Son Of A Gun, un film de Julius Avery: Critique

Synopsis : Un délit mineur conduit JR derrière les barreaux pour un séjour de 6 mois. Au milieu des malfrats de grande envergure, JR perdra la coupe cheveux longs rebelle et avec elle l’innocence juvénile. Ses aptitudes au jeu d’échecs lui permettront d’être repéré par un braqueur de haut vol, Brendant Lynch, chef de gang crasseux néanmoins accessible. En échange de son aide pour une évasion ambitieuse par les airs, JR sera protégé, évitant ainsi bien des déconvenues.

Le rôle principal est tenu par Brenton Thwaites, jeune acteur australien de 25ans, qui a entre autres incarné le Prince Philippe dans Maléfique et qui sera à l’affiche de Pirates des Caraïbes : Les Morts Ne Parlent Pas à sortir dans les salles en 2017. Ses yeux et son corps vigoureux traduisent la juste mesure de la crédulité pervertie par l’application du dicton « Quitte à être puni pour un œuf, autant se taper un bœuf ».

Ewan McGregor quant à lui, semble entamer une reconversion dans l’habit de l’antihéros barbu, entretenant une partie d’échecs avec « Oncle » Sam, libre comme l’air à l’extérieur du trou ; d’ailleurs vêtu de blanc, signe qu’au sommet de la hiérarchie on ne se salit jamais les mains.

La rencontre des deux protagonistes intervient déjà dans l’épilogue, sans que l’on sache vraiment qui est JR, ni connaître les raisons qui ont amenées Brendant en prison. Le spectateur pourra attendre, en vain, qu’on l’invite à s’attacher à la psychologie des rôles; cette rencontre maladroite est trop subite, la suite n’est plus opportune pour traiter les antécédents des profils. La séquence aurait gagné en profondeur en étant mieux orchestrée, à l’aplomb de l’intérêt du spectateur pour les personnages, acquis avec davantage de préparation. L’accroche initiale par le biais du jeu est bancale, tout bonnement invraisemblable.

La distribution a audacieusement attribué un rôle fort à McGregor qui, malgré des soubresauts, ne parvient pas vraiment à convaincre. Si l’on peine à dévisager ce qui flanche dans le premier tiers du métrage, le corps révèle clairement que c’est non moins l’écriture modeste des rôles et les faibles dialogues, que sa propre prestation, qui pèchent.

Le scénario, doucement conventionnel, passe sur bon nombre de détails qui auraient pimenté le récit. Manquant d’originalité, le potentiel percutant se désagrège, laissant surgir la banalité du film d’action simpliste. La réalisation suit JR pas à pas; souvent caméra à l’épaule, on pourra lui reprocher de sautiller ou de n’être pas toujours opportune. L’image reste étroite et se fait avare des beaux paysages d’Australie. Il faudra se contenter des quelques passes d’armes et courses poursuites, certes réussies, qui finiront par camper les vrais fondements du film. La B.O., disons-le, est communément montée de quelques notes en Reverb, qui trouvent la bonne résonance vis-à-vis de la scène qu’elles viennent appuyer. Un point positif de ce côté-là.

Si Son of a Gun n’est pas l’œuvre que l’on pourrait aduler, il lui reste l’avantage du divertissement. Le film rappelle tout de même que la prison est loin d’être le curatif du crime, et qu’au contraire elle l’encourage. Au-delà de la rigidité carcérale ressort l’absurdité de mélanger les fautifs de tous horizons, sans la volonté d’étudier au cas par cas la possibilité d’une réintégration. Le système qui consiste à mettre hors du circuit les tréfonds de la criminalité fabrique finalement de nouveaux prétendants au brigandage. Une sorte de roue qui tourne…sans jamais s’arrêter.

Bande Annonce – Son Of A Gun

Fiche technique – Son Of A Gun

Titre original : Son of a Gun
Réalisation : Julius Avery
Scénario : Julius Avery
Décors : Fiona Crombie
Photographie : Nigel Bluck
Son : William Ward
Montage : Jack Hutchings
Musique : Jed Kurzel
Production : Timothy White
Société(s) de production : Altitude Film Entertainment, Media House Capital et Southern Light Films
Société(s) de distribution : Entertainment One
Distribution : Brenton Thwaites, Ewan McGregor, Alicia Vikander, Matt Nable, Jacek Koman, Damon Herriman, Tom BUdge & Nash Edergton
Sortie: 1er mai 2015 en e-cinéma

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