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L’Étrange Festival, du sadisme à l’émerveillement

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Pour ce troisième jour de l’Étrange Festival, le sadisme et l’humour noir fait légèrement place à un émerveillement jovial :

Christophe Deroo, jeune cinéaste français, signe avec Sam Was Here (renommé Nemesis en VF) un premier long métrage qui s’avère être une très bonne surprise. Plongée anxiogène dans une Amérique isolée et hostile où toute échappatoire semble impossible, où l’homme est désœuvré face à sa propre ignorance et sa solitude. Le récit prend vite les contours d’un mystère lovecraftien qui aurait pu être évadé d’un épisode de La Quatrième dimension et qui serait servi par une mise en scène posée et sèche que ne renierait pas un Quentin Dupieux. Un homme se perd dans une zone où il n’y a pas âme qui vive et se retrouve à être pris dans une situation pour le moins étrange. Au début, le cinéaste pose les ficelles de son intrigue avec beaucoup de lourdeurs avant que le tout décolle dans une deuxième partie tendue, au sadisme malaisant et au mystère insondable. L’oeuvre est une réflexion fascinante sur la désinformation des gens et sur le besoin de se faire justice, trouvant parfaitement écho avec la société actuelle, surtout pour les Etats-Unis, évoquant ici la peur et la haine envers l’étranger. Parfois autiste dans l’utilisation de ses symboles, certains sont assez compliqués à déchiffrer, le film n’en reste pas moins un divertissement qui nous prend à la gorge et qui offre de bonnes montées d’adrénaline. Tourné en à peine 12 jours, Sam Was Here apparaît comme un tour de force impressionnant, parfois un peu attendu mais toujours fascinant, dont la fin n’est pas prête de laisser le spectateur tranquille. Sans parler de la musique du groupe Christine qui est un vrai régal.

Avec Interchange, Dain Iskandar Said s’essaye au polar surnaturel mais le fait sans grand talent. Même si le film n’est pas mauvais, grâce à une mythologie intéressante qui parvient à avoir de jolis moments de poésie sur sa fin, il peine à trouver son rythme et à embarquer son spectateur. On est dans une approche assez similaire avec ce que l’on a pu voir dans The Strangers cette année, mais de manière beaucoup plus molle et moins audacieuse. Dain Iskandar Said ne prend que très peu de risques avec son oeuvre qui reste dans les clichés du genre que ce soit dans l’écriture ou dans le visuel. On regarde le long métrage défiler devant nos yeux sans trop s’y impliquer et avec un ennui poli, le tout étant au final assez insignifiant.

Alejandro Jodorowsky signe la deuxième partie de sa trilogie autobiographique avec Poesía Sin Fin, et offre un opus enjoué et merveilleux qui pousse à l’émerveillement. C’est une oeuvre qui a pour vocation de faire du bien à l’âme, et elle le fait à la perfection. Que cela passe par la mise en scène, libre et virtuose, la sincérité avec laquelle Jodorowsky aborde sa propre vie ou la manière dont ses enfants reprennent son rôle ou celui de son père avec beaucoup de justesse, tout est d’une beauté et d’une poésie qui bouleversent. Surtout que Alejandro Jodorowsky ne tombe pas dans l’auto-suffisance ou l’élitisme à travers son portrait, il impose un façon de penser libre mais ne prend pas son public de haut, au contraire il lui parle comme à un confident pour lui transmettre son expérience et sa joie de vivre, le besoin de faire le point sur son existence après toutes ces années de vécu. Un très beau film dont voici une critique plus complète.

Baby Bump est un film qui ose beaucoup mais qui ne réussi que très peu. Le film de Kuba Czekaj à la bonne idée de traiter le malaise adolescent comme un chaos incessant mais il ne possède pas assez de maîtrise pour arriver à en faire quelque chose d’universel et qui parlera à son public. L’oeuvre est trop précieuse, trop ancrée dans son délire pour arriver à être vraiment drôle ou à être pertinente avec son sujet. Même si l’envie de déconstruire le complexe d’œdipe est plus qu’intéressante, la répétition des scènes et l’aspect très brouillon dans la construction empêche de pleinement s’y impliquer  et plonge dans un ennui profond. Le casting travaille dur pour nous faire croire à ce récit, et il se montre particulièrement convaincant mais malheureusement il n’arrive pas à être plus fort que la vision bien trop excentrique du cinéaste sur son sujet. Même si cela permet d’avoir au final une originalité constante, on a aussi un film qui déborde de maladresses et qui est incapable d’être précis dans ce qu’il touche, voulant trop être intello alors qu’il devrait être plus sensitif. En plus, il tombe dans des artifices de narration bancals avec cette voix-off omniprésente et bien trop lourde quand a son utilitée. Baby Bump à donc tous les défauts d’un premier film avec sa volonté de trop s’éparpiller et couplé avec la vision très excentrique de Kuba Czekaj, il en devient trop perché et indigeste.

L’Étrange Festival: des films de toutes les époques et des 4 coins du monde

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A l’occasion de son troisième jour, l’Étrange Festival continue sa compétition et a débuté trois de ses cycles, chacun consacré à des réalisateurs aux univers en tous points différents : Shôhei Imamura, Andrzej Zulawski et Frank Henenlotter.

Le Pornographe (1966) lance le bal de la rétrospective dédiée au japonais double-palmé Shôhei Imamura. Il s’agit de son premier film réalisé hors des studios Nikkatsu (qui restent tout de même coproducteurs), mais surtout d’un scénario qui profite d’un excellent point de départ pour offrir un regard aiguisé sur l’état du Japon d’après-guerre : L’industrie balbutiante du cinéma érotique étant une nouvelle forme de capitalisme, il aurait pu être vu comme l’une des conséquences néfastes de l’influence américaine sur l’archipel, et la mainmise des yakuzas dans cette nouvelle économie aurait elle aussi méritée d’être soulignée. Il n’en sera rien. Au mieux, la place ambiguë que tient la pornographie dans la culture traditionnaliste nipponne aurait pu être sujet à une satire sociétale acerbe. Là encore, il ne faudra pas compter dessus. Imamura se limitera à la vie privée de son rôle-titre, qui certes relèvera d’une certaine hypocrisie quant au regard porté sur ses activités professionnelles, mais qui est traité avec un tel manque de rythme, une difficulté à faire ressentir la moindre émotion et une narration si mal construite que le résultat s’apparente finalement à une soupe sans queue ni tête et affreusement soporifique. En somme, un échec qui avait de quoi laisser craindre le pire pour la suite de la carrière du cinéaste.

7 mois après le décès d’Andrzej Żuławski, et alors que l’Etrange Festival avait décidé de l’inviter à l’occasion d’une rétrospective qui lui serait consacrée, celle-ci s’est fatalement muée en hommage, en présence de plusieurs de ses collaborateurs dont le compositeur Andrzej Korzyński. Le cycle débute logiquement par son premier film, La Troisième Partie de la nuit, réalisé en 1971. Sa façon de dépeindre la Seconde Guerre Mondiale pour en faire un récit biblique est propice à un récit ésotérique et psychologiquement éreintant. Mais son scénario est également teinté d’inspirations personnelles puisque le personnage principal de scientifique devenant, par la force des choses, résistant est directement tiré d’un ami de son père. Ses innombrables aller-retours entre le présent et le passé, qui vont jusqu’à faire s’entrecroiser les divers axes temporels, rend la narration difficile à suivre, et parfois même impossible à décrypter. Un parti-pris qui prendra sens dans une conclusion apocalyptique dans laquelle on comprend que cette première réalisation est, sur le fond comme sur la forme, la matrice de toute la filmographie qui suivra.

La rétrospective consacrée à Frank Henenlotter débute elle aussi par son tout premier film, qui le fit aussitôt connaitre des amateurs de cinéma bis : Frères de Sang, réalisé en 1982. En présence de celui que l’on nomme « le pape de la 42ème rue », ce retour sur le succès inattendu d’un projet qui aurait dû rester un délire personnel au budget dérisoire (35 000 $) en dit long sur la forte demande du public des années 80 en termes de cinéma d’exploitation. Avec son pitch fantastique résolument absurde et ses effets spéciaux en carton-pâte, cette comédie cradingue n’aurait de toute façon pas pu se prétendre commerciale mais rentrait parfaitement dans les critères des midnight movies à la mode à l’époque et ouvrait la voie au succès international d’Evil Dead l’année suivante. Et même si le réalisateur prétend que son film n’a aucun sens, qu’il serait vain d’y chercher la moindre signification, il serait dommage de ne pas remarquer qu’il dresse une peinture de sa ville (New-York) où rien ne semble avoir échappé à une forme de décadence morale, rapprochant ainsi son long-métrage d’un Taxi Driver, mais avec un panier en osier à la place du taxi. Encore une fois, cette vision du monde désenchantée ainsi que ce gout pour le trash et l’organique loufoque deviendront les leitmotivs du réalisateur et la clef de sa réputation.

A coté des rétrospectives, les avant-premières continuent puisque nous vient d’Argentine une exclusivité mondiale:

A chaque année son lot de films horrifiques à sketchs. Cette année, Terror 5 nous vient d’un collectif de jeunes réalisateurs argentins qui se sont mis d’accord sur un point de départ à priori prometteur : Faire se concrétiser durant une même nuit et dans une même ville plusieurs légendes urbaines et ne pas chapitrer le scénario en faisant se succéder les histoires les unes après les autres mais au contraire adopter une construction de film choral pour assurer la cohésion de l’ensemble. Pas de chance, les quelques pistes suivies par chacun des récits se révèlent toutes être vaguement tirés de classiques plus ou moins récents du genre, mais sans jamais rien y apporter ni même réussir à tirer le moindre effet efficace de leurs références respectives. On ne peut que regarder avec dédain comment chaque réalisateur est parti de son côté, allant signer son lamentable segment, jamais effrayant mais avec lequel il espère tenir un minimum de place dans le montage final (car la réparation est loin d’être égalitaire). Seul point commun entre le résultat de leur réalisation respectives : ils se sont tous fourvoyés, nous laissant dans l’espoir que leurs récits iraient converger vers une conclusion en guise d’apothéose explosive. Au contraire, le moment où se rencontrent enfin les amorces de scénario encore en cours (certains étant morts dans l’œuf bien avant) n’est en fait qu’une excuse pour ne pas donner de réelle fin à celles-ci, et tout tombe pitoyablement à plat.

Brooklyn Village, un film d’Ira Sachs en compétition à Deauville

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Avant-dernier film de la compétition Deauvillaise, Brooklyn Village est le 8ème long métrage d’Ira Sachs, déjà présent sur la côte normande en 2014 pour Love is Strange. Avec l’ambition de capturer tous les maux d’une famille New Yorkaise, le réalisateur balaye bien trop de sujets et finit par nous ennuyer. Malgré une photographie plaisante et deux, trois bonnes séquences, Brooklyn Village s’avère bien trop fébrile vis-à-vis de ses prétentions.

Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez de chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les rapports entre voisins sont d’abord très agréables, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Jusqu’à ce que les nouveaux arrivants réalisent que le loyer que Leonor leur verse est bien en dessous de ce qu’il conviendrait…

La trame du film est donc axée sur un contentieux qui naît d’un changement de propriétaire ; la locataire se voit dans l’obligation de payer plus ou de déguerpir. Avec un pitch a priori façonné pour un cinéma social des plus moralisateurs, Ira Sachs a le mérite de traiter l’affaire avec un regard compatissant pour les deux camps. Pas de diatribe contre ceux qui possèdent, et pas d’empathie débordante pour les autres. On peut éventuellement y voir une légère critique de la gentrification de Brooklyn, mais le sujet n’est pas vraiment politique. En réunissant ces deux familles autours d’une amitié adolescente, et en les éloignant avec un conflit entre adultes, le film est censé dépeindre le fossé qui sépare les petits des grands. Le père (Greg Kinnear, Little Miss Sunshine), modeste comédien financièrement dépendant de sa femme, se voit dans l’obligation de ruiner l’amitié de son fils pour récupérer son bien. Cela va déboussoler ce gamin à la fibre artistique prometteuse, mais qui peinait déjà à se sociabiliser.

Ira Sachs nous gratifie de deux scènes réussies, l’une entre un jeune acteur et son professeur de théâtre, l’autre dans une boite de nuit pour adolescents ; le reste étant assez insipide. Prétendument inspiré par Ozu et Bresson, le film ne laisse guère transparaître une quelconque filiation avec ces illustres réalisateurs, du moins dans sa qualité. Même si l’on admet que son évocation de l’enfance n’est pas incompatible avec le génial Bonjour (1949) qu’il cite après la séance. Plastiquement séduisant, Brooklyn village n’est qu’un objet filmique assez conventionnel qui sort d’un moule Indie déjà vu. De la bande originale à la crise familiale, rien n’est vraiment novateur dans cette énième exploration sociétale ; ni bon ni mauvais, le film restera caché (on l’espère) dans le ventre mou du festival.

Réalisé par Ira Sachs avec Greg Kinnear, Jennifer Ehle, Paulina Garcia, Michael Barbieri, Theo Taplitz, Talia Balsam, Maliq Johnson, Anthony Angelo Flamminio, Maddison Wright, Mauricio Bustamante, John Proccacino, Alfred Molina…

Free Fire : Ben Wheatley zigouille à tout va dans la bande-annonce !

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Alors que son récent High-Rise a profondément divisé les foules, Ben Wheatley revient à la charge avec Free Fire. L’occasion pour lui de convoquer un casting de très haute volée (Brie Larson, Cilian Murphy, Armie Hammer, Sharlto Copley) autour d’une vente d’arme qui tourne mal. Eclats de rire garantis !

Cinéaste versatile, imprévisible, barré, controversé mais en définitive génial, Ben Wheatley est un électron libre dans le cinéma britannique. Pas étonnant de voir donc chacun de ses projets épiés à la loupe. Et Free Fire n’est pas différent des autres. Niché dans ce qui pourrait s’apparenter comme étant les années 1970, le film s’intéresse cette fois-ci à la réunion de divers sociopathes et petites frappes dans un hangar ; la joyeuse troupe étant sur le point de conclure un gros deal portant sur des armes. Mais la pression guette. Un coup de feu arrive. Et puis un autre. Et un autre. Jusqu’à ce que les deux bandes rivales ne souhaitent plus qu’une chose : éliminer celle d’en face. Montage rythmé, accent imprononçable mais surtout casting de rêve : Cilian Murphy (Inception, Dunkirk), Sharlto Copley (Chappie, District 9), Armie Hammer (Agents Très Spéciaux : Code UNCLE), Brie Larson (Room), Jack Reynor (Transformers 4, Macbeth) ; c’est bien simple, Ben Wheatley a l’air de s’être fait plaisir. Et quand on connait les films dont il nous as gratifiés par le passé, on se dit que le plaisir qu’il a eu à tourner cette échauffourée très rétro dans l’âme, devrait très certainement dégouliner de l’écran. Quitte à transformer ce film au script déroutant en l’un des prochains trips comique de l’année 2017. En tout cas, on l’espère fortement.

Aucune information n’a cela dit été donné quant à la date de sortie. Mais au vu de son contenu décomplexé et très débridé, nul doute que ce Free Fire devrait faire parler de lui d’ici là.

Bande-Annonce Free Fire : 

Gold: Matthew McConaughey en chercheur d’or allumé dans la bande-annonce

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Bientôt sur nos écrans dans Free State of Jones, l’acteur américain à l’accent fuyant va remettre le couvert pour Gold, qui raconte l’histoire d’un self made-man américain ayant découvert un énorme gisement aurifère dans l’Indonésie des années 1980. 

Plus le temps passe et plus on a l’impression que Matthew McConaughey veut prouver quelque chose. A lui-même ou à son public, difficile à dire. Dans tous les cas, c’est bien la seule option qui nous vient en tête dès lors qu’on jette un regard sur sa carrière, l’ayant vu récemment bourlinguer autant dans les habits d’un redneck homophobe (Dallas Buyers Club) que dans le costard d’un courtier en bourse porté sur la cocaïne (Le Loup de Wall Street). Et ce constat est peut-être nécessaire à assimiler si l’on ne veut pas tomber pantois de délire face à sa nouvelle prestation qui s’annonce encore une fois particulièrement barrée. Car dans Gold, pas question de voir le beau gosse texan assumer sa virilité ou son corps d’Apollon, mais plus le soumettre à l’une des chimères de notre société : l’argent. Le bel acteur joue en effet le rôle de Kenny Wellis, un homme d’affaire bedonnant et au triple menton, qui à l’aune des 1990’s, se réveille d’un rêve l’ayant fait découvrir un gisement d’or en pleine Indonésie. Une fois sur place, il se rend compte que non seulement son rêve est vrai, mais que la jalousie et l’avidité sont légion dans le domaine de la prospection aurifère. Coursé par le FBI, et d’autres ennemis en ayant après son or, inutile de dire que l’acteur sera dans de beau draps.

Retour aux sources de Stephen Gaghan (Syriana), le film verra McCo graviter autour d’un casting particulièrement alléchant, puisque en plus de Bryce Dallas Howard (Jurassic World) qui jouera son épouse, on pourra compter sur Edgar Ramirez (Joy), Corey Stoll (Café Society) ou encore Toby Kebell (le futur Ben-Hur).  Pas de date de sortie française encore annoncé, mais l’on sait déjà que le film se frayera un chemin dans les salles US à partir du 25 Décembre prochain. De quoi le voir concourir pour la prochaine cérémonie des Oscars.

Découvrez la bande-Annonce de Gold qu’on pressent déjà comme étant très ORiginale !

 

Frantz, un film de François Ozon : Critique

On ne peut pas enlever à François Ozon d’avoir de l’inventivité et l’audace de constamment tout remettre en question. Depuis son premier film, Sitcom, jusqu’à son dernier, Frantz, seizième de la lignée, il n’a pas fait deux films identiques.

Synopsis : Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville…

Faux-semblants

Ni dans la thématique, ni surtout dans la forme. Et pourtant, la patte Ozon est toujours là, entre l’exaltation de son ou ses personnages féminins (ou occasionnellement masculin, comme dans  le Temps qui reste porté brillamment par Melvil Poupaud), ou le trouble entourant les inclinations sexuelles des unes et des autres. Frantz est un film construit en creux autour de l’absence du personnage éponyme; éponyme si l’on veut, car Frantz (Anton von Lucke), un soldat allemand tué en 1918, n’est qu’un McGuffin apparaissant dans des flash-backs fantomatiques et qui ne sert que de support aux divers précipités de sentiments glanés dans le film.

Les vrais protagonistes de l’histoire sont ses proches : Anna (Paula Béer), sa quasi-veuve, une jeune orpheline qui se retrouve du coup sous la garde des parents de son fiancé défunt et Adrien Rivoire (Pierre Niney), un français qu’Anna croise sur la tombe de son fiancé qu’elle vient fleurir tous les matins, et qui se présente comme un ami proche de Frantz d’avant-guerre. Ils sont complétés desdits parents, Herr Hans Hoffmeister (Ernst Stötzner, confondant de rectitude et de rigueur allemande) et Frau Magda son épouse (Maria Gruber), désarmante dans son déni de la mort et sa volonté de faire revivre Frantz au travers d’Adrien. Amenant dans le même élan lecture sociale et européenne de la guerre et ses séquelles sur les individus touchés personnellement dans leur chair par la perte d’un être cher, un descendant qui plus est, François Ozon structure son film par petites touches concentriques qui se focaliseront de plus en plus sur le personnage d’Anna, la vraie héroïne du film.

Adrien, un mystérieux français qui vient s’incliner, voire pleurer sur la tombe de Frantz, est l’objet de tous les rejets des villageois, en même temps que celui de tous les fantasmes et de toutes les projections, comme une sorte de continuation de Frantz aux yeux et dans le cœur de ses parents aussi bien qu’à ceux d’Anna. Avec son physique émacié et un jeu sobre et sombre, Pierre Niney donne au rôle un caractère romantique et exalté qui favorise l’engouement collectif des proches de Frantz. Porteur d’un lourd secret dont la teneur est habilement brouillée par le réalisateur, Adrien déclenche à son tour tout un jeu de faux-semblants et de mensonges perpétrés notamment par Anna, encouragés par les personnages les plus insoupçonnables, à commencer par le curé du village auprès duquel elle vient se confier. Le propos principal du film tourne en effet autour du thème des mensonges et des tromperies, conscientes ou inconscientes, infligées à l’autre ou à soi-même…

Frantz est filmé dans un noir et blanc pointu et lumineux mais mélancolique à la fois (on pense dans une certaine mesure aux « tableaux » du Crosswind de l’estonien Martti Helde), sauf dans les phases oniriques ou de flash-backs (Frantz et Adrien à Paris, par exemple), où la couleur est utilisée de manière plutôt vive (comme ce rouge qui monte progressivement aux lèvres d’Anna dans un moment d’intense émotion). Un mélange réussi dans les deux parties du film : la partie allemande où Adrien vient faire ses « aveux », et celle, française, où c’est Anna qui arpente les rues à la recherche d’Adrien, mais surtout à la recherche d’elle-même…

Même si de manière fugace, on lève d’incrédulité un sourcil face à cette jeune allemande aux ressources incertaines, quitter les montagnes d’une Allemagne vaincue et qui panse ses plaies, pour venir seule en territoire encore ennemi, on se laisse globalement emporter par la fougue du personnage que l’actrice Paula Beer, une révélation lumineuse, emmène graduellement depuis la jeune femme taciturne et terne vers une véritable passionaria de l’Amour. Les vraies motivations des personnages restent floues, ce qui rend chacun de leurs mouvements presque cruciaux, décisifs. La mise en scène de François Ozon permet totalement l’adhésion du spectateur, avec une mise en place douce, austère comme il le dit lui-même, qui atteint son acmé mélodramatique au bout des presque deux heures que dure le film.

Cette mise en scène est également intelligente, faisant une part quasi-égale aux allemands et aux français, également responsables et victimes de la guerre, sans manichéisme ni compromission. A l’image de ce prénom Frantz, la forme francisée d’un prénom allemand, comme symbole d’une union européenne cinématographique…

François Ozon n’a  donc pas fini de nous surprendre. La facilité apparente avec laquelle il déroule son œuvre, avec certes du bon et du moins bon, montre combien il en a encore sous la pédale, avec sa sensibilité d’homme qui connaît pourtant si bien les femmes et les sublime film après film.

Frantz – Bande annonce

Frantz – Fiche technique

Titre original : –
Réalisateur : François Ozon
Scénario : François Ozon, avec la collaboration de Philippe Piazzo
Interprétation : Pierre Niney (Adrien Rivoire), Paula Beer (Anna Hoffmeister), Ernst Stötzner (Doktor Hoffmeister), Marie Gruber (Magda Hoffmeister), Johann von Bülow (Kreutz), Anton von Lucke (Frantz Hoffmeister), Cyrielle Clair (La mère d’Adrien), Alice de Lencquesaing (Fanny)
Musique : Philippe Rombi
Photographie : Pascal Marti
Montage : Laure Gardette
Producteurs : Eric Altmayer, Nicolas Altmayer, Stefan Arndt, Uwe Schott
Maisons de production : Mandarin Cinema,  X Filme Creative Pool
Distribution (France) : Mars Film
Récompenses: César 2017 de la meilleure photographie
Durée : 113 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 07 Septembre 2016
France, Allemagne – 2016

Victoria, un film de Justine Triet : Critique

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Victoria est le portrait drôle, contemporain et sensible d’une névrosée bordélique, facilement rattachable à toute une génération d’actifs dépassés par le bordel de la vie. Sans doute le plus beau rôle de Virginie Efira. 

Synopsis : Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

Film d’ouverture de la Semaine de la Critique, Victoria est le second long métrage de Justine Triet. On se souvient bien évidemment du premier film de la réalisatrice, La Bataille de Solférino, présenté à l’ACID au Festival de Cannes en 2013 soit à la même période que d’autres productions françaises minimalistes mais intéressantes comme La Fille du 14 Juillet de Antonin Peretjatko, 2 Automnes 3 Hivers de Sébastien Betbeder ou même Les Garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne. Un cinéma français de l’audace donc, avec un humour aux antipodes de la potacherie grand public et aux accents délicieusement godardiens. Les critiques les plus enthousiastes parlaient un peu trop vite d’une Nouvelle Nouvelle Vague Française portée par ces jeunes réalisateurs qui osent et ne tombent pas dans la facilité. Si la vague n’a finalement pas déferlé sur le cinéma français, Justine Triet était tout de même attendue au tournant. Pour Victoria, elle décide d’abandonner la forme semi-documentaire de son premier film pour aborder une mise en scène plus classique mais tout aussi élégante et assurément plus maîtrisée. A n’en pas douter que la réalisatrice ait dû bénéficier d’une augmentation du budget de production tant la critique française avait apprécié son premier film et attendait impatiemment son retour derrière la caméra, sans compter qu’elle a pu se reposer sur une éblouissante tête d’affiche. Si dans son premier film, le bordel était général, il est autrement plus personnel ici et ne s’attarde que sur le personnage de Victoria, influencée par les gens qui gravitent autour d’elle avec tout ce que cela peut comporter d’absurde, de dramatique et de romantique. Une manière pour la réalisatrice de remanier un genre apprécié, loin des poncifs rabattus dans l’hexagone.

Ça fonctionne chimiquement entre nous

On se prend vite d’affection pour Victoria, ce joli personnage qui tente de se démener dans la vie comme elle peut. Elle qui tente de combler maladroitement ses ardeurs sexuelles avec des rencontres d’un soir, de gérer sa carrière d’avocate, de faire face à un ex-mari qui dévoile sa vie sur un blog, de gérer le procès de son meilleur ami, de s’occuper de ses deux filles et de l’arrivée impromptue d’un de ses anciens clients dans son foyer. Tout ce bordel existentiel donne à Victoria une profondeur remarquable qui en fait un personnage féminin incontestablement moderne. Et quand on regarde comment ce protagoniste est traité avec finesse, on se dit qu’il n’y a rien de plus beau qu’une réalisatrice qui donne enfin les moyens à Virginie Efira de se libérer -mais pas trop quand même- de ses rôles de comédies romantiques un peu trop formatées. Il est incontestable de noter la remarquable tournure de carrière que prend Virginie Efira, après avoir notamment été vue dans Caprice d’Emmanuelle Mouret ou chez Paul Verhoeven cette année dans Elle. Mais c’est véritablement avec Victoria que l’actrice exprime tout son art et une subtilité qu’on ne lui connaissait que trop peu et qui en fait le plus beau personnage de sa carrière. A ce petit jeu, Virginie Efira passe par tous les états, de l’insouciante femme moderne à la névrosée au bord du burn-out en passant par l’amoureuse refoulée qui tente de remettre de l’ordre dans sa vie. C’est ça Victoria, une femme qui s’amuse, bois, baise, tombe, dépérit et déborde de vie. Virginie Efira n’hésite pas à donner de son corps pour apporter une sensualité suave bienvenue, et contrebalance tout en nuance avec ce personnage affolé. A côté d’elle, Vincent Lacoste trouve également un rôle à sa mesure et peut voir ce film comme un passage de flambeau entre l’adolescent un peu gauche et le jeune homme à fière allure, dont la ressemblance avec Louis Garrel devient de plus en plus troublante. Melvil Poupaud est également parfait en victime dépressif et autodestructeur.

Même si elle est maîtrisée, la mise en scène souffre d’un académisme qui exclut toute folie visuelle et empêche certaines séquences de tenir le rythme, suscitant quelques longueurs. Le film n’atteint pas son potentiel, ne lorgnant finalement jamais avec la grande oeuvre que Victoria aurait pu être. Il n’empêche que le scénario uniquement rédigé par Justine Triet (tout comme ses dialogues) permet au film de prendre son envol et d’être au dessus de la mêlée. Tout comme son précédent long métrage, Justine Triet use du comique de situation pour apporter une fraîcheur et une dimension absurde bienvenue. On s’amuse de ce procès où tout repose sur les témoignages d’un chien diagnostiqué possessif ou d’un chimpanzé photographe. Mais derrière la comédie se cachent des personnages pathétiques, tristes dans leur vie et dont l’angoisse existentielle en font des héros auxquels on peut facilement s’identifier. Une identité dramatique qui apporte vraiment de belles nuances à ce récit désopilant mais très contemporain. De ce parcours chaotique d’une jeune quadra, on rit, on s’émeut, on déprime et on applaudit. Justine Triet maîtrise comme personne ces écarts émotionnels et fait de Victoria un film drôle et inattendu. Parmi toutes les rom-coms qui inondent les écrans français, Justine Triet offre un film presque OVNI tant il s’avère ni plus ni moins être l’une des comédies romantico-dramatiques les plus audacieuses et borderlines de ces dernières années.

Victoria : Bande-annonce

Victoria : Fiche Technique

Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet
Interprétation : Virginie Efira (Victoria), Vincent Lacoste (Sam), Melvil Poupaud (Vincent), Laurent Poitrenaux (David),  Laure Calamy (Christelle)
Photographie : Simon Beaufils
Costume : Charlotte Vaysse
Décors : Olivier Meidinger
Montage : Laurent Sénéchal
Musique : Thibault Deboaisne
Producteurs : Emmanuel Chaumet
Sociétés de Production : Ecce Films
Distributeur : Le Pacte
Festival et Récompenses : Sélection La Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016
Genre : Comédie dramatique
Durée : 96 minutes
Sortie en salles : 14 septembre 2016

France – 2016

Camping 4 – Info ou intox ? : Franck Dubosc et Fabien Onteniente penseraient déjà à une nouvelle suite

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Camping 4 : Le troisième âge de retour aux Flots Bleus

Freddy Krueger, Jason Voorhees et Michael Myers n’ont qu’à bien se tenir avec leurs innombrables suites de films. La comédie Camping, qui a popularisée les Flots Bleus, est en passe de devenir une saga tout aussi prolifique.

C’est officiel ! La comédie Camping pourrait bien connaître un quatrième film. Le comédien Franck Dubosc et le réalisateur Fabien Onteniente tentent de capitaliser sur le succès en salles de Camping 2 et 3. Ils ont l’intention de créer un ultime opus pour cette comédie familiale. Malgré de nombreuses critiques négatives d’épisodes en épisodes, le filon sera donc exploité une nouvelle fois à l’écran.

La saga Camping a connu un véritable succès populaire et un plébiscite auprès du public français dans les salles obscures : Camping 1 (5 491 412 tickets vendus), Camping 2 (3 978 284 entrées) et Camping 3 (3 176 299 spectateurs).

Fabien Onteniente reviendra également sur sa passion pour le football, après Trois zéros, avec un nouveau film intitulé Mozart. Matt Pokora tiendra le rôle principal d’un jeune prodige du football dont la carrière a été brisée suite à un accident de voiture.

Vous reprendrez bien un peu de Benco ?

Selon la radio Europe 1, l’acteur Franck Dubosc, qui a popularisé le port du micro-slip de bain et distillé de nombreuses répliques cultes avec son rôle emblématique de Patrick Chirac, et le cinéaste Fabien Onteniente (Turf, Disco, 3 Zéros) se sont retrouvés début Septembre pour des sessions de travail et d’écriture pour le nouveau scénario de Camping 4.

La société Pathé produira ce nouveau long-métrage. La temporalité de la saga Camping subirait une évolution importante pour cette suite avec un bond dans le temps impressionnant entre Camping 3 et 4. Franck Dubosc – Patrick Chirac serait même devenu grand-père ! Bon nombre de campeurs risquent en effet d’avoir pris un sacré coup de vieux et de revenir en vacances avec quelques kilos en trop avec le poids des années ! Le casting et les dates éventuelles de tournage n’ont pas encore été dévoilés.

Espérons que ce nouvel opus soit plus percutant, mieux écrit et plus audacieux que les deux derniers films et qu’il ne connaisse pas le même sort que le dernier film de la saga Les Visiteurs, un véritable accident industriel. Cette grosse production avec Christian Clavier et Jean Reno avait été étrillé par les critiques, les projections de presse retardées pour éviter des papiers négatifs pouvant décourager les spectateurs, sans oublier les polémiques sur l’absence du nom du comédien Pascal N’Zonzi sur l’affiche.  Le carton au box-office ne fut pas aussi impressionnant que lors des premiers films : Les Visteurs 3 : la révolution (2 188 217 entrées), Les Visiteurs (13 782 991 spectateurs), Les Visiteurs 2 : Les couloirs du temps (8 043 129 curieux). Le seul mérite des Visiteurs 3 fut de battre le nombre d’entrées du remake tourné aux USA, Les Visiteurs en Amérique (1 217 623).

Reste donc à espérer pour les cinéphiles  hostiles à la saga Camping, qui en ont ras la casquette des aventures de Patrick Chirac et qui ne peuvent plus voir une paire de tongs en peinture, qu’ils soient en congés à l’étranger au moment de la sortie de Camping 4 et que ce nouveau blockbuster comique français ne viennent pas gâcher leurs vacances.

Une mauvaise blague ?

Mais malheureusement pour les fans de la saga, Franck Dubosc vient de révéler Jeudi sur Twitter que ce projet et ces informations sur un éventuel Camping 4 étaient en réalité le fruit d’un emballement médiatique. Le film pourrait ne pas voir le jour tout de suite. Les deux hommes, occupés sur d’autres projets, n’ont effectué que quelques sessions de travail et d’écriture. Le projet est dans les cartons mais n’est pas du tout encore signé.

 « Je lis partout que l’on prépare Camping 4, c’est une fausse info ! Après son succès, Patrick se repose et laisse Franck à d’autres gros projets. »

Un cas similaire et récent d’annonce d’une mise en chantier d’un long-métrage avant un rétropédalage pour cause d’emballement médiatique concernait les frères Dardenne pour leur film avec une intrigue sur la montée du terrorisme en Europe mais qui n’est plus à l’ordre du jour selon leur société de production, les Films du Fleuve.

Affaire à suivre donc pour le tournage de Camping 4, une fois que Franck Dubosc et Fabien Onteniente seront totalement dégagés de leurs obligations professionnelles qui les attendent dans les mois à venir !

Death House : la bande-annonce est enfin disponible !

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Death House : verdict pour les amateurs d’horreur avec le trailer enfin dévoilé !

Après un teaser trailer mis en ligne cet été, le réalisateur Harrison Smith vient de dévoiler la bande-annonce de Death House, un film d’horreur indépendant et ambitieux à l’occasion de sa participation à la convention Days of the Dead à Louisville dans le Kentucky, le 03 Septembre dernier.

Harrison Smith était accompagné lors du panel à ce festival des acteurs Cody Longo, Felissa Rose, Sid Haig et Bill Moseley. Le producteur Rick Finkelstein était également présent. Cette conférence exceptionnelle était diffusée en direct sur Facebook live sur la page officielle du film. La bande-annonce a été publiée en ligne quelques heures plus tard sur les sites de partages de vidéos.

Ce trailer permet de découvrir la prison fédérale qui est au coeur de l’intrigue et avec les méthodes peu orthodoxes qui y règnent pour tenter de calmer les prisonniers les plus dangereux (injections de puissants médicaments ou bien encore l’utilisation de casques de réalité virtuelle). Les deux agents fédéraux venus pour une visite d’inspection de routine vont être confrontés à une panne géante et devoir affronter les pires individus, libérés de leurs cellules. Les enquêteurs vont découvrir que la prison abrite une porte vers l’Enfer !

Cette bande-annonce n’est pourtant pas très rassurante avec les fonds verts et les effets pour simuler la réalité virtuelle dans laquelle sont plongés les prisonniers, la sensation d’être devant un énième film de prison, le jeu d’acteur ne semble pas être totalement irréprochable et l’absence des monstres légendaires (Jason Voorhees, CandyMan, Freddy Krueger) mis à part Leathface font craindre le pire.

Death House peut donc être apparenté à une version horrifique et gore de la série Prison Break. Le film a été présenté dans les médias comme le Expendables de l’horreur suite aux révélations sur le casting impressionnant qui regroupe un nombre colossal d’acteurs et de légendes du cinéma de genre des années 1980 et 1990 : Kane Hodder, Tony Todd, Dee Wallace, Barbara Crampton, Debbie Rochon, Adrienne Barbeau, Bill Moseley, Michael Berryman, Lloyd Kaufman ou bien encore Sid Haig.

Harrison Smith a tenu à clarifier la situation sur ces nombreuses anciennes gloires du cinéma d’horreur qui sont toutes réunies dans Death House. Le projet n’était pas de leur faire tourner des caméos et de les faire passer quelques secondes à peine. Ce dispositif plutôt courant à Hollywood pour effectuer le fan service discrètement a pu être observé dans le récent remake 100 % féminin de S.O.S Fantômes (Ghostbusters). Les fans ont pu verser une petite larme en revoyant Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Annie Potts et Ernie Hudson l’espace d’un court instant dans ce nouveau film.

Harrison Smith a d’ailleurs indiqué que le rôle tenu par Lloyd Kaufman était plus important qu’une simple apparition de quelques minutes. Le réalisateur de Death House a tenu à saluer à cette occasion, le courage et la carrière de Lloyd Kaufman pour sa créativité et son studio indépendant  Troma, à qui l’on doit des perles bis comme The Toxic Avenger ou qui a permis de révéler de jeunes réalisateurs talentueux comme Trey Parker avec Cannibal The Musical chez Troma, créateur de South Park quelques années plus tard, ou bien encore James Gunn, qui a écrit le scénario de Tromeo and Juliet et qui a récemment adapté le comics Les Gardiens de la Galaxie.

Harrison Smith a précisé lors de son intervention, samedi dernier à Louisville, que le surnom (le Expendables de l’horreur) ne convenait pas vraiment à son film. Il considère son projet plutôt comme le Jurassic World de l’horreur, sans les dinosaures, remplacés par de dangereux prisonniers psychopathes et des forces démoniaques.

Le réalisateur a souhaité mener ce projet jusqu’au bout par respect pour le genre et par respect pour les fans. C’est ce que Gunnar Hansen aurait souhaité, avant sa disparition tragique fin 2015, lui qui incarnait Leatherface dans Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper et qui était très impliqué dans l’écriture de Death House.

Les ambitions du cinéaste Harrison Smith et de ses équipes sont importantes : Death House serait le premier volet d’une nouvelle franchise horrifique qui s’étalerait sur six films. Le long-métrage est annoncé par ses créateurs comme redéfinissant le genre ! Les fans d’horreur espèrent donc que ce film soit une véritable claque horrifique avec toutes ces légendes du cinéma d’horreur, enfin réunies dans un même film.

Death House est actuellement en post-production. L’équipe du film souhaite pouvoir sortir  ce film en salles. La classification du film risque d’être celle d’un authentique film d’horreur (Rated-R, interdiction aux moins de 16 ans) et non celle des dernières tendances des productions horrifiques à Hollywood (PG-13, interdiction aux moins de 12 ans pour des films avec très peu de sang et aucune nudité, mais qui permet une rentabilité plus importante grâce à un public potentiel plus large).

Harrison Smith a confirmé, lors de son intervention au festival Days of the Dead, qu’il y  aurait très peu d’effets spéciaux numériques, en CGI. La plupart des trucages seront réalisés avec des méthodes ancestrales. Le réalisateur a même confié, lors de sa prise de parole, que près de 75 litres de faux sang auraient été utilisés sur le tournage de Death House pour de nombreuses scènes gore. Il a également révélé que l’un des spécialistes des effets spéciaux impliqué sur le tournage pour ce faux sang avait travaillé sur la confection de la bave des spectres sur le tout premier opus  de S.O.S Fantômes.

L’équipe du film a indiqué lors du panel que de nombreuses surprises attendaient les spectateurs et que des clins d’œil à d’autres long-métrages étaient présents dans Death House.

La date de sortie n’a pas encore été dévoilée mais l’équipe du film et la société de production Entertainment Factory mettent tout en œuvre pour une sortie à la fin de l’année 2016, malheureusement sans doute après Halloween, à moins d’un miracle en post-production et pour la signature des droits d’exploitation dans les salles obscures américaines.

Plus que quelques mois d’attente donc pour frissonner d’angoisse et de terreur en pleine séance de Death House !  Seul Blair Witch pourrait faire de l’ombre au film d’Harrison Smith, en cette fin d’année 2016.

 Death House – Bande-Annonce (VO – Âmes sensibles s’abstenir) :

Complete Unknown, un film de Joshua Marston en compétition à Deauville

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Le chant des grenouilles

Même si la compétition n’est pas encore close à Deauville, nous pourrions dès aujourd’hui remettre le très officieux prix d’interprétation à Rachel Weisz, fabuleuse dans Complete Unknown, le dernier film de Joshua Marton (Maria, pleine de grâce). L’actrice, épaulée par un Michael Shannon comme toujours excellent, s’affirme comme l’une des comédiennes en forme du moment après ses très belles prestations dans The Lobster ou Youth. Le film bénéficie évidemment d’un casting impressionnant mais se distingue aussi par la qualité de son récit nébuleux et de sa mise en scène aérienne.

Chez lui à Brooklyn, Tom fête son anniversaire avec son épouse et ses plus proches amis. L’un d’entre eux vient accompagné d’une jeune femme prénommée Alice, que Tom semble avoir connue par le passé. Alice nie le connaître, mais au cours de la soirée, elle va lui révéler un secret qui pourrait bien changer sa vie tranquille d’homme rangé.

D’entrée, Joshua Marton nous immerge au cœur du personnage d’Alice avec une scène d’ouverture légère mais intrigante: infirmière, étudiante, assistante d’un magicien en Chine, autant d’identités qui défilent sur un même visage. A n’en pas douter, elle mène une vie unique en son genre, radicale et audacieuse. On retrouve alors la jeune femme dans le nouveau rôle qu’elle s’est choisi à New York ; chercheuse, elle est venue directement de Tasmanie pour étudier une grenouille endémique des marais de Long Island. Pourtant le regard posé par le cinéaste est loin d’être arrêté, il ne s’agit pas de faire l’apologie d’une aventure constante. Lorsqu’elle fait la rencontre, a priori par hasard, d’un homme marié dans sa propre maison, elle s’invente un passé au Mexique avec une facilité déconcertante. Très vite on découvre que le mensonge est partie intégrante de son existence, et qu’elle n’a pour seule compagnie que ses anciennes personnalités. Solitude et identité sont des thèmes récurrents cette semaine à Deauville, et Complete Unknown aborde le sujet de la meilleure des manières. Et on a beau se délecter de la moindre interaction entre Shannon et Weisz, c’est bel et bien le cinéaste qui par sa direction d’acteur et son écriture (il cosigne le scénario avec Julian Sheppard) forge une alchimie captivante mais faussement fusionnelle… Une scène dans l’appartement de Tom, où, avec Alice ils sont tout deux piégés par un entourage qui ignore tout de leur passé commun ; forçant l’étrangère à s’obstiner dans sa mythomanie. Une scène dans l’appartement d’une vieille femme que le non-couple a raccompagnée chez elle, Alice forçant alors Tom à partager son jeu de rôle perturbant. L’atmosphère pesante du film ondule entre réalité et possibilité, une dichotomie altérée par Alice qui semble naviguer entre les deux, et qui, dès que les choses deviennent trop palpables (notamment les rapports humains),  s’oblige à fuir vers de nouveaux horizons. Une course contre soi-même résumant parfaitement la quête entreprise par Alice et Tom ;  ce dernier ayant choisi l’immobilisme pour « cultiver » sa vie professionnelle comme sentimentale. Abandon ou stagnation, il est difficile de savoir qui a le plus tord, mais tout les deux vont profiter de cette confrontation pour se remettre en question. Ainsi Tom va découvrir l’aspect tangible des fabulations d’Alice en explorant le fameux chant des grenouilles au milieu du marais dans lequel travaille la vraie/ fausse scientifique ; alors que la conception ultra individualiste d’Alice s’effrite au contact de celui qu’elle a connu dans une vie antérieure.

Complete Unknown est un beau film, déconcertant, qui nous a enthousiasmés par son spleen moderne, incarné par cette jeune femme polymorphe. Un sérieux candidat pour une récompense samedi soir.

Douze ans après avoir remporté le Grand Prix du Jury à Deauville avec « Maria, pleine de grâce », le réalisateur américain Joshua Marston revient avec Complete Unknown en compétition. Au casting Rachel Weisz, Michael Shannon, Michael Chernus, Azita Ghanizada, Omar Metwally, Chris Lowell, Frank DeJulio, Condola Rashad, Danny Glover, Kathy Bates…

Deauville 2016 : Teenage Cocktail de John Carchietta (Compétition)

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Sous ses airs de Spring Breakers virtuel, Teenage Cocktail aurait pu être une parfaite radiographie de la jeunesse américaine d’aujourd’hui. Manque de pot, le rendu qu’en fait John Carchietta est bien trop superficiel et désincarné pour prétendre atteindre cette vision cauchemardesque d’une génération cupide et insouciante.

Synopsis : Deux adolescentes de banlieue, Annie et Jules, veulent fuir ensemble à New York, loin de leurs parents et du quotidien insipide qui est le leur. Mais pour cela, elles ont besoin d’argent. De beaucoup d’argent même, d’après leurs calculs. Jules, la plus libérée des deux, initie son amie, tout d’abord réticente, à l’univers très lucratif du mannequinat en ligne. Au départ, rien de bien sérieux apparemment. Mais grâce à leurs vidéos sexy et à la clientèle qui grandit, elles se mettent à gagner d’importantes sommes. Sans se rendre compte des conséquences de leurs actes, les deux jeunes filles décident d’aller plus loin, mettant alors leur vie en danger…

Impossible, passé le générique de fin de Teenage Cocktail de ne pas penser à Spring Breakers. Les deux films, outre de se faire le portrait d’une jeunesse insouciante, sont teinté du même pessimisme. De la même envie d’évasion surtout. Un besoin de fuir, qui s’il se résumait à une envie de fête chez Harmony Korine, se transforme en envie de voir du pays et vivre ce fameux rêve américain chez John Carchietta. Le réalisateur, dont c’est le premier film ici, tente cela dit d’apporter plus qu’un simple regard sur cette génération MTV souvent pointée du doigt pour ses excès. Lucide, il a ainsi cru bon d’y apposer un autre sujet, diablement plus intime, mais pourtant bien réel : l’exhibitionnisme chez les jeunes. Moyen d’obtenir le précieux argent nécessaire à l’envie d’évasion des jeunes femmes montrées à l’écran, l’exhibitionnisme et par extension la prostitution sont ainsi surreprésentés dans ce film, quitte à amener un réel questionnement sur la jeunesse d’aujourd’hui. Et pas n’importe lequel puisque encore une fois, voici que les limites de cette générations sont sondées. Jusqu’où peut-elle aller pour toucher le moindre dollar ? Jusque-ou est elle prête pour accomplir ses rêves ? Des réflexions inquiétantes, pour ne pas dire terrifiantes, qui se posent sur les personnages Annie et Jules. Les jeunes femmes rêvent ainsi de vivre la grande vie à New-York, loin du carcan familial et de cette pression estudiantine qui leur tend inexorablement les bras.

Un film à l’image de la jeunesse qu’il tend à montrer : superficiel !

Mais si l’intention est louable, autant pour la pertinence que l’originalité du propos, on ne peut dire que le résultat soit à la hauteur. D’un sujet malsain et somme toute vicieux, le réalisateur en tire paradoxalement un film fade mais surtout poussif. La faute sans doute à une approche trop propre sur elle, rendant difficile d’atteindre le ton trash et provocant qu’on aurait pu espérer, mais surtout à un casting quelque peu au fraise. Très peu travaillées, les prestations des deux jeunes femmes (Nichole Bloom et Fabienne Therese) ternissent en effet le bilan du film en affichant un jeu d’actrices insipide, pour ne pas dire raté. Résultat, difficile d’éprouver quelconque empathie pour le duo. Une tare qui impacte également notre ressenti, en ce que jamais le propos, pourtant caustique, ne parvienne à nous bousculer et réellement nous faire réfléchir sur nos propres limites. C’est d’autant plus regrettable que le film propose en plusieurs endroits des scènes étant à même de choquer (on pense à la scène ou se confronte les jeunes femmes et leurs parents). Mais, fatalement, au vu de leur prestation dynamitant systématiquement tous les efforts faits pour inverser la tendance, difficile de ressentir toute la tension qu’elles devraient contenir. D’autant, qu’en proposant une direction artistique et technique relativement banale, le film ne fait rien pour détourner l’attention du spectateur, rivé sur le coup sur son propos traité par dessus la jambe et affichant par la même sorte, de relatives carences. Mais peut-être est-ce imputable à un scénario trop languissant et insignifiant Car, sous des airs faussement engagés, Teenage Cocktail affiche une superficialité assez gênante, puisque ne prenant pas la peine d’examiner les situations que des comportements aussi naïfs pourraient engendrer.

Superficiel, fade et par moments carrément vain, ce Teenage Cocktail manque clairement de consistance pour séduire. C’est d’autant plus dommage, car en optant pour la représentation d’une jeunesse désenchantée et insouciante, l’occasion nous était donné de voir un film moderne dans la compétition, pour le moment bien stoïque. 

Teenage Cocktail, réalisé par John Carchietta, avec Nichole Bloom, Fabienne Therese, Pat Healy etc… n’a pas encore de date de sortie prévue en France.

Live by Night : Ben Affleck s’improvise caïd mafieux des années 20 dans la bande-annonce !

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Après le costume de la chauve-souris, place à celui du mafieux. Ben Affleck est en effet de retour derrière la caméra pour adapter le roman de Dennis Lehane (Shutter Island), Live By Night, qui voit l’interprète du Batman s’improviser caïd de la mafia dans une Amérique post-Première Guerre Mondiale, miné par la criminalité. 

A peine le temps de le voir quitter son costume monochrome du justicier de Gotham City que l’acteur Ben Affleck avait déjà décampé, direction Boston pour shooter son nouveau film, particulièrement ambitieux : Live By Night. Adaptation d’un roman de Dennis Lehane (on lui doit Mystic River), on y suit l’histoire de Joe Coughlin (Affleck), un soldat rentré de la grande guerre et accessoirement fils du chef de la police locale, qui en pleine période de la Prohibition, va s’improviser figure de la pègre. Une ambition de carrière allant à rebours de celle du paternel et qu’on pressent déjà comme explosive, au vu des premières images, sublimes. Bien aidé par la photographie de Robert Richardson (Les Huits Salopards, Django Unchained, Hugo Cabret), Ben Affleck a toutefois pu s’arroger un casting de reve dans son nouveau film. Pensez donc : en plus de le voir drapé dans les plus beaux costumes de l’époque, on aura la chance de pouvoir compter sur le renfort de Elle Fanning (The Neon Demon), Zoe Saldana (Les Gardiens de la Galaxie), Chris Cooper (Démolition), Sienna Miller (American Sniper), Scott Eastwood (Suicide Squad) ou Brendan Gleeson (Harry Potter, Bon Baisers de Bruges). Un joli casting pour un film qu’on pressent sans trop se mouiller figurer en bonne place dans les prétendants aux Oscars 2017, aux coté du Silence de Martin Scorsese ou du Hacksaw Ridge de Mel Gibson.

Live By Night sortira quant à lui, le 18 Janvier prochain dans les salles françaises.

Live By Night : Bande-annonce du film évènement de Ben Affleck