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Le Top 5 des biopics selon la rédaction

Parce que cette fin d’année, les biopics d’un pilote héroïque (Sully, le 30 novembre) et d’un homme d’affaires influent (The Founder, le 28 décembre) sortent sur nos écrans, nous avons voulu nous pencher sur ce genre.

Mais justement, peut-on véritablement parler de genre ? Le film biographique est finalement moins un genre en soi que le prétexte à des reconstitutions historiques dont l’approche va dépendre de deux critères.

Le premier critère est évidemment l’époque dépeinte. Ainsi, les personnages antiques ont eu droit à certains des péplums les plus mémorables de l’Histoire du cinéma (Cléopâtre, Spartacus…). De la même façon, le moyen-âge et la renaissance ont été le support à de magnifiques films d’époques. Ainsi, le 16ème siècle a inspiré aussi bien La Reine Margot de Patrice Chéreau qu’Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog ou encore Ivan le Terrible de Sergueï Eisenstein. Des films aux styles radicalement différents.

Le second critère est sans conteste le personnage lui-même. L’exemple le plus fréquent est celui des biographies d’artistes musicaux qui prennent naturellement la forme de films musicaux (Walk The LineClocloThe Doors…). Mais, dans les cas – certes plus rares – de militaires, le biopic peut adopter les codes d’un film de guerre (Patton, Ché…) ou même ceux du film d’aventures exotiques (Lawrence d’Arabie).

Un tel éclectisme formel nous a menés à nous interroger sur les biopics qui nous ont le plus marqués, et force est de constater que le résultat de ce petit sondage interne est représentatif du large champ des possibles de ce genre qui n’en est finalement pas un.

Le top 5 des biopics selon la rédaction:

The Social Network (David Fincher, 2010) :  Qui mieux que David Fincher et Aaron Sorkin pour filmer toute la dualité d’un personnage dont la volonté de connecter le monde entier l’aura paradoxalement isolé de son propre réseau ? Aussi bien thriller psychologique que biopic nuancé, The Social Network n’est pas le récit de la création du plus grand bouleversement numérique du siècle, il est l’histoire des protagonistes qui y ont participé et de l’ego des uns et des autres qui finira par prendre le dessus. Les deux auteurs captent avec brio toute l’ampleur de cette avancée numérique et le comportement opportuniste et sociopathe des différents personnages du film, dont un Mark Zuckerberg magnétique porté par un Jessie Eisenberg au sommet de son art. The Social Network est le reflet implacable de nos sociétés dans lesquelles les cerveaux s’adonnent à une lutte acharnée pour être les instigateurs du monde de demain. Le biopic le plus fascinant du millénaire.  Kévin L

La liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993) : Inspiré du roman homonyme paru en 1982 de Thomas Keneally sur Oskar Schindler, un industriel allemand qui réussit pendant la Seconde Guerre mondiale à sauver environ 1 100 Juifs, ce drame historique de plus de 3 heures est dans le top 10 des meilleurs films de tous les temps (selon l’American Film Institute et Imdb). Auréolé d’une pléthore de récompenses dont 7 oscars en 1994, le 14ème long métrage de Spielberg, d’origine juive, qui voulait confier le projet à Polanski, puis à Scorsese, atteint des sommets de justesse et d’émotions. Ce qui est étrange c’est que Liam Neeson, d’une profondeur surprenante, n’est l’atout principal de ce « biopic » tourné en n&b. Non, on garde en tête la composition humaniste de John Williams, le grain photographique empathique de Janusz Kaminski et surtout la trame poignante historique (qui peut être contestée, c’est Hollywood quand même!), mais moins l’aspect biographique du héros de l’histoire.   Antoine M

Elephant Man (David Lynch, 1980) : On parle toujours de vibrant appel à la tolérance à propos d’Elephant Man, mais c’est d’acceptation dont il est question. Voir l’autre dans toute sa monstruosité pour ne plus la voir finalement. C’est le tour de force de David Lynch, remplacer la pitié par l’empathie pour faire de la difformité une source d’humanité. Anthony Hopkins, tout jeune alors, trouvait ici un des rôles qui allaient faire de lui un «monstre sacré ». À la fois homme doué de sentiments et scientifique, il fait glisser son jeu d’acteur d’un regard froid et calculateur face à la bête, vers celui plus chaud de l’humain qui va au-delà des apparences. Mais le plus étonnant est la performance d’un John Hurt dissimulé derrière toutes ces couches de maquillage. Référence assumée à Freaks, Elephant Man tente de nous montrer que l’extraordinaire est à nos portes et que, paradoxalement, il n’y a pas besoin du cinéma pour inventer de telles histoires. La réalité est suffisamment exceptionnelle pour que les plus beaux films la mettent en image.    Thierry

Amadeus (Milos forman, 1984) : Si le film, adapté d’une pièce de théâtre de Peter Shaffer, se permet de nombreuses libertés scénaristiques, il n’en demeure pas moins un biopic essentiel sur la vie de Wolfgang Amadeus Mozart et sur son œuvre, ce qui nous offre par conséquent une bande son exquise, qui nous replonge, tout autant que les décors et costumes parfaitement soignés, dans un XVIIIème siècle romantique somptueux. Par ailleurs la mise en scène de Milos Forman épouse parfaitement les superbes compositions de Mozart et se synchronise avec la musique, décuplant ainsi les émotions de chaque scène. Enfin, les interprétations sans failles des acteurs, Francis Murray Abraham notamment, font de ce film un véritable tour de force qui remporta pas moins de huit oscars dont celui du meilleur film en 1984. L’une des plus belles œuvres biographiques de l’histoire du cinéma à n’en pas douter.   Clément

Gandhi (Richard Attenborough, 1983) : Il est légitime que le peuple indien ait vu comme une ironie cynique qu’un Anglais réalise un film sur celui qui les libéra du joug de l’empire colonial britannique. Pourtant, Richard Attenborough a réussi à retranscrire avec impartialité le combat quotidien et le message humaniste de Gandhi. Le résultat est une peinture particulièrement grandiloquente de l’épopée du maitre à penser de la non-violence, qui de plus s’accompagne d’une dimension intimiste dont l’humilité sied avec celle de son héros. Car oui, on peut bien parler de héros même si le film évite de tomber dans le piège de l’hagiographie bêtement manichéenne. Ben Kingsley tient là un rôle à la mesure de son talent, apportant à son personnage l’humanité dont il a besoin pour se poser en modèle intergénérationnel. Pour tout ça, Gandhi est l’une des fresques historiques les plus spectaculaires du cinéma au discours moral imparable, celui du Mahatma !       Julien

Ils auraient pu y être : Into the wild (Sean Penn, 2007), Bronson (Nicolas Winding Refn, 2008), Raging Bull (Martin Scorsese, 1981)…

 

 

César 2017 : l’Académie dévoile sa liste de Révélations

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L’Académie des César a dévoilé sa liste de Révélations 2017. Parmi les 34 jeunes talents en lice, qui sera sacré meilleur espoir ?

L’an dernier, les électeurs de l’Académie avaient récompensé la jeune Zita Hanrot pour son rôle dans Fatima et Rod Paradot pour sa performance dans La Tête Haute. Au fil des ans, les lauréats du Meilleur Espoir sont nombreux à s’être fait une place dans le monde du cinéma français et international, de Louis Garrel à Gaspard Ulliel en passant par Mélanie Laurent ou encore Adèle Exarchopoulos. La 42ème Cérémonie des César, qui aura lieu le 6 janvier 2017, sera l’occasion pour deux jeunes comédiens de rejoindre ce prestigieux palmarès et peut-être d’entamer une belle carrière. Zoom sur les nommés.

Chez les filles, parmi les 17 actrices sélectionnées, on peut citer la déjà star Lily-Rose Depp, remarquée pour son second rôle dans La Danseuse. Il ne fait aucun doute que la jeune actrice et mannequin, qui jouit d’une grande notoriété, saura créer l’événement comme elle l’a fait à Cannes. Mais attention, la franco-américaine, actuellement à l’affiche de Planétarium, a des rivales de taille. On pense notamment à la très impressionnante Oulaya Amamra, qui a crevé l’écran dans Divines avec une prestation brute et humaine. Autres concurrentes, Paula Beer, une allemande que l’on a pu voir donner la réplique à Pierre Niney dans Frantz ; ou encore l’énigmatique Raph, qui s’amuse de son androgynie et qui laisse planer le doute depuis son apparition dans le très loufoque Ma Loute.

Côté garçons, Kyan Khojandi, dont la réputation n’est plus à faire depuis le succès de Bref, fait son entrée dans la sélection grâce à son rôle fantaisiste et touchant dans la comédie dramatique Rosalie Blum. Plus sombre, Niels Schneider, ancienne « égérie » de Xavier Dolan, est quant à lui nommé pour sa prestation taiseuse dans le thriller Diamant Noir, tandis que le jeune suisse Kacey Mottet Klein, (Gainsbourg vie héroïque, l’Enfant d’en haut) continue son ascension avec Quand on a 17 ans, le dernier Téchiné. Enfin, Nocturama, le film controversé de Bertrand Bonello, a fait émerger de nombreux talents dont Hamza Meziani, également en lice pour décrocher le César du meilleur espoir masculin.

Lesquels de ces acteurs auront le privilège de rentrer dans la longue liste des lauréats de l’histoire des César ? Réponse le 6 janvier.

Liste complète des nommés dans la catégorie des Révélations 2017

Comédiennes :
Oulaya Amamra dans Divines
Naomi Amarger dans Le ciel attendra
Paula Beer dans Frantz
Galatéa Bellugi dans Keeper
Sigrid Bouaziz dans Personal Shopper
Lily-Rose Depp dans La Danseuse
Eye Haïdara dans La Taularde
Liv Henneguier dans Crache Cœur
Manal Issa dans Peur de rien
Annabelle Lengronne dans La fine équipe
Marilyn Lima dans Bang Gang (une histoire d’amour moderne)
Noémie Merlant dans Le ciel attendra
Raph dans Ma Loute
Salomé Richard dans Baden Baden
Ginger Roman dans Voir du pays
Julia Roy dans À jamais
Anastasia Shevtsova dans Polina, danser sa vie

Comédiens :
Steve Achiepo dans Tout, tout de suite
Jonas Bloquet dans Elle
Damien Bonnard dans Rester vertical
César Chouraqui dans L’Origine de la violence
Corentin Fila dans Quand on a 17 ans
Sofian Khammes dans Chouf
Kyan Khojandi dans Rosalie Blum
Roman Kolinka dans L’Avenir
William Lebghil dans La fine équipe
Alexis Manenti dans Voir du pays
Hamza Meziani dans Nocturama
Kacey Mottet Klein dans Quand on a 17 ans
David Murgia dans Les Premiers les Derniers
Toki Pilioko dans Mercenaire
Marc Ruchmann dans Tout, tout de suite
Niels Schneider dans Diamant noir
Thomas Scimeca dans Apnée

 

Nosferatu : Robert Eggers aux manettes du remake

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Après les reboots de films de monstres tels que « La Momie » ou « L’homme invisible », c’est au tour du célèbre vampire, « Nosferatu » de Friedrich Wilhelm Murnau de faire peau neuve sous la houlette de Robert Eggers, le réalisateur de The Witch.

Robert Eggers, scénariste et réalisateur du film d’horreur The Witch, a attiré bien des éloges critiques depuis son succès surprise l’an passé. Primé lors de la dernière édition du Festival de Sundance, où il a reçu le prix de la mise en scène, avec une cote d’approbation de 91 pour cent sur Rotten Tomatoes, il peut se targuer d’être un cinéaste rentable puisque son long métrage a fait 40 millions $ de recette au box-office, pour un budget de seulement 3 millions !

Il semblerait que Robert Eggers aime travailler dans un cadre d’époque, comme il l’a confirmé au cours du récent podcast Filmmaker Toolkit du site Indiewire, puisque son prochain film sera un remake d’un classique du septième art, Nosferatu le vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) réalisé en 1922 par l’allemand Friedrich Wilhelm Murnau, avec Greta Schroeder, actrice expressionniste et interprète d’Ellen, la victime du monstrueux vampire, Le Comte Orlock, incarné quant à lui par l’inoubliable Max Shreck. Robert Eggers endossera à nouveau la double casquette de scénariste et réalisateur pour son deuxième long métrage, déjà très attendu. Grand fan du film original, l’américain est clairement conscient du défi qui l’attend:

«C’est choquant pour moi. Ça me paraît laid, blasphématoire et égocentrique pour un cinéaste tel que moi de refaire ‘Nosferatu’. J’avais vraiment l’intention d’attendre un peu, mais le sort en a décidé autrement »

Le Nosferatu d’origine est l’un des films les plus aimés de l’époque du muet et reste à ce jour l’un des films d’horreur les plus influents et respectés de l’histoire du cinéma, grâce à sa poésie, son éclairage atypique, ses lumières crépusculaires et ses dialogues teintés de cynisme. Ce tour de force n’a jamais cessé depuis d’alimenter l’univers artistique de nombreux réalisateurs et de déchaîner les passions chez tous les amateurs d’horreur. A ce titre, en 2000, le mythe a été exploité par E. Elias Merhige qui a réalisé L’ombre du vampire, reconstitution fictive du tournage de Nosferatu avec Willem Dafoe et John Malkovich, se basant sur une étrange légende : Max Schreck, l’interprète du monstre, aurait lui-même été un véritable vampire…

Par ailleurs, ce chef d’œuvre, adaptation à peine voilée du roman gothique de Bram Stoker, Dracula, a longtemps fait l’objet de poursuites judiciaires. Un tribunal avait même jugé que toutes les copies de Nosferatu devaient être détruites, mais heureusement, de toute évidence cela n’a pas eu lieu. Les historiens du cinéma considèrent aujourd’hui Nosferatu comme l’un des films d’horreur les plus efficaces de tous les temps : c’est donc un challenge de taille qui attend Eggers. Mais ce dernier semble comprendre la gravité du projet et de ce qu’implique une relecture de Nosferatu, bien qu’il ne soit pas pas le premier à tenter de le faire. En 1979, le très iconoclaste Werner Herzog, connu pour son cinéma auteuriste et dérangeant, s’était posé en héritier du maître en s’attelant à un premier remake, Nosferatu fantôme de la nuit, avec Isabelle Adjani et Klaus Kinski dans les rôles titres.  Herzog avait réussi son pari, puisque son film avait rencontré un franc succès critique. Alors, Eggers sera-t-il à la hauteur du challenge ?

Pour se démarquer, Robert Eggers a d’ores et déjà affirmé que sa version serait un peu différente des précédentes ; il souhaite explorer les origines du vampire, avec le plus grand réalisme possible. 

Nosferatu n’a pas encore de casting ni date de sortie, mais sera réalisé pour Studio 8, la société de production de Jeff Robinov, l’ancien patron de la Warner.

 

La folie des remakes à Hollywood : Intouchables, The Crow et Scarface

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La frilosité des studios Hollywoodiens semble se confirmer. Au cours de l’été 2016 et de cette rentrée de nombreux projets de remakes ou de reboots ambitieux ont été annoncés pour l’année 2017. Les spectateurs seront-ils au rendez-vous ou bouderont-ils ces nouvelles transpositions d’anciens univers cinématographiques et iconiques indépassables ? C’est ainsi que parmi toutes ces adaptations ont été annoncés des remakes de Intouchables, The Crow, Scarface et encore plus récemment un tout nouveau volet dans la saga Rambo.

Le tournage du remake américain d’Intouchables prévu pour janvier 2017

Les stars américaines Bryan Cranston (l’inoubliable anti-héros de la série Breaking Bad) et Kevin Hart vont incarner les deux principaux rôles de la version américaine du film Intouchables dont le début du tournage est prévu pour janvier prochain d’après le site Deadline. Ils reprendront les rôles phares de François Cluzet et Omar Sy. Le comédien Colin Firth et Paul Feig à la réalisation (S.O.S Fantômes, Les flingueuses) avaient été annoncés dans un premier temps sur ce projet de remake. Ils ne devraient finalement pas être au générique final.

Le cinéaste qui sera finalement à la tête de ce projet ambitieux s’est déjà illustré avec Divergente, L’Illusionniste et Limitless. Le nom du réalisateur Simon Curtis (My Week with Marilyn) avait été évoqué pour ce projet d’adaptation mais c’est bien Neil Burger qui a décroché le poste pour réaliser ce remake. Le film sera baptisé The Intouchables en version originale. Neil Burger tachera de transposer les codes, l’humour et les qualités de l’œuvre d’origine qui reste l’une des comédies les plus populaires et appréciées du public français dans les salles obscures. Intouchables était sorti en novembre 2011 en France. Le long-métrage d’Olivier Nakache et d’Eric Toledano a totalisé près de 19,5 millions d’entrées. Seul Titanic (21,7 millions de spectateurs cumulés) et Bienvenue chez les Ch’tis (20,4 millions de tickets écoulés) ont réussi à faire mieux.

Le scénario n’a pas encore été dévoilé pour la version américaine de cette fresque poignante et humaine sur la solidarité, le handicap, la diversité et l’entraide. John Hartmere a écrit le script de The Intouchables. La version américaine du film devrait proposer un nouveau regard par rapport à l’histoire de l’œuvre d’origine d’Eric Toledano et d’Olivier Nakache. Les deux réalisateurs français avaient librement adapté l’ouvrage Le second souffle de Philippe Pozzo di Borgo qui retraçait le difficile combat au quotidien de cet homme tétraplégique depuis 1993, soutenu fort heureusement par son aide à domicile Abdel Yasmin Sellou.

La société Weinstein Company, qui a racheté les droits du film français, va produire ce remake dont le tournage va débuter le 15 janvier 2017 dans la ville de New York.

Espérons que ce film soit plus réussi que l’adaptation du Dîner de cons (The Dinner avec Steve Carell) et encourage les studios Hollywoodiens à relancer le remake de Bienvenue chez les Ch’tis (Welcome to the sticks) après l’abandon du projet avec Will Smith.

The Crow : le retour du corbeau vengeur pour le plus grand bonheur des fans de James O’Barr

La société de production Relativity va renaître de ses cendres avec le projet ambitieux de reboot de la saga The Crow, et du tout premier film d’Alex Proyas, de 1994, maudit et endeuillé suite au tragique accident qui a coûté la vie à Brandon Lee.

Cette toute nouvelle version de The Crow sera tournée en janvier 2017 comme le remake de Intouchables. C’est le réalisateur Corin Hardy qui va adapter l’œuvre fascinante de James O’Barr, cette bande dessinée culte des années 1990. Pour mémoire, Vincent Perez, le comédien Suisse, avait joué dans la suite The Crow, la cité des anges, le film de Tim Pope, aux côtés de Iggy Pop.

Le rôle-titre de ce remake prévu pour 2017 sera occupé par Jason Momoa (Conan, Du Plomb dans la tête, Justice League, Game of Thrones). L’acteur a en effet organisé son planning de tournage pour être disponible pour la nouvelle mouture de The Crow, après sa participation à Justice League dans le rôle d’Aquaman. L’acteur au physique impressionnant avait posté il y a quelques mois une photographie sur Instagram en compagnie du réalisateur Corin Hardy avec la légende « signature du contrat ». Cette performance inattendue dans le rôle du anti-héros qui revient d’entre les morts avec ce visage peint en blanc pourrait permettre à Jason Momoa de trouver enfin un rôle à sa mesure et lui permettre de prouver ses talents d’acteurs. Les nostalgiques de la performance de Heath Ledger dans le film The Dark Knight et les déçus du montage, des coupes abusives et de l’absence de scènes du Joker dans Suicide Squad risquent de scruter avec attention cette nouvelle version de The Crow et de guetter l’interprétation de Jason Momoa sous les traits du personnage Eric Draven, revenu d’entre les morts.

Ce nouveau long-métrage sera, d’après The Wrap, une réécriture du film d’origine par le scénariste Cliff Dorman. La volonté des équipes du film est de rester fidèle à la bande dessinée originale de James O’Barr. The Crow est un récit fantastique et mystique sur la vengeance d’un homme, Eric Draven, qui revient d’entre les morts, grâce à l’aide d’un corbeau, pour se venger des meurtriers qui l’ont sauvagement assassiné, lui ainsi que sa petite amie.

Ce projet de remake de The Crow était évoqué depuis de nombreuses années. Jack Huston, Luke Evans ou bien encore Bradley Cooper avaient successivement décliné ce projet. Le succès de The Crow pourrait permettre à la société Relativity de se relancer après de nombreux problèmes financiers.

Scarface : un remake sur les latinos pour un premier brûlot Anti-Trump par Antoine Fuqua ?

Le réalisateur Antoine Fuqua va s’attaquer prochainement à un remake du film culte de Brian de Palma, Scarface. Ce film des années 1980 avec la performance inoubliable d’Al Pacino en immigré cubain était déjà un remake d ‘une œuvre de Howard Hawks, tourné en 1932 avec Paul Muni dans le rôle-titre d’un immigrant aux origines italiennes qui gravit les échelons dans l’univers de la pègre à Chicago.

Fuqua devrait s’attaquer à des éléments de la société américaine pour dépeindre un empire de la drogue naissant. Le scénario de ce nouveau film a été réécrit par Jonathan Herman, l’homme qui a travaillé sur le biopic énergique N.W.A. Straight Outta Compton. David Ayer (Suicide Squad) et Paul Attanasio avaient commencé à travailler sur le scénario il y a de nombreux mois.

Cette troisième mouture de Scarface plongera les spectateurs dans l’existence d’un immigré clandestin d’origine mexicaine aux USA qui embrasse une carrière criminelle. Ses raisons ?  Le rêve américain lui a explosé en pleine figure ! Dans cette réadaptation contemporaine, le personnage principal résidera à Los Angeles.

Le réalisateur Antoine Fuqua s’est confié à la rédaction de Fandango :

J’ai lu le script et c’est vraiment passionnant et très en phase avec l’époque. Il se passe beaucoup de chose actuellement avec le Mexique. Et nous avons encore des difficultés avec le Rêve Américain et cette impression que les dés sont pipés. La promesse est que chacun puisse avoir une chance et un accès équitable au Rêve Américain, mais ce n’est pas toujours le cas. Donc c’est toujours pertinent, et ce qui se passe actuellement au Mexique, qui est le pays d’origine du personnage principal, c’est particulièrement pertinent, surtout lorsque vous avez des personnes qui parlent de construire des murs et d’autres choses de ce genre. On s’attaque encore à l’immigration, aux raisons qui poussent un individu à devenir Scarface.

Fuqua a tenu à souligner que son nouvel anti-héros, un homme très instable, subissait les conséquences et le poids d’un système qui le hait, qui l’a privé de ses droits et dont il se sent exclu.

Après avoir donné une nouvelle jeunesse au western spaghetti avec sa version des 7 Mercenaires, Antoine Fuqua devrait débuter le tournage de ce reboot dans les mois qui viennent. Le casting n’a pas encore été dévoilé. Aucune indication sur la présence éventuelle d’Al Pacino pour un caméo n’a filtré non plus. Seuls quelques noms circulent et des rumeurs à Hollywood évoquent la possibilité de voir dans le rôle titre du nouveau Tony Montana, qui devrait avoir un nom à consonance Mexicaine, les comédiens Oscar Isaac, Dominic Cooper, Javier Bardem, Benicio del Toro ou Christian Bale.

Ce projet de remake de Scarface ne date pas d’hier. Le projet était dans les tuyaux depuis quatre ans. D’après des informations de la rédaction de The Hollywood Reporter, Al Pacino s’était d’ailleurs confié sur le tapis rouge lors de la soirée de présentation de son film Dany Collins en mars 2015 sur la possibilité de revoir un acteur endosser une nouvelle fois le rôle du criminel balafré qu’il avait popularisé dans le chef-d’œuvre de Brian De Palma:

Oh, ça me va. C’est intéressant. […] C’est comme ça que ça se passe maintenant (dans cette industrie), on remake des trucs.

La nouvelle récente de la mise en chantier d’un nouvel opus de la saga Rambo ou bien encore les futurs projets avec les licences Predator ou Starship Troopers viennent de confirmer cette tendance lourde des remakes et des reboots à Hollywood. Espérons que les spectateurs en salles ne soient pas trop lassés par cette nouvelle mode.

Inferno, un film de Ron Howard : Critique

Après la F1 (Rush) et les cachalots revanchards (Au Coeur de l’Océan), Ron Howard retrouve l’ésotérisme et les jeux de pistes avec l’adaptation d’Inferno de Dan Brown. L’occasion pour lui d’emballer, non sans panache, une cavalcade européenne haletante où Tom Hanks tente d’endiguer le déchaînement d’un virus voué à décimer la planète.

Robert Langdon : 3ème. Après avoir levé le mystère sur la filiation de Jésus (Da Vinci Code) et empêché un attentat à la bombe sur la cité vaticane (Anges et Démons), la superstar d’Harvard, expert en symbologie religieuse est de retour. Mais pas question ici de voir la bonhomie de Tom Hanks employée pour lever le voile sur des secrets millénaires, mais bien à des fins de sauver le monde. Car, cette fois, point de quêtes spirituelles ou de complots pour l’infatigable professeur mais simplement une course à travers l’Europe pour le voir déjouer les plans d’un milliardaire, bien décidé à déchaîner l’Enfer en répandant un virus capable éradiquer la moitié de la population mondiale. Bref autant dire un nouveau départ pour la saga, qui s’affranchit ici de sa marque de fabrique, en l’occurrence sa substantifique moelle ésotérique, pour la remplacer par une intrigue catastrophe où se profilent les dérives du courant de pensée eugéniste prônée par certains, qui veut que l’humanité est sa propre chimère. Suffisant pour relancer la machine d’une saga tant décriée et combler le spectateur rompu aux secrets millénaires et autres complots ? Étonnement oui.

Une suite dans la lignée de Da Vinci Code et d’Anges et Démons

On ne tournera pas autour du pot : Inferno est surprenant. En faisant fi de son ADN complotiste pour le remplacer par un parfum aux airs de fin du monde, la mouture concoctée par Ron Howard ne s’est jamais autant montrée respectueuse du matériel fantasque et hautement invraisemblable du romancier Dan Brown. Tout est ainsi question d’urgence, de stress, de rythme haletant et autres déductions fumeuses. Et à ce jeu là, Ron Howard sait y faire. Filmant Tom Hanks dans un ersatz de Very Bad Trip ; le professeur se réveillant totalement amnésique, Howard peut enfin, scénario aidant, placer sur un pied d’égalité le spectateur et le professeur émérite. Ça n’a l’air de rien, mais en adoptant pareille posture, ce dernier peut alors se concentrer sur la mise en scène. Frénétique tout en étant posée (on est loin du maniérisme pompier de Da Vinci Code), elle cerne au plus près les personnages mais surtout l’intrigue. Et autant dire que cette dernière s’avère elle aussi des plus atypiques dans le (morne) paysage hollywoodien. Fini les complots religieux ronflants, les théories fumeuses et autres jeux de pistes millénaires, puisque par le prisme d’Inferno, se cache une étude sociétale assez inquiétante : la problématique de la surpopulation. Surfant sur ce thème plus que jamais d’actualité, déjà abordé dans le Kingsman de Matthew Vaughn, le film se paie alors un degré de modernité assez bienvenue quand ses aînés accusaient le coup d’un certain passéisme dans la manière qu’ils avaient de traiter des rites et autres secrets vieux de plusieurs siècles. A ce titre, la composition (peu inspirée) de Hans Zimmer s’inscrit parfaitement dans cette veine : reprenant les thèmes de Da Vinci Code qu’il passe à la moulinette électro, l’allemand appose sur le film une ambiance très actuelle ; un peu comme si Howard avait à cœur de se dégager de cette emprise très old-school qui infusait jusque là les deux films précédents. Résultat, le rythme s’en retrouve affecté : pas le temps de souffler que déjà les embardées se font sentir et nous voilà pris au jeu de suivre ce tandem disparate aux 4 coins de l’Europe.

Une adaptation qui souffre de compromission

Bien sûr, on ne pourra nier que derrière ce concert de louanges se cachent des failles. En bonne adaptation de best-seller qu’il est, le film doit ainsi tailler dans le récit somme toute dense du romancier Dan Brown. Résultat, il est parfois difficile de ressentir l’angoisse et la fièvre contenues dans les pages du roman ; encore plus quand la trame est parfois simplifiée à l’excès et que les interactions entre les personnages sont réduites à des simples archétypes. On ne pourra ainsi passer sous silence la rapidité des agissements de certains qui semblent bien trop téléphonés ou contenir le rire face à la vue de cette Organisation Mondiale de la Santé, qui croit bon d’user d’une véritable armada pour mettre la main sur le professeur. Une tare qui se retrouve également dans la gestion des personnages. Si le professeur jouit d’un temps d’apparition suffisant, on ne peut hélas en dire autant pour le reste du casting. A ce titre, il est regrettable de voir le génial Ben Foster, qui campe ici le principal antagoniste, évoluer en hors-champ pour un temps d’apparition somme toute réduit ; ou l’indien Irrfan Khan dans un rôle très mal écrit pour incarner avec décence l’un des pions majeurs de l’intrigue. Néanmoins, on ne boudera pas son plaisir face à un divertissement habile qui sait aborder frontalement une thématique de société hautement dramatique.

Revendiquant clairement les invraisemblances et le rythme frénétique de son homologue de papier, l’adaptation que fait Ron Howard du best-seller Inferno est sans doute la meilleure qui lui ait été donné de faire dans ce qu’on appellera maintenant la trilogie du Da Vinci Code. Haletant, malin et original, voilà bien un divertissement comme sait si bien les faire Hollywood. On ne pourra de plus que saluer la prise de risque des studios d’introduire une thématique aussi contemporaine dans un divertissement à grande échelle. Du grand spectacle en somme.

Inferno : Bande-Annonce

Synopsis : Dans « Inferno », le célèbre expert en symbologie suit la piste d’indices liés au grand Dante lui-même. Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…

Inferno : Fiche Technique 

Titre original : Inferno
Réalisation : Ron Howard
Scénario : David Koepp, d’après l’œuvre de Dan Brown
Casting : Tom Hanks (Robert Langdon), Felicity Jones (Sienna Brooks), Omar Sy (Christophe Bouchard), Ben Foster (Bertrand Zobrist), Irrfan Khan (Hary Sims), Sidse Babett Knudsen (Elizabeth Sinskey)
Directeur artistique : Phil Sims
Costumes : Julian Day
Photographie : Salvatore Totino
Montage : Tom Elkins et Daniel P. Hanley
Musique : Hans Zimmer
Production : Brian Grazer, Michael De Luca et Andrea Giannetti
Producteurs délégués : Dan Brown, William M. Connor, Anna Culp et David B. Householter
Producteur exécutif : Doug Belgrad
Sociétés de production : Imagine Entertainment et Skylark Productions ; Columbia Pictures (coproduction)
Sociétés de distribution : Columbia Pictures (États-Unis), Sony Pictures Releasing France (France)
Langue originale : anglais
Format : couleur
Genre : thriller
Durée : 121 minutes
Dates de sortie : 9 novembre 2016

Etats-Unis – 2016

Theeb, un film de Naji Abu Nowar : Critique

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Theeb nous entraîne sur les sentiers escarpés du désert jordanien pour nous apprendre qu’il faut parfois savoir faire confiance à son ennemi.

Synopsis : Péninsule arabique, pendant la première guerre mondiale. Theeb est un jeune bédouin qui vit avec son grand frère Hussein. Celui-ci est engagé par un officier de l’armée colonial britannique, en route vers La Mecque, pour le guider vers un puits. Theeb décide de les suivre à distance sans se soucier du danger qui plane sur le désert.

Le réalisateur jordanien Naji Abu Nowar (qui a passé les dix premières années de sa vie en Grande-Bretagne) admet que, si son intention première en rédigeant le scénario de Theeb fut de rendre cinégénique la culture bédouine, son inspiration formelle lui vient directement du western. L’influence des films américains se ressent dans la construction de son récit et en particulier dans la façon dont le passage à l’âge adulte de son héros éponyme va prendre la forme d’une quête initiatique. Pourtant, la scène prégénérique nous imprègne dès les premières secondes de la tradition orale locale via un poème sur la Mer Rouge, qui pourra tout à la fois être lu comme une analogie du désert, et donc un avertissement sur le risque de s’y aventurer, ou comme une ode à la vie pleine d’espoirs.

Le processus utilisé ensuite par le réalisateur pour nous immerger dans l’univers de ses personnages est des plus faciles, puisqu’il nous fait partager le point de vue du rôle-titre. Le regard que pose le jeune Theeb sur son mode de vie, sur sa relation à son frère ou sur l’influence des étrangers est toujours suffisamment expressif pour nous faire partager ses sentiments malgré une économie de dialogues. La première moitié du film repose donc sur ces effets d’observation, dont la plupart est mise en scène par une série de champs-contre-champs. Malgré la simplicité du dispositif, le décor désertique apparait rapidement comme l’élément central de la dramaturgie, tant il influe directement sur les relations que les personnages vont entretenir. La chaleur et la soif obligent les habitants de ces terres arides à s’entraider. Ce discours sur le besoin d’humilité face à une nature hostile donne à Theeb sa dimension universelle et lui permet ainsi de dépasser de beaucoup son seul cadre géographique.

Le rythme volontairement lent, dû à une narration privilégiant les rapports entre chacun des personnages à l’action elle-même, tranche avec les références hollywoodiennes du réalisateur et a de quoi perturber le public occidental, abreuvé à une certaine dynamique. Pourtant, la beauté des paysages et la symbolique employée massivement pour représenter les efforts à faire pour y survivre (avec notamment ce puits, tour à tour enjeu vital et lieu de mort) a de quoi fasciner, même si on regrette amèrement que le foisonnant contexte géopolitique qu’a choisi le cinéaste (pas moins qu’une guerre mondiale et la chute de l’empire ottoman) ne soit jamais évoqué. Le pilier dramaturgique sera, l’occasion d’une montée en intensité, une scène de fusillade impressionnante. Ce qui suivra reprendra le schéma d’indispensables interdépendances entre les vivants. Ayant depuis appris à nous attacher au jeune Theeb, les enjeux apparaissent dans cette partie finale comme plus poignants, jusqu’à ce que le scénario ne retrouve, dans ses dernières minutes, une certaine laboriosité à se trouver une fin (notons tout de même un plan de fin sur un chemin de fer, qui n’est pas sans rappeler celui d’Il était dans l’ouest).

La morale est universelle et imparable, mais nous est assénée avec si peu de subtilité que l’on en viendrait presque par douter de la sincérité de cette tragédie bédouine à la finalité quelque peu abstraite. Même la signification du nom du jeune héros (traduisible par « loup »), qui est pourtant un élément-clé pour saisir toute la dimension dramatique de son destin, ne sera jamais éclairée dans la diégèse. Toutes ces maladresses dans la construction du récit n’empêchent pourtant pas ce premier film d’être un beau moment de dépaysement.

Theeb : Bande-annonce

Theeb : Fiche technique

Titre original : ذيب
Réalisation : Naji Abu Nowar
Scénario : Naji Abu Nowar, Bassel Ghandour
Interprétation : Jacir Eid (Theeb), Hassan Mutlag (L’étranger), Hussein Salameh (Hussein), Jack Fox (Edward)…
Musique : Jerry Lane
Photographie : Wolfgang Thaler
Directeur artistique : Samy Keilani
Montage : Rupert Lloyd
Producteurs : Bassel Ghandour, Rupert Lloyd, Laith Majali, Diala Al Raie, Nadine Toukan
Maisons de production : Noor Pictures, Immortal Entertainment
Distribution (France) : Jour2fête
Récompenses : Prix Horizons du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2014
Durée : 93 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 23 Novembre 2016
Jordanie/Émirats arabes unis/Qatar/Royaume-Uni – 2014

 

Car Wash le film de Michael Schultz, adapté en série par ABC

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Sortez les afros, les pattes d’éléphant, et levez les poings, le site américain The Hollywood Reporter vient d’annoncer le reboot sur petit écran du film de 1976, Car Wash.

Adaptée sous forme de comédie, la série Car Wash verra le jour sur la chaîne ABC et aura pour producteur Will Packer pour Will Packer Productions (Straight Outta Compton, Uncle Buck, Being Mary Jane, Roots, Think Like a Man…).

La série suivra les aventures de plusieurs personnages d’une station de lavage de voitures, The Deluxe Car Wash, à Los Angeles. Deux personnages seront au cœur de l’histoire: un adolescent déterminé à créer son propre destin, et un homme qui refuse d’accepter ce qu’il est devenu et de faire face à la réalité de la vie.

L’iconique famille Car Wash que l’on avait déjà pu découvrir en 1976 pour ABC, était notamment constituée par les acteurs Richard Pryor, George Carlin, Garrett Morris et les Pointer Sisters. Pour l’instant, aucune information n’a filtré sur le casting. Toutefois, on pourra compter sur l’engagement de Matt Claybrooks (Single Ladies, The Game, Tout le monde déteste Chris) et Rob Horn (Partners, Living Single) en tant que scénaristes. Le grand gagnant des Tony Awards 2014 avec sa production à Broadway de A raisin in the sun dans lequel Denzel Washington et Sophie Okonedo tiennent les rôles phares, Kenny Leon, réalisera le premier épisode. Et si la série trouve son public, il officiera le poste de producteur exécutif.

Bande Annonce – Car Wash (1976)

Arras Film Festival 2016 : The Spy and the Poet, un film de Toomas Hussar

Découverte à l’Arras Film Festival du film estonien The Spy and the Poet, un thriller d’espionnage flirtant avec l’humour (notamment noir et absurde) et dont l’écriture tient plus du mic-mac brouillon que du plan sans accrocs.

Synopsis : Un soir, Gustav, un agent secret taciturne, rencontre une femme énigmatique. Il semble évident qu’il s’agit là d’un piège tendu par les services secrets soviétiques. Tout devient plus compliqué lorsque celui-ci reçoit l’ordre de succomber à ses charmes.

Notre Review The Spy and the Poet

A la manière d’un Burn After Reading (Frères Coen, 2008), The Spy and the Poet se voudrait être un film d’espionnage à la fois sérieux et complètement absurde, soit une farce. Si l’humour est là, il n’est pas parfaitement maîtrisé. Alors que des espions estoniens affrontent des russes pour sauver une ex-agent russe dans une séquence filmée de telle manière que l’on pense au nanar voire au navet, le héros Gustav’ regarde avec admiration une photographie de commandos estoniens de la guerre d’indépendance. On pensait alors que le héros allait se recharger d’une dose de courage après une période emplie de doutes et de folies. Eh bien pas du tout, car il s’est suicidé. C’est ce que l’on a appris après le film de la part de l’un des acteurs présents, et avec des échanges avec le public partagé face au film, entre incompréhension et admiration face à ce qui serait une énorme farce bouffonne. Ainsi ce qu’on pensait être une scène plutôt drôle n’en est pas une. Celle-ci est juste mal contrôlée, mal présentée, à tel point que beaucoup -dont CineSeriesMag- n’ont pas compris que le personnage se suicidait. En effet, même s’il était étrangement absent à la fin du film, l’événement du suicide n’était pas clairement compréhensible. Car si le film tire à la farce rien que par son histoire de guéguerre absurde et obscure entre russes et estoniens qui avancent leurs dés comme des enfants au Monopoly et passent pour des imbéciles incompétents, et malgré toutes les séquences burlesques notamment via le duo de l’espion et du poète, le long métrage ne peut cacher son écriture hasardeuse et sa progression narrative en dent de scie. L’écriture toute en ellipses est un choix intéressant, mais il n’est pas maîtrisé ici. D’ailleurs, lors de la rencontre qui a suivi la projection, l’un des deux acteurs principaux, Rain Tolk (qui interprète le poète), a déclaré ceci :

« Son approche en tant que scénariste est très différente (…) il pense son scénario comme une énigme mathématique (…) le réalisateur veut nous laisser chercher (…) il veut que ses idées soient ambivalentes. »

Ce à quoi on a envie de répondre : le réalisateur a raté son équation, et le spectateur lui, est perdu.

« Dommage » et « gachis » sont alors les mots qui nous viennent à l’esprit à la fin de la séance. On retiendra la réalisation généralement belle et intelligente, la bande-son inspirée (parfois trop d’ailleurs, par celle du jeu vidéo L.A. Noire entre autres), et bien sûr les performances du trio d’acteurs principaux, de Lana Vatsel qui irradie le film de sa présence, à Jan Uuspold et Rain Tolk qui forment un duo burlesque improbable et détonnant.

 The Spy and the Poet : Bande-annonce

The Spy and the Poet

Titre original : Luuraja ja luuletaja

Réalisateur : Thomas Hussar

Interprètes : Jan Usspold, Rain Tolk, Lana Vatsel

Production : Allfilm

Durée : 1h35

Estonie – 2016

Unfriended, un film de Levan Gabriadze : critique

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Clairement destiné à un public adolescent, Unfriended, le pseudo-film d’horreur tourne vite à la caricature ridicule.

Synopsis : Six adolescents conversent à distance par Skype. Mais un personnage inconnu s’incruste dans la discussion et devient vite menaçant. Il se fait passer pour Laura Barns, une lycéenne qui s’est suicidée l’année précédente.

Le principe du found footage est très à la mode dans le cinéma d’horreur depuis le succès du Projet Blair Witch. Il s’agit de prétendre que le film que nous voyons est un document authentique tourné par les protagonistes et retrouvé (sous-entendu : après la disparition de ceux-ci). Le procédé, déjà employé dans les années 70 dans le fameux Canibal Holocaust, est très utilisé depuis quelques années, parfois avec succès (Cloverfield) mais souvent de façon ridicule, pour compenser une absence d’ambition et de talent des cinéastes. Il a été aussi décliné sous diverses formes : caméras de surveillance (la série des Paranormal Activity), montage de différents films amateurs (The Bay), etc.

Unfriended prend un autre aspect qui peut se rattacher au found footage : tout le film se déroule sur l’écran de l’ordinateur de Blaire Lily, un des personnages principaux. Mise à part cette originalité, tout le reste du film va suivre un schéma convenu et déjà vu. C’est en vain que le cinéaste va essayer de maintenir un certain suspense : oui, on comprend vite qui est cet inconnu, ce Billie227, qui les harcèle ; oui, on devine vite que les personnages vont disparaître un par un, et on peut même prédire facilement dans quel ordre.

Aucune surprise non plus dans le procédé narratif qui consiste à mettre les personnages en concurrence au fil d’un jeu mortel. La méthode rappelle trop fortement Saw, où les personnages sont punis en fonction des péchés commis. Sauf que dans Unfriended, tout le procédé tourne au ridicule le plus fini, puisque les « péchés » ici consistent à faire circuler des rumeurs sur une personne ou à coucher avec le petit ami de quelqu’un d’autre. Par ces thématiques, le film se choisit clairement un public adolescent ; si vous avez plus de 16 ans, ce film n’est manifestement plus pour vous.

Ridicules aussi les scènes prétendument horrifiques. Les morts successives des différents personnages sont montrées de façon stroboscopique, comme si le cinéaste ne pouvait pas se résoudre à choisir entre montrer franchement ces scènes ou les masquer en hors-champ. Franchement, il aurait mieux fait de choisir cette deuxième solution, puisque le peu que l’on voit n’est absolument pas crédible et renforce encore le côté ridicule d’un film qui n’avait déjà pas besoin de ça. D’autant plus que ces morts arrivent un peu comme des cheveux sur la soupe, sans aucun lien narratif, sans la moindre transition, comme si le réalisateur ne savait pas trop comment remplir le cahier des charges d’un film d’horreur.

Alors, que reste-t-il pour sauver le film ? Avec beaucoup d’indulgence, on pourrait lui trouver, comme point fort, une critique du cyber-harcèlement dont tant d’adolescents sont victimes à travers les réseaux sociaux et qui en pousse certains à prendre des solutions désespérées. Ceci mis à part, il n’y a rien à sauver dans ce long métrage poussif et ridicule qui échoue à implanter une ambiance horrifique comme il échoue à intéresser son spectateur. Aucune surprise, aucun suspense, aucune tension dramatique, en bref aucun intérêt à regarder ce film.

Unfriended : Bande-annonce

Unfriended : Fiche technique

Réalisateur : Levan Gabriadze
Scénariste : Nelson Greaves
Interprètes : Shelley Hennig (Blaire), Moses Storm (Mitch), Matthew Bohrer (Matt), Jacob Wysocki (Ken), Will Peltz (Adam), Courtney Halverson (Val), Heather Sossaman (Laura Barns).
Montage : Parker Laramie, Andrew Wesman
Directeur de la photographie : Adam Sidman
Producteurs : Timur Bekmambetov, Nelson Greaves
Société de production : Bazelevs Production, Blumhouse Productions.
Société de distribution : Universal Pictures International
Budget : environ 1 million de dollars
Classification : interdit aux moins de 12 ans à sa sortie en France
Durée : 83 minutes
Genre : horreur
Date de sortie en France : 24 juin 2015

Etats-Unis- 2014

Iris, un film de Jalil Lespert : Critique

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Avec Iris, Jalil Lespert réalise son premier polar, qui se solde par un résultat en demi-teinte.

Synopsis : Iris, la femme d’Antoine Doriot, un riche banquier, disparaît en plein Paris. Max, un jeune mécanicien endetté, pourrait bien être lié à son enlèvement. Mais les enquêteurs sont encore loin d’imaginer la vérité sur l’affaire qui se déroule sous leurs yeux.

Quatrième réalisation pour Jalil Lespert. Après son Yves Saint-Laurent, qui a valu à Pierre Niney le César du meilleur acteur, le réalisateur s’essaie à un nouveau genre qu’est le thriller. Iris se présente comme un tournant dans sa carrière et un nouveau défi qu’il relève. Alors défi relevé ou échec cuisant ? Avant toute chose, n’hésitez pas à lire l’interview de Jalil Lespert, effectuée par deux rédacteurs de Cineseries-mag il y a quelques jours.

La bande-annonce d’Iris (à voir en fin d’article) laissait présager quelque chose de bon, voire très bon. L’intrigue paraissait ficelée, les acteurs au meilleur de leur forme et la réalisation digne d’assez bons polars. Malheureusement, on établit un constat mitigé après découverte du long-métrage.

Il est bon de s’intéresser au casting, part plus qu’essentielle du film. Outre le fait que Jalil Lespert se met en scène, il parvient à (très) bien s’entourer, faisant appel à Charlotte Le Bon, qui endosse pour la première un rôle dans un thriller, Romain Duris ou encore Camille Cottin. Les interprétations sont toutefois en demi-teinte. Romain Duris confirme son talent et ne cesse de surprendre au fur et à mesure de sa carrière. Ici, son personnage d’homme seul perdu est parfaitement bien campé. Sa violence, mêlée à son désarroi, fait mouche, et place son personnage comme le plus crédible du film. Charlotte Le Bon, bien qu’assez effacée, complète de manière plutôt juste le duo qu’elle forme avec Duris. S’il faut soulever des bémols, on se tourne du côté des interprétations de Camille Cottin et Jalil Lespert. Les deux acteurs font la paire dans une certaine fausseté. On peine à prendre au sérieux leur personnage qui sont pourtant les plus dramatiques et les plus sombres. Impossible de trouver en chacun d’eux ce petit quelque chose qui suscitera une certaine empathie, surtout en ayant connaissance du contexte dramatique, et qui parviendra à nous passionner. Le spectateur reste voyeur d’un spectacle parfois malsain, qui s’offre comme une simple énumération de faits, et qui ne prend pas la peine d’immiscer le regardant dans les interstices et les ficelles du scénario.

En effet, Iris capote également dans le scénario. Beaucoup d’incohérences jonchent ce récit complexe, où les retournements de situations sont nombreux et parfois surprenants. Il est conseillé de rester attentif, tant certains personnages se ressemblent et peuvent faire éclore moult confusions et incompréhensions.
Mais Jalil Lespert n’a-t-il pas joué avec le feu en s’attaquant à ce scénario ? C’est la question que l’on peut se poser en découvrant le continuum du long-métrage. À son intrigue, le réalisateur mêle un érotisme malsain, voire dérangeant, notamment lors de scène SM, mais non-justifié. L’accumulation de faits, de lieux et de problématiques soulevées donne naissance à un résultat filmique brouillon, mais pas désagréable pour autant. On perçoit également ce souhait de composer un récit avec des personnages foncièrement différents : un PDG d’un banque très riche confronté à un client qui peine à joindre les deux bouts, au milieu desquels s’immiscent leur compagne. Les stéréotypes pointent le bout de leur nez avec les questions de garde d’enfants, de rançon demandée et de lieux communs propres aux polars. Le rapport dominant/dominé est trop écrasant et les revirements de situation sont bien trop vite dévoilés.

Dans la continuité de son Yves Saint-Laurent, Lespert nous offre une réalisation léchée et minutieuse. Certaines mauvaises langues parlent de l’esthétique comme semblable à un téléfilm de France 2, mais ce n’est pas le cas. Le travail sur la lumière est très intéressant. Grâce à son chef opérateur, le réalisateur joue sur les faux semblants jusque dans l’image avec ce jeu d’ombre, ces plans grisâtres et maussades, parfaits reflets de l’état d’esprit des divers personnages, notamment celui de Romain Duris.

Le nouveau film de Jalil Lespert est donc tantôt trépidant, tantôt confus et paresseux. Iris a de quoi laisser le spectateur perplexe. Si ce dernier pourra être surpris par de nombreux renversements scénaristiques, les nombreuses incohérences et questions sans réponses auront de quoi le faire pâlir, et ce ne sont pas les acteurs qui viendront sauver la mise, même si Romain Duris et Charlotte le Bon confirment leur talent.

Iris : Bande-annonce

Iris : Fiche Technique

Réalisateur : Jalil Lespert
Scénario : Andrew Bovell
Interprétation : Romain Duris, Charlotte Le Bon, Jalil Lesprt, Camille Cottin, Sophie Verbeeck…
Photographie : Pierre-Yves Bastard
Montage : Mike Fromentin
Direction artistique : Leïla Smara
Producteurs : Wassim Béji, Sylvain Goldberg, Serge de Poucques
Sociétés de production : WY Productions
Distribution (France) : Universal Pictures International France
Durée : 100 minutes
Genre : Thriller
Date de sortie : 16 novembre 2016

France – 2016

Le Client, un film d’Asghar Fahradi : critique

Avec le Client, Asghar Fahradi creuse le sillon du neo-réalisme iranien : un film ancré dans le quotidien et pour lequel, comme pour ses autres films, il a pris le choix de se soumettre à la censure, au risque d’un certain affaiblissement du propos.

Synopsis : Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple…

Titanic

Sans être le chantre de l’Iranian way of life de la République islamique, bien au contraire, le réalisateur Asghar Fahradi a choisi de parler de l’Iran sous les feux de la censure, contrairement à son compatriote Jafar Panahi qui filme désormais en contrevenant à l’interdiction qui lui en a été faite, interdiction d’une durée de vingt ans.

De fait, dans Le Client, il y a une très courte scène qui se passe dans un taxi, qu’on a envie de voir comme un clin d’œil amical à Jafar Panahi, et une référence malicieuse à son Taxi Téhéran. En même temps, dans ce taxi, souvent collectif dans ce pays, une femme agresse le protagoniste, Emad (Shahab Hosseini), au point de demander au chauffeur de changer de place avec un autre passager. Ce dernier, un élève d’Emad qui l’apprécie beaucoup, lui déclare avoir eu honte du comportement de cette femme alors que manifestement, Emad ne lui avait rien fait. Une occasion pour Emad d’expliquer au jeune homme que sans doute cette femme a été agressée par un homme dans un précédent voyage en taxi, ce qui peut expliquer son comportement.
Ainsi va le film d’Asghar Fahradi, comme il en est allé de tous ses films précédents. Avec des petits riens du quotidien, il arrive à créer un sous-texte beaucoup plus signifiant, ici cette agression faite aux femmes. Le Client, dont le titre original,  Forushande (vendeur, commis-voyageur) est une référence explicite à la pièce d’Arthur Miller, Mort d’un commis-voyageur (Death of a Salesman), est rempli de ce genre de petites allusions qui font l’intérêt du film.

Le film s’ouvre sur une l’évacuation d’un immeuble à Téhéran, menacé d’écroulement suite aux travaux de réfections qui ébranlent ses fondations. Le cinéaste livre là une bien belle entame, énergique et réaliste, avec de beaux plans esthétiques qui se ferment sur des vitres et des murs qui craquent par pans entiers, des craquements dignes du Titanic, métaphoriques et annonciateurs d’autres fissures à venir. L’immeuble est celui où logent Emad et de sa femme Rana (Taraneh Alidoosti), un couple de comédiens amateurs, dont le mari exerce par ailleurs le métier de professeur. Dans la panique de l’évacuation, on découvre en Emad un homme attentionné, soucieux de ses voisins plus âgés, mais également un leader qui prend les choses en main.
A la suite de cet incident, le couple se replie sur un appartement proposé par un de leurs amis du théâtre. Ils ne le savent pas, mais la précédente locataire, dont les affaires encombrent d’ailleurs encore les lieux, est une prostituée. Les clients continuent encore de rôder, et un soir, par méprise, Rana laisse monter un de ces visiteurs, croyant que c’était son mari.

Comme il en a l’habitude dans ses films, Asghar Fahradi  passe sous silence ce qui s’est passé dans l’appartement dans une mise en scène elliptique mais digne d’un thriller, même si les ficelles utilisées ici sont assez grossières (la scène de la douche, de la porte de l’entrée, etc.). Dans la scène d’après, on voit cette fois-ci le mari qui rentre du travail, et qui découvre des traces de pas sanguinolentes dans l’escalier, puis plus tard, Rana aux urgences, une sale plaie à la tête.

Dans toute cette première partie du film, le réalisateur s’attache à montrer combien les choses changent insidieusement entre mari et femme. De gaie et insouciante, Rana devient l’ombre d’elle-même, l’empêchant de jouer correctement le personnage de Linda Loman de la pièce d’Arthur Miller dans laquelle Emad et elle jouent. Il est dommage cependant que ce personnage féminin, la victime de l’agression, soit cantonné dans le sillage du personnage masculin. C’est surtout de lui qu’il s’agit en effet, de sa progressive transformation vers un homme assoiffé de vengeance, alors qu’auparavant, il renvoyait l’image du gendre idéal, bon époux, bon prof, bon camarade au théâtre, père potentiellement responsable et bienveillant lorsque dans une des scènes les plus attendrissantes du film, il s’occupe du petit garçon d’une de leurs amies. Le cinéaste ne montre aucune complaisance à son égard quant aux vraies motivations de sa colère, des motivations qui ne sont pas toutes forcément honorables.

La réussite du film réside dans cette étude de l’évolution d’Emad, qui montre la versatilité de l’être humain, et qui invite à se garder de prendre des positions hâtives face à la vie. Là où le film pêche, c’est dans sa deuxième partie, assez interminable, pendant laquelle Emad part à la traque de l’agresseur. Les scènes manquent singulièrement de consistance, sont répétitives sans que cela n’ajoute quoi que ce soit au film…De même, si le cinéaste iranien affirme au détour de ses interviews trouver une ressemblance entre la mercantilisation capitaliste de la société américaine des années cinquante et celle de la société iranienne contemporaine, le parallèle fait avec la pièce d’Arthur Miller n’est pas des plus limpides.

Asghar Fahradi montre avec le Client les limites d’un cinéma qui ne se renouvelle pas beaucoup et qui risque la redite à chaque tournant : sans être raté, le film rappelle beaucoup sans jamais l’égaler Une séparation, pêchant notamment par un manque de rythme et un scénario un peu mou pourtant récompensé pour ce chef au dernier Festival de Cannes.

Le Client : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=w5pbJrKEzmQ

Le Client : Fiche technique

Titre original : Forushande
Réalisateur : Asghar Fahradi
Scénario : Asghar Fahradi
Interprétation : Taraneh Alidoosti (Rana), Shahab Hosseini (Emad), Mina Sadati (Sanam), Babak Karimi (Babak), Maral Bani (Kati)…
Musique : Sattar Oraki
Photographie : Hossein Jafarian
Montage : Hayedeh Safiyari
Producteurs : Asghar Farhadi, Alexandre Mallet-Guy, Coproducteur : Olivier Père
Maisons de production : Arte France Cinéma, Farhadi Film Production, Memento Films Production
Distribution (France) : Memento Films
Récompenses : Oscars 2017 du Meilleur film en langue étrangère, Prix d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini, prix du scénario pour Asghar Fahradi au festival de Cannes, Prix du Jury à Chicago, Prix du meilleur film au festival de Munich et d’Amsterdam, le tout en 2016
Durée : 125 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 8 Novembre 2016
Iran, France – 2016

Séries américaines automne 2016: portrait de pilotes des nouvelles comédies

« Better Thing », « Easy », « Loosely Exactly Nicole », « Graves », « Speechless », « People of Earth »… Tour d’horizon des Nouvelles Comédies Automne 2016 à découvrir : Séries US – Critiques des pilotes

En cette période de fin d’année et avec l’heure d’hiver qui nous a plongé pour cinq mois en hibernation, il est difficile de garder le sourire. « Heureusement » que les chaînes américano-canadiennes ont pensé à tout ! Voici un état des lieux quasi exhaustif des nouvelles comédies qui peuplent les petits écrans après Halloween. Le bilan n’est que relativement réjouissant…

American Housewife (ABC) 

American Housewife, série originale de la showrunneuse Sarah Dunn, a comme un air de déjà vu. Mis à part l’usage de la voix off et de l’esthétique très American Beauty-esque, le propos se rattache énormément à Desperate Housewives. La défunte série de l’âge d’or des séries des années 2000 a fait le tour et le détour de bien des méandres de ce que peut être la vie, souvent banale, d’une femme au foyer américaine. Pourquoi retourner sur ce même créneaux, 6 ans plus tard, me direz-vous ? Katie Otto passe ses journées à faire en sorte que tout soit fonctionnel pour ses enfants qui représentent, à eux trois, les stéréotypes de l’enfance américaine dans la série télévisée. La belle et sportive fille aînée qui s’éprend d’amitié pour la belle et sportive voisine (rivale de sa Katie) ; le jeune intellectuel qui s’efface devant les jolies filles, et la petite dernière, hyperactive, qui est aussi bizarre qu’adorable… Ceci donne donc un cocktail bien trempé qui pourrait promettre une intrigue passionnante, sinon comique. Cependant, nous nous retrouvons dans la même « situation comedy » que dans Desperate Housewives ou même Modern Family, Life in Pieces. Katie serait une Lynette en surpoids, très belle mais n’ayant pas suffisamment confiance en elle pour l’assumer. Pour pousser plus loin cet évident parallèle, attardons nous sur son mari, Greg. Il est un clone de Phil Dunphy, faisant les 400 coups avec sa benjamine, tout aussi déluré que lui. Peut-on parler d’hommage ou de série miroir ? Est-ce qu’American Housewife est juste en retard sur un créneau déjà trop repris ? Si le pilote ne déçoit pas entièrement, on n’y trouve pas facilement l’intérêt d’un développement sur 22 épisodes, du moins pas avec ce-dit propos. Le point focal de la série devrait être l’évolution de Katie Otto en tant que femme, indépendamment de sa famille. La superbe Katie Knox porte ce pilote sur ses épaules et mérite beaucoup plus qu’un rôle représentatif. A l’instar de Cougar Town il y a 7 ans, American Housewife gagnerait à changer de propos et même, peut-être, de titre : Modern Mom ! ou Super Katie !

Pascal Topige

https://www.youtube.com/watch?v=A9JRoZsnINw

Better Things (FX) 

Ouvrir sur un comique de situation tournant à la dérision la mauvaise éducation et l’enfant roi semble être un gage de qualité. Et clairement, la corrélation avec Louie C.K. est manifeste, même faculté et bon sens à rire de soi, mais rapidement les ficelles paraissent évidentes et Better Thing a du mal à trouver sa propre voie. La mère comédienne je-m’en-foutiste irrite par son arrogance inconsciente semblable à une certaine Mathilde Seigner, et ce n’est pas sa relation avec sa fille qui va rattraper le déséquilibre. Suivre d’un oeil distrait ses péripéties jusqu’au sommet, dont on doute qu’il sera pour demain, ou alors quitter le navire le plus tôt possible, c’est selon. Le plaisir sera de courte durée, car seules les situations tendant à une certaine provocation émoussent pour retomber comme des blancs trop battus. Il faudra faire preuve de plus d’originalité pour accepter à nouveau des thématiques redites telles que la contradiction au sein de l’ambition, l’éducation ou la quête sentimentale… Qu’a donc Pamela Adlon d’original si ce n’est son franc parler insolent à la Florence Foresti et une tendresse incommensurable à la Sandrine Kiberlain? Ce personnage prototype tellement commun arrive-t-il encore à séduire ? Par des situations somme toute quotidiennes assez peu approfondies, mais efficaces, le pilote de la sitcom ne se démarque aucunement d’autres formats et puise la matière zygomatique dans l’univers de Louie C.K., une grosse louche d’autodérision et une pointe de regard lucide sur une société conformiste et réglée. Alors quand on n’est pas déjà fan de l’humoriste déjà… 

Antoine Mournès

Easy (Netflix)

Série chorale au casting aux petits oignons (Dave Franco, Orlando Bloom) créée par Joe Swanberg, figure majeure du mouvement Mumblecore (cinéma indépendant américain dans lequel on compte Andrew Bujalski, Lynn Shelton, les frères Duplass, Aaron Katz…), Easy met en scène une panoplie de personnages plutôt loufoques confrontés aux péripéties du quotidien, dans la ville de Chicago. Easy a quelque chose de Woody Allen dans l’âme. Dès l’épisode pilote, la série donne le ton : De l’humour dosé, du drama, un peu de sexe aussi, les protagonistes sont attachants car ils nous ressemblent. On redécouvre l’acteur Michael Chernus, le petit frère de Piper Chapman dans la série Orange Is The New Black, convaincant en père de famille et mari aimant, sexuellement frustré. Si l’intrigue est plutôt simpliste et il est vrai peu originale, l’épisode est efficace en ce sens où il va droit au but, le format y étant pour beaucoup. Trente minutes sont suffisantes pour présenter les personnages, le background et répondre à la problématique posée au début de l’épisode. Un format court, pas de générique, à cheval entre la sitcom et la série, Easy surprend par sa sobriété et charme par son authenticité. On se laisse facilement tenter par un deuxième épisode, comme ça, juste pour voir.

Yaël Calvo

https://www.youtube.com/watch?v=8O2IYOsORaI

 Graves (Epic) ★★☆☆☆

Graves, créée par Joshua Michael Stern (Jobs), suit Richard Graves joué par Nick Nolte, un ex-président des États-Unis jugé comme le pire que l’Amérique ait jamais connu. Après une prise de conscience soudaine, Richard décide de rattraper ses erreurs passées tandis que sa femme se lance en politique.
Si le pilote n’est pas totalement raté, il laisse néanmoins une impression mitigée, les blagues ne font que très rarement sourire et on ne retrouve pas le côté subversif que laissait présager la bande-annonce. Graves qui se veut être une satire politique dans un contexte on ne peut plus actuel, en est pourtant bien loin, avec un résultat passablement édulcoré qui a tendance à tomber dans le pathos comme dans la scène finale qui manque cruellement de subtilité quand il s’agit d’essayer de nous émouvoir.
On attend donc de voir si cette série, qui semble ne pas encore bien savoir où se placer, tombera dans la comédie conventionnelle ou bien assumera son humour noir.

Perrine Mallard

Kevin Can Wait (CBS) 

Il peine à se renouveler Kevin James ! Hilarant faire valoir de Will Smith dans Hitch, il a depuis enchainé diverses autres comédies, essentiellement avec Adam Sandler, tantôt potaches (Paul Blart, Copains Pour Toujours), tantôt familiales (Zookepper, Pixels…), mais qui n’ont jamais brillé par leur originalité. Kevin Can Wait est de cette trempe. Créée et produite par ses soins, et dont il a le premier rôle, cet épisode pilote nous présente son personnage de policiers à la retraite, tentant de concilier loisirs (à savoir bières, amis et kart) et vie familiale (sa femme, son aînée…). Le sujet, brillant par un classicisme des plus désagréables, fait de cet épisode un fief de la morale familiale bien-pensante, et une énième occasion de ressortir continuellement les mêmes gags. Reste que le rythme de l’épisode, le formatage de la sitcom aidant, est assez soutenu, et fait fuser quelques vannes qui atteignent néanmoins leur cible…

Kévin Béluche

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