav Biletskiy, Ivan Tishko, Alexander Osadchiy, Alexander Sidelnikov, Alexander Panivan
Mal récurrent, que ce soit dans la littérature ou au cinéma, l’amnésie est rapidement devenue le point de départ pour des auteurs en mal d’inspiration, désireux de bâtir une histoire à suspens à peu de frais. Parfois bien exploitée, elle n’est trop souvent qu’une excuse mal utilisée pour justifier des retournements de situations grossiers. Elle est encore au cœur du roman Avant d’aller dormir, qui s’inspire de l’histoire vraie d’un patient se réveillant chaque matin en étant persuadé qu’il avait 26 ans jusqu’à sa mort à l’âge de 82 ans. Alors, révolution amnésique ou nouveau pétard mouillé ?
Synopsis : Suite à un accident quatorze ans plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille sans se souvenir de rien, ni même de son identité. Son dernier espoir réside dans son médecin, Ed Nasch, qui lui conseille de tenir un journal vidéo. Elle pourra ainsi enregistrer les informations qu’elle traque et se souvenir peu à peu de son passé, reconstituant progressivement le fil de son existence. Mais très vite, ses rares certitudes vont voler en éclat.
Clic, Clac, merci Kodak
En fait, la réponse se situe quelque part entre les deux. Le postulat de départ est prometteur, et rapidement s’installe une certaine tension, alors que Christine ne sait pas à qui accorder ou non sa confiance. L’ambiance froide et aseptisée du film, renforcée par sa photographie de très bonne facture, semble refléter le monde inconnu et hostile dans lequel se trouve le personnage, monde qu’elle redécouvre donc jour après jour. L’idée de se filmer au quotidien afin de retrouver la mémoire est également une belle trouvaille, mais est malheureusement mal exploitée ici.
Plutôt que de confronter le spectateur aux mêmes angoisses et aux mêmes incertitudes que son héroïne, le scénario s’embarque dans une banale intrigue policière, sans vraiment de suspens et au déroulement parcouru de trous et d’incohérences. C’est tout le problème de la condition de Christine, qui semble évoluer avec les journées en fonction de ce qui arrange le film. La mise en scène de Rowan Joffe ne fait rien pour donner de l’intérêt au film, oscillant entre un académisme froid et quelques plans et scènes malhabiles, et qui cassent le rythme.
Trio d’élite
La force du film, et ce sur quoi repose une grande partie de la promotion, c’est bien sûr le casting. Un trio de haute volée qui se montre à la hauteur de sa réputation. Nicole Kidman porte une grande partie du film sur ses épaules, et n’a aucune peine à convaincre de sa fragilité. Colin Firth et Mark Strong, de leurs côtés, offrent deux prestations très différentes mais d’une qualité égale. Les deux parviennent à jouer avec les nerfs et les certitudes des spectateurs, se montrant tour à tour inquiétants et rassurants. Les dialogues sont également très bien écrits, et on sent sans peine toute la force de l’œuvre littéraire derrière le film.
Malgré tout, l’ensemble peine à convaincre. L’ambiance presque clinique qui émane du film empêche le spectateur de se projeter, et le scénario comporte trop d’incohérence pour vraiment convaincre. Sans être vraiment mauvais, Avant d’aller dormir manque malgré tout d’impact, et ne se révèle au final qu’un thriller sympathique mais sans plus. Dommage, il y avait sûrement matière à faire mieux.
Fiche Technique : Avant d’aller dormir
USA-2014 – Before I go to Sleep
Thriller
Réalisateur : Rowan Joffe
Scénariste : Rowan Joffe, d’après l’œuvre de S.J. Watson
Distribution : Nicole Kidman (Christine Lucas), Colin Firth (Ben Lucas), Mark Strong (Dr Nash), Anne-Marie Duff (Claire)
Producteurs : Ridley Scott, Scott Free, Mark Gill, Avi Lerner, Liza Marshall, Matthew O’Toole
Directeur de la photographie : Ben Davis
Compositeur : Ed Shearmur
Monteur : Melanie Oliver
Production : Film i Väst, Filmgate, Millenium Films, Scott Free Productions, Studio Canal UK
Distributeur : UGC Distribution
2014 est une année cinématographique riche, où on a pu voir avec bonheur des films tels que Winter Sleep, les 3 sœurs du Yunnan, Sils Maria, ou encore Leçons d’harmonie. Des films puissants, à l’atmosphère marquée, qu’aujourd’hui Léviathan vient rejoindre.
Synopsis: Kolia habite une petite ville au bord de la mer de Barents, au nord de la Russie. Il tient un garage qui jouxte la maison où il vit avec sa jeune femme Lilya et son fils Roma qu’il a eu d’un précédent mariage. Vadim Cheleviat, le maire de la ville, souhaite s’approprier le terrain de Kolia, sa maison et son garage. Il a des projets. Il tente d’abord de l’acheter, mais Kolia ne peut pas supporter l’idée de perdre tout ce qu’il possède, non seulement le terrain mais aussi la beauté qui l’entoure depuis sa naissance. Alors Vadim Cheleviat devient plus agressif…….
Beaucoup de films et de livres ont été inspirés par la légende du Léviathan, allant du film d’horreur (marin) au film de science-fiction (sous-marin), ou encore au film documentaire océanique. Le film du russe Andreï Zviaguintsev ne s’inscrit pas dans ce registre, comme en témoigne cet extrait de sa note d’intention.
Quand un homme est aux prises avec sa propre angoisse devant le besoin et l’incertitude, quand les images floues de l’avenir le submergent, qu’il a peur pour les siens, peur de la mort qui rôde, que peut-il faire si ce n’est renoncer à sa liberté et à sa volonté après avoir, de son propre chef, transmis ces trésors à une personne de confiance contre de trompeuses garanties de sécurité, de protection sociale, voire d’une illusoire communauté ?
Le regard que porte Thomas Hobbes sur l’Etat est celui d’un philosophe sur le contrat conclu par l’homme avec le diable : il le voit comme un monstre engendré par l’homme pour éviter la guerre de « tous contre tous » et par l’envie bien compréhensible d’acquérir la sécurité en échange de la liberté, son seul bien authentique.
Andreï Zviaguintsev a reçu pour Leviathan le prix du scénario au Festival de Cannes de cette année.
Son scénario s’appuie donc sur le livre de Thomas Hobbes, Leviathan, écrit en 1651, lui-même empruntant son titre au monstre marin du livre de Job. Selon Hobbes, le Léviathan désigne l’état comme un monstre engendré par l’homme pour assurer une certaine forme de sécurité et de paix sociale en échange de sa propre liberté. C’est l’état coercitif vs le non-état, le chaos.
Le film de Zviaguintsev montre les dérives de cet état totalitaire, ce monstre qui s’enorgueillit et s’enivre de sa propre puissance. S’appuyant sur un scénario solidement construit, visiblement bien documenté, le réalisateur nous livre une belle histoire métaphorique mais bien ancrée dans le réel.
Leviathan est aussi et surtout une œuvre d’une qualité formelle époustouflante.
On découvre le film par sa majestueuse affiche, composée d’un squelette entier de baleine échouée sur les rives, et à sa proximité d’un garçonnet vu de dos juché sur un petit rocher. Une affiche belle et intrigante, qui donne d’emblée envie d’en savoir plus.
On retrouvera cette carcasse dans la séquence d’ouverture, ainsi que d’autres magnifiques petits tableaux de la mer de Barents, au Nord de la Russie : les épaves couchées dans la noirceur de la nuit, la furie des vagues qui grondent ou au contraire le silence surnaturel de l’endroit, une très belle séquence enveloppée par la musique sublime de Philip Glass, et que l’on retrouvera en épilogue du film, comme on retrouve le calme après la tempête…
L’histoire est celle d’un garagiste habitant paisiblement dans un petit village au bord de cette mer, qui est menacé d’expulsion par un maire sans scrupule et véreux, sous couvert de construire sur ses terres ancestrales un « centre de Télécommunication ». Kolia (Alexeï Serebriakov, impressionnant dans sa capacité à alterner la fureur et l’intériorisation la plus totale) vit plus ou moins harmonieusement en compagnie de sa belle et jeune femme Lilia (Elena Liadova) et de son fils Roma, un adolescent issu d’un premier mariage, légèrement hostile à sa belle-mère pourtant aimante.
On découvre leur habitation en extérieur nuit, une maison en bois, illuminée par un éclairage doux et chaleureux, une scène qui fait davantage penser à la douceur de vivre scandinave, à la Norvège, avec laquelle la Russie partage cette Mer de Barents.
Kolia fait venir un de ses amis, un avocat au barreau de Moscou, un « juriste qui ne connaît que les faits » comme il répète à l’envi, pour défendre ses droits. Cet homme, c’est Dmitriy, joué par un Vladimir Vdovichenkov qui ne déparerait pas en héros James Bondien (le « beau Monsieur de Moscou » dit un enfant dans le film). La spoliation programmée de Kolia et de sa famille est la résultante flagrante d’une corruption généralisée, mais Dmitriy a un dossier en béton, obtenu on ne sait comment non plus d’ailleurs, tendant à prouver que le maire, Vadim Cheleviat, abject personnage et pourtant de cheville avec le pope du coin, que Cheleviat a trempé dans quelque opération, possiblement sanglante. Malgré la force de la loi, aussi illégitime qu’elle soit, qui condamne donc Kolia à être dépossédé de tous ses biens, Dmitriy veut faire chanter Cheleviat pour obtenir gain de cause.
La corruption dénoncée étant ce qu’elle est, ils vont perdre face à cet état tout-puissant, ce Léviathan invincible , comme dit le livre de Job :
« Essaie de mettre la main sur lui : souviens-toi du combat, et tu n’y reviendras plus ».
Zviaguintsev montre dans une mise en scène et un montage impeccables, la descente aux enfers de Kolia qui a voulu se mesurer à la bête. Et la Russie étant ce qu’elle est, c’est à grand renfort d’hectolitres de vodka que Kolia tentera de supporter l’insupportable, que les amis de Kolia essaieront de noyer leur culpabilité ou leur chagrin, que Cheleviat continuera d’avancer sur son chemin pavé de bons droits quasi-divins.
Le film est une assez violente charge contre la déliquescence et la corruption des « pouvoirs » locaux, sous la bienveillance, sinon la complicité de l’Eglise Orthodoxe, détentrice du pouvoir suprême, placée par le peuple et par elle-même au dessus de la mêlée, comme arbitre de cette « guerre de tous contre tous ».
En parallèle, Zviaguintsev fait une déclaration d’amour à son pays. Il aime la Russie, comme cet ami policier de Kolia qu’il affuble d’un tee-shirt estampillé d’un « Russia » aux couleurs du drapeau bleu et rouge.
Il aime ce pays, et comme dans son précédent film Elena, il nous en donne un aperçu, cette fois-ci du côté de la ruralité, sans verser dans le réalisme social. Les personnages ont une vie décente, certes arrosée, très arrosée même, mais décente, ont des enfants, un travail, une maison.
Leviathan est un film essentiel au cinéma. Beau et porteur de sens. Comme une cerise sur le gâteau, il n’est pas exempt d’humour, et l’une des plus belles scènes comiques se passe lors d’une belle journée d’anniversaire de son ami Stepanytch , un autre policier, au bord du lac. Ayant un peu trop vite terminé à la Kalachnikov les cibles qu’ils ont préparées en perspective d’un après-midi de tir, Kolia et ses amis sortent du coffre de la voiture de Stepanytch la botte secrète : des portraits de Staline, de Lénine, de Gorbatchev et d’autres encore, cibles idéales d’un jeu de massacre. Pas encore Eltsine, car « ce n’est pas encore son heure » dit un des personnages. Et certainement pas encore Poutine, qui vient d’ailleurs, malgré la dureté du film à l’égard de son administration, de donner l’aval pour que Leviathan représente la Russie aux Oscars(1) .
Fiche Technique : Leviathan
Titre original : Левиафан
Réalisateurs : Andreï Zviaguintsev
Genre : Drame
Année : 2014
Date de sortie : 24 Septembre 2014
Durée : 140 min.
Casting : Alexeï Serebriakov (Kolia), Elena Liadova (Lilya), Vladimir Vdovitchenkov (Dmitri), Roman Madianov (Vadim Cheleviat), Anna Oukolova (Angela), Alexeï Rozine (Pacha), Sergueï Pokhodaev (Roma)
Musique : Philip Glass
Scénario : Andreï Zviaguintsev, Oleg Neguine
Chef Op : Mikhaïl Krichman
Nationalité : Russie
Producteur : Alexandre Rodnianski, Sergueï Melkoumov
Maisons de production : Alexandre Rodnianski
Distribution (France) : Pyramide Distribution
(1) : le film d’ Andreï Konchalovsky n’ayant pas pu être terminé à temps, c’est Leviathan qui vient d’être retenu par le comité russe de sélection, auquel participe le cinéaste Nikita Mikhalkov, frère de Konchalovski, et ami de Valdimir Poutine…)