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Weeds, une série créée par Jenji Kohan : Critique

Retour sur la série « culte » créée par Jenji Kohan (Orange Is the New Black), Weeds, ou comment on est passé de l’herbe fraîche à des plantations asséchées.

Effritées même. Car Weeds, la fameuse série créée par Jenji Kohan, est passée d’alternative légère – mais efficace – à Breaking Bad au soap comico-romantico-narco-policier-aventurier-etcetera – comprenez ici au n’importe quoi longuet – en très peu de temps. Il faut le dire : garder une certaine qualité tout au long de huit saisons n’est pas une tâche évidente. Mais, allons au delà du terme « qualité » qui peut être remis en question ou qui sera remis en question par les fan-atiques de Weeds qui liront peut-être cet écrit. Je parlerai surtout de cohérence, et de développement et progression.

La cohérence est, selon le rédacteur de cet écrit, le minimum syndical de toute création. Elle exige un énorme travail de création, d’écriture. Mais aujourd’hui, à l’heure d’Internet et de la volonté d’immédiateté – presque capricieuse –, la cohérence, dans divers médias créatifs, souffre beaucoup.

Dans le genre de la comédie, la cohérence est parfois mise à mal, dans certains cas, à cause d’un manque de travail bien conscient par les auteurs, qui se plaisent à se reposer sur les codes comiques pour maquiller des incohérences, ou des éllipses qui s’apparentent plus à des trous monstrueux dans le récit.

Et puis, on peut remarquer que Showtime a du mal à terminer comme il se doit ses séries à succès. On peut penser à Californication, une formidable et rafraichissante série ; The L Word, série très intéressante sur une communauté lesbienne de Los Angeles ; ou encore à Dexter, qui suit les péripéties d’un expert scientifique de la police aussi tueur en série. Quel est le point commun de ces shows ? Ils n’arrivent pas à se terminer au bon moment. Il faut qu’ils étirent leur succès jusqu’à plus soif. Des problèmes surviennent assez rapidement : les séries deviennent interminables, répétitives, et foutraques. Il est tout de même intéressant de noter que cela a lieu alors que les créateurs bossent encore ces séries. Mais même le meilleur des druides, exploité jusqu’au bout, peut perdre de sa force magique, ici créatrice. Weeds, lancée en 2005 et terminée en 2012 sur la chaîne Showtime, n’échappe pas à la règle.

Ainsi démarre la série…

Nancy Botwin, une mère de famille qui vient de perdre son mari, et qui se retrouve alors sans le sou, est devenue une dealeuse de drogue douce. En effet, elle deale de l’herbe. Elle doit ainsi s’occuper de ses fils Sylas et Shane, tous deux en « crise » (en situation de mal-être) depuis la mort de leur père nommé Judas. La famille vit à Agrestic, une de ces villes neuves et tranquilles où chaque maison et individu se ressemblent… Ou presque. Car Nancy a des clients et amis tous un peu excentriques dans leur genre malgré leur important statut au sein de la communauté. L’un d’eux est Doug Wilson (voir photographie ci-dessous à droite), conseiller à la mairie du patelin, un salaud plein de répartie avec toutefois un bon fond. Nancy a aussi parmi ses clients, Dean Hodes, un avocat important, vivant un mariage difficile avec l’égoïste et vile Célia. La dame s’avérera être une ennemie de Nancy, notamment à cause de sa lutte anti-drogue, puis à cause de son sale caractère dangereux et de ses folles capacités à mettre tout le monde dans l’embarras, et à plonger dans un enfer en en entraînant d’autres avec elle. Aussi Nancy rencontre assez tôt dans le récit un homme avec qui elle s’est lancée dans une relation. Problème : l’individu est de la DEA, le service anti-drogue du FBI. Arrive très tôt aussi son génial beau-frère Andy, un homme au grand cœur, un peu borderline mais plein de bonté.

La série démarrait sous la forme d’une comédie dramatique aux événements parfois très réalistes et crédibles, et parfois très absurdes. On suivait aussi le quotidien ou presque d’un groupe d’individus, ses espoirs et tragédies, sans jamais tomber dans le soap.

Weeds se présentait donc comme une chouette alternative à la brillante série Breaking Bad. Puis le mot « développement » vint à l’esprit.

Vince Gillighan, créateur de Breaking Bad, et Peter Could, créatif et réalisateur conséquent de la série citée, connaissaient au moment de la production de celle-ci un terme et ses implications : « développement ». Un mot important autant dans le processus créatif que dans la progression narrative.

Parce qu’à partir de la saison 4 de Weeds, les événements s’enchaînent vite, de manière souvent surprenamment saugrenue que « What the fuck ? » sortira souvent de votre bouche. Et par conséquent les trous narratifs aussi, de telle manière que la série semble ne reposer que sur d’éternelles actions coincées dans un présent uni-latéral, sans impact sur le futur, et jamais à l’écoute du passé.

Oui dans les précédentes saisons, tout n’était pas parfait, il y avait parfois une certaine rapidité dans l’enchaînement des actions, mais le récit était cohérent, les individus étaient développés, le contexte aussi, il y avait une vraie fondation sur laquelle progressait justement – lisez logiquement et humainement – le récit. Ainsi il n’y avait pas de surprises incongrues, ou d’énormités inattendues, à vous de choisir.

Nancy était joyeuse lors de ses succès, puis en panique et terrifiée pendant la saison 3, et elle se retrouvait rassurée et accomplie à la fin de saison. Sans spoiler, une période se terminait, et Nancy semblait avoir compris que toute cette histoire d’herbe, ainsi que leur habitat à Agrestic, devaient disparaître, afin que la famille puisse dépasser le deuil, et recréer de nouvelles bases stables – qui ne seront donc plus celles découvertes dès la saison 1, ces bases cassées par le décès de Judas et de plus en plus gangrenées par le marché de la drogue et son univers. On aurait pu rester sur la très bonne fin de la saison 3, augmentée de quelques images sur leur avenir plus joyeux, ainsi que quelques autres sur le devenir de certains personnages qui disparaîtront jusqu’aux saisons 7 et 8. La justification de leur disparition passera par une phrase de dialogue balancée « vite fait bien fait » dans la saison 4. Une action à l’image de la suite de la série.

Justement, dans chaque saison à partir de la 4ème et ce jusqu’à la 8ème, la famille se déplace d’un décor à un autre (la frontière, le Danemark, New York), d’un contexte à un autre, touché plus ou moins par les conséquences du précédent. Oui il y a de nouveaux décors, oui il y a de nouveaux arcs narratifs, une nouvelle ambiance (chaude, campagnarde, ou urbaine)… D’ailleurs il y a les anciens qui ne cessent de revenir, ainsi que de nouveaux personnages présentés et lancés dans des récits qui ne seront parfois jamais terminés (je pense à Célia, ainsi qu’au personnage interprété par la talentueuse Julie Bowen dans la saison 4). À quoi bon les auteurs lancent de multiples intrigues secondaires si ils les oublient par la suite ? On peut poser la même question pour les personnages et même la préciser : à quoi bon les auteurs (re)lancent des (anciens) personnages s’ils les abandonnent en cours de route pour parfois balancer plus tard une petite phrase de ce type : « Il est mort » (plusieurs personnages y goûteront) ; ou un dialogue non moins artificiel : « Qu’est-il devenu ? » – « Elle a changé de sexe » ? À quoi bon si ce n’est pour habiller la suite d’une série qui trouvait déjà sa fin lors du final de la saison 3 et dont la raison d’être des saisons suivantes n’est autre que l’argent ?

Du reboot en série, ou l’usine à reboots

Chaque saison à partir de la 4ème semble être un reboot, un éternel recommencement pour la famille Botwin et ses camarades. Nancy est à nouveau la maman sexy en galère et aventurière qui se fourre dans des affaires obscures pour ensuite avoir un moment de rédemption – ou moment de conscience de sa connerie finie –, et finalement recommencer à « merder ». Et cela se répétera jusqu’à la huitième saison. C’est un cycle. Les nouveautés perçues dans les changements de décors et d’ambiances se révélent ainsi être des des modifications d’environnements inconséquentes et alors superflues tandis que les mêmes actions s’y répètent sans cesse. Il est intéressant de noter que la fin de la saison 6 amène une nouvelle conclusion plus ou moins correcte à la série. Les fins des saisons 5 et 7 sont de pures transitions avec leur lot de twists et de créations d’attentes pour la suite. Les deux derniers épisodes de la 8 – soit de la série – viendront mettre un terme à la série d’une manière artificielle sentant le savon (soap). Car la série s’enfonce sûrement dans le soap opera et la saison 8 en est boursouflée.

De gauche à droite : Célia, Doug, Heylia, Nancy, Andy, Sylas, Conrad

Les personnages comme figurines animées de la famille Botwin et Cie.

Revenons maintenant sur, ce que j’ai appelé : les actions coincées dans un présent uni-latéral. Un exemple : dans les deux dernières saisons, Doug devient comptable dans une boite cotée en bourse. Un problème survient : il a profité de fonds caritatifs servant normalement à financer un foyer pour SDF. Il va alors devoir s’en occuper. Plus tard, il se rend compte qu’il peut monter une arnaque religieuse. Il le fait. Problème, on ne le voit jamais gérer son métier de comptable tout en devant se démêler avec le soucis du foyer. Et cela, on peut le reprocher à quasiment tous les personnages, à partir de la 4ème saison, jusqu’à la fin de la série, ou presque, car il y a parfois heureusement des événements qui vont les obliger à penser à se multiplier, ou les faire se paniquer quant à l’impossibilité d’être sur deux lieux au même moment. Mais sur la majorité du récit, à partir de la 4ème saison, les personnages ne semblent plus qu’être des figures/figurines avec deux ou trois actions possibles, et quelques grimaces : Nancy couche, trafique, et panique ; Doug joue le blaireau, se lance dans des combines, et n’en fout pas une ; Andy a des rêves, il s’occupe des enfants, se lance dans des plans, rêve d’un avenir familial impossible avec Nancy, puis prend conscience du poison qu’elle représente pour ensuite reprendre espoir, et il cuisine… Ainsi les personnages ne se démènent plus, ne se dépensent plus dans de multiples actions qui prennent lieu simultanément, à part lors de brefs moments, par ailleurs agréables par leur tension, leur émotion ou par leur intrigue déjantée.

Weeds, ou comment l’herbe a pris feu

On note toutefois dans les saisons 4 à 8 de vraies pistes pour des moments à la fois drôles et reflexifs sur la religion, la police, les anti-mexicains à la frontière, le judaïsme, la paternité… Ainsi que de vraies idées formelles telles que les mises en image du titre et du nom de la créatrice au début de chaque épisode à partir de la saison 4. Mais malgré son formidable casting, l’ensemble, avec la rapidité et le phénomène d’action de figurines, reste majoritairement à stagner en surface. Ce qui est véritablement regrettable, quand on voit à quel point les trois premières saisons prenaient le temps de développer et de travailler en profondeur le récit…

Weeds s’apparente finalement à un éternel recommencement, virant au n’importe quoi très facilement, au brouhaha porté par le manque de cohérence, les nombreux problèmes narratifs – tels que les trous ou les oublis de fin de récits secondaires, ou encore les petits mots pour justifier l’absence de personnages relativement importants –, ou encore les facilités saugrenues mises en place sous couvert du postulat de la comédie – genre qui mérite plus de respect.

La série rejoint alors la liste déjà très riche des séries qui ont trop duré. Et l’herbe fraîche qui nous faisait tant envie dans les premières saisons est devenue de plus en plus sèche à partir de la 4ème. On aura au moins vécu les trois premières saisons.

Weeds : Bande-Annonce de la saison 8

Weeds : Fiche Technique

Créateur/trice : Jenji Kohan
Scénaristes : Jenji Kohan, Victoria Morrow, Ron Fitzgerald, Dave Holstein, Brendan Kelly, Carly Mensch, Roberto Benabib, Matthew Salsberg, Stephen Falk, Rolin Jones, Blair Singer, Barry Safchik…
Réalisateurs : Craig Zisk, Michael Trim, Scott Ellis, Julie Anne Robinson, Eric Jewett, Paul Feig, Lev L. Spiro, Tucker Gates, Brian Dannelly, Perry Lang, Ernest R. Dickerson, Michael Pressman…
Casting : Mary-Louise Parker, Elizabeth Perkins, Tonye Patano, Romany Malco, Hunter Parrish, Alexander Gould, Kevin Nealon, Justin Kirk, Andy Milder, Allie Grant, Jennifer Jason Leigh, Demian Bichir, Martin Donovan, Maulik Pancholi, Albert Brookes, Matthew Modine, Jeffrey Dean Morgan…
Chefs opérateurs : Michael Trim, Steven H. Smith, Bobby Bukowski, Feliks Parnell, Ethan Philips
Montage : David Helfand, Bill Turro, Scott J. Wallace, Lisa Bromwell, Debra F. Simone, Brian Barr, Pamela Martin, Lance Luckey, W. Kale Whorton
Musique : John Dragonetti, Joey Santiago, Gwendolyn Sandford, Brandon Jay
Chaîne d’origine : Showtime
Genre : comédie dramatique
Première diffusion : 2005 – 2012

États-Unis

La Forteresse Cachée, d’Akira Kurosawa, en coffret Blu Ray + DVD + Livre

Ce mercredi 8 mars est sorti chez les éditions Wild Side le formidable film d’Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée, une aventure épique, drôle et palpitante.

Réalisé en 1958 par le maître Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée est une œuvre phare du cinéma international. De Star Wars au Bon, La Brute et le Truand de Leone, l’œuvre de Kurosawa n’a jamais cessé d’inspirer.

Alors qu’il voulait « faire quelque chose d’amusant, un grand spectacle » pour remercier la société de production Toho pour sa fidélité malgré les échecs commerciaux relatifs de ses drames ténébreux que sont Chronique d’un être vivant (1955), Le Château de l’Araignée (1957) et Les Bas-fonds (1957), Kurosawa nous livre évidemment bien plus qu’un divertissement de haute volée.

La Forteresse Cachée, dont le titre original peut être traduit Trois salauds dans une forteresse cachée, est un véritable périple dans une période sombre du Japon. Au XVIème siècle, le pays est déchiré par la guerre de clans. Deux paysans désertent l’armée d’un seigneur qu’ils avaient rejointe pour la gloire, comprenez la fortune. Les deux compères décident de rentrer chez eux quand ils tombent sur de l’or en branches, littéralement. Mais le butin caché dans ces boiseries est géré par Rokuruta (interprété par le brillant Toshiro Mifune), un fameux général au service de la maison endeuillée des Akizuki dirigée alors par la princesse Yuki, très énergique, et aussi capricieuse. Le général et la princesse veulent se rendre dans la même contrée que les deux paysans, qui ont tendance à se comporter de manières idiote et cupide, mais qui sont aussi sympathiques, fraternels, malins et avec un bon fond. Toutefois, le général va se servir de la cupidité des deux individus pour l’aider dans sa tâche ardue de ramener la princesse et les sept cents et quelques kilos d’or en territoire allié, pour ainsi refonder le clan Akizuki. Mais un long voyage en territoire ennemi les attend, avec aussi des dangers et découvertes inattendus, ainsi que quelques moments surprenants portés par la joie, l’humour et l’espoir.

Le film est présenté dans un coffret Blu-ray + DVD + Livre dans la collection Kurosawa – Les années Toho, composée par 17 films réalisés de 1943 à 1970, et démarrée en Octobre 2015 par Wild Side.

Du côté de l’image, elle est, comme d’habitude ou presque chez Wild Side, plutôt remarquable. Si le contraste retravaillé lors de la remasterisation contribue à redonner vie aux grandes images du maître, on le regrettera pendant certains plans où des visages sont tellement blancs que les détails du faciès ont disparu. À noter toutefois que l’on ne perd aucun détail lors des scènes obscures. On peut donc alors supposer que l’image trop blanchâtre peut être due à une copie un peu abîmée ; à un remaster pas toujours soigneux ; ou encore à des erreurs techniques du maître pendant la production voire même post-production du film, mais le rédacteur de ces lignes préférerait se faire Harakiri plutôt que de croire à une chose pareille quand bien même il a émis – pour on ne sait quelle raison sauf celle de vous amuser un peu – cette improbable et blasphématoire hypothèse.

Du côté du son, le rendu général est plutôt bon. Au contraire des compléments ou bonus qu’on aurait aimés plus fournis pour l’édition d’une œuvre d’une telle ampleur. On notera toutefois que les les trois éléments présents sont plutôt riches et intéressants. Heureusement, le livre de l’édition écrit par Christophe Champclaux (historien du cinéma, spécialiste de films de genre) comblera ce petit manque, tout en vous donnant à voir les éternelles photographies « rares » de tournage et autre… Une excellente édition signée Wild Side pour cette grande aventure humaine, riche d’action, d’intrigues, d’humour, d’émotions, de majesté et de réalisme qu’est la Forteresse Cachée, œuvre cinématographique intemporelle.

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La Forteresse Cachée – Bande-Annonce du film

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Japonais DTS

& Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h13

 

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 2.35 – Résolution film : 1080 24p Format son : Japonais

DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h18

COMPLÉMENTS

Kurosawa et l’utilisation du Cinémascope (44’)

Gidai-geki Style 1950-1958 (26’)

Gidai Geki, l’héritage de Kurosawa (26’)

+ un livret de 60 pages, écrit par Christophe Champclaux

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray + DVD + Livret

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Le Château de l’Araignée, d’Akira Kurosawa, en coffret Blu-ray + DVD + Livre

Ce mercredi 1er mars débarquent chez vos fournisseurs de drogue cinématographique deux incroyables films d’Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée (sortie couverte ici), et Le Château de l’Araignée, sur lequel nous nous pencherons ici.

En 1957 est livré sur les écrans japonais un nouveau film du maître Kurosawa : Le Château de l’Araignée. Macbeth au pays du soleil levant, voilà comment l’on pourrait présenter ce film. En effet, Le Château de l’Araignée est une adaptation nippone de l’œuvre de William Shakespeare. Un film digne de l’œuvre du génie dramaturge anglais.

Si la récente adaptation de Macbeth de Justin Kurzel a su s’imposer comme une nouvelle lecture expérientielle et plus ou moins audacieuse de l’œuvre éponyme, il ne faut toutefois pas oublier celle d’Orson Welles (connu comme étant un grand shakespearien) à laquelle le Château de l’Araignée de Kurosawa n’a d’ailleurs rien à envier. Car le cinéaste japonais, en transposant l’action dans le contexte de la guerre des clans dans le Japon du XVIème siècle, n’en perd pas moins les puissances narratives et les obscures énergies propres au récit shakespearien, bien au contraire. Et même si Kurosawa prend quelques libertés vis-à-vis du texte, il capte et transcende l’essence du texte. En effet, si la bataille n’est pas exposée, vécue par Washizu (grandiose Toshiro Mifune incarnant l’équivalent japonais de Macbeth) et Miki (très juste Minoru Chiaki interprétant le rôle égal à celui de Banquo dans la pièce), ces derniers découvrent l’horreur du combat via les mots de crânes casqués et d’os des soldats tombés au combat. La scène est dominée par la brume et est d’une noirceur absolue. Des ténèbres qui sont précédées par la rencontre avec un esprit annonciateur (équivalent des sorcières) dans une scène imprégnée par le fantastique mais aussi une forme minimaliste toute droite venue du théâtre.

Le théâtre Nô en particulier, dont certains codes ont en effet été repris par le maître : du travail des corps dans l’espace au maquillage et à la performance toute en retenue, avec un visage digne d’un masque traditionnel de cette forme théâtrale, de la Lady Macbeth japonaise, Asaji, ainsi qu’aux yeux hyper-expressifs de Toshiro Mifune évoquant aussi un masque du théâtre Nô.

Ci-dessus à droite un masque du théâtre Nô ; ci-dessous à gauche, Asaji dans Le Château de l’Araignée.

Mais Kurosawa n’en oublie pas le cinéma, précisément son cinéma et alors tous les éléments qui lui tiennent à cœur, des mouvements amples de caméra suivant les personnages au réalisme des actions aux décors et costumes filmés dans des conditions météorologiques loin d’être idéales pour la majorité des cinéastes, mais intelligemment utilisées par le maître pour travailler la représentation du japon féodal. À noter que le château sur le mont Fuji a été construit spécialement pour le film à la demande de Kurosawa. On retrouvera aussi un travail pictural des images ainsi qu’un noir et blanc expressionniste dans les séquences d’intérieur.

Le Château de l’Araignée dépasse son statut d’adaptation. Œuvre à part entière du maître, grandiose et ténébreuse, le film de Kurosawa est présenté ici dans une formidable copie remasterisée. On regrettera toutefois le son, très bon dans l’ensemble, mais nasillard/saturé sur certaines parties musicales.

On appréciera les compléments de l’édition tout en regrettant à nouveau qu’il n’y en ait pas plus pour accompagner une œuvre aussi incroyable que Le Château de l’Araignée. Mais heureusement, comme pour l’édition de La Forteresse Cachée, nous pouvez compter sur le livre, ici écrit par Linda Tahir (professeure de cinéma et spécialiste du film de genre ainsi que la couleur chez Hitchcock), pour relativement combler ce manque. Wild Side nous livre ainsi une excellente édition pour une œuvre majeure du cinéma, et même majeure au-delà de son médium. À l’image de La Forteresse Cachée édité par les mêmes éditions ce mercredi 1er mars, Le Château de l’Araignée est une (re)découverte incontournable.

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Le Château de l’Araignée – Bande-Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Japonais DTS

& Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 1h45

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 1.33 – Résolution film : 1080 24p Format son : Japonais

DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 1h49

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

COMPLÉMENTS

– Le théâtre Nô et le cinéma (26’)

– Dans la toile du maître : entretien avec Koichi Hamamura (accessoiriste) et Teruyo Nogami (scripte) (21’)

+ un livret de 60 pages, écrit par Linda Tahir

Une date officielle pour la sortie d’Indiana Jones 5 !

Après quatre aventures et de nombreux temples et grottes fouillés, le plus célèbre archéologue du cinéma débarquera le 19 juillet 2019 au cinéma pour Indiana Jones 5.

19 juillet 2019. C’est la date à laquelle on pourra retrouver la cinquième aventure d’Indiana Jones dans les salles obscures. En effet, après le médiocre Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, Harisson Ford remettra le couvert pour Indiana Jones 5. Le film sera réalisé par Steven Spielberg, qui a porté la casquette de réalisateur sur l’ensemble de la saga. Si rien n’a encore filtré sur le scénario, on sait que Georges Lucas ne sera pas impliqué dans l’écriture du film. Le cinquième opus marque donc également la rupture du duo Spielberg/Lucas, au cœur des quatre premiers films. On peut se demander si Shia Leboeuf reprendra le rôle du fils d’Indiana Jones, qu’il tenait dans l’opus précédent. Si on suit la logique de la saga, Indiana Jones 5 devrait se dérouler dans les années 60, 9 ans après Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal. 

Alan Horn, le président des Walt Disney Studios, producteur du film, a déclaré « Indiana Jones est l’un des plus grands héros de l’histoire du cinéma. Nous sommes impatients de le faire revenir à l’écran en 2019… Il est rare d’avoir une combinaison aussi parfaite entre réalisateur, producteurs, acteurs et rôles, et nous ne pourrions pas être plus enthousiastes qu’à l’idée de cette nouvelle aventure avec Harrison et Steven. » Si les déclarations sont sincères, on peut attendre d’Indiana Jones 5 un véritable retour aux sources loin de la débâcle du quatrième opus. Steven Spielberg confiait il y a quelques mois  » La seule chose que je peux vous dire, c’est que je ne tuerai pas Harrison Ford à la fin« . Il avait alors ajouté « Ce film sera réellement pour les fans« .

Steven Spielberg est en ce moment en train de travailler sur le film Ready Player One, l’adaptation du roman de science-fiction Player One d’Ernest Cline. Le film est prévu pour mars 2018. On retrouvera Harisson Ford en octobre 2017 pour Blade Runner : 2049 aux côtés de Ryan Gosling.

L’autre côté de l’espoir, un film d’Aki Kaurismäki : Critique

Un peu plus de 5 ans après Le Havre, Aki Kaurismäki livre un film qui devrait être le second opus de sa « trilogie des immigrés ». Encore faudrait-il pour cela que L’Autre Côté de l’Espoir ne soit pas, comme il a pu l’annoncer, son dernier film. Difficile cependant de croire que l’optimisme dont il fait (enfin) preuve ne lui donne pas envie de continuer encore un petit peu.

Synopsis : Khaled est un réfugié syrien qui vient de débarquer à Helsinki. Par souci d’honnêteté, son premier réflexe est de se diriger vers le poste de police pour déposer une demande d’asile politique qui lui sera refusé. Au même moment, Wikhström quitte sa femme pour réaliser son rêve : ouvrir un restaurant. Lorsque Khaled n’a plus d’autre choix que fuir la Police, Wikhström accepte de l’embaucher et de l’aider à se trouver de faux papiers.

Dérision pour la bonne cause
l-autre-cote-de-l-espoir-Sherwan-HajiIl se fait de plus en plus rare, au point que chacun de ses films est désormais un petit événement. Aki Kaurismäki est l’un des rares auteurs dont le style est à ce point affirmé et inimitable qu’il ne suffit que de quelques secondes face à l’une de ses réalisations pour savoir que nous sommes en terrain connu. Que l’on apprécie ou non sa mise en scène austère et son humour pince-sans-rire, il faut au moins lui reconnaitre cette indéfectible constance. Cette touche personnelle, on la retrouve évidemment dans L’Autre Côté de l’Espoir, mais avec un équilibre entre un esprit burlesque et la gravité de son sujet que l’on n’avait plus trouvé depuis fort longtemps. Le traitement est donc sans réelle surprise, mais se révèle néanmoins particulièrement insolite et efficace, marque d’un engagement politique que l’on pourra regretter qu’il n’ait commencé à être aussi ouvertement assumé que si tard dans sa carrière.

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Le premier élément à sauter littéralement aux yeux est la froideur qui caractérise son univers visuel. Celle-ci s’avère en l’occurence offrir une représentation sévèrement dénonciatrice de la déshumanisation des pouvoirs administratifs qui rendent impossible l’immigration en Finlande. Inversement, la bonne humeur qui nait subrepticement entre les personnages est une incroyable source d’espoir. Ce qui apparait ici, c’est donc une opposition entre une bureaucratie qui enterre les sentiments humains (on en veut pour preuve ces scènes où Khaled raconte les horreurs de la guerre sans qu’aucun apitoiement ne naisse de ces témoignages douloureux) et un art de la magouille qui viendrait résoudre tous les problèmes. L’officieux contre l’officiel, la solidarité contre l’indifférence, c’est là le cœur de cette étrange tragicomédie. A sa façon décalée, la L_autre_cote_de_l_espoir-Sakari-Kuosmanen-Sherwan-Hajidirection artistique, qui mélange allègrement des éléments de décors modernes et plus anciens – à commencer par les téléphones vintage –, souligne l’intemporalité de ce drame humain.

Sur un sujet tristement dans l’air du temps, Aki Kaurismäki signe une fable poétique qui ne ressemble à rien d’autre… qu’à un autre film d’Aki Kaurismäki. Rien d’étonnant de sa part, hormis peut-être un discours politique délesté du cynisme qu’on lui connait, au risque d’ailleurs de pousser le curseur jusqu’à la limite de la naïveté. 

Comme à son habitude, la volonté première de Kaurismäki est de briser les archétypes puisque sa façon de mettre en parallèle les destins de deux personnages l’empêche de tomber dans le piège du misérabilisme qui s’ouvre fatalement sous les pieds de tout auteur désireux d’aborder la question de l’immigration. En s’attardant sur le parcours de  Wikhström, qui plaque tout pour investir dans un restaurant et découvre les difficultés de gestion d’un tel établissement, le scénario dépasse le sujet des exilés pour rendre un hommage à tous les hommes et femmes qui font le choix – volontairement ou par la force des choses – de changer de vie. C’est d’ailleurs dans l’arc narratif propre au personnage incarné par Sakari Kuosmanen (un acteur présent depuis 1985 dans le cinéma de Kaurismäki qui parle de lui comme son alter-ego) que le réalisateur glisse la grande majorité des éléments nonsensiques, preuve sans doute d’une certaine gêne de sa part à apporter de la légèreté de manière directe à une thématique plus grave.

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L_autre_cote_de_l_espoir-Sakari-Kuosmanen-cuistotMême s’il apparait comme un appel à la résistance, un film de Kaurismäki ne peut s’empêcher d’être caractérisé par une terrible mélancolie. En plus des décors grisonnants que la photographie de Timo Salminen transforme – comme il l’a fait dans tous les films du réalisateur – en ambiance superficielle similaire à celle d’une sitcom, le désenchantement de L’Autre Côté de l’Espoir nait essentiellement de sa bande originale. Une fois de plus, la musique est similaire à celle de ses précédents long-métrages, à savoir entièrement diégétique et rock’n roll. Les rockeurs qu’il convoque chantent leur vision désespérée de la Finlande. Cette morosité ambiante, à laquelle les gueules cassées qui composent le casting n’arrangent rien,  permet de dépeindre un pays qui n’a rien d’un Eldorado pour les expatriés. C’est donc l’empathie de certains de ses habitants, et uniquement elle, qui fait de la Finlande une potentielle terre d’accueil chaleureuse. Et même si cette bien-pensance apparait comme chargée d’une candeur contre-productive, l’intention est finalement moins de nous imposer des modèles éthiques que nous culpabiliser par rapport à l’état d’esprit égoïste qui pèse sur toute l’Europe.

Au milieu de ce dispositif cinématographique où tout parait absurde et outrancier, la haine raciste des uns et l’hypocrisie des autres sont deux des rares éléments qu’il est impossible de nier. Les rendre ainsi immanquables n’était sans doute pas la façon la plus délicate de faire, mais semble finalement plus à même de nous mettre face à nos propre responsabilités que n’importe quelle autre leçon de morale didactique.

L’Autre Côté de l’Espoir : Bande-annonce

L’autre Côté de l’Espoir : Fiche technique

Titre original : Toivon tuolla puolen
Titre international : The Other Side of Hope
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Interprétation : Sakari Kuosmanen (Wikström), Sherwan Haji (Khaled Ali), Ilkka Koivula (Calamnius), Janne Hyytiäinen (Nyrhinen), Nuppu Koivu (Mirja), Tommi Korpela (Melartin), Simon Al-Bazoon (Mazdak)…
Photographie : Timo Salminen
Montage : Samu Heikkilä
Direction artistique : Aki Kaurismäki
Production : Aki Kaurismäki
Société de Production : Sputnik Oy, Oy Bufo Ab, Pandora Film
Distributeur : Diaphana Distribution
Récompense : Ours d’argent du meilleur réalisateur à la Berlinale 2017
Durée : 98 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 15 mars 2017
Finlande, Allemagne – 2017

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Deadpool 2 : Fesses, satire et humour noir pour un premier teaser

Deadpool 2 s’annonce hilarant et dans la droite lignée du premier opus avec un premier teaser qui en dit long !

Avant la projection de Logan sur les écrans américains, une mise en bouche pour Deadpool 2, façon remake caricatural de Superman, a été offerte au public ravi. Ryan Reynolds reprend le rôle de l’anti-héros mal embouché le temps d’un (long) teaser de la loose où le beau gosse défiguré tente (désespérément) de rendre la justice en se débattant dans une cabine téléphonique.

Dans ce court métrage, Deadpool joue de son popotin dénudé et prend le temps de passer un appel avant d’intervenir, trop tard, sur les lieux de la bagarre histoire de tailler le bout de gras avec le macchabée ! Le tout est joyeusement accompagné par les thèmes musicaux de Superman et de True Romance (« Marimba » repris par Hans Zimmer) et surtout agrémenté de quelques clins d’oeil à Logan (titré sur le cinéma derrière la cabine téléphonique), à la série Firefly ( les posters collés aux murs) et à Nathan Summers aka Cable, héros de Marvel et compagnon Deadpool déjà annoncé à la fin du premier opus (« Nathan Summers comming soon » tagué sur la cabine). Et sans compter l’apparition de Stan Lee, créateur de personnages Marvel, qui lance un « Nice suit ! » (Joli costume !) à notre héros.

Un bon délire que vous pourrez apprécier ci-dessous en attendant la sortie de Deadpool 2 prévue pour 2018.

Deadpool 2 – premier teaser :

Six Feet Under saison 1 à 5 : Critique série

Critique d’une série singulière sur des personnages qui voient la mort tous les jours. Malgré son concept, Six Feet Under se veut aussi drôle que dramatique et aborde, à travers le sujet de la mort, une formidable réflexion sur la vie.

Synopsis : Les Fisher, père et fils, gèrent une société de pompe funèbre implantée dans la maison familiale. Ils sont ainsi régulièrement en contact avec la mort et le deuil. Un environnement particulier qui n’est pas sans conséquences. Quand le père décède subitement, la mort les frappe cette fois directement et chaque membre de la famille doit y faire face, chacun à sa manière, et continuer à vivre en l’absence du chef de famille.

La mort

La mort, cette finalité par laquelle toute vie s’achève. Notre société s’efforce de l’oublier, mais quand elle surgit, toujours trop tôt et imprévisible, cette réalité nous frappe durement, nous ramenant à notre solitude et notre condition de mortel…nous rappelant que la mort nous attend tous au bout du chemin, et qu’elle peut frapper nos proches, à tout instant.

C’est qu’un humain n’est pas juste un corps organique. Parent, enfant, compagnon, collègue ou ami, il rayonne au-delà des limites de la chair avec les connexions qu’il crée avec ses semblables et ce qu’il a construit. La mort réduit tout cela à néant, lorsqu’un être qui avait tellement d’importance dans nos cœurs qu’on en est venu à croire qu’il était éternel, disparaît soudainement, une perte tragique et inconcevable.

Puis viennent les douloureuses étapes du deuil. La colère et l’abattement, et enfin la longue voie de la guérison, jusqu’à pouvoir aborder en riant les souvenirs partagés avec le défunt, qui continue à vivre à travers ceux qui l’aiment.

Les Fisher

La mort, les Fisher y sont particulièrement familiers. La disparition soudaine du père va entraîner beaucoup de bouleversements en eux, les inciter à se poser des questions, sur qui ils sont et quelle direction donner à leur vie. D’autant que vivre dans cet environnement de tristesse et de recueillement ne facilite pas le processus, chaque membre étant plutôt renfermé et n’ayant pas l’habitude de se confier.

Ruth (Frances Conroy), la mère qui s’est toujours consacrée aux autres avant elle-même sans jamais se faire plaisir, doit maintenant envisager sa vie sans son mari. Elle se pose pour la première fois la question de ses désirs refoulés, et décide de combattre ses inhibitions pour enfin s’imposer. Une recherche qui passera par plusieurs compagnons, mais le bon partenaire ne sera pas facile à trouver.

Nate (Peter Krause), l’ainé, a quitté le domicile familial, voulant fuir cette famille pour vivre une vie sans attache. Mais la mort du père l’incite à reprendre contact. Il voit dans la reprise de l’entreprise familiale l’occasion de peut-être trouver un sens à sa vie. Il persistera toutefois à avoir du mal à se lier aux autres. Une quête du bonheur laborieuse que viendront entacher des événements tragiques.

David (Michael C. Hall), le plus jeune fils, a suivi très tôt son père dans la même voie. Sa mort l’amène à se demander si c’est ce qu’il veut vraiment faire. Renfermé et sensible, il assume mal son homosexualité et n’en a même jamais parlé à sa famille, bien qu’il soit dans une relation. Une étape qu’il devra franchir un jour ou l’autre.

Claire (Lauren Ambrose), la plus jeune, n’est encore qu’une ado qui n’a jamais été bien proche de son père. Sa disparition intervient dans une période de doute où elle ne sait pas encore qui elle est ni ce qu’elle veut devenir. Elle choisit de suivre une formation en art, mais est finalement déçue par ce milieu. Est-elle vraiment une artiste, est-elle assez douée ? Elle vivra ses premières expériences, jusqu’à ce qu’arrive le moment où elle devra se lancer seule dans le grand périple qu’est la vie.

Puis il y a ceux qui font pratiquement partie de la famille. Brenda, la compagne de Nate, qui doit combattre l’influence malsaine de la famille déviante dans laquelle elle a grandi ; Keith, le compagnon de David et Rico, partenaire des Fisher, tous deux devant également régler leurs problèmes de couple et leurs soucis professionnels.

Sans oublier des personnages singuliers, comme Billy, le frère de Brenda, maladivement attaché à sa sœur, Olivier, le professeur excentrique de Claire, Arthur, le stagiaire coincé, et Sarah, la sœur hippie de Ruth.

La vie

La quête du bonheur est une route tortueuse faite d’imprévus, de doutes, de joies, de souffrances, d’espoirs, d’inquiétudes, d’accidents, de maladies, et de guérisons. Dans d’autres séries de soap opera, certains thèmes ont souvent tendance à agacer (Desperate housewives) mais, la série évite cet écueil parce que ses personnages et ses histoires sonnent vraie. Avec un rythme lent et posé, pas besoin d’histoires improbables ou d’intrigues de remplissage pour susciter l’adhésion et l’attachement aux personnages en est renforcé.

Six Feet Under nous touche ainsi plus en profondeur, dans ce qui constitue l’essence de la vie. Où l’on peut suivre un couple qui s’aime et qui n’arrive pas à s’entendre, l’un pouvant tromper l’autre tout en ayant des sentiments sincères ; où l’on croit être sûr de la personne que l’on aime et de ce que l’on veut pour l’avenir, pour s’apercevoir que l’on s’était trompé ; où des membres d’une même famille se disputent, parce qu’ils tiennent les uns aux autres, ou reportent leur souffrance vers leurs proches. Des erreurs qui font toujours souffrir ceux qui ont cru en nous.

Rires et larmes

Chaque épisode de Six feet under débute avec une mort, parfois absurde et insolite, souvent tragique. Il n’est hélas pas donné à tout le monde de mourir de vieillesse sans douleur. Il arrive que le défunt ou les conditions du décès fassent écho à un membre de la famille qui ne peut plus rester indifférent. Des conversations s’amorcent alors avec le défunt, traduisant ces troubles intérieurs, où mort et vivant échangent sur le sens de la vie. « La vie c’est comme un jeu de poker où tu mises tout ».

Un tel concept est propice à l’humour noir. A côté des instants tragiques, la série adopte un ton décalé, où les pensées des personnages peuvent se transformer en comédie musicale surprenante.

Quelques pierres sur la route

La série n’évite toutefois pas totalement les défauts du soap opéra. Certaines situations s’étalent un peu trop, ou paraissent un peu trop appuyées. Certains personnages sont un peu trop bizarres pour qu’on les comprenne et qu’on y adhère. Ils peuvent même être énervants à force de se disputer tout le temps, par leur égoïsme ou leur comportement injuste. C’est probablement une attitude plus réaliste mais qui ne passe pas toujours bien dans une fiction. Enfin, le rythme lent, certes judicieux, devient parfois pesant.

Mais ce sont des défauts mineurs qu’il faut savoir supporter pour admirer cette ode à la vie que raconte Six feet under, avec un final mémorable et des personnages parmi les plus attachants de l’histoire des séries.

A l’image d’une vie qui ne serait pas satisfaisante sans obstacle à franchir pour profiter pleinement du paysage une fois la destination atteinte.

Bande-annonce : Six Feet Under

https://www.youtube.com/watch?v=yPIpUody2CI

Six Feet Under : Fiche Technique

Création : Alan Ball
Réalisation : Alan Ball, Alan Poul, Kathy Bates, Daniel Attias
Scénario : Alan Ball
Production : Alan Ball, Lori Jo Nemhauser, Alan Poul
Acteurs : Peter Krause (Nathaniel Fisher Junior) ; Michael C. Hall ( David Fisher) ; Frances Conroy ( Ruth O’Connor-Fisher) ; Lauren Ambrose (Claire Fisher) ; Rachel Griffiths (Brenda Chenowith ) ; Jeremy Sisto (William « Billy » Chenowith) ; Freddy Rodríguez (Hector Federico Díaz) ; Mathew St. Patrick (Keith Dwayne Charles) ; Richard Jenkins (Nathaniel Fisher Senior)
Musique : Richard Marvin
Chaîne d’origine : HBO
Réseau de diffusion : Jimmy, Canal+, France 2, France 4.
Format et nombre d’épisodes : 5 saisons de 63 épisodes
Genre : comédie dramatique
Première diffusion : 3 juin 2001 – 21 août 2005

États-Unis – 2001

Le « dernier âge d’or » du cinéma muet : notre top 5

Dans les années 1920, le cinéma reste, malgré quelques chefs d’œuvre matriciels, un art balbutiant qui doit encore faire ses marques au delà d’une poignée de genres déjà bien installés. En une décennie, le cinéma muet traverse un véritable âge d’or à l’échelle mondiale.

Impossible de se prétendre cinéphile sans reconnaître l’apport inestimable des réalisations datant de ces lointaines années. La grammaire de la mise en scène telle qu’on la connait aujourd’hui semble avoir été écrite au cours de cette époque fleurie à laquelle l’invention du cinéma parlant a brutalement mis fin, sans pour autant -comme cela a pu être écrit- remettre les compteur à zéro. Chacun a évidemment ses préférés parmi les films qui émergèrent du regain de créativité qui animait alors les artistes à travers le monde. Voici les nôtres.

Notre top 5 des films muets des années 20:

top-5-muets-Metropolis1/ Metropolis (Fritz Lang, 1927) : Véritable chef d’œuvre de Fritz Lang, Metropolis est un incontournable. Le film, décrié à sa sortie est loin d’être parfait. L’œuvre est empreinte de l’idéologie nazie, Fritz Lang et sa femme scénariste Thea von Harbou ayant été très proche de la sphère nazie, pendant la production du film. Ainsi le message collaborationniste du film aura du mal à passer. Néanmoins, si Metropolis a marqué l’histoire, c’est grâce à la virtuosité et à l’imagination de son créateur. Metropolis est un monument visuel hors-norme, représentant la quintessence de l’expressionnisme allemand. Encore aujourd’hui le visionnage est bluffant et exprime à chaque instant l’ambition démesurée du réalisateur. L’œuvre de Fritz Lang hante par son excellente musique, composée par Gottfried Huppertz. Car il faut se le dire, Metropolis ne brille par son histoire naïve et politisée, ni par ses acteurs, la plupart étant amateurs. Metropolis est un témoignage historique qu’il faut voir autant pour ses défauts que ses qualités. Roberto

top-5-muets-le-cuirrassé-potemkine2/ Le cuirassé Potemkine (Sergueï Eisenstein, 1925) : On réduit souvent Le Cuirassé Potemkine à sa seule dimension de film de propagande bolchévique sur la première Révolution Russe, étant entendu qu’un film de propagande ne pourrait être un grand film de cinéma. S’il faut le réduire, alors réduisons ce film à une seule de ses scènes: celle de l’escalier d’Odessa, prouesse technique et artistique, reprise depuis dans une dizaine de grands films. Eisenstein y démontre d’immenses talents de metteur en scène, mais également de narrateur, cette séquence s’étirant pour faire monter la tension dramatique à mesure que le landau lâché par une mère abattue dévale lui, les marches d’escalier. En une scène, Eisenstein donne sa vision de la mutinerie des marins du cuirassé, de la brutale riposte des cosaques au service du Tzar Nicolas II. Tourné une petite trentaine d’années après la naissance du cinéma, Le Cuirassé Potemkine reste une référence et un sujet d’étude pour tous les cinéastes apprentis ou confirmés, chose rare pour un film de propagande.  Thierry

top-5-muets-le-mecano-de-la-general3/ Le mécano de la Général (Buster Keaton, 1926) : Johnnie Gray (Keaton) se voit refuser l’accès à l’engagement militaire durant la guerre civile. Avance rapide d’une année ; sa fiancée, Annabelle Lee (Marion Clark), est prise en otage par les espions de la Union, à bord de la « General ». Johnnie, seul contre tous, dans un enchaînement semi-burlesque à la Keaton, décide de lui venir en aide. Ce long-métrage, qui contient la scène d’action la plus chère de l’époque du muet (l’effondrement du pont en feu), est un bijou d’humour et de vérité comme seul Keaton savait le faire à l’époque. Si de nos jours, The General, fait partie des films cultes de l’époque du muet, il ne fut que très peu accueilli lors de sa sortie en 1926. Réévalué depuis, cette oeuvre polémique fait partie du fragile patrimoine cinématographique américain, précédent la grande dépression.   Pascal

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4/ Un chien andalou (S. Dali, L. Bunuel 1928) : Lorsqu’on parle de surréalisme, un nom (et une moustache) sont très rapidement évoqués, il s’agit de Salvador Dali. Principalement connu pour ses peintures, l’artiste a en 1928, une conversation avec Luis Buñuel, et discutent de leurs rêves respectifs. Alors que le peintre raconte avoir vu des fourmis lui courir sur les mains, le réalisateur lui rétorque avoir vu l’œil de quelqu’un se faire trancher. Le scenario d’Un Chien Andalou était né. Il serait idiot de vouloir l’expliquer, comme il serait inutile d’essayer d’en comprendre la signification profonde. Un Chien Andalou est avant tout une expérience unique. Un quart d’heure dans les rêves d’un autre que soi avec une logique propre, certaines scènes restent toujours aussi marquantes quelque que soit le nombre de visionnages et en ont fait un classique du cinéma, on pourra d’ailleurs y voir des références dans de nombreux autres films, notamment Old Boy de Park Chan-Wok. Un véritable monument du cinéma donc.  Yvan

top-5-muets-l'aurore5/ L’aurore (Friedrich-Wilhelm Murnau, 1927) : Premier film américain du cinéaste expressionniste allemand Friedrich Murnau, déjà connu en Europe pour ses nombreux succès tels que son Nosferatu, l’œuvre n’adopte toutefois pas l’esprit hollywoodien dans son traitement. Murnau a voulu dépeindre une situation commune avec des personnages universels. Ainsi, L’histoire nous montre la puissance et la fragilité des relations amoureuses avec une crédibilité hallucinante, et la symbiose de ces deux êtres vient offrir au spectateur un florilège d’émotions auxquelles il peut s’identifier. Par ailleurs, Murnau a travaillé particulièrement sa photographie dans les scènes nocturnes qui constituent l’essentiel du film. Il réussit à créer une atmosphère fantasmagorique qui touche au gothique avec ses détours de brumes qui stagnent sur les lacs, et ses branches d’arbres qui surgissent dans le cadre. L’Aurore est sans conteste l’un des films les plus intemporels de la période du cinéma muet, véhiculant une force singulière. François Truffaut ira même jusqu’à le considérer comme « le plus beau film du monde ».  Clément

 

 

Ils auraient pu y être : Nosferatu (Friedrich-Wilhelm Murnau, 1922), Le kid (Charles Chaplin, 1921), La ruée vers l’or (Charles Chaplin, 1925)…

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Philippe Djian concocterait déjà un scénario pour une nouvelle collaboration avec Paul Verhoeven

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Après le triomphe du long-métrage Elle et les récompenses d’Isabelle Huppert et de Verhoeven aux César, l’écrivain Philippe Djian serait en pleine phase d’inspiration. L’auteur de  Oh… et 37,2 ° Le matin travaillerait actuellement sur un nouveau scénario en vue d’une adaptation. Ce projet d’écriture pourrait être confié encore une fois au cinéaste néerlandais.

Le romancier Philippe Djian pourrait bien voir ses écrits une nouvelle fois adaptés pour les besoins du septième art. L’écrivain devrait d’ailleurs retrouver Paul Verhoeven pour ce futur projet pour le grand bonheur des cinéphiles amateurs de cinéma de genre. L’auteur, qui vit une grande majorité de l’année dans la sublime ville de Biarritz, s’est récemment confié à l’AFP sur ses écrits et ses projets en cours.

Philippe Djian serait donc en train d’écrire :

une grosse nouvelle qui se déroulerait comme un scénario. Il fait déjà une cinquantaine de pages. Je suis en plein milieu. Ça m’amuse.

Philippe Djian a expliqué être « devenu ami » avec le réalisateur de Robocop, Basic Instinct, Showgirls et Black Book. Ce nouveau film en cours d’écriture pourrait donc sceller une nouvelle collaboration entre Paul Verhoeven et Philippe Djian.

Le réalisateur néerlandais avait lui-même récemment déclaré dans les médias :

Si je devais refaire un film en France, je le referais sans hésiter.

Le sujet et le contenu de ce scénario en cours d’écriture restent encore mystérieux. Le seul élément ayant filtré concerne le rôle principal. Il serait confié à une comédienne âgée de 35 à 40 ans.

Après le triomphe et le succès critique de l’adaptation de Oh… avec le film Elle, Philippe Djian a tenu à rendre hommage au talent d’Isabelle Huppert. L’écrivain rêve de pouvoir travailler à nouveau avec elle. Il souhaiterait lui offrir un nouveau rôle à sa mesure à travers l’un de ses récits.

Je lui ai dit que j’aimerais beaucoup lui écrire un rôle, histoire de continuer à alimenter le lien.

Cette information sur un futur film basé sur les nouveaux écrits de Philippe Djian est donc pour l’instant officieuse. Ce projet est actuellement en cours d’écriture et en phase de développement. Un seul souci majeur pourrait venir freiner les retrouvailles entre Philippe Djian et Paul Verhoeven : les calendriers de tournages du réalisateur de Total Recall sont très chargés et actuellement dignes d’un emploi du temps de ministre.

Le producteur franco-tunisien Said Ben Said, qui avait accéléré la rencontre et l’alchimie inouïe entre Philippe Djian et Paul Verhoeven, devrait en effet bientôt travailler avec le cinéaste néerlandais sur Lyon 1943, un film sur la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Paul Verhoeven a également bien l’intention de ringardiser Mel Gibson avec sa propre version d’un biopic religieux sur Jésus de Nazareth dans un long-métrage tourné en français. Le réalisateur de Starship Troopers souhaite en outre s’atteler à un troisième film sur un fait divers sanglant dans un couvent en Italie en plein Moyen-Age. Ce projet sera en prime estampillé Made in France ! Cocorico !

The Sisters Brothers : Jake Gyllenhaal rejoint le casting du prochain film de Jacques Audiard

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Le comédien américain Jake Gyllenhaal va rejoindre l’équipe du prochain long-métrage de Jacques Audiard. Le réalisateur d’Un prophète et de Dheepan travaille sur son prochain long-métrage, The Sisters Brothers. Ce film ambitieux risque de surprendre beaucoup de cinéphiles fidèles à la filmographie d’Audiard.

Tarantino n’a qu’à bien se tenir ! Sortez les cache-poussières et aiguisez vos éperons ! Jacques Audiard travaillerait sur son prochain film : un western !  Quoi de mieux qu’un film de cowboys pour le célèbre cinéaste français de génie, toujours affublé d’un chapeau. D’après des informations relayées par Allocine, le tournage de The Sisters Brothers va donc débuter l’été prochain.

Jacques Audiard a réuni un casting impressionnant pour ce film qui sera tourné en langue anglaise, une première pour le réalisateur de Sur mes lèvres. Les comédiens Joaquin PhoenixJohn C. Reilly et Jake Gyllenhaal seront à l’affiche de cette fresque qui plongera les spectateurs dans l’Ouest américain. L’arrivée de Jake Gyllenhaal sur ce projet a été dévoilée par la rédaction de Variety.

Ce western de Jacques Audiard est adapté d’un roman de Patrick DeWitt, Les Frères Sisters. L’intrigue repose sur deux personnages centraux. Eli et Charlie Sisters, deux assassins, vont traquer un chercheur d’or, Hermann Kermit Warm, du désert de l’Oregon jusqu’à San Francisco. Hermann va tenter de vendre chèrement sa peau afin de ne pas finir au cimetière. Il pourrait tenter de soudoyer l’un des deux frères. D’autant plus qu’Eli Sisters traverse une véritable crise existentielle.

Reste à savoir quels seront les choix, l’esthétique, la mise en scène et l’approche de Jacques Audiard pour The Sisters Brothers. Ce film sera-t-il un hommage aux westerns européens, aux westerns spaghettis des années 1960 ? Réponse donc cet été à l’occasion du tournage.

Aucune information n’a d’ailleurs pour l’instant filtré sur les personnages féminins et la date précise de sortie du film. Espérons que The Sisters Brothers ne refera pas le coup du huis-clos bavard de Tarantino avec Les 8 Salopards. Le film de Jacques Audiard pourrait donc s’apparenter à True Grit des frères Coen, basé sur le roman de Charles Portis.

Bécassine va être adapté au cinéma !

Bécassine, la bretonne la plus sotte et naïve de la bande-dessinée va faire son apparition au cinéma ! Un projet est en route porté par le réalisateur Bruno Podalydès.

L’un des plus vieux personnages féminins de la bande-dessinée française va avoir le droit à son film. Oui, Bécassine arrive au cinéma ! Le personnage créé en 1905 dans La semaine de Suzette va connaître une adaptation sur grand écran par le réalisateur Bruno Podalydès (Adieu Berthe, Liberté Oléron). Le réalisateur s’est confié sur le personnage lors d’une interview pour le Figaro : « J’ai relu tous les albums et complètement redécouvert le personnage. Car Bécassine n’est pas la fille un peu niaise et stupide qu’on croit. Elle est naïve, certes, et candide, mais aussi curieuse et inventive. Elle a une âme d’enfant dans un corps d’adulte. Dans ce film, je voudrais montrer Bécassine telle qu’elle est : fidèle, sincère, spontanée, innocente, tendre, rêveuse, enthousiaste ». Si on ne sait pas encore qui incarnera la fameuse bretonne, le film sera produit par Chabraque Productions et Why Not Productions. Le tournage devrait commencer cet été.

La BECASSINE-adaptationbdbande-dessinée, vieille de 112 ans, a déjà failli connaître une adaptation sur grand écran. Un projet a été porté pendant plusieurs années par l’actrice Isabelle Nanty et le scénariste et dramaturge Fabrice Roger-Lacan. Malheureusement, le projet est passé sous une autre équipe. Isabelle Nanty s’est confiée sur la perte du projet à Allociné : « J’avais écrit une adaptation de Bécassine qui ne s’est pas montée (…) C’est passé à quelqu’un d’autre. Il n’est plus question que ce soit moi qui le joue. » Sans dramatiser, elle ajoute : « Mais, il faut être détendu. Ça va, ça vient, ce n’est pas très grave ! ». En 2011, le personnage avait déjà connu une adaptation à travers le film d’animation Bécassine, le trésor viking réalisé par Philippe Vidal, avec les voix de Muriel Robin et Zabou Breitman.

Bécassine est un personnage majeur de la culture française. Peu appréciée des Bretons, pour son caractère niais et stupide, elle est l’incarnation de la « bonne provinciale » tel que la percevait l’élite bourgeoise parisienne à l’époque. L’adaptation de Bécassine arrive dans un paysage cinématographique français où les films adaptés de la bande-dessinée sont de plus en plus fréquents ( Spirou et Fantasio). Autant dire qu’on a pas fini de voir nos personnages de BD favoris  sur grand écran pour les prochaines années.

 

20th Century Women, un film de Mike Mills : Critique

20th Century Women est un de ces films qui vous hantent longtemps, tout comme, plus de 5 ans après, Beginners, le précédent opus du réalisateur Mike Mills qui reste vivace dans nos souvenirs…

Synopsis : Santa Barbara, été 1979. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields, la cinquantaine, élève seule son fils Jamie. Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes pour que le garçon, aujourd’hui adolescent, s’ouvre à d’autres regards sur le monde : Abbie, artiste punk à l’esprit frondeur qui habite chez Dorothea, et sa voisine Julie, 17 ans, aussi futée qu’insoumise…

Tout sur ma mère

Il y a tellement à dire sur 20th Century Women, le nouveau film de l’américain Mike Mills. On pourrait parler de l’importante partie musicale, punk notamment, 1979 spécifiquement, et ça suffirait déjà à alimenter les débats. On pourrait évoquer le féminisme, la solitude, l’éducation, l’amour, tout est possible. Ou alors, on peut aussi tout simplement parler de tout ça, de combien le métrage est riche, précieux, infiniment aimable.

Le titre du film peut apparaître trompeur. Le centre du dispositif est effectivement Jamie (Lucas Jade Zumann), un tout jeune homme à peine sorti de l’enfance, tout juste 15 ans, élevé seul par sa mère Dorothea (Magnifique Annette Bening), une femme de 55 ans, lumineuse à travers l’épaisse fumée des cigarettes qu’elle enchaîne les unes derrière les autres, un peu fantasque, le genre de femme si complexe, forte et fragile à la fois. Aspirant pilote, Dorothea travaille dans un cabinet d’études, boursicote et relève tous les matins la valeur de ses actions au petit déjeuner : Jamie les pioche dans le journal, Dorothea les consigne dans un carnet. Quoi de plus consumériste, de plus mercantile que des actions du Dow Jones, et pourtant, Mike Mills rend ce rituel matinal éminemment romantique, baigné dans la douce lumière de Sean Porter, et mettant en scène un couple filial en symbiose. De précieux moments d’abandon pour cette femme qui se protège des sentiments jusqu’à dire au chat, un soir qu’elle attendait avec une angoisse rentrée que son fils revienne d’une virée à Los Angeles la dangereuse  : « tu peux te détendre maintenant, il est rentré »…

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Dorothea vit dans une grande et belle maison de la Californie du Sud, qu’elle rentabilise avec deux locataires tout aussi azimutés qu’elle. D’abord Abbie (Greta Gerwig), une jeune artiste punk qui récupère d’une longue maladie, qui aime écouter ses albums punks à plein volume en dansant comme Siouxsie Sioux, et comme si sa vie en dépendait. Tout aussi complexe, le personnage d’Abbie est richement caractérisé, et en aucun cas cantonné dans le cliché de la punk no future qui ne saurait que détruire. Sollicitée par Dorothea pour l’aider à élever Jamie, Abbie prendra sa mission à cœur et s’occupera du jeune Jamie à sa manière toute personnelle. Il est très agréable de voir Greta Gerwig s’extirper enfin de ce rôle de neurasthénique rigolote dans lequel elle s’est (joliment certes) laissée enfermer, avec les films de son époux Noah Baumbach (Frances Ha, Mistress America), dont elle est la scénariste.  Ce virage vers des rôles différents, on a déjà pu le constater avec plaisir dans Jackie de Pablo Larrain.

L’autre locataire est William (Bill Cudrup), un homme lui aussi assez marginal, « le seul de la maison » comme dirait Dorothea, magnifiquement dessiné, dans un contour quasi-ectoplasmique au début du film, puis prenant de plus en plus de place dans l’histoire, à mesure que les trois femmes en face de lui semblent par moment désemparées en face de Jamie, cet autre homme en devenir, tellement en demande sans trop savoir ni de quoi ni comment. Cudrup développe un jeu solide et sans chichi, et pourtant magnétique.

Si on parle de trois femmes, c’est parce que Elle Fanning vient compléter ce trio de femmes du 20ème siècle avec le personnage de Julie. A peine plus âgée que Jamie, elle est sa meilleure amie, passe ses jours (et ses nuits) plus souvent chez les Fields que dans sa propre maison, où sa psychothérapeute de mère l’oblige à participer à des thérapies de groupes d’adolescents. Une mère déstabilisante qui amène Julie à coucher avec tout le monde sauf avec Jamie, la personne qui lui est la plus chère et qui la chérit de tout son cœur et souhaite la chérir de tout son corps, celui avec qui « trop de proximité empêche le sexe ».

Même si ce récit passablement autobiographique est l’histoire de Jamie, ces trois femmes, les personnages et les actrices, crèvent l’écran. Les dialogues fusent, sensibles, drôles, intelligents. Ces femmes de 1979, sont réellement du 20ème siècle, avec des problématiques qui ne seront jamais vraiment résolues, bien au contraire, les familles monoparentales et l’absence du père, la découverte du désir sexuel, l’ultra-moderne solitude… Annette  Bening est époustouflante, hypnotisante, et tient certainement là un de ses plus beaux rôles.

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En tant que réalisateur de nombreux clips, Mike Mills a su installer une ambiance musicale aux petits oignons, avec des morceaux aussi variés que In a Sentimental Mood de Benny Goodman, le magnifique The Big Country des Talking Heads ou encore et surtout différents morceaux punk allant de Buzzcocks à Souxsie & the Banshees en passant par le groupe punk féministe des Raincoats ou encore les célébrités locales des Black Flag. Un score éclectique et pourtant très cohérent, un vrai régal pour les oreilles si on peut dire.

Après le très beau récit de Beginners, déjà une autofiction, déjà un bijou, 20th Century Women est un autre merveilleux film de Mike Mills qu’on aurait tort d’ignorer en cette période où il y a une pléthore de bons films. C’est un cadeau de sensibilité mais aussi de bonne et belle humeur, il serait dommage qu’il ne soit reçu que par trop peu de cinéphiles, 6 dans la salle en ce qui concerne l’auteur de ces lignes. Un vrai gâchis.

20th Century Women :  Bande annonce

20th Century Women : Fiche technique

Titre original : 20th Century Women
Réalisateur : Mike Mills
Scénario : Mike Mills
Interprétation : Annette Bening (Dorothea), Elle Fanning (Julie), Greta Gerwig (Abbie), Billy Crudup (William), Lucas Jade Zumann (Jamie)
Musique : Roger Neill
Photographie : Sean Porter
Montage : Leslie Jones
Producteurs : Anne Carey, Megan Ellison, Youree Henley, Co-producteurs : Geoff Linville, Jillian Longnecker
Maisons de production : Annapurna Pictures, Archer Gray Productions, Modern People
Distribution (France) : Mars Distribution
Récompenses : Diverses récompenses pour Annette Bening comme actrice principale, et /ou Elle Fanning et Greta Gerwig comme meilleures actrices dans un second rôle
Budget : 7 000 000$
Durée : 119 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 1er Mars 2017
Etats-Unis – 2016

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