Critique : Million Dollar Arm, un film de Craig Gillespie

Synopsis : Un agent sportif se rend en Inde pour organiser un jeu de télé réalité intitulé « Million Dollar Arm ». Le but : dénicher les talents du baseball de demain. A la clef pour les deux élus, une nouvelle vie aux Etats-Unis, dans l’équipe de Baseball des Pittsburgh Pirates.

JB Bernstein (Jon Hamm) est un agent de joueur sportif indépendant. Cela fait 2 ans, qu’il s’est associé avec Ash Vasudevan (Aasif Mandvi). Ils attendent la signature d’un joueur professionnel de football américain Popo (Ray Maualaga), qui leur permettra de s’imposer parmi les grosses agences. Malheureusement, celui-ci a changé d’avis. Face à ce revers, JB Bernstein va partir en Inde, avec Ray Pointevint (Alan Arkin), un retraité, ancien spécialiste en recrutement au Baseball. Ils vont parcourir tout le pays, pour trouver des joueurs de cricket, capable de s’imposer en MLB (Major League Baseball). Avec l’aide d’Amit (Pitobash), ils vont faire la découverte de Rinku Singh (Suraj Sharma) et Dinesh Patel (Madhur Mittal). De retour aux USA, le choc culturel et leurs performances sportives vont être mis à mal.

Don Draper et les indiens

Million Dollar Arm est inspiré d’une histoire vraie, une succes story comme en raffole les américains, sur le mythe du self-made man. Avec en toile de fond, le sport numéro 1 aux USA, le Baseball, sans oublier une love-story. C’est produit par les studios Disney, c’est familial, ce sera donc édulcoré et politiquement correct.

On pouvait s’attendre à au moins, un choc des cultures, entre les USA et l’Inde, mais même pas. L’adaptation de Jon Hamm en Inde, se fait facilement, même s’il trouve que les indiens klaxonnent beaucoup….. Il en sera de même pour Suraj Sharma et Dinesh Patel aux USA. Bien sur, il y a de légers accrocs, mais rien de bien dérangeant, puis la pizza, c’est trop bon….. C’est plein de bons sentiments et comme le disait si bien Louis Armstrong « It’s a beautiful world ».

Il y a trop de bons sentiments, ça dégouline de partout et ça lasse rapidement. Cela manque d’événements dramatiques. Certes, il y a des tentatives, mais elles sont tellement poussives, qu’elles tombent à plat. Il n’y a aucun suspense, on sait comment cela va finir, on ne sera jamais surpris. Que cela soit sur la réussite des deux jeunes indiens et donc de l’agent sportif, tout comme de son histoire d’amour. On aura notre happy end, c’est vraiment un monde magnifique.

Jon Hamm ne se foule pas trop, son rôle est quasiment identique à celui qu’il tient dans Mad Men. Il est égoïste, imbu de sa personne, côtoie que des tops model superficielles et boit souvent du whisky. Bien évidemment, comme Million Dollar Arm est un film familial, il ne fume pas et reste propre sur lui. Il ne semble pas vraiment dans cet univers, il avance avec le frein à main. Au contraire de ses partenaires, qui sont plus à l’aise, surement parce qu’ils ne sont identifiés, cela leur permet de ne pas jouer dans l’ombre d’un personnage célèbre.

Lake Bell est parfaite en colocataire. Son idylle avec Jon Hamm, rend l’homme plus humain. Elle est la touche charme avec son côté « girl next door ». Suraj Sharma et Madhur Mittal sont à l’aise dans leurs rôles respectifs, au contraire de Pitobash, la version indienne de Kevin Hart, un petit roquet inoffensif, la caution comique du film, mais plus crispant qu’autre chose. Puis pour donner le sourire, on a le toujours excellent Alan Arkin. Même si on le voit peu, on ne l’oublie pas. Aasif mandvi sert de faire-valoir, comme Bill Paxton, qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Un casting à l’image du film, sans trop de fausses notes, mais sans rien de bien enthousiasmant.

Un film quelconque, aussi plat que la réalisation de Craig Gillepsie. On est plus proche du téléfilm pour Disney Channel, que d’un film pour grand écran. Cela donne tout juste envie de se renseigner sur le parcours de Rinku Singh et Dinesh Patel, vu celui-ci est en cours. On aura peut-être droit à une suite, si l’un d’eux remporte les World Series, pas vraiment envie et encore moins hâte.

Fiche technique: Million Dollar Arm

USA – 2014
Réalisation : Craig Gillepsie
Scénario : Thomas McCarthy
Distribution : Jon Hamm, Lake Bell, Suraj Sharma, Madhur Mittal, Alan Arkin, Aasif Mandvi, Pitobash Bill Paxton, Tzi Ma et Ray Maualaga
Musique : A.R. Rahman
Photographie : Gyula Pados
Montage : Tatania S. Riegel
Production : Walt Disney Pictures, Roth Films et Mayhem Pictures
Distribution : Walt Disney Pictures
Genre : Biopic
Durée : 124 minutes

Auteur : Laurent Wu

 

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Oklahoma Honey : le chant de la ruche

Andrew Patterson filme l'Oklahoma rural dans "Oklahoma Honey", une fable inspirante et généreuse portée par le retour de Matthew McConaughey en apiculteur charismatique, six ans après "The Gentlemen". Entre bluegrass, communauté et vengeance, Angelina LookingGlass fait des débuts marquants face à Kurt Russell.