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Rétro Coen: Burn After Reading – Critique du film

Après O’Brother et Intolérable Cruauté, Burn After Reading vient huit ans plus tard, clore en beauté la fameuse Trilogie Des Idiots.

Cette trilogie, si elle reste dans la veine de leur filmographie à savoir, insister là où ça fait mal, laisse de côté les losers magnifiques filmés jusque-là. Ils se penchent cette fois sur le cas d’une Amérique rendue imbécile, ici par le culte des apparences. C’est la question du corps parfait que pose Burn After Reading, un corps érigé en norme sociale, question encore « secondaire » de notre côté de l’Atlantique, mais prépondérante de l’autre côté. Question à l’origine de la spirale infernale qui va entrainer les personnages de Burn After Reading.

Un film sous acide

C’est le film le plus fougueux de la Trilogie Des Idiots, peut-être même de la filmographie de Joel et Ethan Coen. On peut même parler d’hystérie collective, tant les acteurs relâchés et prendre plaisirà interpréter des personnages qui ne vivent que peu pour leur intelligence. Ils semblent plus préoccupés par ce corps, qu’ils veulent « réinventer » ou cultiver par le sport. D’ailleurs les relations se font également d’abord par le corps, pour trouver un partenaire sexuel ou tromper le celui que l’on possède déjà. Le partenaire pouvant d’ailleurs devenir « les » partenaires, puisque la monogamie à répétition semble être ici un loisir.

L’anti-héros est un art

On peut prendre ce film au premier degré, s’amuser de cette façade et de ces tiques, toujours corporels, qui rongent ces « héros » comme autant de gags. C’était le cas dans les deux précédents films, George Clooney est affublé de détails « qui tuent » son personnage. Dans Burn After Reading, il est un marshal fédéral bien peut sûr de lui, qui s’invente des allergies alimentaires, au gré des repas. Il passe son temps libre à courir, surtout après une partie de jambes en l’air. Frances McDormand est elle, en quête de quatre opérations de chirurgie esthétique, Brad Pitt est un coach sportif qui travaille son corps et en oublie son cerveau. Mis bout à bout, tout cela ressemble furieusement à un règlement de compte. Entre une part de la société qui oublierait qu’un esprit sain dans un corps sain est le préalable à ne pas mourir idiot et les frères Coen, grands spécialistes de la dissection. Un des états U.S. vient de leur donner raison en supprimant des écoles l’apprentissage manuel de l’écriture.

Crise de rire

Les frères Coen n’ont pas toujours une réputation de génie de la mis en scène, en tout cas pas de la manière dont à pu l’être Orson Welles. Leurs obsessions ne s’y prêtent pas réellement et ce n’est pas ce qu’on attend d’eux. On leur demande de la satire, du sang même, des personnages truculents et une bonne crise de rire. Bien sûr leur mise en scène et irréprochable, si tant est qu’on la remarque tant on est pris par les péripéties des personnages et le jeu des acteurs. La bande-son est d’ailleurs l’avenant, quand on se remémore le film, on ne se la rappelle pas, ou si peu. Une bande-son en forme de support en fait, qui n’aurait de raison d’être que par le film.

Quatuor à corde raide

Non ce qu’on retient, c’est un formidable quatuor d’acteurs autour desquels gravitent une aussi formidable galerie de seconds rôles et les seconds rôles, les frères Coen en ont fait un art. Difficile de les départager tous les quatre, ils ont la bêtise équitable. France McDormand, éternelle égérie, parfaite dans son idée de « se réinventer » corporellement, est à la recherche d’une forte somme d’argent pour payer ses opérations. Brad Pitt son collègue dans le film, prouve son talent comique. Plus d’une fois l’envie de le gifler nous prend. C’est un brave gars, mais décidément un idiot. John Malkovitch joue le négatif du quatuor, en sa qualité d’analyste renvoyé de la C.I.A. Pas un idiot par définition, mais un excellent vieil hystérique, que des crétins ont emmerdé toute sa vie. Pour finir George Clooney, le maitre étalon de cette trilogie, toujours incroyable, capable de tout jouer et en particulier de se jouer de lui-même. Un acteur complet qui reste ici si à distance de ses rôles de beau gosse des débuts.

L’idiot d’un autre

Burn After Reading pose la bonne question, celle que Francis Veber avait abordée avec Le Diner De Cons : savoir si les idiots sont toujours ceux qu’on pense, savoir si la connerie ne se cache pas parfois sous le vernis fragile de l’intelligence. Savoir si les crétins sont bien identifiés, si l’intelligence de l’esprit est toujours le préalable à l’intelligence du cœur. Car à défaut d’avoir inventé l’eau froide, ces « idiots de service » font preuve d’une certaine sincérité, assortie d’une pointe de naïveté alors que ceux, supposés intelligents, ne vivent que de mensonges. Au fond l’idiot est-il un inculte ou un associable ? Les frères Coen posent la question et suggèrent une réponse qu’ils vous chargent de trouver.

Synopsis: Chad est coach sportif dans une salle de fitness. Il va trouver par hasard les mémoires d’Osbourne Cox, agent de la C.I.A. qui fréquente les lieux. Persuadé qu’il s’agit de documents classés « confidentiel », Chad va faire chanter l’agent secret pour obtenir une somme d’argent qui permettra à sa collègue Linda de payer ses quatre opérations de chirurgie esthétique.  

Burn After Reading : Bande-annonce

Fiche Technique : Burn After Reading 

Réalisation: Joel et Ethan Coen
Scénario : Joel et Ethan Coen
Casting : George Clooney, Frances McDormand, Brad Pitt, John Malkovich, Tilda Swinton, Richard Jenkins
Décors : Jess Gonchor
Costumes : Mary Zophres
Photographie: Emmanuel Lubezki
Montage: Joel et Ethan Coen
Musique : Carter Burwell
Sociétés de production : Working Titles Films, StudioCanal, Mike Zoss Productions et Relativity Media
Sociétés de distribution : Focus Features et StudioCanal
Budget : 20 millions de dollars
Genre : Comédie, espionnage
Durée : 96’
Année : 2008

Auteur : Freddy M.

Cannes 2015 : Bande-annonce de Mustang, de Deniz Gamze Ergüven

Mustang : Portait de femmes en Turquie

Premier film sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, et en compétition pour la Caméra d’or, Mustang du réalisateur franco-turque Deniz Gamze Ergüven conte l’histoire de cinq sœurs vivant dans un village au nord de la Turquie. C’est le début de l’été, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant innocemment avec des garçons. La débauche supposée de leurs jeux suscite un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger. Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Notons qu’il s’agit du premier film de la réalisatrice, et qu’elle a été à l’école de cinéma La FEMIS à Paris (école nationale supérieure des métiers de l’image et du son.) Elle a reçu un prix au festival du film de Locarno pour son film de fin d’étude : Bir Damla (Une goutte d’eau) montré à la Cinéfondation de Cannes.

Bande-annnonce de Mustang Quinzaine des Réalisateurs Festival de Cannes 2015

Mustang : Fiche Technique

Réalisateur : Deniz Gamze Ergüven
Scénaristes : Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour
Assistante à la réalisation : Marie Weinberger
Directeur de la photo : David Chizallet
Attachée de presse (film) : Monica Donati
Ingénieur du son : Olivier Goinard
Monteuse : Mathilde Van de Moortel
Sortie en France : 17/06/2015
Durée : 1 h 34 min

Giselle, Un Film de Toa Fraser: Critique

Synopsis : Giselle danse pour Albrecht dont elle tombe éperdument amoureuse. Quand elle découvre que son soupirant est déjà fiancé, Giselle perd la raison et s’effondre, inanimée. Bientôt, elle réapparaît sous la forme d’une wili, jeune fille transformée en fantôme. Leur amour sauvera-t-il Albrecht et Giselle d’une danse éternelle ?

Le ballet dans la bobine

Sortir des ballets russes…

Penser au ballet classique, c’est généralement penser à la Russie, penser presque exclusivement à Piotr Ilitch Tchaïkovski, penser inévitablement à ses trois ballets que sont La Belle Au Bois Dormant, La Casse-Noisette et forcément Le Lac Des Cygnes. Quelle place alors pour un ballet tel que Giselle ? Peut-être celle d’un ballet qui ne cesse triompher, qui a tant de mal à quitter l’affiche des plus grands opéras comme celui de Lyon, où il a également occupé l’affiche de La Maison De La Danse.

…et découvrir Giselle

Mais cette fois le défit est de taille : filmer le ballet pour le cinéma et provoquer l’intérêt du spectateur, au-delà d’un simple intérêt pour le ballet classique. Bien difficile du coup de dire où s’arrête le ballet et où commence le film, mais peu importe. Giselle est un immense ballet classique et le film qui en est tiré offre un confort évident au spectateur. On ne se contente pas  d’être au premier rang non, on est sur scène avec les danseurs. On admire les performances techniques et physiques, on apprécie que, pour une fois, le réalisateur ne soit pas épileptique, qu’il les filme en pied et que les plans durent plus de quatre secondes. Bien loin que ce que propose habituellement le paysage audio-visuel français qui a pour tradition de massacrer la danse lorsqu’il la filme.

Danseurs et acteurs

Puisque c’est un film, il y a des acteurs, danseurs également, mais acteurs tout de même. Qi Huan tout d’abord, véritable « monstre » physique et technique d’une prestance et d’une élégance assez rares, mais tellement dans le ton de ce genre artistique. Son âme-sœur est ici interprétée par Gillian Murphy, pleine de grâce, d’élégance et de légèreté. Puis il faut être honnête, cette chevelure rousse flamboyante et fascinante est un supplément d’âme pour un rôle de femme déchirée. Leur duo, tant sur le plan de la comédie que sur le plan chorégraphique semble une évidence, ils sont simplement beaux à voir.

Du 6ème au 7ème Art

Alors pourquoi affirmer que ce ballet filmé est une œuvre de cinéma ? Tout d’abord parce- qu’on y retrouve une évidence trop souvent oubliée : le théâtre, le cinéma, le ballet et d’autres encore font partie de la grande famille des arts scéniques (même si la danse est considérée comme 6ème Art et le cinéma comme 7ème Art). Si  bien qu’on retrouve beaucoup du cinéma dans ce ballet : scénario, acteurs, mise en scène, costumes, etc…Toa Fraser tente également quelques apartés, en venant insérer des scènes extérieures au ballet, mais toujours avec nos danseurs, comme une respiration qui viendrait apaiser le rythme de la danse. En revanche, malgré la qualité indéniable avec laquelle Giselle est filmé, on aurait apprécié que certains travellings rapides à l’extrême, puissent être coupés au montage. Ils donnent l’impression que le cameraman s’est laissé surprendre.

Exercice de style

Giselle reste évidemment à part comme exercice, car faire d’un autre art de la scène un film, demeure assez rare. Les précédents pour la danse sont encore plus rares, Blackswan ne pouvant rentrer dans cette catégorie. Pour le théâtre par contre les exemples ne manquent pas, un des plus mémorables restant Les Perses, adapté pour la télévision par Jean Prat en 1961. Giselle a su en fait tirer les bénéfices des deux côtés, aussi bien du ballet que du cinéma, l’un se mettant au service de l’autre pour le magnifier. C’est finalement une belle porte d’entrée pour le 6ème Art que propose Toa Fraser aux profanes, la possibilité de profiter cinématographiquement d’un des plus beaux ballets.

Bande Annonce – Giselle

La tradition du ballet au cinéma perdure. Après Billy Eliott, Les Rêves Dansants et Black Swan, découvrez Giselle, un ballet filmé qui dresse le portrait d’une discipline sans merci !

giselle-sortie-dvd-filmGiselle : Un film de Toa Fraser Avec Gillian Murphy et Qi Huan

SORTIE EN DVD LE 27 MAI 2015

Fiche Technique – Giselle

Réalisation : Toa Fraser
Chorégraphie : Johan Kobborg & Ethan Stiefel
Montage : Dan Kircher
Production : Catherine Madigan & Matthew Metclafe
Scénographie : Leon Narbey
Son : Amy Barber, Bruno Barrett-Garnier & Paul McGlashan
Distribution : Gillian Murphy, Qi Huan & Le Royal New-Zealand Ballet sur une partition d’Adolphe Adam
Durée : 100’

Auteur : Freddy M.

Cannes 2015 : 54e édition de la Semaine de la Critique

 Cannes 2015 : 54e Semaine de la Critique

La 54e Semaine de la critique, présidée cette année par la comédienne et réalisatrice israélienne Ronit Elkabetz, décernera pour les longs le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4, ainsi que le Prix Découverte Sony CineAlta du court métrage.

Créée en 1962 et organisée par le Syndicat français de la critique de cinéma, cette compétition parallèle du Festival de Cannes, se tient cette année du 14 au 21 mai 2015.  Notons que le Grand prix avait été remis, l’année dernière au film ukrainien The Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy.

Les Anarchistes : Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim en ouverture

En ouverture Les Anarchistes d’Elie Wajeman, le film est composé d’un beau casting: Tahar Rahim révélé par Un Prophète en 2009 de Jacques Audiard et Adèle Exarchopoulos (La Vie d’Adèle, palme d’Or au Festival de Cannes en 2013). Le film raconte l’histoire d’un brigadier chargé d’infiltrer un groupe d’anarchistes dans le Paris de la fin du 19e siècle.

Les Deux Amis, le premier long-métrage du jeune cinéaste, Louis Garrel, s’inspire des Caprices de Marianne de de Musset et a été co-écrit avec Christophe Honoré. Louis Garrel a réalisé les courts-métrages : Mes Copains, Le Petit Tailleur, et enfin La Règle de Trois, récompensé par le Prix Jean-Vigo du court-métrage en 2012.

Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore, un film présenté pour la première fois en compétition: L’histoire est celle d’un groupe de soldats français dans le désert, en pleine guerre d’Afghanistan, victime d’étranges disparitions. Au casting, on retrouvera Jérémie Rénier et Kevin Azaïs, l’espoir césarisé vu dans l’excellent Les Combattants.

Les films qui font du bruit sont: Krisha (Krisha Fairchild) de Trey Edwards Shults : Alors qu’elle décide de passer des vacances avec sa famille qu’elle n’a pas vue depuis des années, les démons intérieurs de cette vieille dame dénommée Krisha refont surface.

Un premier long métrage personnel, vainqueur du Grand Jury et Prix du public au festival SXSW (South by Southwest). Krisha présage l’arrivée d’un nouveau talent dans le cinéma indépendant.

Coin Locker Girl: Un premier film pour le  réalisateur Coréen Han Jun-hee mais aussi le seul film asiatique sélectionné à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2015. Au casting de Coin Locker Girl on retrouve là aussi un beau casting Kim Hye-soo (The Thieves), Kim Go-eun (A Muse), Park Bo-gum (Roaring Currents) et Kyo Gyung-pyo (High Heels).

Pour le pitch: Alors qu’elle vient de naître, Il-young est abandonnée dans la consigne n°10 d’une station de métro. Huit ans plus tard, elle est vendue à la marraine d’un gang de Chinatown, connue sous le nom de Mom. Elle devient ainsi un membre de sa famille. Seuls les personnes « utiles » peuvent tenir dans cette famille de Chinatown. Coin Locker Girl raconte l’histoire de deux femmes qui ont trouvé chacune leur façon de survivre dans un monde cruel.

La Semaine de la Critique se clôturera avec un troisième film français : La Vie en Grand, première réalisation de Mathieu Vadepied, on suit deux enfants qui font l’apprentissage de la vie, partagés entre l’éducation de l’école et des expériences insolites pour le moins surprenantes.

Sélection des onze longs métrages dont sept en compétition :

Ouverture : Les Anarchistes d’Elie Wajeman
Séance spéciale : le premier long métrage de Louis Garrel, Les deux amis
Sleeping Giant du Canadien Andrew Cividino
Paulina de l’Argentin Santiago Mitre
Mediterranea de l’Italo américain Jonas Carpignano
Krisha de l’Américain Trey Edward Shults
Ni le ciel ni la terre, du Français Clément Cogitore
Land and Sand du Colombien Cesar Augusto Acevedo
Dégradé des frères palestiniens Arab et Tarzan Abunasser
Coin Locker Girl du Sud-Coréen Han Jun-Hee
Clôture : La vie en grand du Français Mathieu Vadepied

Sélection des dix courts métrages :

L’enfant est au cœur de Varicella, de l’Italien Fulvio Risuelo
Command Action de João Paulo Miranda
Everything will be okay de l’Allemand Patrick Vollrath
Ramona par le Roumain Andrei Cretulescu
Too Cool for School de l’Américain Kevin Phillips
Love Comes Later de l’Américaine Sonejuhi Sinha
Boys de la Suédoise Isabella Carbonell
The Fox Exploits de Tiger’s Might de l’Indonésien Lucky Kuswandi
Jeunesse des loups garous du Français Yann Delattre
La fin du dragon de la Française Marina Diaby

Hors-compétition

Les Anarchistes d’Elie Wajeman, 2e film, film d’ouverture. Avec Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim
Les deux amis de Louis Garrel, 1er film. Avec Louis Garrel, Vincent Macaigne et Golshifteh Farahani.
Coin Locker Girl de Han Jun-hee (Corée du sud), 1er film
La Vie en grand (ex-Adama) de Mathieu Vadepied, 1er film, film de clôture

Charles Tesson, Délégué général, commente la 54e sélection

La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, détaille la composition de la plus ancienne sélection parallèle du Festival de Cannes : Onze premiers ou seconds longs-métrages et dix courts-métrages représentant 13 pays.

Rétro Coen : No Country For Old Men – Critique

No Country For Old Men, un western post-moderne au look crépusculaire et à la noirceur inégalée.

Synopsis: À la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer…Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…

« Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme »

Difficile d’imaginer qu’à travers ces quelques mots, donnant le titre à leur film, les frères Coen parviennent à évoquer déjà toutes les ambitions et volontés contenues au sein du projet, à savoir celles de cristalliser en un film, autant un hommage au genre matriciel du cinéma américain – le western –, qu’une énième réflexion de leur part sur les dérives de la société et son inévitable évolution.

Car malgré leur style très incisif, dressant un éloge à peine voilé à l’humour noir et leur prédilection à user du ressort comique au travers de leurs longs métrages, les frères Coen sont des cinéastes éminemment plus matures que l’image délurée et débridée qu’ils véhiculent. Réfléchis, investis, profonds, ces derniers, un peu à l’instar du gotha des réalisateurs indépendants, semblent comme dépendants de leur époque pour façonner leur style. Tel un Martin Scorsese, dressant un éloge de la mafia, alors au sommet à travers sa trilogie constituée de Casino, Les Infiltrés et Les Affranchis ; les frères Coen ont toujours su surfer sur la vague de l’Histoire pour dresser, à travers leurs films, un regard biaisé du monde contemporain.

Sacrant la crétinerie humaine à travers leur trilogie dite des crétins composée de O’Brother, Intolérable Cruauté et Burn After Reading, ou encore la perte de vitesse enregistrée par l’industrie musicale, couplée à l’essor du caractère asocial de la population, à travers le délicieusement rétro Inside Llewyn Davis, les frères Coen agissent ainsi en parangons d’un monde en constante évolution, livré à lui-même et dont la cruauté a, telle une gangrène, envahi toutes les strates de la population.

Manifesté par le rire ou l’absurdité (on pensera alors à Fargo ou The Big Lebowski, pourtant tout deux radicalement différents, mais empruntant à cette même veine de démystification de la société, devenue impitoyable, avare et violente), ce regard ne s’était toutefois jamais appliqué à travers le prisme de la violence, comme c’est le cas avec ce No Country For Old Men, film à l’esthétisme et au propos, encore une fois, vintage et dont la teneur émane, surprise, d’un romancier récompensé du mythique Prix Pulitzer : Cormac McCarthy.

Romancier américain souvent assimilé, outre-Atlantique, au grand William Faulkner et au tout aussi grand Herman Melville (l’auteur de Moby Dick), McCarthy semble, à la vue du long-métrage, être une sorte d’alter ego des frères Coen, tant sa prose aussi agressive qu’enivrante, mise au service de romans noirs (La Route notamment), perpétue cette évolution brutale de la société, laissant sur le carreau nombre de personnes perdues et désespérées, accablées par la fatalité, la détresse et l’absence de repères.

Une perte de repères savamment entretenue par le tandem de réalisateurs qui, sortant d’une décennie de comédies (Ladykillers, The Big Lebowski, Intolérable Cruauté), ont souhaité innover et illustrer avec la maestria qu’on leur connait ce changement, en se délestant de leurs traditionnels habitués (Frances McDormand, George Clooney, John Turturro), et en dressant par leur intrigue, un fond éminemment plus sérieux et mature que ce qu’ils ont tendance à proposer aux spectateurs acquis à leur cause. Sans doute brusque pour certains, quitte à instaurer une certaine appréhension, ce changement fut heureusement balayé tant, encore une fois, le génie de ces frères cinéastes, a su transcrire avec le même désespoir que McCarthy, cette brusque évocation d’un monde changeant à toute vitesse que les vieux acteurs, le vieil homme du titre, ne comprennent plus.

Il Était Une Fois Dans l’Ouest

Disposant d’une ouverture sur fond de grandes plaines filmées à l’orée du jour, surmonté d’un monologue laconique de Tommy Lee Jones, le vieil homme du titre, énonçant son passé de shérif au sein du Comté de Terrel, No Country For Old Men démontre déjà dans cette classieuse introduction son attirance pour ce passé révolu, à la fois noble et fier, voyant le respect de la loi primer et une certaine paix s’installer. Usant d’images douces et puissantes obtenues par le travail du chef opérateur Roger Deakins (Skyfall, Prisoners), les frères Coen parviennent de manière rapide à instaurer une certaine tranquillité, telle la paix ardemment défendue par le shérif Bell (Tommy Lee Jones), qui pourtant s’effrite dès lors que son monologue prend fin, à la vue du premier protagoniste venu, en l’occurrence un prisonnier amené à une voiture de police ; un peu comme si Lee Jones, par sa figure patriarcale évidente, symbolisait à lui seul, la barrière entre l’ordre et le néant.

Hautement symbolique, cette première scène permet de prouver également que la violence, pourtant ardente dans les pages du roman éponyme, ne trouvera pas forcément sa place de manière textuelle au sein du long-métrage, un peu à la manière du récent A Most Violent Year qui, usant d’un titre reflétant une violence omniprésente, ne cédait toutefois jamais à la pression et préférait consacrer cette violence en la rendant à la fois inattendue et déchaînée.

Telle alors une chape de plomb s’étendant sur ces plaines désertiques désolées cette violence, signe annonciateur de cette évolution ayant relégué le vieil homme du titre, laisse place aux protagonistes évoluant tous de manière désordonnée sur ces plaines suffocantes et désertiques du Texas.

On y suit ainsi le prisonnier cité au-dessus, dont l’identité sera révélée un peu plus tard, au volant d’une voiture de police, supposant donc la production d’un élan de violence dévastateur, qui arrête un simple conducteur et qui, sans raison apparente, décide par le biais d’un instrument destiné à assommer des bovins, de sèchement l’abattre. Claire et nette, la violence hypertrophiée et contenue de la mise en scène des frères, trouve son point d’orgue avec cette scène qui, outre le fait d’imprimer durablement la rétine avec ce sourire angélique du tueur, permet d’étayer le profil psychologique de ce dernier et laisse donc supposer une violence dont les limites semblent inquantifiables.

De l’autre côté, il y a Llewelyn Moss (Josh Brolin), authentique redneck et pur produit triomphant de l’Amérique reaganienne, patriotique et fière, qui chasse et qui va arriver, sur ce qui constituera finalement l’enjeu dramatique du film, à savoir un parking où un trafic de drogue a mal tourné, voyant un monceau de cadavres s’amonceler autour d’une camionnette bourrée de cocaïne et d’un mexicain à l’attaché-case rempli de dollars, que Moss n’hésitera pas à subtiliser compte tenu de l’absence miraculeuse de témoins.

En apparence deux cas isolés, pourtant vite rapprochés par le sherif Bell, dont le mode opératoire et les techniques d’investigation, laissent de prime abord circonspect, puis désabusé devant une telle violence qui, malgré ses efforts, ne s’estompe pas. Tel un rejet du progrès et l’incarnation filmique du spectateur, ce dernier semble perdu, l’air hagard, comme si ce nœud ou s’entremêlent violence accrue et calme olympien, ne faisait qu’accentuer son désenchantement et sa réflexion sur le temps qui passe.

History Of Violence

Un tueur froid et méthodique, un cow-boy et un shérif; ainsi se voit formé le trio de protagonistes qui portera ce film sur les versants abrupts de la corruption, de la violence et de l’absurdité, à tel point que son principal auteur, Joel Coen, déclarera qu’il « s’agit certainement du film le plus violent auquel il a contribué »

Pourtant, cette violence ne trouve jamais de fondements explicites et est donc amplifiée à chaque fois que l’une de ses manifestations vient à apparaître sur l’écran. Tel le personnage iconique du Joker dans l’univers de Batman, le tueur, incarné à l’écran par le terrifiant Javier Bardem parvient, de par son jeu désarticulé et déshumanisé, à symboliser l’étonnante imprévisibilité de l’intrigue, qui véhiculera ainsi tout du long son lot de surprise, comme celle de voir Llewelyn Moss revenir sur les lieux du massacre, et se faire prendre en chasse par ce tueur, préalablement décrit par un ancien collègue apparu furtivement, comme un chien enragé, ne cessant d’aboyer dès lors que sa mission est finie.

Ce faisant, le film délaisse alors cette vaine très atmosphérique et contemplative, pour n’en retenir que la tension, inhérente à la chasse à l’homme se déroulant sous nos yeux, et voyant Anton Chigurh, le tueur, tenter d’éliminer Moss, au gré d’armes insolites, pour mettre la main sur cet argent. Une tension discrète, en filigrane, présente jusque sur l’image, et amplifiée par l’absence de musiques additionnelles, donnant au long-métrage un parfum de plausibilité effarant et une anormale quiétude.

Une quiétude qui ne disparaîtra jamais vraiment tant les frères Coen, maîtrisant autant l’art du scénario que celui de la réalisation, font progresser leur récit d’une manière diabolique, en maximisant les ruptures de ton brutales entre terreur et humour pince-sans-rire, action chauffée à blanc et désenchantement sous-jacent, sans jamais toutefois ouvrir les vannes du spectaculaire ou de la violence gratuite.

Et à ce petit jeu de massacre sous un soleil de plomb, autant Josh Brolin incarnant la brebis galeuse, que Javier Bardem jouant, quant à lui, le grand méchant loup, excellent, véhiculant par leurs interprétations aussi bien les doutes que la motivation inhérentes à cette transformation de la société, à laquelle sont contraints tous les protagonistes.

Une transformation qui, couplée au genre matriciel du cinéma américain et à une vision à la fois humaniste et symbolique de ses auteurs, ne démérite pas, et aurait sans doute du triompher sur le tapis rouge du Festival de Cannes, festival où, en cette année 2015, le président aura pour la première fois un double visage, personnifié en l’espèce par ce tandem de réalisateurs, décidément peu rancunier mais au talent inégalé.

Magistral.

No Country for Old Men ( bande annonce VOST )

No Country for Old Men: Fiche Technique

États-Unis – 2007
Réalisation: Joel Coen, Ethan Coen
Scénario: Joel Coen, Ethan Coen d’après: le roman de: Cormac McCarthy
Interprétation: Tommy Lee Jones (Bell), Javier Bardem (Anton), Josh Brolin (Llewelyn), Woody Harrelson (Carson Wells), Kelly Macdonald (Carla Jean).
Image: Roger Deakins
Costume: Mary Zophres
Son: Greg Orloff, Craig Berkey et Peter F. Kurland
Montage: Joel et Ethan Coen alias Roderick Jaynes
Musique: Carter Burwell
Producteur: Scott Rudin, Joel Coen, Ethan Coen
Production: Scott Rudin Productions, Paramount Classics et Miramax Films
Distributeur: Paramount Pictures France
Genre: Thriller, Drame
Date de sortie: 23 janvier 2008
Durée: 2h02

 

Son Of A Gun, un film de Julius Avery: Critique

Synopsis : Un délit mineur conduit JR derrière les barreaux pour un séjour de 6 mois. Au milieu des malfrats de grande envergure, JR perdra la coupe cheveux longs rebelle et avec elle l’innocence juvénile. Ses aptitudes au jeu d’échecs lui permettront d’être repéré par un braqueur de haut vol, Brendant Lynch, chef de gang crasseux néanmoins accessible. En échange de son aide pour une évasion ambitieuse par les airs, JR sera protégé, évitant ainsi bien des déconvenues.

Le rôle principal est tenu par Brenton Thwaites, jeune acteur australien de 25ans, qui a entre autres incarné le Prince Philippe dans Maléfique et qui sera à l’affiche de Pirates des Caraïbes : Les Morts Ne Parlent Pas à sortir dans les salles en 2017. Ses yeux et son corps vigoureux traduisent la juste mesure de la crédulité pervertie par l’application du dicton « Quitte à être puni pour un œuf, autant se taper un bœuf ».

Ewan McGregor quant à lui, semble entamer une reconversion dans l’habit de l’antihéros barbu, entretenant une partie d’échecs avec « Oncle » Sam, libre comme l’air à l’extérieur du trou ; d’ailleurs vêtu de blanc, signe qu’au sommet de la hiérarchie on ne se salit jamais les mains.

La rencontre des deux protagonistes intervient déjà dans l’épilogue, sans que l’on sache vraiment qui est JR, ni connaître les raisons qui ont amenées Brendant en prison. Le spectateur pourra attendre, en vain, qu’on l’invite à s’attacher à la psychologie des rôles; cette rencontre maladroite est trop subite, la suite n’est plus opportune pour traiter les antécédents des profils. La séquence aurait gagné en profondeur en étant mieux orchestrée, à l’aplomb de l’intérêt du spectateur pour les personnages, acquis avec davantage de préparation. L’accroche initiale par le biais du jeu est bancale, tout bonnement invraisemblable.

La distribution a audacieusement attribué un rôle fort à McGregor qui, malgré des soubresauts, ne parvient pas vraiment à convaincre. Si l’on peine à dévisager ce qui flanche dans le premier tiers du métrage, le corps révèle clairement que c’est non moins l’écriture modeste des rôles et les faibles dialogues, que sa propre prestation, qui pèchent.

Le scénario, doucement conventionnel, passe sur bon nombre de détails qui auraient pimenté le récit. Manquant d’originalité, le potentiel percutant se désagrège, laissant surgir la banalité du film d’action simpliste. La réalisation suit JR pas à pas; souvent caméra à l’épaule, on pourra lui reprocher de sautiller ou de n’être pas toujours opportune. L’image reste étroite et se fait avare des beaux paysages d’Australie. Il faudra se contenter des quelques passes d’armes et courses poursuites, certes réussies, qui finiront par camper les vrais fondements du film. La B.O., disons-le, est communément montée de quelques notes en Reverb, qui trouvent la bonne résonance vis-à-vis de la scène qu’elles viennent appuyer. Un point positif de ce côté-là.

Si Son of a Gun n’est pas l’œuvre que l’on pourrait aduler, il lui reste l’avantage du divertissement. Le film rappelle tout de même que la prison est loin d’être le curatif du crime, et qu’au contraire elle l’encourage. Au-delà de la rigidité carcérale ressort l’absurdité de mélanger les fautifs de tous horizons, sans la volonté d’étudier au cas par cas la possibilité d’une réintégration. Le système qui consiste à mettre hors du circuit les tréfonds de la criminalité fabrique finalement de nouveaux prétendants au brigandage. Une sorte de roue qui tourne…sans jamais s’arrêter.

Bande Annonce – Son Of A Gun

Fiche technique – Son Of A Gun

Titre original : Son of a Gun
Réalisation : Julius Avery
Scénario : Julius Avery
Décors : Fiona Crombie
Photographie : Nigel Bluck
Son : William Ward
Montage : Jack Hutchings
Musique : Jed Kurzel
Production : Timothy White
Société(s) de production : Altitude Film Entertainment, Media House Capital et Southern Light Films
Société(s) de distribution : Entertainment One
Distribution : Brenton Thwaites, Ewan McGregor, Alicia Vikander, Matt Nable, Jacek Koman, Damon Herriman, Tom BUdge & Nash Edergton
Sortie: 1er mai 2015 en e-cinéma

Captain America : Civil War – Casting et Synopsis

Captain America : Civil War : La Vision, Ant-Man … rejoignent le casting

Les Studios Marvel viennent d’annoncer le casting complet du prochain Captain America : Civil War réalisé par Anthony et Joe Russo ainsi que le synopsis du film.

Les premières prises de vue impliquaient la petite troupe tant attendue : Iron Man, la Veuve Noire/Black Widow et bien sûr Captain America. Mais bien d’autres personnages se joindront au trio : le robot « Vision » (Paul Bettany), l’archer « Oeil-de-Faucon » (Jeremy Renner aka Hawkeye), War Machine (Don Cheadle), Black Panther (Chadwick Boseman de Get on Up) et peut-être même le prochain Scott Lang /Ant-Man (Paul Rudd), fera sa première apparition aux côtés des Avengers dans Captain America : Civil War.

Captain America retrouvera aussi Le Soldat de l’Hiver (Sebastian Stan vu dans Captain America : Le Soldat de l’Hiver, Captain America : First Avenger ), Le Faucon (Sam Wilson), La sorcière rouge/Scarlet Witch (Elizabeth Olsen, Avengers : L’Ère d’Ultron), L’Agent 13 (Emily VanCamp), Crossbones (Franck Grillo) tous deux issus de Captain America : Le Soldat de l’Hiver, William Hurt (A History of Violence, L’Incroyable Hulk) en Général Thaddeus ‘Thunderbolt’ Ross et Martin Freeman (Le Hobbit : Un voyage inattendu, Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées).

Captain America : Civil Wars reprend là où Avengers : L’ère d’Ultron s’était arrêté.

Captain America dirige désormais l’équipe des Avengers dans leur combat pour protéger le monde. Mais suite à un incident lors d’une mission, les héros provoquent de graves dommages collatéraux.

La pression politique augmente alors et un système délimitant leurs actions et décidant de leurs interventions est mis en place.

Cette nouvelle organisation mondiale crée des tensions au sein du groupe tandis qu’une menace sans précédent gronde à l’horizon…

 

Le Plus Beau Des Chemins: Musique, Bande Originale

Le Plus Beau Des Chemins – La B.O./Trame Sonore/Soundtrack

À Prendre Et À Laisser

Il y a à prendre et à jeter dans la bande originale du film Le Plus Beau Des Chemins. En effet, deux albums bien distincts la composent. D’un côté « l’original score », autrement dit la trame sonore, composée par Mark Isham (48h Chrono, La Conspiration). De l’autre « l’original soundtrack », autrement dit la musique réellement. L’écart entre ces deux partitions est absolument gigantesque : d’un côté une trame catastrophique, de l’autre une musique bien meilleure. Oui la trame sonore est une catastrophe et vient s’ajouter à l’affiche du film comme mauvais présage. Elle sonne comme celle d’une bluette vue mille fois au cinéma, celle d’un film « américain » dans la mauvais sens du terme, dégoulinante d’eau de rose et de bons sentiments.

Oui la musique est une réussite, alignant les chansons rock/country comme seuls les États-Unis savent en produire, alignant des stars du genre telles que Black Pistol Fire, Pistol Annies sans oublier l’immense Ben Harper. Bref de la bonne, qui sent les grands espaces, les prairies sur lesquelles galopent encore des mustangs et les soleils couchants sur un horizon infini. Voilà donc ce qu’est la bande originale du Plus Beau Des Chemins : un contraste saisissant, presqu’une opposition entre une trame sonore sirupeuse jusqu’à la nausée et une musique qui sent l’invitation à une soirée square dance.

Sortie : 9 avril 2015

Distributeur : Milan Music

Durée : 90’

Tracklist :

Originale Score :

1. Ruth And Ira 1’53

2. In The Saddle 2’56

3. Picnic 1’21

4. Date Ends Early 1’53

5. Saving Ira 1’10

6. Calling Luke 1’33

7. Good Shabbos 2’08

8. Nice Walk Home 1’26

9. Proposal 0’48

10. Beach Frolic 0’37

11. War 3’46

12. Ruth’s Struggle 0’46

13. New House 0’58

14. Making Up 1’08

15. Shower Love 1’40

16. Riding Tutorial 1’33

17. Black Mountain 2’11

18. Daniel And Rurh 2’10

19. Childless 1’41

20. YouTube Research 2’48

21. How I Love You Now 2’20

22. Growing Old Together 1’58

23. Ruth’s Legacy 1’50

24. Mom’s Advice 1’27

25. Postcards From Ira 2’21

26. Defeating Rango 4’11

27. The Longest Ride 1’04

28. Luke And Sophia 2’28

Original Soundtrack :

1. Wildfire par Seafret 3’46

2. Blue Eyes par Middle Brother 4’05

3. Sleep With A Stranger par Nikki Lane 3’35

4. Learn It All Tomorrow par Ben & Ellen Harper 3’03

5. Backwoods Company par The Wild Feathers 3’05

6. I Feel A Sin Comin’On par Pistol Annies 3’19

7. Oh, Tonight par Josh Abbott Band feat. Kacey Musgraves 3’26

8. Show Pony par Balck Pistol Fire 3’47

9. Dancing To The Radio par Adanowsky 3’28

10. Love Like This par Kodaline 3’37

11. Desire par Ryan Adams 3’41

Auteur : Freddy M.

Le Prochain Coen Avec Dolph Lundgren

Dolph Lundgren chez les frères coen 

Dolph Lundgren, l’armoire à glace, star des films d’action et spécialiste des arts martiaux jouera dans le prochain film des frères Coen, présidents du jury du 68e Festival de Cannes.

Hail Caesar17ème film des deux frères, raconte l’histoire d’Eddie Mannix, qui a travaillé dans les années 50 comme « fixer » pour la protection des plus grandes stars hollywoodiennes et surtout de leur image.

Dolph Lundgren rejoindra un casting déjà bien fourni aux côtés de Josh Brolin (Avengers : l’Ere d’Ultron, Les Gardiens de la Galaxie), Channing Tatum, Scarlett Johansson, George Clooney, Tilda Swinton (Only Lovers Left Alive), Ralph Fiennes (Dragon Rouge) et Jonah Hill, ainsi que l’actrice préférée des réalisateurs, Frances Mc Dormand (Burn After Reading).

Lundgren, champion de karaté dans sa Suède natale, s’est fait un nom en tournant dans Rocky IV et Universal Soldiers.

L’acteur a déclaré qu’il était surpris d’être dans le film : « Ça a été un choc. Ils m’ont appelé sans prévenir il y a quelques mois (…) Ils voulaient quelqu’un pour jouer un commandant de sous-marin. Je suppose qu’ils voulaient un personnage emblématique pour surprendre le public. Ce sont des mecs sympas. Je suis évidemment un très grand fan. Jamais je n’aurais imaginé jouer dans l’un des films des frères Coen mais je crois que ça y est ! »

Hyena, un film de Gerard Johnson : Critique

Synopsis : Michael Logan est un mélange complexe d’alcoolique occasionnel et d’officier de police corrompu. Mais l’univers sinistre dans lequel il évolue est en pleine mutation. L’arrivée en masse de gangsters sans pitié venus d’Albanie menace de bouleverser le paysage criminel londonien. Jusqu’ici son instinct lui avait toujours donné une longueur d’avance, mais son comportement de plus en plus autodestructeur et la brutalité des nouveaux chefs de gangs vont le plonger dans une spirale de peurs et de doutes.

Dans les bas-fonds de Londres

Ce film est un polar sombre et violent, adoubé par Nicolas Winding Refn, déclarant « le futur du thriller a un nom : Hyena« . Sa déclaration est à l’image de son cinéma : excessif. Régulièrement, un film reçoit les louanges d’un réalisateur prestigieux, comme Quentin Tarantino avec Big Bad Wolves, qu’il avait qualifié de « meilleur film de l’année 2013 ». Là aussi, son enthousiasme ne fût pas vraiment partagé. Comme souvent, tout est une question de goût, d’humeur et de sensibilité.

Hyena nous plonge dans différents univers, celui de la corruption dans la police, à travers une équipe de quatre personnages, emmenée par le charismatique Michael Logan (Peter Ferdinando). L’entrée en scène de ces hommes est violente, malgré leurs tenues de policiers, on se demande, si ce ne sont pas des malfaiteurs. Ils ont des physiques imposants et jouent de cette ambiguïté, tout en abusant de l’alcool et de la drogue. Ils font penser à l’unité antigang de la série The Shield, avec cette ligne entre le bien et le mal, devenue si infime, que l’on ne sait plus qui ils sont vraiment, malgré leurs plaques. On va les suivre dans un Londres sale et malsain, où s’affrontent les mafia turques et albanaises, pour le contrôle de la drogue. Mais pas seulement, car il y a aussi la traite des blanches, sous les traits d’Ariana (Elisa Lsowski). Dans ce monde, il n’y a pas de règles, seule la violence est dominante.

On est frappé par l’esthétique du film Hyena, dès la première scène, où la brutalité des faits est fascinante, dans une boite de nuit, illuminée par des spots d’une bleutée envoûtante, le tout sous la musique hypnotique de Matt Johnson. On comprend mieux l’engouement de Nicolas Winfing Refn pour ce thriller, tant cela ressemble à son cinéma. Gerard Johnson maîtrise l’espace à merveille, aussi bien dans le calme, que dans la tempête. Il colle aux basques de son anti-héros Peter Ferdinando, en s’enfonçant avec lui dans les profondeurs de cette ville, où sévit la violence sans limites. Le ton est donné dès le premier meurtre, les Albanais ne font pas de sentiments, c’est un adversaire redoutable, avec lequel il va tenter de s’allier, pour continuer à vivre de la corruption et de ses vices.

C’est un Londres cosmopolite, où se croise les Anglais, Turcs et Albanais, où fusent les réflexions racistes et où se mélangent les traditions culturelles et folkloriques. Les policiers côtoient les voyous, en adoptant leur train de vie, tout en étant sous la surveillance de la police des polices. Un adversaire supplémentaire, dans un récit qui se veut déjà dense et ambitieux. L’intensité des débuts s’efface peu à peu, face aux multiples intrigues et personnages. Le rythme du film s’en trouve pénalisé, avec aussi l’introduction de David Knight (Stephen Graham), qui semble à avoir du mal à se défaire de son interprétation d’Al Capone dans Boardwalk Empire. Il en a gardé les excès et manque de subtilité, dans un rôle, qui en avait besoin.

Le côté obscur de l’être humain est souvent celui qui nous attire le plus et George Johnson, en joue à merveille. On peut lui reprocher d’encenser la violence, qui nous procure souvent des poussées d’adrénaline, en nous secouant dans notre fauteuil, tant elle est brusque et brève. Mais malgré des moments de répits, il ne nous laisse que peu d’espoir et la fin se dessine inexorablement, en se traînant , comme s’il ne s’avait plus quoi faire d’eux, jusqu’à un final frustrant et faussement surprenant.

Le film est brillant dans sa première partie, c’est intense et palpitant. George Johnson s’est inspiré du Bad Lieutenant d’Abel Ferrara pour le personnage de Michael Logan, aussi fascinant que celui interprété par Harvey Keitel, sans toutefois en atteindre la folie excessive. Même si cela reste sombre et étouffant, la seconde partie ne fonctionne que par intermittence, et souvent grâce à la violence. Les enjeux sont pourtant importants et les masques tombent, mais il y a une baisse d’intérêt, rendant le temps plus long. On reste sous le charme de la caméra de George Johnson, surtout dans les bars et boites de nuits, avec cette alternance de bleu et de rouge.

Un polar pas vraiment réussi, mais qui donne envie de suivre les traces de George Johnson. Il y a des scènes et des images qui marquent l’esprit, tout en nous mettant parfois mal à l’aise. Une violence esthétique et fascinante, dans un Londres, où l’argent reste le seul moteur en ce monde, que ce soit pour les financiers ou les voyous et policiers, où seule l’apparence est différente.

Hyena : bande-annonce

Fiche technique : Hyena

Royaume-uni – 2014
Réalisateur : Gerard Johnson
Scénario : Gerard Johnson
Distribution : Peter Ferdinando, Stephen Graham, Neil Maskell, Elisa Lasowski, Myanna Buring, Richard Dormer, Gordon Brown et Tony Pitts
Musique : Matt Johnson
Productions : Film4 et Number 9 Films
Distribution : Le Pacte et The Jokers
Durée : 112mn
Genre : Policier et Drame
Sortie France : 6 Mai 2015

Rétro Coen : Intolérable Cruauté – Critique Du Film

Dixième film des frères Coen, Intolérable Cruauté affiche un casting alléchant : Georges Clooney en avocat brillant mais blasé et Catherine Zeta-Jones en femme fatale manipulatrice forment le duo de tête de cette parodie de comédie romantique que nous offrent les frères Coen, après s’être essayés aux genres du film noir (Miller’s Crossing, Fargo, The Barber) et du western (O’Brother). Les deux réalisateurs s’amusent à déconstruire les clichés de l’écriture romanesque qu’ils remplacent par un chassé-croisé amoureux loufoque, où l’ambition de l’un et la vénalité de l’autre rendent toute sincérité impossible.

Une rencontre inattendue

Intolérable Cruauté, c’est l’histoire d’une rencontre fortuite de deux êtres amoraux et cupides. Lui, c’est Miles Massey, beau-gosse richissime qui n’a plus rien à attendre de la vie. Célèbre avocat spécialisé dans les divorces, il a même un contrat prénuptial à son nom, le « Massey pre-nup ». Président de la National Organization of Matrimonial Attorney, l’association des avocats du divorce, Miles Massey est maître dans l’art de gagner des procès a priori perdus d’avance. À l’image de celui de son client Rex Rexroth, millionnaire abruti qui passe sa vie à tromper sa femme.

L’heureuse épouse de ce vieux sympathique, c’est Marylin Rexroth, croqueuse d’hommes à la limite du vulgaire, aux lèvres pulpeuses et regards lascifs : drôle d’association que ce vieux millionnaire et cette bombe sexuelle, on se dit bien que quelque chose ne tourne pas rond. Lorsque Marylin demande le divorce alors qu’elle a obtenu la preuve visuelle des coucheries de son mari, Miles n’est pas dupe : la belle ne veut rien d’autre que gagner son indépendance financière, sa villa de luxe et sa piscine. Un jeu du chat et de la souris débute alors entre nos deux protagonistes qui ont de sérieux atomes crochus : Miles tombe tout de suite sous le charme de Marylin, alors même qu’il va par un coup de maître lui faire perdre le procès et donc tout l’argent qu’elle pensait toucher.

Les frères Coen poussent le chassé-croisé amoureux à son paroxysme, puisque c’est ensuite Marylin qui va piéger Miles, devenu l’espace d’un instant sincère – notamment lors d’une scène mémorable où il se lance dans une apologie de l’amour et se plaint du cynisme ambiant.

Une parodie de comédie romantique

Les frères Coen adorent parodier, c’est bien connu. Ils jouent avec les genres cinématographiques comme d’autres jouent avec les mots : Intolérable Cruauté n’échappe pas à la règle. Le jeu des acteurs est tellement accentué qu’il en devient caricatural. De Clooney, on ne voit que les dents parfaitement blanches et le smoking flambant neuf. Le film fait aussi référence à la carrière de l’acteur, notamment à son rôle dans le soap-opera médical Urgences.

Intolérable Cruauté semble nous dire : nous sommes tous des acteurs, cachés derrière notre cupidité et nos mensonges, un « message » moralisateur qu’on regrette un peu pour son simplisme. En même temps, la critique est moins évidente qu’elle en a l’air. Les frères Coen s’amusent à reprendre les codes de la comédie romantique, tant et si bien que l’on ne sait plus trop s’ils en rient ou s’ils y croient eux aussi.

Intolérable Cruauté marque la seconde collaboration des frères Coen avec George Clooney après O’Brother. L’acteur colle parfaitement à l’univers décalé et fantaisiste des deux réalisateurs, fondé sur des personnages excentriques et hors normes. Face à lui, l’actrice du sulfureux Chicago était toute choisie pour interpréter la sensuelle mais dangereuse Marylin, aux pattes de velours mais aux griffes d’acier : un casting réussi donc, pour un film léger, drôle et modeste.

Synopsis : Miles Massey, célèbre avocat des cas de divorces difficiles, ressent un grand vide existentiel. Marylin Rexroth, quant à elle, espère faire carrière en « plumant » de richissimes maris. Lorsqu’elle divorce, Miles Massey l’empêche de toucher l’argent de son mari Rex Rexroth, elle ne pense plus alors qu’à se venger de l’avocat en feignant d’en tomber amoureuse.

Intolérable Cruauté : Bande-annonce

Fiche Technique – Intolérable Cruauté:

États-Unis – 2008
Réalisation: Joel Coen, Ethan Coen
Image: Emmanuel Lubezki
Montage: Joel Coen, Ethan Coen
Musique: Carter Burwell
Producteur: Tim Bevan, Eric Fellner, Joel Coen, Ethan Coen
Interprétation: George Clooney (Harry Pfarrer), Brad Pitt (Chad Feldheimer), Frances McDormand (Linda Litzske), John Malkovich (Osbourne Cox), Tilda Swinton (Katie Cox), Richard Jenkins (Ted Treffon)…
Date de sortie: 10 décembre 2008
Durée: 1h35

Soirée: “Les Super-Héros : Dieux d’Hollywood »

Une soirée spéciale ciné avec 3 super-héros !

En l’honneur de la parution du numéro hors-série des inRocKuptibles « Les Super-Héros Dieux D’Hollywood », une rencontre a eu lieu hier soir à la Librairie du Cinéma du Panthéon dans le Vème arrondissement parisien. Cet espace dédié spécialement à la culture cinématographique (scénarios, dvd, romans dédicacés, cartes postales et revues selon les genres) était décoré pour l’occasion.

Trois talentueux journalistes des inRocks, auteurs de ce numéro spécial, étaient présents dans le quartier de la Sorbonne pour nous éclairer de leurs lumières : Jacky Goldberg, Jean-Marc Lalanne et Théo Ribeton. Autant vous dire que les trois rédacteurs sont des puits de sciences. Après nous avoir fait un retour chronologique sur les super-héros dans l’histoire du cinéma et un parallèle avec les comics Marvel, ils ont imaginé les héros de demain et les prochains blockbusters.

Entre la sortie d’Ant-Man de Peyton Reed (avec Paul Rudd) prévue en juillet prochain, le Batman vs Superman de Zack Snyder (Man of Steel) et les super-vilains de Suicide Squad en 2016, les films de super-héros ont encore de beaux jours devant eux. Pour paraphraser nos journalistes, « les Studios Marvel auront toujours de la ressource ».

Trailer officiel d’Ant-Man :