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Extraordinary Tales de Raul Garcia: Critique DVD

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Depuis le 1er Décembre, BAC film propose 5 courts métrages adaptés de célèbres nouvelles d’Edgar Allan Poe réunies sur une seule galette pour la modique somme de 14,99 euros. L’occasion de découvrir un animateur peu connu, Raul Garcia et ses univers graphiques variés, mais surtout de redécouvrir l’univers gothique et torturé du célèbre écrivain américain.

Synopsis : Extraordinary Tales présente cinq histoires, cinq ambiances graphiques différentes, grâce auxquelles les artistes ont exprimé au mieux la complexité et la noirceur de l’univers d’Edgar Allan Poe.

Une curiosité qui peut valoir le détour, surtout pour les amateurs de fantastique et d’épouvante qui défrise. Les fanas d’animations qui souhaitent se confronter à autre chose que du Pixar ou du Dreamworks peuvent également jeter un œil, ils ne seront pas déçus devant la variété des univers proposés. Toutefois cette édition n’est pas exempt de défauts.

Comme toute anthologie qui se respecte, il est difficile de ne pas juger les films les uns par rapports aux autres, et forcément certains paraîtront un peu faibles tandis que d’autres marqueront durablement les esprits. Surtout dans ce cas précis où les univers graphiques sont aussi radicalement variés. Le gros point faible de cette édition reste surtout cette tentative de lier les courts métrages par un fil directeur un peu faible, mettant en image l’auteur sous la forme d’un corbeau qui discute avec la mort. Une mise en bouche pas terrible, animée avec peu de génie, qui ne dynamise pas vraiment l’ensemble. Ces intermèdes ont même plutôt tendance à faire retomber la tension, parfois forte, qui se dégage des films à proprement parler, enchaînant les poncifs sur Poe (l’obsession de la mort, le corbeau…) sans jamais atteindre la poésie du maître. Pour ce qui est des histoire adaptées, ce sont surtout des classiques parfois portés à l’écran de nombreuses fois. Le réalisateur se contente de suivre le texte à la lettre, mais réserve parfois de belles surprises.

La chute de la maison Usher ouvre le bal. Probablement le plus classique de tous (déjà adapté par Jean Epstein et Roger Corman au cinéma) et également le plus faible. Animé en 3D, les personnages, de par leurs formes caricaturales (Roderick est grand et effilé) rappellent un peu trop l’univers de Tim Burton, bien que le dossier de presse préfère parler d’expressionnisme allemand. Un héritage difficile à cacher, surtout quand le grand Christopher Lee s’occupe de la narration. Si son timbre de voix caverneux sied parfaitement à l’univers de l’écrivain, il apparaît gênant de l’entendre faire la voix des deux personnages, marquant le fait que le texte est lu, et non raconté naturellement. L’histoire elle-même déçoit, car malgré sa fidélité au texte, Raul Garcia se précipite, enchaîne les événements dans un temps très court et oublie de poser véritablement une ambiance forte. Néanmoins, le clou du spectacle reste un jump-scare particulièrement bien mené, beaucoup plus efficace que nombre de productions horrifiques contemporaines.

Deuxième film présenté, Le cœur révélateur est sûrement la pépite de cette anthologie. Principalement parce que l’univers graphique détonne au milieux de toute ces relectures gothiques. Transposition animée de l’adaptation dessinée d’Alberto Breccia, l’image composée exclusivement d’aplat noir et blanc présente un univers contemporain du nôtre. L’angoisse des personnages est déjà palpable au travers des images qui s’impriment sur notre rétine pour ne plus jamais en partir. Le deuxième coup de génie est sur la bande son. La voix de Bela Lugosi, probablement reprise sur une vieille lecture enregistrée, raconte les pensées d’un personnage paranoïaque. Son accent si particulier et ses intonations appuyées renforcent la folie du personnage, tandis que le grésillement significatif des vieux enregistrements radio laissé tel quel appuie la dimension claustrophobe de ce huis-clos diablement efficace. Si la résolution peut paraître superficielle, l’angoisse reste bien réelle.

La vérité sur le cas de M. Valdemer nous ramène vers des horizons plus classiques. Imitant les gravures des vieux ouvrages fantastiques, auquel il ajoute des éléments de comics américains (des phylactères apparaissent à l’écran pour dynamiser la scène). L’objet possède une pâte visuelle qui n’est pas inintéressante, le récit en revanche n’est pas particulièrement emballant avec son histoire mélangeant hypnose et mort-vivants, intégralement racontée par l’acteur Julian Sands. Ça se laisse regarder sans déplaisir, mais en terme de découpage narratif on a vu mieux.

Autre grand classique, Le puits et le pendule marque surtout pour sa qualité graphique, avec un travail saisissant sur les textures de l’eau et des matières qui donnent à l’ensemble une dimension tactile impressionnante. En revanche le récit paraît décousu et le rapport entre les deux objets du titre reste assez fumeux. Certains choix de mise en scènes, notamment les jeux de lumières, annulent totalement la sensation d’enfermement dans le noir induite par le récit. Difficile de comprendre pourquoi le personnage se déplace à tâtons et se prend tous les murs de sa cellule quand celle-ci nous semble plutôt bien éclairée. L’erreur vient peut-être du choix du texte lui même. Certaines œuvres devraient rester à jamais sur le papier. A noter tout de même la présence étonnante du réalisateur Guillermo Del Toro dans le rôle du narrateur.

Pour finir, Raul Garcia adapte l’un des plus fameux texte de Poe : Le masque de la Mort Rouge, déjà porté a l’écran par Roger Corman avec Vincent Price. Le premier donne d’ailleurs de la voix, clôturant la liste des invités prestigieux de cette anthologie. Inutile toutefois de s’extasier sur ce point, l’homme ne délivrant qu’une seule phrase sur ce dernier court-métrage quasi-intégralement muet. Le choix n’est toutefois pas insensé, le réalisateur préférant développer une ambiance plutôt que de s’assujettir au texte original (contrairement aux autres films). Néanmoins, si le visuel inspiré des tableaux des peintres Goya et Egon Shiele donne une ambiance onirique réussie, le manque de rythme ne permet pas vraiment de retranscrire la dimension orgiaque des fêtes du prince. Le fameux invité masqué n’apparaissant qu’à la fin, on retrouve le même problème que dans La chute de la maison Usher, la tension ne monte jamais et la résolution paraît un peu expédiée.

Si Extraordinary Tales n’est pas un incontournable de l’animation, il n’en reste pas moins une curiosité intéressante. Les amateurs d’Edgar Allan Poe y trouveront probablement leur compte car l’adaptation est faite avec beaucoup de respect. Les passionnés d’animations découvriront chez Raul Garcia un habile faiseur d’images, mais seront sûrement déçus par le manque d’audace du réalisateur, notamment en terme de narration. Toutefois l’univers de l’écrivain est bien présent et même si ses admirateurs s’en doutent un peu, mieux vaut prévenir, ce DVD n’est pas pour tous les publics.

https://www.youtube.com/watch?v=a4h_AmPuB9M

Fiche technique : Extraordinary Tales

Réalisateur : Raul Garcia
Pays : Etats-Unis
Langue : Anglais
Sous-Titres : Français
Format : Couleur, 1.85, 16/9 compatible 4/3
Durée : 1h13
Éditeur : BAC film

Vue sur mer, un film d’Angelina Jolie : Critique

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On ne les avait plus vus ensemble au cinéma depuis Mr. & Mrs. Smith, il y a dix ans. Le couple Brad Pitt / Angelina Jolie nous revient avec une histoire de ménage au bord de la rupture. Finis les tueurs surentrainés qui règlent leurs comptes à grands coups de gunfights chorégraphiées, les deux acteurs-stars incarnent cette fois deux  bobos new-yorkais qui devront surmonter leurs difficultés en allant au-devant de leurs névroses.

Synopsis: Dans les années 70, Roland et Vanessa sont un couple de new-yorkais qui viennent passer ses vacances dans un hôtel luxueux du sud de la France. Alors que leur mariage est compromis par leur relation en crise, la rencontre qu’ils font avec Léa et François, leurs voisins de chambre, va remettre un peu de piment dans leur vie sexuelle.

Une passion amorale qui manque de mordant

Pour son troisième film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie met donc de côté la dimension spectaculaire et humaniste qu’elle avait intégrée aux deux précédents pour tenter de se focaliser sur le traitement psychologique des personnages qu’elle s’octroie à elle-même et à son mari –ce qui est là-aussi une première. On pourrait même aller plus loin en affirmant que ce sont les reproches qui lui ont été faits suite à son précédent film Invincible, à savoir un classicisme hollywoodien trop pesant et un message patriotique criant, qui l’ont poussée à s’essayer à un exercice de style qui se rapprocherait de l’idée que les Américains peuvent avoir du cinéma d’auteur européen.

C’est ainsi que l’action se retrouve délocalisée dans une Côte d’Azur de carte postale (dans des décors qui ont en vérité été tournés sur l’île de Malte), que le casting se compose d’acteurs français et que la lumière est assurée par le chef opérateur de Michael Haneke. Mais, au-delà de ça, si l’érotisme vintage rappelle l’œuvre de Tennessee Williams, on peut rapprocher la théâtralité de la mise en scène au cinéma français, le rythme languissant et peu bavard à celui des œuvres d’Ingmar Bergman ou Michelangelo Antonioni, et surtout la thématique du voyeurisme à certains des meilleurs films d’Alfred Hitchcock. Tant de sources d’inspiration qu’Angelina Jolie essaie tant bien que mal à digérer mais sans jamais accéder au niveau de maitrise de ses illustres modèles. Dès sa présentation à l’American Film Institute, les critiques américaines ont fustigé le film, lui reprochant « sa durée trop étirée » et « son manque de dynamique dramatique ». Des défauts que les spectateurs français peuvent plus aisément acquiescer et que l’on pouvait justement mettre sur le compte du fait que le public visé était plus européen. L’espoir était donc permis de voir un drame psychologique dont la finesse aurait échappé aux spectateurs d’outre-Atlantique, d’autant que la présence de quelques-unes de nos stars de chez nous rendait l’affiche alléchante.

Pour une fois, il nous est impossible de ne pas partager l’avis des Américains concernant le manque de dynamisme du long-métrage. La nonchalance dont fait preuve la réalisatrice se serait parfaitement aligné sur un format plus court que les deux heures dix que dure le film. La succession de longueurs qui en résulte aurait pu ne pas être à ce point rédhibitoire si les deux personnages principaux avaient été un minimum attachant. Le couple sur lequel se focalise la narration est composé de deux personnages caricaturaux au possible : Brad Pitt en écrivain qui noie son manque d’inspiration dans l’alcool et Angelina Jolie (dont la maigreur est de plus en plus inquiétante !) en bourgeoise dépressive et terriblement hautaine. Plus le film avance, plus les tensions et les névroses deviennent importantes au sein de ce couple, et poussent les deux interprètes à cabotiner au point de perdre peu à peu en vraisemblance. Les acteurs secondaires en revanche sont bien plus convaincants : Dans le rôle du couple de voisins, Mélanie Laurent et Melvil Poupaud apportent une sensualité rafraichissante tandis que, dans le rôle du veuf plein de chagrin et de sagesse, Niels Arestrup est comme à son habitude irréprochable. La façon dont la perversité voyeuriste va permettre à ce couple de vivre par procuration la sexualité qu’ils n’arrivaient plus à avoir est un spectacle tout d’abord sembler dérangeant, voire même fascinant. Mais la façon dont, au bout d’une heure, ces scènes d’espionnage intime vont se répéter sans que la situation n’avance plus, va faire naitre une profonde lassitude qui n’ira qu’en s’aggravant jusqu’à cette conclusion fleur-bleue tristement prévisible.

La tentative d’Angelina Jolie de s’essayer à du cinéma plus auteuriste et personnel se retourne finalement contre elle, tant la dimension auto-thérapeutique est rendue flagrante par l’octroi des rôles à son propre couple, et fait souffrir ce film, déjà laborieux et maladroit, d’un nombrilisme assez malvenu au vu du sujet. Malgré son charme solaire et son ambiance moralement malsaine, Vue sur mer ne parvient pas à séduire et prend l’allure d’un long, très long, essai dont la sensibilité n’est qu’artificielle.

Vue sur mer – Bande annonce

Vue sur mer – Fiche technique

Etats-Unis
Titre original : By the sea
Genre: Drame, romance
Durée: 120min
Sortie en salles le 09 décembre 2015
Réalisation : Angelina Jolie Pitt
Scénario : Angelina Jolie Pitt
Interprétation : Angelina Jolie Pitt (Vanessa), Brad Pitt (Roland), Mélanie Laurent (Léa), Melvil Poupaud (François), Niels Arestrup (Michel), Richard Bohringer (Patrice)
Photographie : Christian Berger
Décors : Jille Azis
Costume : Ellen Mirojnick
Montage : Patricia Rommel, Martin Pensa
Musique : Gabriel Yared
Producteurs : Angelina Jolie Pitt, Brad Pitt
Sociétés de Production : Universal Pictures, Jolie Pas, Plan B Entertainment
Distributeur: Universal Pictures International France
Budget : NR
Festival: Film d’ouverture à l’AFI Fest en novembre 2015

The Leftovers, saison 2: Critique Serie

Synopsis: Après le Memorial Day de la saison dernière par la secte qui a plongé Mapleton dans le chaos, la saison 2 prendra un nouveau départ. Kevin Garvey a pris sa retraite de son poste de chef de la police de Mapleton et se déplace avec sa nouvelle famille au Texas. Il est accompagné de Nora Durst, qui a découvert un nouvel objectif dans le bébé qu’elle a trouvé sur le seuil de Kevin en laissant derrière elle Mapleton et l’incroyable tragédie qu’elle a subie.

Tourner la page (ou ne jamais le faire) 

La jeune série de HBO, âgée de 2 saisons seulement, faisait-elle ses adieux en ce début de mois de décembre ? AVONS-NOUS RÉELLEMENT BESOIN DE CE GENRE DE NOUVELLE ? Il faut dire que si jamais la chaine renouvelait le show, cela constituerait presque une incompréhension aux vues de ses audiences catastrophiques, principal et seul handicap de la série. Mais gardons espoir, car après tout les miracles existent. Et quand bien même l’aventure s’arrêterait ici, cette saison 2 trouverait sa place immédiate au sein des plus belles expériences télévisuelles des années 2010, notamment grâce à ce goût de finitude qui nous est trop souvent refusé dans le milieu ultra addictif de la série télé. Car là où le twist et la surenchère règnent en maitre, parfois au détriment de la cohérence du récit, et souvent sans se préoccuper de la santé mentale du spectateur, The leftovers s’en émancipe et nous offre une saison 2 autonome, complète, parfaite.

La saison 1, orchestrée par Damon Lindelof, (scénariste de la série Lost et de Star Trek into Darnkess), était une adaptation du roman de Tom Perrota (les disparus de Mapleton). Ayant épuisé la source littéraire les deux hommes montent de toute pièces la suite de la série, toujours bâtie sur le même postulat étrange et génial que 2% de la population a disparu de la surface de la planète. Soit 140 millions de personnes évaporées, balayées par l’inexpliqué et l’inexplicable ; le pitch de base est ainsi rappelé en image à chaque début d’épisode dans ce nouveau générique, d’une beauté assez cruelle.

The Leftovers, saison 2: générique

Changement de générique donc, changement d’une partie des comédiens, et changement de lieu surtout. Nous retrouvons le désormais civil Kevin Garvey (Justin Theroux), qui a laissé son badge de shérif à Mapleton, catapulté en plein Texas où il a suivi Nora (Carie Coon) dans le village de Miracle, 9261 habitants, 0 disparus. Et des milliers de pèlerins, à moitié fous, à moitié perdus, qui affluent devant le pont hautement gardé qui protège la petite ville du monde extérieur et de ses dérives. Une communauté épargnée, vivant dorénavant recluse derrière ses grilles et son sentiment religieusement habité de faire partie des plans de Dieu. Une communauté a priori hermétique à la folie qui a embrasé le monde et éteint le semblant de rationalité que les hommes s’efforçaient de maintenir. Une communauté qui aimante forcément nos protagonistes, et dans un premier temps le pasteur Matt Jamisson et sa femme, toujours muette, encore immobile, absente. Un couple que l’ecclésiaste persiste à faire exister, dans son unilatéralité, voire son absurdité, mais essentiellement dans sa beauté. Matt est arrivé à Miracle comme un pèlerin, persuadé de son aura mystique qui pourrait être l’antidote à la disparition psychique de sa femme. Outre le terrible talent de son interprète Christopher Eccleston, le personnage de Matt témoigne encore une fois de toute l’intelligence des scénaristes, qui conçoivent chaque individu comme une réponse spécifique, singulière, à ce fameux 14 novembre, jour de la disparition, et maintenant jour du souvenir. La foi joue évidement un rôle prépondérant dans les répercussions sociales d’un tel évènement, avec cette clé de voûte instable qu’est la croyance. Faut-il continuer de croire ? Que croire ? Faut-il arrêter de croire ? Certains y voient une preuve de plus de la toute-puissance divine, d’autres y voient un autre coup sur l’échiquier cosmique, autant de fables, d’hypothèses, de sorcelleries, de sciences que les gens se jettent à la figure pour se refuser à leur propre conclusion : que 140 millions de personnes ne sont plus là, qu’il n’y a pas de coupable, qu’il n’y a pas de vérité. La croyance devient alors très malléable, instrument marketing pour les villageois qui font de Miracle un business juteux ; la croyance cathartique qu’instrumentalisent Tommy et Laurie Garvey pour redonner goût à la vie aux victimes de la secte.

Une secte que l’on retrouve telle que dans la saison 1, admirablement mise en scène, dans cette écume de blouse blanche, et ce nuage de fumée de cigarette qui s’échappe constamment de la bouche de ses membres muets. On retrouve d’ailleurs leur guide, le gourou Patti Levin (Ann Dowd) dans cette saison 2, toujours aussi percutante, qui s’infuse dangereusement dans l’esprit de Kevin : une plaie ouverte dans sa conscience qui l’enchaîne à une folie et l’éloigne de sa famille. Pourtant il ne peut se permettre d’y céder, il doit rester fort pour le bébé qu’il vient d’adopter, pour sa fille que sa mère a failli tuer, pour Nora qui tente de se reconstruire. Mais c’est sans compter sur l’élément dramaturgique de cette nouvelle saison, la disparition de 3 jeunes filles au cœur de Miracle. Toutes les certitudes s’effondrent, et le voile prétendument magique qui recouvrait la ville se déchire, pour finalement mettre en exergue le fait que Miracle subissait de la même façon la situation que le reste du pays. Des séquelles invisibles que certains mettront un point d’honneur à révéler, afin que comme partout le souvenir soit sanctifié. Une manière agressive de placarder la mort d’un mode de vie construit sur l’attachement des uns aux autres où trônait une rationalité qui faisait écran à la vraie nature des choses : celle qui dépasse la compréhension de tous et qui à tout moment peut rafler vos frères, et vos mères. The Leftovers met en scène brutalement l’illisibilité du cosmos, que l’on a tenté de codifier et qui d’un coup ne répond plus à nos règles ; et comment chacun tente d’ignorer ou de s’adapter à ce fait. Du refuge stérile de la religion à la pulsion sectaire, la série ne fait que taper du pied dans la fourmilière et observer.

Avec un casting d’une incroyable densité, une bande originale sublime, une photographie éblouissante, The Leftovers est une intention démiurgique qui redistribue les cartes, joue avec la mort et la vie, la fiction et la réalité. Où l’impossible s’accumule, et l’inconscient s’explore dans un hôtel. Où s’affronte la croyance et l’incompréhension,  la famille et le dénis. Un chef d’œuvre.

The Leftovers, saison 2  : Fiche Technique

Créateurs : Damon Lindelof, Tom Perrotta
Réalisateur: Mimi Leder
Interprétation: Justin Theroux: Shérif Kevin Garvey, Amy Brenneman: Laurie Garvey, Margaret Qualley: Jill Garvey, Chris Zylka: Tommy Garvey, Christopher Eccleston: Matt Jamison, Carrie Coon: Nora Durst, Regina King: Erika Murphy, Kevin Carroll: John Murphy, mari d’Erika, Jovan Adepo: fils d’Erika et John
Scénaristes: Damon Lindelof, Jacqueline Hoyt.
Producteurs exécutifs: Damon Lindelof, Tom Perrotta, Mimi Leder, Tom Spezialy, Peter Berg.
Co-producteurs exécutifs: Gene Kelly, Jacqueline Hoyt, Albert Berger, Ron Yerxa. Scénaristes: Damon Lindelof, Jacqueline Hoyt.
Chaîne d’origine : HBO
Format : 10 épisodes de 50 minutes

 

Le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées Version longue: Critique DVD

20 minutes supplémentaires de fun, c’est tout…

Cela fait déjà presque un an qu’est sorti La Bataille des Cinq Armées dans nos salles. Une conclusion à la trilogie du Hobbit qui s’était montrée plutôt décevante aux vues de ce que le public était en droit d’attendre, s’étant révélée être un divertissement certes spectaculaire et amusant mais au combien incomplet et fait à la va-vite sur certains points. Il ne restait donc plus qu’à attendre la fameuse version longue quelques mois plus tard pour voir si cet ultime voyage en Terre du Milieu vaut vraiment le coup comparé à ce que laissait croire la version cinéma. Sorti dans les bacs depuis le 18 novembre 2015, il est grand temps de vous dire si l’attente valait le coup ! Attention, spoilers en vu !!!

Avant de continuer, il faut tout de même avouer qu’il y avait de quoi appréhender cette version longue. Et pour cause, contrairement à la trilogie du Seigneur des Anneaux qui proposait des montages allant d’une trentaine à une cinquantaine de minutes supplémentaires, celle du Hobbit s’est montrée assez avare de ce côté-là. Il suffit de prendre le premier opus (Un voyage inattendu) qui ne proposait que seulement 8 minutes en plus histoire de rajouter du fan service (Bilbon se promenant dans Fondcombe, par exemple) ou bien des scènes véritablement inutiles (celle du marché dans la Comté). Les choses s’étaient légèrement améliorées avec les 16 minutes de La Désolation de Smaug, mais l’aspect gadget de cette version longue se faisait tout de même ressentir. En est-il de même pour les 20 minutes complémentaires de l’épisode le plus court de la franchise (2h24 au cinéma) ? Malheureusement, oui…

La faute revient une fois de plus au fait d’avoir adapté en trois longs films un livre dépassant timidement les 300 pages. Si Peter Jackson et son équipe s’étaient assez bien débrouillés avec les deux premiers opus malgré quelques « remplissages » en piochant ici et là dans l’univers de Tolkien, cet ultime opus ne cachait plus l’entreprise commerciale d’avoir élargi à l’excès une intrigue plutôt mince. Cependant, 20 minutes supplémentaires pouvaient se montrer idéales pour combler quelques trous au film (surtout au niveau des personnages) et surtout une fin bâclées comme pas possible. Il n’en est rien : le dénouement reste tel quel (hormis une scène rendant hommage à Thorïn et ses deux neveux, morts au combat) et l’ensemble ne propose que quelques séquences en plus lors de ladite bataille. Il est vrai que La Bataille des Cinq Armées peut se vanter d’être plus amusante, surtout avec l’ajout d’une bonne dizaine de minutes d’action bien jouissives, principalement centrées sur les Nains (le passage en char « à la Ben-Hur » tiré par des boucs est un vrai régal). Sinon, il s’agit de plans durant à peine quelques secondes (comme en témoignent l’attaque de Lacville par Smaug ou le combat du Conseil Blanc contre les Nazguls), ni plus ni moins.

Si vous vous attendiez à un peu plus de peaufinage au niveau de l’intrigue et des personnages qui permette à La Bataille des Cinq Armées de ne plus avoir l’air d’être un film expédié, vous serez grandement déçus. Car si vous avez une allusion rapide à la mère de Legolas qui puisse justifier une réplique à la fin du film, vous n’aurez rien d’autre. Que ce soit l’intervention sortie de nulle part de Beorn, le devenir étonnement oublié de Tauriel après la bataille, l’évolution survolée de certains protagonistes importants tels que Bard et Thranduil, vous n’aurez aucune correction qui aurait très bien pu remédier à cette sensation d’avoir vu un film sautant bien des étapes de son propre récit.

Comme pour les films précédents, la version longue de ce troisième opus n’apporte pas grand-chose au montage initial, si ce n’est plus d’amusement et de fan service. En soit, ce n’est pas une mauvaise chose. Mais quand on sait que pour Le Seigneur des Anneaux, chaque ajout améliorait (et pas qu’un peu !) les films initiaux, il y a de quoi être déçu par la trilogie du Hobbit. D’autant plus qu’avec 20 minutes supplémentaires, le public pouvait très bien avoir plus de développement que d’action. Ce qui n’est pas le cas, renforçant les défauts autour de cette franchise, déjà cités maintes et maintes fois.

Indiana Jones, Gremlins, Wolverine, MI6 : les actus ciné en mode sequel

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Actualités cinéma du 29 novembre au 5 décembre : les suites sont de sortie !

Toutes les actus ciné les plus inratables de la semaine sont réunies ici rien que pour vous ! Au programme : des sequels avec le retour des Gremlins, Indiana Jones, Wolverine ou encore Mission Impossible et des remakes avec les bandes-annonces de Kickboxing : Vengeance et Orgueils et Préjugés et Zombies. Eric & Ramzy sont aussi de retour dans la bande-annonce de La Tour 2 Contrôle Infernale. Bref, tout est là, dans ce récap’ des actualités du Cinéma par Cinéséries-Mag :

 Actualités cinéma  :  Gremlins 3

Après la déclaration de Chris Columbus, scénariste des deux premiers Gremlins, qui affirmait qu’aucun remake ne serait fait de son vivant, Zach Galligan (Billy des Gremlins) a récemment confirmé ses propos au sujet de Gremlins 3. Lors d’une intervention dans un cinéma londonien, l’acteur a expliqué :

«Ça ne sera pas un reboot. Ça ne sera pas un remake de quelque façon que ce soit. Gremlins 3 sera dans le même esprit que Jurassic World qui nous projettera 30 ans après. On retrouvera des références à tous les éléments qui se sont produits dans le premier Gremlins et, apparemment, certains des personnages du premier volet réapparaîtront dans le prochain film. Je ne sais pas si je suis dedans ou pas, mais je pense qu’il y a une chance pour que ce soit le cas

 Le trailer de Kickboxer : Vengeance

Kickboxer : Vengeance est le remake par John Stockwell (Blue Crush) du Kickboxer de 1989. On y retrouvera Kurt Sloan (Alain Moussi) qui a juré de venger la mort de son frère Eric, tué par un champion de boxe thaïlandaise (Dave Bautista, Les Gardiens de la Galaxie). Pour cela, il sera entraîné par un maître en arts martiaux, maître Xian Chow joué par JCVD of course. Tandis que Kickboxer : Vengeance est prévu pour 2016, la suite a déjà été annoncée pour 2017 sous le titre de Kickboxer 2 : Retaliation.

 Indiana Jones 5 : jamais sans Harry !

Les rumeurs allaient bon train depuis 2014 avec la possibilité d’un nouvel acteur dans le rôle d’Indy mais depuis octobre, le projet autour d’un Indiana Jones 5 se précise dans le bon sens. Récemment Spielberg s’est confié à Screen Daily :

« Ce n’est certainement pas mon intention de voir un jour un autre acteur chausser ses bottes de la même façon qu’il y a eu plusieurs acteurs dans les rôles de Spider-Man ou Batman. Il n’y a qu’un seul acteur pour interpréter Indiana Jones et c’est Harrison Ford !»

A la radio française RTL, Spielberg a d’ailleurs précisé : « J’espère faire un jour un Idiana Jones 5. J’espère le faire avant qu’Harrison Ford ait 80 ans ou plus.» Et l’acteur de répondre via Entertainment Weekly : « J’aimerais faire un autre Indiana Jones et travailler encore avec Steven. Si nous avons un scénario, j’adorerais le faire !» De notre côté, on a juste envie de dire : « Let’s go ! »

 Mission Impossible 6 : le retour de Mc Quarrie aux commandes 

La tradition voulait que chaque Mission Impossible soit réalisé par un metteur en scène différent (De Palma, Woo, Abrams, Bird et McQuarrie) mais c’est avec beaucoup d’humour que McQuarrie a annoncé son retour sur tweeter. Fin juillet, Tom Cruise avait déjà annoncé qu’il reprendrait du service : «Nous allons commencer à travailler dessus. Nous débuterons probablement l’été prochain.»

 Wolverine 3 : le script est fin prêt !

L’écriture du scénario touche à sa fin et Hugh Jackman va pouvoir enfiler de nouveau son costume de Wolverine et prendre place aux côtés de Charles Xavier. Ainsi, Simon Kinberg a confirmé à Collider :

«Je ne sais pas quand le tournage débutera, mais nous ne commencerons pas avant que tout soit prêt. Nous savons tous que c’est la sixième, septième, ou huitième apparition de Wolverine à l’écran – ça dépend comment vous comptez, et il y a peu de personnages qui ont eu cette importance dans l’histoire du cinéma. Donc le script doit être le meilleur possible, il doit être mythique. (…) L’histoire satisfait pleinement Hugh Jackman et James Mangold. Ils ont fait un travail remarquable ensemble.»

 La bande-annonce gore de Orgueil et Préjugés et Zombies !

La romantique Elizabeth Bennett (Lily James) devra cette fois faire face à une horde de de zombies. Fort heureusement, elle et ses sœurs sont entraînées depuis leur plus jeune âge aux arts martiaux et autres armes, blanches ou à feu. Mais même au milieu du chaos, l’amour ne sera jamais loin, sous les traits de Mr. Darcy (Sam Riley).

 La Tour 2 Contrôle Infernale : la bande-annonce louftingue de Eric & Ramzy 

Le duo de comiques fait son retour dans un préquel de La Tour Montparnasse Infernale encore plus loufoque que le premier film. Juin 1981. Ernest Krakenkrick et Bachir Bouzouk sont deux brillants pilotes de l’armée française. Suite à une malencontreuse erreur au cours d’un test de centrifugeuse, ils perdent une partie de leur potentiel intellectuel. L’armée voulant les garder dans l’aviation, on leur trouve un poste de bagagistes à Orly Ouest. Voyez plutôt :

 

Le Petit Prince bat un record à l’étranger

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Après avoir attiré plus de 1,8 millions de spectateurs en France, Le Petit Prince, adaptation du roman éponyme écrit par Antoine de Saint-Exupéry, s’est exporté à l’international et vient de battre un record au box office mondial, et cela, sans même être sorti aux États Unis (prévue pour le 18 mars prochain).

En effet, le long métrage réalisé par Mark Osborne (Kung Fu Panda), accumule désormais plus de 12,5 millions d’entrées dans le monde (selon Unifrance), sans compter les entrées françaises. Il s’agit là d’un record absolument pour un film d’animation français, qui bat ainsi, le score de Arthur et les Minimoys de Luc Besson (entre 2006 et 2009), qui culminait à 10,3 millions d’entrées.

Ce brillant long métrage, mélange d’images de synthèse 3D et d’animation en volume (stop motion, image par image), a ravis les critiques du monde entier. Il a d’ailleurs été présenté en hors compétition à Cannes, revigorant la critique, par son aspect solaire et son message humaniste et mondial. L’aspect poétique et résolument intelligent a su montrer que l’animation française n’est point morte. Ce genre de long métrage a d’ailleurs inspiré nombre de films en images de synthèses 3D tel que Mune, encore dans les salles de cinéma Vous pouvez d’ailleurs retrouver notre critique du film ici même : https://lemagducine.fr/le-petit-prince-un-film-de-mark-osborne-critique/

Reste à savoir quel score il effectuera aux États Unis, lors de sa sortie prévue pour le 18 mars prochain.  Mais nul doute qu’il saura trouver son public, grâce à un casting vocal 4 étoiles composé d’entre autres Jeff Bridges, Rachel McAdams, Benicio Del Toro, Paul Rudd, Marion Cotillard et James Franco. On espère donc que sa carrière international sera finalisée grâce au box office américain, même si sa date de sortie est très proche de Batman v Superman, un concurrent de poids qui devrait rafler nombre de billets verts.

Le Petit Prince : Bande-annonce

Le Prophète, un film de Roger Allers: Critique

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Alors que le Moyen-Orient est rongé par l’obscurantisme islamiste, faire resurgir l’oeuvre d’un des plus célèbres philosophes locaux du siècle dernier relève presque du geste humanitaire.

Synopsis: Quelque part au Moyen-Orient, Almitra est une petite polissonne de huit ans ayant décidé de ne plus parler depuis la mort de son père. Un jour où elle accompagne sa mère dans la résidence d’un prisonnier politique, elle fait la connaissance un poète auquel elle s’attache aussitôt. Quand celui-ci est amené par des soldats, elle décide de le suivre pour profiter de ses enseignements.

Quand la philosophie orientale prend vie…

Qu’elles qu’aient été ses réelles intentions, Steve Hanson cherche depuis près de 10 ans à adapter Le prophète, l’œuvre du poète libanais Khalil Gibran datant de 1923 -que la  promotion annonce comme « le second livre le plus lu au monde après la Bible »… un argument déjà avancé par Le Petit Prince six mois plus tôt ! Le projet, a, à présent pu voir le jour grâce au soutien de plusieurs réalisateurs reconnus dans le domaine de l’animation : Roger Allers (Le Roi Lion), Tomm Moore (Brendan et le secret de Kells), Bill Plympton (Des idiots et des anges), Joann Sfar (Le chat du Rabbin)… Si le film réunit tant de réalisateurs aux styles graphiques distincts, c’est que le défi de cette adaptation est de donner vie à plusieurs des 26 poèmes que comprend le recueil en donnant à chacun une identité visuelle –et parfois même musicale– bien spécifique.

Pour éviter de n’être qu’une série de saynètes bavardes et mystiques, le long-métrage, a dû se pourvoir d’une trame narrative qui serve de lien à chacune de ces envolées lyriques. C’est cette colonne vertébrale qu’a élaboré Roger Allers, qui a, pour l’occasion imaginé cette histoire très banale mais toujours efficace pour illustrer la notion de transmission intergénérationnelle, d’une rencontre entre une petite fille et un homme, Mustafa qui est très vraisemblablement une représentation de Gibran. En choisissant de ne pas localiser ni dater l’action (on parle juste d’un village répondant au nom d’Orphalese), qui pourrait se situer n’importe où entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ; à une époque qui est probablement celle de l’Entre-deux-guerres, le conte s’assure une certaine universalité. Rapidement, la relation entre la jeune Almitra et sa mère Kamila est occultée au profit du parcours de Mustafa et des discours qu’il va tenir aux villageois. Les thématiques du deuil du père et de la condition sociale de la femme qui auraient pu être développées passent ainsi aux oubliettes. Une animation assez classique qui profite surtout de la beauté de ses décors méditerranéens, c’est à cela que l’on reconnait cette partie centrale qui n’est là que pour servir de fil rouge entre les scènes véritablement mémorables du film.

Alors que la trame est très enfantine, chacune des prestations techniques que sont les illustrations des propos de ce philosophe humaniste, sont à la fois des performances techniques saisissantes et des leçons de vie d’une sagesse épatante. Chacune de ces représentations oniriques a donc de quoi déconcerter le jeune public, tant les sujets abordés sont sujets à des réflexions abstraites potentiellement complexes : l’amour, le travail, la mort, le rapport à l’autorité…  Autant d’étapes dans un voyage spirituel entrainant, mais dont le manque de fluidité narratif est flagrant : un ton à deux vitesses (entre immaturité un peu mièvre et métaphysique savante) et d’incessantes ruptures de rythme. Il devient alors facile de comprendre que le film ait du mal à trouver son public en dehors des amateurs de Salma Hayek, qui, en plus de coproduire et de doubler la mère (en anglais mais aussi en français!), assure à elle-seule toute la promotion du film.

On en vient invariablement à se demander si cette façon de faire était la meilleure façon de porter à l’écran les écrits de Khalil Gibran, voire même, s’ils avaient leur place au cinéma. En revanche, une certitude est à tirer du visionnage de ce film bancal : c’est que la lecture du recueil de poèmes dont il est inspiré doit être une expérience particulièrement enrichissante!

Le prophète: Bande-annonce VF

Le prophète: Fiche technique

Etats-Unis, Liban, Canada, Qatar
Genre: Animation
Durée: 85 min
Sortie en salles le 02 décembre 2015

Réalisation: Roger Allers, Tomm Moore, Bill Plympton, Joann Sfar…
Scénario: Roger Allers et Hanna Weg, d’après l’oeuvre de Khalil Gibran
Voix-off VO: Liam Neeson (Mustafa), Quvenzhané Wallis (Almitra), Salma Hayek-Pinault (Kamila), John Krasinski (Halim)…
Voix-off VF: Mika (Mustafa), Salma Hayek-Pinault (Kamila), Nicolas Duvauchelle (Halim)…
Musique : Gabriel Yared
Producteurs : Steve Hanson, Jose Tamez, Salma Hayek-Pinault, Clark Peterson, Ron Senkowski, Marci Levine…
Sociétés de Production: Block / Hanson, Participant Media, Doha Film Institute…
Distributeur: Pathé
Budget : /
Festivals: Hors-compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville en septembre 2015 et une double nomination au prix du meilleur réalisateur et du meilleur film d’animation indépendant aux Annie Awards 2016.

Taj Mahal, un film de Nicolas Saada: Critique

L’actualité malheureuse de ces dernières semaines résonne de plein fouet avec le nouveau film de Nicolas Saada Taj Mahal. S’étant posé la question de la pertinence de maintenir sa sortie dans un temps où le deuil et l’effroi régissent le pays, décision a finalement été prise de laisser vivre le film en salles.

Synopsis: En novembre 2008, une famille française s’installe à Bombay. En attendant d’emménager dans une maison, ce couple et leur fille, Louise, logés dans dans chambres du très hôtel Taj Mahal. Un soir qu’elle se retrouve toute seule, Louise assiste depuis sa suite à l’attaque du palace par un groupe terroriste. Dans sa panique, elle tentera de rester en contact avec ses parents.

Le pari d’un dispositif minimaliste au service d’un film catastrophe

Difficile de se prononcer, tant les arguments allant à son encontre autant que ceux favorables peuvent être recevables. Ne reste plus alors qu’à juger ses qualités intrinsèques pour tenter de comprendre quel est le point de vue du cinéaste sur les attentats perpétrés à Bombay en 2008.
La qualité de la mise en scène et la sobriété des acteurs est ce qui ressort en premier lieu. Multiconfessionnelle et d’une grande précarité, spécialement au cœur de cette ville qui s’étire dans un horizon infini, l’Inde grouille d’une population hétéroclite qui se côtoie sans se mélanger. La disparité des classes sociales tend à distinguer chaque   caste à un rang spécifique qui hiérarchise la population. Cela se ressent dans les plans composés qui embrassent un vaste panorama du pays et savent en magnifier sa diversité. Ils savent aussi révéler tout l’attrait des touristes étrangers pour cette Terre Spirituelle où l’Hindouisme fait foi. La photogénie du pays se prête harmonieusement aux mouvements de caméra qui magnifient les monuments et captent délicatement le soleil couchant. Cette première partie permet une meilleure immersion dans la nouvelle aventure que vivent ce couple et leur fille. Elle participe de l’empathie que nous ressentons pour ces expatriés qui s’adaptent tant bien que mal à une autre vie. Et nous prépare ainsi à une seconde partie beaucoup plus anxiogène, au centre d’un dispositif suffocant.
Le grand hôtel luxueux au sein duquel vivent ces français est d’architecture comparable au Taj Mahal, ce palais traditionnel historique dans la culture hindoue. Au croisement des civilisations islamique, iranienne, ottomane et indienne il constitue la quintessence du culte religieux. Situer l’action du film dans ce carrefour n’est pas fortuit. L’attaque meurtrière lancée contre ce bâtiment à une portée plus que symbolique. Un avertissement est lancé aux spectateurs qui dit s’être inspiré de faits réels mais ne pas les avoir repris stricto-sensu. S’agit-il d’une revendication politique, d’un acte prémédité contre certaines valeurs? Le long-métrage ne se risque jamais à abonder dans ce sens, se contentant de nous faire vivre de l’intérieur une prise d’otages sanglante, sans parti-pris aucun. Nous sommes ainsi sommés d’observer au plus près cette jeune fille survivre. Ce choix apolitique est certes haletant, et la frénésie qui découle de son enfermement physique et psychologique secoue tant nous pouvons aisément imaginer la panique s’instiller subrepticement eu égard à la situation donnée. Mais il pose également la question de la nécessité de produire un tel survival. Entendons-nous bien, il ne joue jamais la surenchère et sait poser une ambiance apocalyptique avec une certaine finesse. L’amplification du son extérieur rend bien l’angoisse et les échanges réguliers entre les parents et l’enfant disent avec tact toute la peur et la fatigue ressentie. Soyons aussi gré aux acteurs de ne pas transformer ce drame humain en larmoyant pensum. Ils apportent une authenticité bienvenue qui évite l’indigestion propice au mélodrame phagocyté.
Mais enfin, quelle réflexion cela nous apporte-t-il? Quelle est l’utilité de se plonger viscéralement dans un exercice de genre qui ne nous raconte rien (ou si peu) d’un trauma intérieur? Faut-il en passer par le « spectacle » d’une épreuve que l’on devine sans peine atroce pour daigner attirer le public? La vacuité de ce vacarme est amoindrie par la sincérité du propos que veut faire passer Nicolas Saada: est-ce suffisant pour en faire un film recommandable… Le dénouement est à l’avenant, enfonçant des portes ouvertes sur le besoin impérial de communiquer pour ne pas s’enfermer dans le délabrement et sur les gestes du quotidien qu’il faut se réapproprier car la vie est ainsi faite. Intéressant mais trop superficiel.

Taj Mahal: Fiche technique

France
Genre: Drame, thriller
Durée: 90 min
Sortie en salles le 02 décembre 2015

Réalisation: Nicolas Saada
Scénario: Nicolas Saada
Distribution:
Photographie : Leo Hinstin
Décors : Pascal Le Guellec
Costume: Caroline de Vivaise
Montage: Christophe Pinel
Musique : Nicolas Godin
Producteurs : Patrick Sobelman
Sociétés de Production: Ex Nihilo, France 3 Cinéma, Artémis Productions
Distributeur: Bac Films
Budget : 6 000 000 €

Auteur : Le Cinéphile Dijonnais

Soirée chez TCM Cinéma : George Lucas, le fantastique et Patrice Girod

Avant-première documentaire inédit sur George Lucas – TCM Cinéma/ Canalsat

Allié d’un ami étudiant à l’école de la Cité du Cinéma, Maxime Saint Michel, votre serviteur s’est rendu chez Warner Entertainment France précisément chez TCM Cinéma pour une soirée consacrée à George Lucas. Le créateur de la saga mythique Star Wars est-il encore à présenter ? On aura de cesse de dire à quel point Lucas a pu s’autocontredire au fil de sa carrière, surtout à partir de la mise en place de la prélogie (1999-2005). Il a en effet beaucoup parlé d’un plan comportant quatre trilogies puis trois, avant de déclarer à partir de la fin des années 90s que sa saga était bouclée en six épisodes contant l’histoire de la famille Skywalker. Et ce pour finalement lancer lui-même, avec Kathleen Kennedy (actuelle présidente de Lucasfilm) la nouvelle trilogie-séquelle et la production des Anthology. Le film projeté en avant-première en la nuit du jeudi 3 décembre (projection « publique » prévue le 15 Décembre 2015) et qui appartient à la série documentaire Une Nuit au Cinéma de chez TCM intitulé George Lucas et le cinéma fantastique, poursuit ce statut presque schizophrénique de l’auteur. Ce fut aussi l’occasion de redécouvrir le genre du « fantastique » avec la vision intéressante de Lucas, et de revenir sur Star Wars dont il a une vision de plus en plus cynique. Mais aussi de retrouver Patrice Girod huit ans après la deuxième Star Wars Reunion de 2007 et de discuter avec ce spécialiste français de Lucasfilm – et de son créateur George Lucas avec qui il partage une vraie et apparemment grande amitié depuis les années 80s – dans une séance de questions-réponses au cours d’une rapide mais intéressante entrevue.

            Après le cocktail organisé par l’équipe de TCM Cinéma / Turner, place au film. Pour le présenter correctement – c’est-à-dire en parler intelligemment et en respecter le statut documentaire – Maxime et la rédaction de Cinéséries vous proposent un retour avec un dialogue à quatre yeux, ou deux paires d’yeux, comme vous le désirez.

La sortie « publique » du documentaire sur la chaîne

TCM Cinéma est prévue le Mardi 15 Décembre 2015.

CSM (CinéSéries-Mag) – Toi qui a découvert le cinéma de George Lucas récemment, est-ce que tu as appris certaines choses ? Ou tu as eu des confirmations par rapport à certaines idées que tu avais ?

MSM (Maxime Saint Michel) – Je connaissais un petit peu Lucas, ça m’a permis de découvrir les relations qu’il pouvait entretenir avec d’autres cinéastes : Jim Henson, Ron Howard… Des influences aussi que je n’imaginais pas nécessairement, comme le Magicien d’Oz (Victor Fléming, 1939) et ça m’a confirmé qu’il voyait le cinéma comme proche des mythes et des contes.

CSM – Oui, personnellement, j’ai peu appris… Sa vision du fantastique était relativement connue, ici, elle est beaucoup plus explicitée, et assumée, ce qui est véritablement intéressant. Pour le reste, ça m’a confirmé qu’il était réellement ambivalent, notamment par rapport à Star Wars. Bon, si on sait que lui et ses collègues ont pu déclarer certains propos et leurs inverses – ce qui a aussi participé à la construction du mythe Star Wars – ici, j’ai l’impression qu’il se plaît à dénigrer sa création tout comme il semble dénigrer son héritage ainsi qu’on a pu le voir dernièrement dans certaines interviews…

MSM – Notamment avec sa séparation totale de Disney… Et même directement dans le documentaire, on peut voir qu’il décrit Star Wars comme une oeuvre fantastique, pour enfants, complètement détachée de la science. Ce qui rentre en contradiction avec la prélogie et ses explications scientifiques…

CSM – Sur la Force, ou l’aspect très politicien de la prélogie que des enfants ne peuvent pas saisir…

MSM – Oui, d’ailleurs il a viré un élément particulièrement enfantin, Jar Jar Binks, détesté par beaucoup, dès le début de l’épisode II (L’Attaque des Clones, 2002) au profit de la forte présence de l’histoire amoureuse entre Padmé et Anakin, pas forcément efficace chez les plus jeunes…

CSM – D’ailleurs Patrice Girod avec qui j’ai pu parlé après la projection, va dans le sens de Lucas sans être pour autant négatif, à part sur l’avenir de la saga pour lequel il semble peu optimiste… Notamment parce-que George Lucas n’est plus sur le coup… Une question, à qui est adressé le film ?

MSM – Est-ce que ce serait pas d’abord intéressant pour les amateurs de « fantastique » qui voudraient aborder cette question du genre « Fantastique » à partir des propos de Lucas ?

CSM – C’est vrai, ça peut être intéressant, tous ces extraits alignés l’un après l’autre avec en voix-off les propos de Lucas permettent d’assimiler les archétypes et différents motifs du genre… Mais à l’inverse d’un Scorsese et de son Voyage dans le cinéma américain ou du récent Hitchcock/Truffaut, est-ce qu’il n’y aurait pas un côté « enchaînement des images » qui viennent et partent très vite, et qui ne sont majoritairement commentées, qui sont beaucoup trop illustratives ?

MSMOui, mais le format (58 minutes) s’y prête bien…

CSMM’enfin c’est censé être la vision du cinéma fantastique par Lucas, est-ce qu’ils n’auraient pas pu prendre plus d’extraits où il parle particulièrement d’un film ou d’une scène ?

MSM – Oui mais ça aurait changé la structure et il (le film, NDLR) aurait été moins dense.

CSM – Mais tu ne trouves pas qu’il est un peu vide, et qu’au final on a peu d’informations ?

MSM – Parce-que toi tu sais. Le film permet de vulgariser des propos de cinéma relativement exigeants. Et je pense qu’on voit ça à tort comme un film sur George Lucas alors que c’est TCM et le réalisateur du film, qui donnent leur point de vue…

CSMSur la vision du fantastique de Lucas. Mais justement, le film est bien sur Lucas puisqu’il va arrêter de parler du fantastique pour parler encore de Star Wars, sa genèse, la construction des décors, la technologie (très très vite expédiée dans le film, comme beaucoup d’autres éléments), les archétypes du film, l’histoire, le retour de Lucas avec la prélogie… Ou encore son autre création Indiana Jones ou même les productions de Lucasfilm, Labyrinthe notamment…

MSM – Peut-être que le réalisateur ne tient pas son sujet jusqu’au bout puisqu’il tombe finalement dans l’interview – un poil plus dirigiste que ce qu’on connaît d’habitude – de George Lucas… Ce qui était intéressant aussi est que Lucas décrit les films fantastiques des années 80s comme des films qui ont une touche d’humour dans un univers sérieusement construit : Retour vers le Futur (Robert Zemeckis, 1985-1990), Willow (Ron Howard, 1988)… Et ce qui est intéressant est que la prélogie, sortie fin années 90s, débuts des années 2000, est beaucoup plus sérieuse, à l’image des films fantastiques de l’époque comme une autre trilogie, Le Seigneur des Anneaux, quelque chose que Peter Jackson (beaucoup félicité par Lucas pour son adaptation dans le film) a essayé de contrebalancer en vain avec Le Hobbit (2012-2015).

CSM – Pour revenir sur le film, il reste à voir selon moi. Il est instructif et pédagogique. Il apprendra aux néophytes, précisera certainement aux aficionados, et apportera à nouveau ce plaisir de pur cinéphile d’entendre, de voir un cinéaste – ici George Lucas – parler de cinéma… Et ça permettra de redécouvrir certains films, je pense au magnifique Voleur de Bagdad (1924) avec Fairbanks ou à Planète Interdite de Wilcox (1956), d’ailleurs rapidement évoqué dans le film comme étant l’un des métrages préférés de Lucas. Cependant, je pense qu’il faut faire attention à ne pas voir en ce documentaire la vision unique de ce qu’est Lucas, de sa pensée qui a bien « évolué », même s’il semble rester un éternel humaniste, ce qui est agréable… Il dit d’ailleurs dans le métrage que si Docteur Folamour (Stanley Kubrick, 1964) est l’un de ses films préférés, c’est parce-qu’il aime son cynisme…

MSM – C’est vrai. Et en effet, ça nous encourage à nous documenter, à redécouvrir la filmographie de Lucas pour mieux comprendre sa vision, et à se renseigner aussi sur les collaborations suscitées chez certains partenaires. Je trouve que Mark Hamill n’a pas cette vision cynique et aigrie de Star Wars. Et finalement, c’est peut-être le seul (George Lucas) à l’avoir, cette vision… Sans compter la vision d’Alex Guiness sur le tournage du premier film…

            Notre dialogue a été arbitrairement terminé sur cette blague cinéphile. Une dernière anecdote assez drôle et confirmant le statut très ambigu de Lucas, ce dernier a parlé de Ron Howard qu’il a choisi pour réaliser Willlow, car il l’imaginait apporter sa vision humaniste au projet dans lequel il allait beaucoup s’investir, et dernièrement, Howard a déclaré dans un podcast Happy Sad Confust : « C’était mon projet le moins personnel ».

Le Podcast ici :

            Maxime a aussi remarqué que Lucas parlait beaucoup des « collègues » cinéastes et films / licences qu’on trouve chez Warner Bros / Time Warner, Christopher Nolan et Le Seigneur des Anneaux – dont la majorité des jeux vidéo sont des produits Warner Bros, et dont la boite de production New Line appartient au groupe Time Warner – mais aucunement de Joss Whedon (même s’il évoque trop rapidement encore une fois les super-héros) et J.J. Abrams, l’un de ses amis et réalisateur-scénariste du prochain Star Wars. Il y a une explication possible à cela, on pourrait relier ça au divorce de Lucas avec Disney-Lucasfilm mais, l’explication la plus plausible est que le documentaire est un film de chez TCM Cinéma, appartenant au groupe Time Warner qui posséde Warner Bros et New Line entre autres. Maintenant, place à la…

SÉANCE DE QUESTION-RÉPONSE – avec Patrice GirodPatrice-Girod-Avant-premiere-documentaire-inedit-sur-George-Lucas-TCM-Cinema

            Il introduit d’abord le livre qu’il a co-écrit avec Arnaud Grunberg (avec une préface de Robert Watts), Générations Science-Fiction, qui a des liens avec le documentaire vu dans la soirée. Car s’il a beau parlé de S-F, il parle aussi beaucoup de Fantastique.

            Il revient ensuite sur la chance d’avoir eu « à l’époque [années 70s et 80s] Spielberg et Lucas » qui ont « apporté un nouveau souffle à un cinéma vieillissant » et adressé « principalement aux trentenaires ».

            Star Wars a lancé sa cinéphilie, c’est un conte mythologique, il dit aussi que Lucas a raison quand ce dernier dit que c’est un film fantastique (voir extrait ci-dessous). Votre serviteur vous proposera tout de même de ne pas trop écarter Star Wars du genre de la Science-Fiction. Car si celle-ci propose des visions de notre avenir, un théoricien du cinéma (dont le nom nous reviendra plus tard) a justement dit que si la saga se passait « il y a bien longtemps dans une galaxie très lointaine », elle nous exposait aussi les technologies de demain, de notre futur.

            Il faut savoir que Patrice Girod a été extrêmement important pour Star Wars (et même les autres productions de Lucasfilm) et ses fans en France notamment. Il est le premier dans le monde à avoir proposé un magazine Star Wars. Lucasfilm avait approché à une société de production de revue d’en mettre une en place, ils en produisaient d’ailleurs une sur Star Trek, ils ont refusé l’offre de la société. « Ça ne nous intéresse pas ! » ont dit d’autres rédacteurs très réputés, explique Patrice Girod avec un sourire d’ironie par rapport au fait que tous ou presque en parlent aujourd’hui, certains par nécessité rajoutera-t-on.

            Il continue en expliquant qu’à l’époque, Star Wars était une grande famille, et qu’une relation d’amitié s’est créée avec Lucas. Aujourd’hui, forcément, c’est bien plus gros et c’est alors autre chose, dit-il. Selon lui, ça n’est pas plus mal que Disney ait racheté Lucasfilm et les licences qui vont avec, car la société s’occupe véritablement de son patrimoine qu’elle fait revivre via des ressorties de Blanche-Neige et les Sept Nains ou avec des tentatives d’adaptation live entre autres choses.

            Patrice Girod explique ensuite que Lucas a un rapport à la technologie très important. Au-delà d’être un cinéaste, il est devenu aussi architecte et s’est lancé dans d’autres domaines professionnels dès 1977. Avec le succès du premier épisode de sa mythique saga, il a aussi commencé à investir des millions de dollars chaque année en recherche et développement. Il a ainsi créé petit à petit, au fur et à mesure des années, tous les outils pour faire ses films et aider le cinéma à progresser technologiquement.

Sur son rapport aux marionnettes qu’ils semblent énormément apprécier…

            II répondit à la question d’un collègue en expliquant que Lucas aime énormément les marionnettes qui sont déjà pour certains une technologie (pouvons-nous ajouter), et c’est peut-être lié à son rapport à l’acteur, continue Monsieur Girod. C’est un cinéaste très timide, qui craint d’être face à l’acteur, explique-t-il.

Sur la mise en place de la prélogie

            À la fin des années 80s, début 90s, Star Wars ne faisait plus beaucoup parler de lui. Après avoir vu été bluffé par les effets spéciaux de Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993), Lucas décide d’attaquer la deuxième trilogie de la saga, les prequels. La ressortie de la saga nommée Édition Spéciale permit de relancer la « machine Star Wars », et elle permet aussi de tester les effets spéciaux numériques, de revoir les films dans des conditions optimisées, et ainsi de les faire découvrir par la nouvelle génération.

            Patrice Girod reproche aux Blu Ray sortis récemment de ne pas proposer les versions originales des films. Il explique que Disney doit investir dix millions de dollars pour des restaurations complètes des films, notamment du premier volet dont les matériaux filmiques ont été grandement endommagés. « Bah ils les ont », dit discrètement et de manière amusée Maxime, provoquant une vague de rire autour de lui.

            Une anecdote intéressante : Les Aventuriers de l’Arche Perdue, premier volet d’Indiana Jones réalisé par Steven Spielberg en 1981, a connu aussi une édition spéciale diffusée notamment à la télévision. Le cinéaste aura fait retiré les modifications, on peut ainsi voir le film dans sa version originale dans les Blu Ray.

« Ne trouvez-vous pas que Lucas est un révisionniste de sa propre histoire ? Il a retravaillé à de nombreuses reprises ses films qu’il a encore modifié pour les versions Blu Ray… Et il ne cesse de tenir des discours opposés à ce qu’il a pu dire avant, notamment avant la vente Disney… Encore dernièrement il a tenu des propos assez violents par rapport à son ancienne création, et il semble complètement cynique vis-à-vis de Star Wars… »

            « Alors, deux questions » répond-il. D’abord, il revoit ses œuvres, puisque comme un peintre, c’est un artiste qui est maître de son œuvre pour le meilleur et pour le pire. Il a raison, dit Patrice Girod, dans le sens où il a le pouvoir et que l’on ne peut rien faire. Hélas pour nous, nous ne pouvons avoir accès aux versions originales.

            Sur le côté cynique, il faut savoir que la relation de Lucas à Star Wars est celle d’un maître et son esclave. Il cite Coppola qui a dit : « Avec Star Wars, on a perdu un réalisateur. ». S’il est cynique, oui, il est un homme très troublé par l’impact de son œuvre, toujours aussi vivante quarante ans plus tard, explique Patrice Girod. Nous vous conseillons de lire Martin Scorsese concernant la vision de Lucas moins comme un réalisateur qu’un grand producteur tel que Darryl F. Zanuck.

            Il faut dire aussi que comme les grands artistes, il a évolué, le Lucas d’aujourd’hui n’est plus celui de la trilogie originale, poursuit-il. Spielberg n’est plus celui qui a réalisé Les Aventuriers de l’Arche Perdue, Picasso a eu sa période bleue… Et en effet son regard a bien changé. Nous rajouterons que si Spielberg a évolué, il a toujours gardé son regard unique, et s’il a une période obscure avec les sombres Minority Report (2002) ou encore la Guerre des Mondes (2005), il n’est pas devenu cynique et aigri par rapport à ses anciens films comme l’est devenu Lucas. Spielberg a mûri, mais est resté selon nous lui-même.

« On peut observer ce changement radical de pensée, dans l’évolution du concept de la Force dans la saga, qui est mystique, religieuse dans la trilogie originale, pour devenir un concept scientifique dans la prélogie avec l’idée des midichloriens… »

            Oui, tout à fait, répond-il. Et c’est peut-être aussi une action de Lucas pour montrer au producteur Gary Kurtz qu’il était le maître, poursuit-il. « George est très gentil… Mais vous savez, ces gens ont de l’égo » rajoute-t-il. De plus il a laissé sa création à Disney, et Patrice Girod pense que le grand créateur regrette.

« Concernant la nouvelle trilogie de séquels (dont le premier volet Star Wars Le Réveil de la Force arrivera à la fin de ce mois de décembre), il faut dire que Lucas et Kennedy avaient déjà mis en place la nouvelle trilogie avant la vente de Lucasfilm à Disney, comme nouveau système de production pour relancer la société… »

            Oui, avec les échecs de Redtails (2012, Anthony Hemingway) et du projet Star Wars 3D (dont La Menace Fantôme fut le seul film ressorti avec cette technologie en 2012), Lucasfilm est dans une position délicate, explique Patrice Girod. « Lucas sent le vent tourner », il pense à prendre sa retraite, en discute avec Bob Iger (le patron de Disney) qui est prêt à racheter, mais le créateur refuse de vendre. La vente est finalement lancée, mais Iger demande à Lucas de lui donner les trois synopsis de sa nouvelle trilogie. Histoires qui ne seront pas respectées comme l’on a appris dernièrement de Lucas dans ses récentes interviews, dit Monsieur Girod. Il nous faut rajouter que Lucas a déclaré qu’il voulait raconter ce qui s’était passé, sans en dire plus, on peut supposer qu’il s’agissait pour lui de raconter aux nouvelles générations ce qui a eu lieu dans les épisodes précédents, ce que font Abrams et Kasdan (coscénariste de l’Épisode VII Le Réveil de la Force, mais aussi des Épisodes V et VI ainsi que des Aventuriers de l’Arche Perdue) à travers les nouveaux personnages qui connaissent encore apparemment la guerre, et à travers une nouvelle histoire développée indépendamment de Lucas, d’après ce qu’on a pu lire ici et là.  Voir trailer ci-dessous :

Sur l’avenir de George Lucas

            Ce dernier devrait revenir à ses projets de films expérimentaux. Mais il ne les montrera jamais au public. Aussi il travaille à la mise en place du Lucas Museum of Narrative Arts, qui ouvrira ses portes à Chicago vers 2019/2020, et non à San Francisco comme annoncé au départ du projet, l’artiste s’étant fait des ennemis là-bas, explique Patrice Girod. Son but est est de démocratiser l’art dans les médias du cinéma et du jeu vidéo… De mettre en avant tous les artistes, les dessinateurs, peintres qui œuvrent dans ces grandes œuvres, conclut Monsieur Girod.

            Ce fut le dernier mot de cet échange avec Patrice Girod. L’équipe de TCM Cinéma proposa de gagner le livre qu’il a co-écrit, Générations Science-Fiction, sorti le 2 décembre et édité par Bragelonne, en répondant à une question : « Quelle a été la source d’inspiration de George Lucas pour Chewbacca dans Star Wars ? ». Et votre serviteur a dégainé la réponse plus vite qu’un tir de blaster et a gagné le livre, qui nous semble très intéressant. Nous vous laisserons vous amuser à répondre à celle-ci.

            Le livre a été dédicacé par Patrice Girod, et l’un des premiers Lucasfilms Magazine de votre serviteur-rédacteur, le n°52 contenant un édito émouvant de ce grand monsieur concernant la Star Wars Reunion de 2005, a pu être signé aussi. Nous avons pu tous les deux échanger pendant une bonne dizaine de minutes notamment à propos de la nouvelle trilogie Star Wars. Cet écrit s’étirant, j’en retiendrai la jolie expression de Monsieur Girod concernant l’Épisode VII : Le Réveil de la Force : « Il faut que les poils (des bras) se lèvent. ».

            Enfin nous remercions l’équipe de TCM Cinéma pour son superbe accueil et pour leurs cadeaux : un sac avec un logo de la chaîne, un t-shirt de la soirée, et une clef usb Canal + avec le dossier de presse, les bandes-annonces, etc.

À très vite pour la critique de Star Wars Le Réveil de la Force le mercredi 16 décembre, et comme l’a écrit à deux reprises Patrice Girod : « May the 4th B/U ! ».

Babysitting 2, un film de Nicolas Benamou et Philippe Lacheau: Critique

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Le premier Babysitting parvenait à surprendre et réussissait à convaincre par de nouveaux parti-pris techniques rarement utilisés pour la comédie en France (le found-footage), par la découverte d’une nouvelle génération d’acteurs : Philippe Lacheau, Alice David ou encore Tarek Boudali, ainsi que par un humour tantôt réfléchi, tantôt complètement potache, voir complètement « con ». Avec Babysitting 2, blagues potaches et délires en tout genre sont une nouvelle fois de la partie, toutefois, un léger essoufflement se faire sentir.

Synopsis : Sonia souhaite présenter Franck à son père, Jean-Pierre directeur d’un hôtel au Brésil. Toute la bande s’y retrouve ainsi pour y passer des vacances de rêve. Un matin, les garçons partent en excursion dans la forêt amazonienne avec la mère de Jean-Pierre. Le lendemain, ils ont tous disparu… Seule la petite caméra avec laquelle ils étaient partis a été retrouvée…

Après un réel succès au cinéma en 2014 (plus de 2 millions d’entrées), Nicolas Benamou et Philippe Lacheau reviennent au cinéma en 2015, pour la suite des aventures, ainsi que des ennuis, de la bande d’amis, bien connue de la jeunesse française. Bien qu’il n’est en rien une garde d’enfant, contrairement au premier opus, Babysitting 2 parvient à se maintenir dans la lignée du premier, même s’il s’avère bien moins convaincant.

Malgré de nouveaux personnages, comme celui de la grand-mère de Sonia (Alice David) ou la tribu d’indiens, ainsi que de nouveaux guests (Christian Clavier, dans la lignée de Gérard Jugnot, Jean-Luc Couchard ou Valérie Karsenty), Babysitting se repose sur des acquis, comme s’il suffisait de reprendre les bases du premier, et de simplement y accoler un nouveau scénario. Et encore, on qualifiera le scénario de « délire entre potes », plutôt que d’y voir une intrigue aboutie.

Les personnages sont en tous points similaires au premier opus, chacun ayant un état d’esprit, une vision de la vie qui leur est propre. Alors qu’un se la jouera dragueur, qu’un autre sera gaffeur, d’autres seront submergés par leur amour pour un(e) futur(e) conjoint(e). Mais s’ils sont tous un minimum travaillés, un personnage est des plus désagréables : Estelle, interprétée par Charlotte Gabris, dotée d’une vulgarité surjouée et accent « de cité » bien trop appuyé pour être vrai. Babysitting concentre les clichés des personnages dignes des comédies françaises, comme s’il était nécessaire d’établir un inventaire de la population française à la manière de Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ?Ensuite, le schéma est en tout point un copier-coller du premier : une caméra appartenant à un membre de la bande retrouvée, suivie d’un visionnage qui dévoile un périple fou, parsemé de règlements de compte et de révélations sur les personnages, ces dernières étant souvent sexuelles, afin de faire rire au maximum un auditoire déjà malmené par un manque de réflexion.

Pour autant, impossible de nier le fait que l’on ne s’ennuie pas, Babysitting va à 1000 à l’heure et se transforme en un réel road-movie complètement barré à travers la forêt amazonienne. Le parcours de la bande est parsemé d’embuches, certes, mais impossible de ne pas sourire au moins une fois devant leurs mésaventures (scène du parachute), et grâce à de nombreux running gags, plutôt efficaces comme celui du paresseux, ou encore les discours de la grand-mère,

Mais outre la comédie, Babysitting 2 tend à faire passer des messages par l’intermédiaire de l’aventure amazonienne de la bande. En effet, cette dernière fera la rencontre des habitants de la forêt, ces hommes et femmes vivant au cœur du poumon de la planète. Alors, certes, la bande de Franck enchaînera connerie sur connerie (incendie) ou moments loufoques (fête du village qui dérive en grosse prise de drogues), mais parallèlement, les réalisateurs donnent à voir l’impact de l’homme sur la planète, en faisant débarquer les amis dans une déchetterie au cœur de la forêt. L’Amazonie n’est malheureusement pas qu’une jungle tropicale, c’est également une décharge à ciel ouvert dans laquelle chacun vient déverser ses détritus, qu’il soit particulier ou professionnel, en échappant au regard de tous.

 Christian Clavier, qui souhaite obtenir le label WWF pour son hôtel, est alors dans la tourmente, cause à des vêtements retrouvés brodés au nom de l’hôtel. En allant plus loin que la comédie, on en vient à se demander : est-il réellement possible d’établir des projets 100% écologiques, sans aucun impact sur la planète ? Alors oui, Nicolas Benamou et Philippe Lacheau tentent d’approfondir une réflexion, une remise en question, qui n’était pas de la partie dans le premier Babysitting. Mais malheureusement, les interrogations ne sont pas assez développées et bien trop superflues pour être réellement intéressantes. S’en dégage une impression d’avoir intégré des images pareilles au scénario pour faire bonne impression.

Babysitting 2 est donc dans la parfaite lignée du premier Babysitting, mais le concept commence à tourner en rond, malgré des acteurs qui se lâchent et un humour qui parvient partiellement à se renouveler. En cas de Babysitting 3, il sera impératif de faire preuve d’innovation sous peine de tomber dans un long-métrage au scénario obsolète.

Vous retrouverez ci-dessous la bande-annonce du film. Malheureusement, comme bon nombre de bande-annonce de comédie, elle est révélatrice de nombreux gags et d’éléments clés du films.

Fiche Technique : Babysitting 2

Date de sortie : 2 décembre 2015
Nationalité : Française
Réalisation : Nicolas Benamou et Philippe Lacheau
Scénario : Philippe Lacheau, Julien Arruti, Nicolas Benamou, Pierre Lacheau
Interprétation : Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Julien Arruti, Vincent Desagnat, Alice David, Elodie Fontaine, Christian Clavier, Jean-Luc Couchard, Elisa Bachir Bey…
Photographie : Antoine Marteau
Compositeurs : Maxime Desprez, Michael Tordjman
Son : Arnaud Lavaleix
Montage : Olivier Michaut-Alchourroun
Production : Christophe Cervoni, Marc Fiszman
Société de production : Axel Fils, Madame Films
Société de distribution : Universal Pictures International France
Genre : Comédie
Durée : 93 minutes

Game of Thrones saison 6 : analyse du teaser

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Game of Thrones saison 6 : le teaser image par image – attention SPOILERS !

Les prophéties pour Game of Thrones saison 6 :

« We watch, we listen and we remember… The past is already written. The ink is dry… » « Nous regardons, nous écoutons et nous nous souvenons… Le passé est d’ores et déjà écrit. L’encre est sèche. »

Ainsi s’exprime la voix-off, sentencieuse et prémonitoire de Max Von Sidow, dans cette première bande-annonce de Game of Thrones saison 6. L’acteur a rejoint le casting de la série pour cette nouvelle saison dans la peau de la corneille à trois-yeux – dans sa version humaine – aperçue à la fin de la saison 4, quand Bran arrive sous l’arbre au vieillard. Les images de cette vidéo se présentent d’ailleurs comme des visions prophétiques de Bran Stark, dans des teintes bleutées, floues, oniriques. En témoignent ses yeux blancs à la fin du trailer. On aperçoit des flashs multiples et très très brefs, trop brefs… Et on peut vraiment dire que la production nous laisse sur notre faim avec cette vidéo stroboscopique de la série ! Le teaser revient évidemment sur la fin de la saison 5 et le destin tragique qui emporte notre valeureux Jon Snow (personnage préféré du Président Obama, au passage) mais on y voit aussi d’autres images qui méritent d’être un peu étudiées.

Un teaser pour la saison 6 en images :

Le teaser de Game of Thrones débute par une image statique de Jon Snow, debout dans un paysage brumeux aux tons bleu-gris, suggérant ce passage entre la vie et la mort, cet état de latence dans lequel il se trouve à la fin de la saison 5. Mais au bout de 20 secondes, les images fusent. D’abord avec un rappel de la mise à mort du jeune corbeau, mise en parallèle avec celles de son père, Ned Stark et de Lady Catelyn Stark. Nous passons ensuite brièvement sur les yeux vitreux de Arya, désormais aveugle, puis les flashs s’entremêlent : un marcheur blanc, une épée dans les flammes, la mort du bâtard Lannister, celle de Robb Stark, la main de Jaime Lannister et la Khaleesie piégée en haut d’une falaise avec son dragon. Tous face à leurs destinées. Alors, les images des marcheurs blancs se multiplient, elles envahissent l’écran mais on peut découvrir, parmi elles, Sensa et Littlefinger ainsi qu’un bébé. Ce nourrisson n’est autre que le bébé de Craster enlevé par les morts-vivants dans la saison 4 et le gros plan sur son regard bleu nous envoûte et nous interroge à nouveau…

La vidéo se termine par un retour sur Jon Snow, à terre, dans une mare de sang et se clôture sur un autre gros plan : les yeux de Bran blanchis par les visions. La voix solennelle du jeune homme annonce : « They have no idea what’s going to happen !». Au coeur de la thématique de ce trailer donc, des regards, des yeux qui laissent beaucoup de questions en suspens. Le temps va sembler très long d’ici Avril 2016 mais après une telle annonce on aurait presque envie de revoir la saison 4 qui semble être une période clef dans la série !

Le teaser de Game of Thrones saison 6 :

Writers Guild Awards : Better Call Saul, Mr Robot…les nominés pour 2016

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Better Call Saul, Mad Men, Mr Robot…découvrez la liste des candidats pour la cérémonie des Writers Guild Awards :

Les Writers Guild of America Est et Ouest ont annoncé leurs nominés pour représenter les meilleurs scénaristes de la télévision et des médias lors de la 68ème cérémonie des Writers Guild Awards. Le terme Writers Guild of America désigne un syndicat puissant de scénaristes américains qui protège les droits d’auteur tout en les favorisant dans le domaine du cinéma et en récompensant leurs créations.
Nominés dans plusieurs catégories, Better Call Saul, Mr. Robot et Unbreakable Kimmy Schmidt sont déjà en tête avec évidemment Game of Thrones et Mad Men. La série The Last Man on Earth  s’est aussi faite remarquer tout comme les frasques d’Amy Schumer. Les Writers Guild Awards Est et Ouest se tiendront simultanément à  New York et Los Angeles le 13 février 2016 pour récompenser les vainqueurs.

Les Nominés aux Writers Guild Awards pour la télévision (par catégorie et ordre alphabétique) :

TÉLÉVISION et MÉDIAS : séries dramatiques :
-The Americans écrit par Peter Ackerman, Joshua Brand, Joel Fields, Stephen Schiff, Lara Shapiro, Joe Weisberg, Tracy Scott Wilson, Stuart Zicherman (sur FX)
-Better Call Saul écrit par Vince Gilligan, Peter Gould, Gennifer Hutchison, Bradley Paul, Thomas Schnauz, Gordon Smith (sur AMC)
Game of Thrones scénario de David Benioff, Bryan Cogman, Dave Hill, D.B. Weiss (sur HBO)
-Mad Men par Lisa Albert, Semi Chellas, Jonathan Igla, Janet Leahy, Erin Levy, Tom Smuts, Robert Towne, Matthew Weiner, Carly Wray (sur AMC)
Mr. Robot écrit par Kyle Bradstreet, Kate Erickson, Sam Esmail, David Iserson, Randolph Leon, Adam Penn, Matt Pyken (USA Network)

TÉLÉVISION et MÉDIAS : séries comiques
-Broad City écrit par Lucia Aniello, Paul W. Downs, Naomi Ekperigin, Ilana Glazer, Abbi Jacobson, Chris Kelly, Anthony King, Jen Statsky (sur Comedy Central)
-Silicon Valley écrit par Amy Aniobi, Alec Berg, Carrie Kemper, Sonny Lee, Dan Lyons, Carson Mell, Dan O’Keefe, Clay Tarver, Ron Weiner (sur HBO)
Transparent par Arabella Anderson, Bridget Bedard, Micah Fitzerman-Blue, Noah Harpster, Ethan Kuperberg, Ali Liebegott, Our Lady J, Faith Soloway, Jill Soloway (Amazon Studios)
Unbreakable Kimmy Schmidt par Emily Altman, Jack Burditt, Robert Carlock, Azie Mira Dungey, Tina Fey, Lauren Gurganous, Charla Lauriston, Sam Means, Dan Rubin, Meredith Scardino, Allison Silverman, Lon Zimmet (Netflix)
-Veep par Simon Blackwell, Jon Brown, Kevin Cecil, Roger Drew, Peter Fellows, Neil Gibbons, Rob Gibbons, Sean Gray, Callie Hersheway, Armando Iannucci, Sean Love, Ian Martin, Georgia Pritchett, David Quantick, Andy Riley, Tony Roche, Will Smith (sur HBO)

NOUVEAUTÉS SÉRIES :
-Better Call Saul
-Bloodline écrit par Jonathan Glatzer, Carter Harris, Glenn Kessler, Todd A. Kessler, Addison McQuigg, Arthur Phillips, Jeff Shakoor, Daniel Zelman (Netflix)
The Last Man On Earth par Andy Bobrow, Liz Cackowski, Erik Durbin, Will Forte, Kira Kalush, Matt Marshall, Tim McAuliffe, David Noel, Erica Rivinoja, John Solomon, Emily Spivey (Fox)
Mr. Robot 
-Unbreakable Kimmy Schmidt

SCÉNARIO INTÉGRAL ORIGINAL :
-American Horror Story : Hotel par Brad Falchuk, John J. Gray, Todd Kubrak, Crystal Liu, Ned Martel, Tim Minear, Ryan Murphy, Jennifer Salt, James Wong (FX)
-Flesh and Bone  par Bronwyn Garrity, Jami O’Brien, Adam Rapp, Moira Walley-Beckett, David Wiener (Starz)
-Saints & Strangers par Seth Fisher, Walon Green, Chip Johannessen, Eric Overmyer (National Geographic Channel)
-Sons of Liberty par Stephen David, Kirk Ellis, David C. White (History Channel)

SCÉNARIO INTÉGRAL ADAPTED :
Fargo par Steve Blackman, Bob DeLaurentis, Noah Hawley, Ben Nedivi, Matt Wolpert, Based on the film Fargo (FX)
-The Red Tent par Elizabeth Chandler, Anne Meredith, Based on the book The Red Tent by Anita Diamant (Lifetime)
-Show Me A Hero par David Simon, William F. Zorzi, Based on the book by Lisa Belkin (HBO)

Épisode de série dramatique :
-“Explosivos” (Narcos) par Andy Black
-“International Assassin” (The Leftoverspar Damon Lindelof & Nick Cuse
-“Mind’s Eye” (The Good Wife) par Robert King & Michelle King
-“Mother’s Mercy” (Game of Thrones) par David Benioff & D.B. Weiss
-“Person to Person” (Mad Men) par Matthew Weiner
-“Uno” (Better Call Saul) par by Vince Gilligan & Peter Gould

Épisode de série comique :
-“Alive in Tucson” (The Last Man On Earth) par Will Forte
-“Connection Lost” (Modern Family), par Megan Ganz & Steven Levitan
-“Joint Session” (Veep) par Simon Blackwell & Georgia Pritchett, Story by Armando Iannucci & Simon Blackwell & Georgia Pritchett
-“Racegate” (Maron), par Dave Anthony
“Rock, Paper, Scissors, Gun” (black-ish), par Peter Saji
-“Sand Hill Shuffle” (Silicon Valley), Written by Clay Tarver

COURT – ORIGINAL
-“Back to Reality” (Weight) par Daryn Strauss
-“Born This Way” (Anyone But Mepar Susan Miller
COURT – ADAPTATION
-“Chapter Two : Phoebe” (Heroes Reborn  :  Dark Matterspar Zach Craley
-“Part 8” (Fear The Walking Dead  :  Flight 462) par L. Signorino & Mike Zunic


“The Summer of Love, Part 1: Meet Charlie” (Aquarius) par Mike Moore & David Reed

SÉRIES DE VARIÉTÉS :
Conan,
-The Daily Show with Jon Stewart, 
-The Late Show with Stephen Colbert,
-Real Time with Bill Maher,
-The Tonight Show, 
-Inside Amy Schumer,
-Key & Peele,
-Saturday Night Live

SPECIALS :
-The 69th Annual Tony Awards
-2014 Kennedy Center Honors
-2015 Film Independent Spirit Awards
-Amy Schumer : Live at The Apollo, écrit par Amy Schumer
-Jimmy Kimmel Live: 10th Annual After The Oscars Special
-Saturday Night Live 40th Anniversary Special

QUIZ ET AUDIENCE :
-Hollywood Game Night
-Jeopardy

FEUILLETONS DRAMATIQUES :
-The Bold and the Beautiful
-Hôpital Central

ANIMATIONS :
-“Gayle Makin’ Bob Sled” (Bob’s Burgers)
-“Halloween of Horror” (The Simpsons)
-“Hank After Dark” (BoJack Horseman)
-“Housetrap” (Bob’s Burgers)
-“Sky Police” (The Simpsons)
-“Walking Big & Tall” (The Simpsons)

SCÉNARIOS D’ENFANTS :
-“Endless Night” (Gortimer Gibbon’s Life on Normal Street)
-“Girl Meets I am Farkle” (Girl Meets World)
-“Gortimer and the Surprise Signature” (Gortimer Gibbon’s Life on Normal Street)
-“Gortimer vs The Relentless Rainbow of Joy” (Gortimer Gibbon’s Life on Normal Street)
-“Ranger vs. The Fabled Flower of Normal Street” (Gortimer Gibbon’s Life on Normal Street)
-“Descendants”

DOCUMENTAIRES :
-“American Terrorist” (Frontline), par Thomas Jennings
-“Gunned Down: The Power of the NRA” (Frontline), par Michael Kirk & Mike Wiser
“Firestone and the Warlord” (Frontline), par Marcela Gaviria
“The Forgotten Plague” (American Experience), par Chana Gazit
“The Great Math Mystery” (Nova), par Daniel McCabe
“Secrets, Politics and Torture” (Frontline), par Michael Kirk & Mike Wiser

JOURNAL TÉLÉ : bulletins d’information & commentaires
“Cuba” (60 Minutes) sur CBS News
“Yogi Berra Tribute” sur CBS Newspath
“The Storm After the Storm” (60 Minutes) sur CBS News

Writers Guild Awards 2015 : vidéo de la cérémonie