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The Vampire Diaries Saison 8, une série de Julie Plec : Critique

The Vampire Diaries s’est achevé le 10 Mars sur la CW. Huit ans que l’on suit les péripéties des frères Salvarore, d’Elena Gilbert et de leurs amis. 171 épisodes à essayer de protéger Mystic Falls des forces du mal. Julie Plec nous a annoncé très tôt la fin de sa série, mais avons-nous eu droit à une conclusion satisfaisante ?

Synopsis : Damon et Enzo sont redevenus des vampires dépourvus d’humanité, tuant pour le compte de la sirène Sybil après sa fuite de l’Armury. Stefan et Bonnie vont tout faire pour essayer de les ramener et les protéger de Cade, le créateur des enfers…

Clôture du journal…

the-vampire-diaries-saison-8-posterAlors que nous avions eu droit à une saison 7 plutôt médiocre, entre storylines inintéressantes et nouveaux personnages peu charismatiques, l’ultime saison s’améliore, et confirme que la série peut marcher sans son actrice principale Nina Dobrev, grâce au retour à l’écriture du créateur de la série, Kevin Williamson (Dawson).
Nous apprécions de voir l’ensemble des récits se recentrer davantage sur ses personnages principaux, en particulier la relation entre Damon et Stefan mieux exploitée que l’an passé. En effet, tandis que Damon s’est rallié à Cade pour alimenter ses enfers en tuant des criminels, Stefan cherchera à sauver son frère, quitte à rejoindre à son tour les rangs ennemis. Le cœur de ces derniers épisodes nous montre un Stefan qui rêve de rédemption et qui fera tout pour sauver son frère une dernière fois.
De plus, en dehors de l’évolution des intrigues soutenues de Caroline et Bonnie, nous avons aussi plaisir à redécouvrir le personnage de Zach Roerig. Alors que Matt a toujours été secondaire, pas très apprécié des spectateurs – surtout ces derniers temps, une histoire parallèle qui lui est propre prend forme avec son père qui revient dans sa vie (interprété par Joel Gretsch, héros de la série Les 4400). Certes, l’écriture reste parfois brouillonne, mais sa storyline sera fortement liée à celle des enfers et aux origines des familles fondatrices de Mystic Falls.

the-vampire-diaries-saison-8-cadeCe qui rend aussi cette saison intéressante c’est sa structure. Une  saison beaucoup plus courte à 16 épisodes contre 22 habituels. Nous évitons donc les épisodes inutiles en restant focalisé sur une seul scénario et son antagoniste principal : Cade et ses enfers. Pour la première fois, nos héros affrontent un adversaire vraiment mystique, presque un démon à l’inverse des antagonistes plus humains que nous avions rencontrés jusqu’ici. C’est un terrain inconnu, une mythologie plus grande que nous propose la créatrice. L’histoire de la magie est plus développée, nous faisant découvrir l’origine des pouvoirs des sorcières grâce à Sybil et à sa sœur Seline. On s’intéresse davantage au surnaturel et au pouvoir psychique, force mentale que Bonnie arrive à réveiller en fin de saison alors que cela faisait plusieurs épisodes qu’elle n’était plus sorcière, affirmant une fois encore toute la puissance du personnage lors du series finale.

the-vampire-diaries-saison-8-caroline-stefanLa grosse attente de la part des fans est le retour de Nina Dobrev, qui interprète Elena, l’héroïne de The Vampire Diaries lors des six premières saisons. Entre promesse et rumeurs quant à son retour, nous sentions que les scénaristes voulaient faire les choses en grand pour sa dernière ligne droite en maintenant le suspense jusqu’au dernier épisode. Cette saison est tout aussi prenante à cause de l’adrénaline portée par son scénario qui avance crescendo, notamment avec les derniers épisodes diffusés après la pause hivernale.
Néanmoins, la saison n’est pas sans défauts et continue dans les morts gratuites afin d’alimenter le drama, et dans les facilités scénaristiques. En tant qu’ultime saison, des retours sont prévus, parfois justifiés et d’autres beaucoup moins. Ainsi, le come-back express de Michael Trevino qui reprend les traits de Tyler le temps d’une scène pour mourir des mains de Damon ne sert strictement à rien. Et même son enterrement a été expédié. Il faut du drame, et Julie Plec veut faire peur aux spectateurs en laissant penser que n’importe qui peu mourir d’ici l’épilogue. Heureusement, en contre partie, le retour de Kai (interprété par Chris Wood que l’on peut suivre désormais dans Supergirl) est bien plus plaisant. Ennemi juré de Bonnie en saison 6, ce personnage à la fois drôle et psychopathe est le responsable du coma surnaturel d’Elena (raison scénaristique qui a permis à l’actrice de quitter The Vampire Diaries). Alors qu’on imaginait que son intrigue correspondrait au réveil d’Elena, il n’en est rien : il annonce surtout la revanche de Katherine, alter-égo d’Elena, devenue reine des Enfers après la défaite de Cade.

Une nouvelle page qui s’ouvre ?

the-vampire-diaries-saison-8-freres-salvatoreLe Series Finale est mitigé. On sent d’un côté que Julie Plec et ses scénaristes ont prévu leur conclusion, mais toute l’intrigue se résout dans la précipitation. L’épisode 15 se concentre sur le mariage de Stefan et Caroline, dans le but de faire apparaître Katherine pour la vaincre, et l’épisode 16 clôt assez rapidement tout ce qui a été construit cette saison sur les Enfers. On n’aurait peut-être préféré avoir un double épisode pour mieux apprécier cette fin.
Julie Plec a malgré tout appris de ses erreurs : arrêter de tuer et ramener ses personnages à la vie… Oui les Enfers ont ressuscité plusieurs personnages connus de ces dernières années : Vicky, Kai et Katherine ; Tyler est mort en début de saison, Enzo fut la mort surprise lors du 11ème épisode. On pouvait craindre de voir quelques uns de ces protagonistes revenir à la vie pour faire un vrai Happy-End classique, surtout avec la magie de Bonnie qui réapparaît peu à peu…
Au contraire, ils restent définitivement morts, laissant un minimum de crédibilité, renforcé par le sacrifice héroïque de Stefan qui sauve Mystic Falls et son frère Damon. Ces dernières minutes pourraient presque remettre en perspective toute la série. Et si finalement, le personnage principal était Stefan et non Elena ?
C’est lui qui est à l’origine du vampirisme de Damon. Il est le premier à rencontrer et tomber amoureux d’Elena, il a un lien profond avec le meilleur personnage de la série, Klaus (qui a eu droit à son spin-off). On suit toute la série à travers Stefan jusqu’à sa rédemption où il permet à Damon de redevenir humain pour vivre heureux avec Elena. Il est vrai que c’est une mort prévisible (surtout avec Julie Plec qui fait sa promotion en annonçant un mort lors du dernier épisode…), mais nous pouvions facilement imaginer voir un des frères Salvatore mourir pour sauver l’autre.

En huit saisons, The Vampire Diaries a connu ses hauts et ses bas, mais le bilan reste positif. La série a baissé en qualité ces dernières années, mais l’ultime saison répond à nos attentes, surtout avec le retour de Nina Dobrev qui reprend ses 2 rôles, Katherine et Elena. Les fans ne pouvaient espérer mieux. La fin reste ouverte, nos héros ont chacun une conclusion convenable, mais la porte n’est pas fermée pour certains d’entre eux. The Originals reprend le flambeau de sa grande sœur et commencera sa 4ème saison la semaine prochaine. Et, avec les quelques indices laissés aux spectateurs, on se doute que l’on reverra un ou plusieurs personnages débarquer dans le spin-off…

La huitième saison de The Vampire Diaries a réuni, en moyenne, 0,99 millions de téléspectateurs et un taux de 0,38 sur les 18/49 ans.

The Vampire Diaries saison 8 : Bande-annonce

The Vampire Diaries saison 8 : Fiche Technique

Créateurs : Julie Plec, Kevin Williamson
Réalisation : Marcos Siega, J. Miller Tobin, Liz Friedlander, Kevin Bray, John Dahl, Joshua Butler
Scénario : Julie Plec, L.J. Smith, Kevin Williamson, Brian Young, Barbie Kligman, Andrew Chambliss, Caroline Dries, Bryan Oh, Sean Reycraft, Bryan M. Holdman, Andrew Kreisberg, Gabrielle G. Stanton, Mike Daniels
Interprétation : Paul Wesley (Stefan), Ian Somerhalder (Damon), Katerina Graham (Bonnie), Candice King (Caroline), Zach Roerig (Matt), Matthew Davis (Alaric), Michael Malarkey (Enzo) et Nina Dobrev (Elena/Katherine épisode 16)
Direction artistique : Timothy David O’Brien
Décors : Karen Bruck
Costumes : Jennifer L. Bryan
Photographie : Paul M. Sommers
Montage : Joshua Butler, Lance Anderson, Sean Albertson, Shawn Paper
Effets visuels : Entity FX
Musique : Michael Suby
Producteurs : Pascal Verschooris, Caroline Dries, J. Miller Tobin, Sean Reycraft
Société(s) de production : Alloy Entertainment, Bonanza Productions, Outerbanks Entertainment, Sim Video, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 22 épisodes de 42 minutes
Diffusion : CW
Genres : dramatique, fantastique
Etats-Unis – 2009

De plus belle, un film d’Anne-Gaëlle Daval : Critique

Florence Foresti qui s’essaie au drame, Mathieu Kassovitz en « bobo-Casanova », et une costumière à la mise en scène. Tout semblait bien parti pour un fiasco total. Cependant, si ce coup d’essai divise, De plus belle trouve son public bien que trop ciblé et générique.

Synopsis : Lucie, 40 ans, en rémission d’une maladie incurable, s’engouffre dans un mal-être absolue quand il s’agit de son apparence. D’une succession d’opportunités, elle va réapprendre à se regarder et à s’aimer pour pouvoir enfin vivre sa vie et ne plus juste survire à sa rémission. Un « feel-good movie » assez réaliste, entre humour noir et romances acerbes.

De plus belle est le premier long métrage d’Anne Gaëlle Daval, une costumière à la fois réalisatrice et scénariste. Un coup d’essai pour étendre un univers artistique, pourrait-on dire. Si l’on se concentre sur cet aspect, cette comédie dramatique peut être perçu comme étant un pari risqué pour StudioCanal et Nolita, les deux porteurs de ce projet. Cependant, il ne faut pas exclure un élément important de cette équation économique : Daval fut costumière sur la série Kaamelott et son époux n’est autre qu’Alexandre Astier.

Si cela n’enlève rien au talent et à la capacité de Daval en tant que scénariste-réalisatrice, nous sommes légitime de pouvoir constater néanmoins que le pari est résolument moins risqué sous de tel circonstances. Daval est peut-être une novice dans le domaine de la réalisation mais elle a une certaine facilité d’accès aux ingrédients d’un succès certain.

Le récit de De plus belle nous embarque à bord du périple de Lucie, une mère en rémission d’un cancer de stade avancé. Si Lucie est à présent en bonne santé physique, son esprit ne suit pas. De par son combat, nous assistons à une phase de cette triste maladie qui est très peu représentée au cinéma. Souvent, un récit de ce genre s’arrêterait peu de temps après la rémission du personnage et il nous aurait laisser clore sur un « happy ever after ». Ici, on découvre le « ever after » en question et il n’est pas très positif ni « happy ».

Le propos du film est porteur d’un message ; Qu’il est tout aussi difficile de se remettre de la guérison d’un cancer que de la maladie en elle-même. Lucie est peut-être tirée d’affaire mais elle ne ressent plus son corps comme auparavant. Elle n’est pas à ce qu’elle fait, et surtout, elle ne se reconnait plus physiquement. Elle s’isole des autres et se prive de bonheur, pensant qu’elle n’y a pas droit.

C’est une quête psychologique que Daval dépeint dans son premier long métrage. On pourrait lui reprocher une trop grande volonté de réalisme, en conséquence. Notamment, les séquences de dialogues à rallonge et les moments de vie filmés à caméra embarquée, mettant l’emphase sur les décors et les paysages naturels de la ville de Lyon, sans vraies convictions.

De plus belle, de part ce parti pris, prend des allures de séries télévisées américaines du nouvel « âge d’or  » (The Big C ou United States of Tara), malgré son côté gauche et trop empathique. Pourtant, c’est bien là l’atout du film. Cette proposition fait passer De plus belle de simple comédie dramatique américanisant à vignette semi-réaliste pour un public bien définit. On s’identifie bêtement à Lucie (« working girl » féministe) ou à Clovis (Kassovitz, grand enfant et féministe) dans cet univers proche, bien que générique.

Néanmoins, Daval use de cette formule pour asseoir sa proposition et non son propos. Tout semble, de ce fait, très ardu et donc calculé. Le contraire de ce qu’elle propose au démarrage du film. Un premier essai assez bien tenté mais trop audacieux sur un sujet trop en force. Si De plus belle peut ne pas séduire un large public, la réalisatrice-scénariste reste quand même à suivre !

De plus belle : Bande annonce

De plus belle : Fiche technique

Réalisation : Anne-Gaëlle Daval
Scénario : Anne-Gaëlle Daval
Interprétation : Florence Foresti (Lucie), Mathieu Kassovitz (Clovis), Nicole Garcia (Dalila), Jonathan Cohen (Frédéric)…
Image : Antoine Roch
Décors : Nicolas Migot
Montage : Frédéric Bellehaiche
Musique : Alexi Rault
Producteur(s) : Romain Rousseau, Maxime Delauney
Production : StudioCanal, Nolita, France 2 Cinema, Auvergne Rhone-Alpes Cinema
Distributeur : StudioCanal
Durée : 1h38
Genre : Comédie, Drame
Date de sortie : 8 mars 2017

France – 2017

Auteur : Pascal J-H.C Topige

Les Figures de l’Ombre, un film de Theodore Melfi : Critique

Adapté du roman éponyme de Margot Lee Shetterly, Les Figures de l’ombre (Hidden Figures en anglais) de Theodore Melfi offre une narration engagée et vivide sur une histoire jusque là méconnue du grand public.

octavia-spencer-janelle-monae-les-figures-de-l-ombre-theodore-melfiInspiré d’une histoire vraie, Les Figures de l’ombre raconte le combat mené par trois brillantes afro-américaines aux États-Unis dans les années 1950-1960 pour l’égalité des droits dans un monde et une période de l’histoire américaine où demeurait la ségrégation raciale et où les femmes avaient un rôle moindre dans l’organigramme.

Ingénieures à la NASA, nos trois héroïnes Katherine Johnson (jouée par Taraji P. Henson), Dorothy Vaughan (Octavia Spencer) et Mary Jackson (interprétée par la star de R’n’B Janelle Monae) font vibrer cette fiction historique par leur génie, leur sensibilité et leur force. Katherine Johnson, personnage principal, ouvre le film avec des images d’elle plus jeune et donne le ton du film par l’étendue du génie qu’elle avait déjà lorsqu’ elle était enfant. Plus âgée et sous les traits de l’actrice qui ne fait que monter, Taraji P. Henson, Katherine doit redoubler de bravoure lorsqu’elle rejoint l’équipe d’Al Harrison (joué par Kevin Costner). L’accueil glacial et ostentatoirement ségrégationniste vécu par Katherine à son arrivée dans ce nouveau cadre de travail ne suffit toutefois pas à la stopper de réaliser son rêve : participer au programme américain destiné à envoyer le premier homme dans l’espace.

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Même topo pour ses comparses et collègues Mary Jackson et Dorothy Vaughan. Tandis que Mary se bat bec et ongles contre l’injustice faite à l’encontre des noirs dans le système académique, Dorothy est de son côté confrontée à l’inégalité au travail. En effet, à cause de sa couleur de sa couleur de peau, bien que la doyenne opère à Langley la fonction de superviseure pour l’équipe de recherche constituée uniquement d’afro-américaines ingénieures surnommées les « coloured computors », ce poste à titre officieux ne lui permet pas de jouir des avantages supposés de cet emploi (salaire, reconnaissance, perspective d’évolution…).

Aussi, développé autour du racisme et de la course spatiale -deux thèmes qui régissaient l’actualité dans les années 1960- Les Figures de l’Ombre opte néanmoins pour une approche plus légère pour évoquer le combat de nos héroïnes pour survivre dans un monde sexiste et raciste, et par conséquent foncièrement hostile au succès des personnes de couleur. C’est ainsi que l’un des moments phares du film qui est la course de Katherine pour rejoindre les toilettes réservées aux personnes de couleur (à plus d’un d’un kilomètre de son lieu de travail) est accompagné de l’énergique titre « Runnin » de Pharrell Williams (co-producteur du film), rendant la scène moins morne.

De fait, comme une volonté d’atténuer la gravité des événements et d’offrir un « happy ending » à nos brillantes scientifiques, les producteurs se sont reposés sur trois éminents éléments : les personnages John Glenn (Glen Powell), Al Harrison et Jim Johnson (Mahershala Ali). Tous trois attribués à l’histoire de Katherine, ils joueront un rôle central dans la vie du personnage principal. Le célèbre astronaute John Glenn, se distinguera par sa vivacité, sa capacité à respecter autrui peu importe sa race, et son soutien sans faille et salutaire envers Johnson. Responsable de Katherine, l’œil bienveillant d’Al Harrison pour sa nouvelle recrue permettra à cette dernière d’être respectée par ses collègues racistes. Jim Johnson trouve quant à lui sa place dans ce biopic-drama avec l’histoire d’amour développée entre lui et le personnage de Taraji P.

taraji-henson-octavia-spencer-janelle-monae-les-figures-de-l-ombre-theodore-melfiBien loin du désormais classique La Couleur des Sentiments (Tate Taylor – 2011) ou du récent Mandela (Justin Chadwick – 2013) dans son approche narrative, Les Figures de l’Ombre de Theodore Melfi se révèle dès les premières minutes être un film divertissant sans toutefois oublier de mettre en exergue la sévérité de la situation raciale dans les années 1960 (bureaux, écoles, toilettes ou bibliothèques séparés entre blancs et noirs). L’histoire vraie de Katherine, Dorothy et Mary est un pan de l’histoire des États-Unis dont les valeurs patriotiques ne manqueront pas de porter au sommet de leur grandeur, ces trois mathématiciennes qui ont aidé à envoyer le premier homme (américain) dans l’espace. En plein mouvement des droits civiques, trois afro-américaines employées à la NASA entraient alors dans l’histoire spatiale. Leur amitié brillamment développée par Henson, Spencer et Monae, solidifiera le courage de ces dames. Les Figures de L’Ombre n’est pas un biopic comme les autres. C’est un hommage historique qui aura l’intelligence de dépeindre avec éclat un portrait authentique du racisme à cette époque.

Synopsis : Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

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Les Figures de l’ombre : Bande annonce

Les Figure de l’ombre : Fiche Technique

Titre original : Hidden Figures
Réalisateur : Theodore Melfi
Scénario : Allison Shchroeder et Theodore Melfi d’après le livre Hidden Figures de Margot Lee Shetterly
Interprétation : Taraji P. Henson (Katherine Johnson), Octavia Spencer (Dorothy Vaughan), Janelle Monae (Mary Jackson), Kevin Costner (Al Harrison), Kirsten Dunst (Vivian Jackson), Jim Parsons (Paul Stafford), Glenn Powell (John Glenn), Mahershala Ali (Jim Johnson)
Musique : Hans Zimmer, Pharrell Williams et Benjamin Wallfisch
Photographie : Mandy Walker
Montage : Peter Teschner
Producteurs : Donna Giliotti, Peter Chernin, Jenno Topping, Pharrell Williams et Theodore Melfi
Maisons de production : Fox 2000 Pictures, Chernin Entertainment, Levantine Films et TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox
Récompenses : Nominé aux Oscars 2017 pour le Meilleur Film, Meilleur Scénario Adapté et Meilleur actrice dans un second rôle (Octavia Spencer), Récompensé du Meilleur casting aux Screen Actor Guild Awards 2017 et National Board of Review 2017
Durée: 127min
Genre : Drame, Biographie
Date de sortie : 08 Mars 2017

États-Unis– 2016

Kong: Skull Island, un film de Jordan Vogt Roberts : Critique

Dans Kong : Skull Island, le primate le plus célèbre du 7ème Art se paie un lifting sous la houlette d’un petit génie échappé de Sundance. Résultat, exit le New-York grandiloquent des 30’s et place à la sauvagerie vintage du Vietnam des 70’s pour un film qui préfère le spectaculaire à l’intime, quitte à se muer en un mix furibard où monstres, vieux hits rock et imagerie à la Apocalypse Now se mêlent. Dantesque !

Il n’aura fallu qu’une seule image ; celle d’un peloton d’hélicoptères fondant à toute berzingue sur la silhouette de Kong dessinée dans le soleil du Vietnam, pour parquer Kong: Skull Island dans la case de « fantasme de cinéphiles sur patte ». Faut dire qu’outre convoquer l’imagerie, quasi séminale dès lors qu’on cause Vietnam, d’Apocalypse Now kong-skull-island-film-helicoptere-gorilledans une grosse production, ce plan venait de mettre à bas 80 ans de cinéma et altérer jusqu’à la moelle un mythe qu’on aurait cru intouchable : King Kong. Fini en effet le décorum new-yorkais des 30’s habituellement attaché au primate, et place au Vietnam des 70’s ; un territoire où tournent à pleins tubes les Stooges et les rotors des hélicos d’une armée sommée de se barrer fissa. Un changement de lieu et d’époque justifié par la Warner, qui souhaitait faire de ce film, le point de départ de son univers étendu peuplé de monstres, ce dernier devant d’ailleurs culminer avec l’affrontement entre Kong et Godzilla. Un beau programme donc, d’autant qu’on avait déjà un petit aperçu avec le Godzilla shooté de Gareth Edwards, ayant suivi la même formule du petit réalisateur paumé qui débarque à Hollywood avec les yeux qui brillent. Reste qu’entre le réalisateur du récent Rogue One et le petit génie indé échappé de Sundance, Jordan Vogt Roberts (Kings of Summers), un gouffre béant demeure ; un gouffre faisant justement tout le sel de Kong: Skull Island.

This is the end…

Tout part ainsi d’une question de feeling en fait. Quand Peter Jackson osait le remake lyrique et empli de romanesque du film de 1933 et qu’Edwards en profitait (avec Godzilla) pour rappeler les dangers du nucléaire, Vogt Robert, qu’on pressent naviguer à vue, préfère le défouloir pur et dur. Pas question donc pour lui de rappeler l’ingérence US au Vietnam ou le pensum écolo mais plus de faire vivre à l’écran ses souvenirs d’enfance et en faire profiter l’assemblée. On retrouve donc toutes les figures obligées du film de monstre entre contrée inhospitalière, territoire rempli de bébêtes aussi hideuses que carnassières et au milieu, un contingent de l’armée US sommé avant de rentrer au pays, de cartographier une île encore inexplorée. kong-skull-island-film-brie-larson-john-goodman-tom-hiddleston-john-c-reillyBref, le postulat classique du kaiju eiga, qui se voit heureusement rehaussé par ce qui fait toute l’originalité du projet : sa temporalité. Les 70’s, c’est Nixon, les missions Apollo, Creedence et surtout toute une flopée de films du Nouvel Hollywood qui n’ont pas dû laisser insensible le réalisateur de 35 ans. Pas étonnant donc de le voir appliquer avec un soin maladif toutes les composantes du classique de Coppola, Apocalypse Now. Son bestiaire de personnages tarés, son ambiance dépressive et furieusement rock, son relâchement ; bref on retrouve un peu tout ça sauf peut-être Brando, remplacé par un autre monstre sacré du cinéma, en la personne de Kong. Exit aussi le Wagner et les Walkyries et place aux Hollies. Des différences mineures en somme car ça te fait toujours des ralentis sur des pales d’hélicoptères en train de tourner, ça te met encore du rock dans des scènes d’actions et finalement ça te dilate la rétine à force d’enchaîner les money-shots, tous plus incroyables que le précédent. Le tout sans écorcher la générosité et la puissance qu’on pouvait en attendre car dieu sait qu’en plus de distiller une ambiance très pop dans l’âme, Vogt-Roberts ne s’embarrasse pas avec la subtilité et le confort.

Un divertissement aussi jubilatoire que référentiel

En même temps, avec Kong dans le titre, on se doutait bien de pas tomber sur un drame US carré à la Sidney Lumet et plus sur un mix entre, soyons fous, Apocalypse Now & Pacific Rim ? Ça tombe bien, voilà les deux films qui reviennent inlassablement en tête au cours du visionnage. La sauvagerie du premier faisant gentiment écho au plaisir de cinéma du second, pas difficile donc de prendre son pied comme on l’avait pris depuis… Pacific Rim justement. On s’attendait ainsi à de bonnes scènes qui défouraillent, des palmiers qui volent et beaucoup de sang qui coule. Et on en a pour son argent parce que voilà le crédo auquel s’applique tout le casting, entre un Tom Hiddleston qui roule des mécaniques, un Samuel L. Jackson qui suinte le charisme à l’hectolitre ou le taré John C. Reilly, toujours aussi décalé et drôle. Drôle oui. C’est peut-être le point le plus important ici d’ailleurs. Comparé au Godzilla de Gareth Edwards qui nous avait gratifié d’un sérieux quasi papal, kong-sull-island-tom-hiddleston-brie-larsonKong: Skull Island se fout pas mal de rentrer dans une case quitte à virer à la plaisanterie Marvel par moments, la faible exposition des personnages et le ton rigolard étant autant d’éléments contenus au sein des deux. Pour le reste, on ne pourra que savourer le ton référentiel du métrage, qui en deux heures de bobine parvient à enquiller les références à un rythme frénétique sans passer par la case boulimie (Shaft, Terminator, Jurassic Park, Le Monde Perdu,…) et qui pendant un temps parvient à masquer la peut-être seul vraie carence : une caractérisation de personnages frisant l’indigence pure tant ils sont réduits à des archétypes entre la photographe/féministe Brie Larson, le soldat obstiné Samuel L Jackson ou l’homme d’affaire louche John Goodman. Mais au fond comment renier son plaisir quand on voit le primate le plus célèbre du cinéma mettre des mandales comme certains mettraient des chaussettes à des lézards radioactifs pas beaux ? Dans cette question finalement réside tout l’intérêt du métrage. Blockbuster fantastique et sérieux ou divertissement régressif et ultra-récréatif ? Faites votre choix.

Furieusement pop et stylisé dans l’âme, Kong: Skull Island a des airs de cinéma 80’s ludique, joyeux et somme toute bordélique. Pas de quoi en faire un film parfait pour autant mais suffisamment pour tenir l’un des blockbuster les plus récréatifs et régressifs de l’année.

Kong: Skull Island – Bande-annonce

Synopsis : Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Kong: Skull Island – Fiche Technique 

Réalisation : Jordan Vogt-Roberts
Casting : Tom Hiddleston (le capitaine James Conrad), Brie Larson (Mason Weaver), Corey Hawkins (Houston Brooks), Toby Kebbell (le major Chapman), Samuel L. Jackson (le lieutenant-colonel Preston Packard), John Goodman (William « Bill » Randa), John C. Reilly (Hank Marlow), Thomas Mann (Reg Slivko), Jing Tian (San), Shea Whigham (Earl Cole), Jason Mitchell (Glenn Mill), John Ortiz (Victor Nieves)
Scénario : Max Borenstein et Dan Gilroy, avec la participation de Derek Connolly, d’après une histoire de John Gatins et Dan Gilroy et d’après les personnages créés par Merian C. Cooper et Edgar Wallace
Décors : Stefan Dechant
Costumes : Mary E. Vogt
Photographie : Larry Fong
Montage : Christian Wagner
Musique : Henry Jackman
Production : Jon Jashni, Mary Parent et Thomas Tull
Producteurs délégués : Alex Garcia et Eric McLeod
Sociétés de production : Warner Bros. et Legendary Pictures
Société de distribution : Warner Bros.
Langue originale : anglais
Format : couleur — son Dolby Digital SDDS
Budget : 190 000 000$
Genre : action, fantastique, aventure
Durée : 120 minutes
Dates de sortie : 8 Mars 2017

Etats-Unis – 2017

Buffy contre les vampires, saisons 1 à 7, une série de Joss Whedon : critique

Le hasard en a décidé ainsi, mais le 10 mars 2017 restera une date clé pour deux séries qui ont chacune marqué son époque. Aujourd’hui sera diffusé le dernier épisode de la série The Vampire Diaries, mais nous fêtons surtout les 20 ans d’une autre série vampirique précurseur, Buffy contre les vampires.

Synopsis : Buffy Summers, jeune adolescente de 16 ans s’installe à Sunnydale avec sa mère pour débuter une nouvelle vie. Lycéenne le jour, Tueuse de vampires la nuit, dotée d’une force surhumaine, elle est l’élue qui a pour but de vaincre les forces du mal avec l’aide de ses amis et de son protecteur.

A chaque génération, une Tueuse vient au monde…

Tout le monde connaît Buffy aujourd’hui. Cette série s’est ancrée dans notre société qu’on l’ait suivie ou non. Produits dérivés, comics, jeux-vidéos, conférences et études universitaires, Buffy contre les vampires est le Star Wars de la télévision. 20 ans après la diffusion du pilote, la communauté de fans ne s’est pas atténuée confirmant son statut de série culte.
Cependant, l’ingéniosité du créateur et scénariste Joss Whedon (Avengers, Firefly, Dollhouse) avait débuté par un film : Buffy, Tueuse de vampires, sortie en 1992. Le long-métrage a reçu des critiques mitigées en partie à cause de divergences d’opinions. Whedon voulait faire une histoire effrayante, à l’inverse, la réalisatrice Fran Rubel Kuzui n’avait pas le même message et préféra créer une comédie plus légère.
Malgré son échec, le papa de Buffy finira par être contacté, et la première saison de la série, servant de suite au film sera diffusée sur la chaine The WB, avec Sarah Michelle Gellar dans le rôle titre. Du côté français, ce sera sur M6, dans la célèbre trilogie du samedi que l’on pourra découvrir les aventures du scooby-gang (nom donné à l’équipe de Buffy en vo).
Comportant sept saisons de 1997 à 2003, Buffy contre les vampires a été pionnière dans la manière d’écrire une bonne histoire fantastique et féministe. Joss Whedon veut casser les codes et les clichés avec sa série : au lieu d’avoir un héros qui sauve la jeune fille blonde d’un terrible danger, le cheminement s’inverse. Nous avons un personnage féminin fort qui sait se battre, et protéger les autres.
Avec Charmed, la série a amené un univers permettant de s’évader dans un monde semblable au nôtre, que l’on retrouvera dans diverses séries à succès plus récentes comme Supernatural, The Vampire Diaries, True Blood, Penny Dreadful, ou encore Teen Wolf.
Avant de continuer la lecture, il faut savoir que cette critique contiendra de potentiels spoilers.

Une histoire adulte pour adolescent

Centré avant pour un jeune public, la série a toujours été très mature, que ce soit dans les histoires adolescentes, les trames amoureuses, ou dans les simples aléas de la vie.
Nous trouvons un aspect très réaliste symbolisé autour d’un drama surnaturel que l’on peut remarquer sans que ce soit trop grossier. Joss Whedon a toujours vécu le lycée comme un cauchemar, il monte brillamment l’idée que la vie lycéenne de la Tueuse luttant contre les vampires servira de métaphore aux angoisses associées à l’adolescence. De cette manière, le cœur des forces du mal, la bouche de l’enfer puise son énergie dans le lycée de Sunnydale, au sein même de la bibliothèque.
Le spectateur s’identifie complètement aux personnages et aux différentes relations. L’écriture est toujours maitrisée, et souvent en nuances pour apporter un message différent de celui que l’on voit à l’écran. On retient par exemple la révélation de son rôle de Tueuse à sa mère dont les dialogues nous font penser directement au coming-out.

Notre héroïne, représente pleinement l’archétype de l’adolescent(e) qui se cherche, qui apprend, et qui grandit grâce à ses proches. Ses différentes relations montrent son parcours et son état d’esprit qui passe de l’adolescence à l’adulte, et de la joie à la dépression.
La nature sexuelle elle-même du personnage montre son évolution et sa transformation au cours des sept saisons. La première histoire d’amour avec Angel (interprété par David Boreanaz, Bones) est probablement la plus naïve et la plus poétique, d’autant plus qu’en période d’adolescence tout est sur-développé, leur amour est donc le plus intense, mais surtout le plus dramatique. Le désir charnel n’est presque pas représenté à cause de la malédiction d’Angel qui freine leur amour. C’est essentiellement grâce à Riley (Marc Blucas) et sa route vers l’université qu’on nous montre une héroïne plus adulte et, sexuellement, plus active et épanouie.
Enfin, les deux dernières saisons développent un aspect beaucoup plus sombre autour de Buffy à travers sa relation sado-masochiste avec Spike (James Marsters), dévoilant ainsi une noirceur beaucoup plus profonde.
Malgré son jeune âge, Buffy doit agir, et finira par penser en adulte. Joss Whedon a su écrire et réaliser ces saisons pour représenter ces difficultés que l’on s’apprête à aborder.

Intrigue bien construite, et épisodes expérimentaux

L’autre force du show se place dans la construction narrative de chaque saison indépendante les unes aux autres, même si nous suivons un fil conducteur montrant nos personnages qui grandissent (saisons 1 à 3 : la vie lycéenne, saisons 4 et 5 : la vie universitaire, saisons 6 et 7 : la vie adulte). Nous pouvons suivre plus ou moins une saison sans avoir vu la précédente (contrairement à la plupart des séries actuelles), car chacune lance une nouvelle histoire avec un nouvel ennemi principal et un nouvel enjeu (plus personnel) pour nos héros.

La série est parfaite sous tous les angles, et a très bien vieilli à l’exception de la première saison (composée uniquement de 12 épisodes).
L’histoire était encore assez simplette au départ, une fille qui refuse d’avoir ces pouvoirs et rêve d’être normale (idée qui sera mieux développée au fil des épisodes).
Le budget assez faible, a engendré des monstres et des effets spéciaux qui n’aident pas le spectateur à vouloir s’intéresser à la série. De ce fait, la chaîne était en réflexion pour lancer une seconde saison ou non. Après plusieurs accords, et quelques changements, Buffy contre les vampires trouve ses marques et s’installe à partir de la saison 2 à travers son récit qui prend plus d’ampleur.
Joss Whedon et ses équipes réussissent à créer une vraie mythologie dans l’histoire des protagonistes et antagonistes. Les saisons 2 et 3 sont considérées comme les meilleures par l’ensemble des fans. Il est vrai que nous avons une double réflexion autour de Buffy et son rôle de Tueuse.

buffy-contre-les-vampires-faithElle vit une histoire d’amour avec Angel qui rappelle la situation de Roméo et Juliette, ils s’aiment mais une tueuse ne peut pas aimer un vampire. Whedon a été ingénieux en poussant cette règle à l’extrême. Angel finira par perdre son âme et redevient un vampire sanguinaire aux côtés de ses acolytes  Spike et Drusilla (Juliet Landau). Les règles étant brisées, Buffy doit assumer son rôle de chef et d’héroïne en tuant son grand amour pour protéger le monde.
La 3ème saison va encore plus loin en présentant un effet de miroir avec l’arrivée de Faith (Eliza Dushku), l’autre Tueuse. Le maire de Sunnydale l’attire dans ses projets, et nous avons donc un combat égal entre Buffy et sa rivale, permettant de montrer l’hypothèse d’une tueuse de vampire qui s’allie aux démons. Cette rivalité développe la question de savoir où se place la limite des pouvoirs de l’élue.

Ainsi, les scénaristes assurent un renouvellement chaque saison, avec peut-être un schéma répétitif mais toujours avec de la nouveauté de façon constante dans son scénario. On pense notamment à l’arrivée surprise de Dawn la sœur de Buffy (Michelle Trachtenberg, Gossip Girl) en saison 5, permettant d’aborder des liens fraternels peu exploités lors des saisons précédentes, et de montrer une nouvelle facette du personnage de Sarah Michelle Gellar.
En dehors de son intrigue, on relèvera aussi de nombreuses pauses dans la narration, avec les épisodes dit bouche-trou, permettant d’expérimenter et de créer des histoires originales, c’est ici que se place tout le savoir faire de Joss Whedon.
La 4ème saison, plus légère dans ses storylines apporte ce genre d’épisode. On retiendra surtout « Un silence de mort » (4X10), complètement muet, ou son season finale « Cauchemar » (4X22) qui se place exclusivement dans un monde onirique. Mais le plus incroyable restera surement l’épisode musical « Que le spectacle commence » (6X07), l’un des premiers du genre à intégrer des parties chantées par le casting.
Nous avons donc à chaque saison deux ou trois épisodes originaux, en passant par d’autres épisodes plus traditionnels avec comme toile de fond Halloween, Thanksgiving, en passant aussi par la case de la Saint-Valentin.

Concernant la fin du show, il est important de relever un changement de ton à partir de la saison 6, en partie dû au fait que la série a été rachetée par une autre chaine UPN.
La saison 5 avait pourtant offert un final grandiose, sans nécessiter à un renouvellement. Buffy décide de sacrifier sa vie pour protéger sa sœur et sauver le monde de l’Apocalypse. La boucle était bouclée, sa mission était accomplie et tout le rôle de Tueuse avait été développé en cinq saisons.
Finalement, UPN en décide autrement et permet à Joss Whedon d’aller encore plus loin sans craindre la censure avec deux saisons supplémentaires. En conséquence, la 6ème saison est probablement la plus sombre de toutes, mais certainement la mieux réussie. A travers son écriture, les scénaristes montrent le combat intérieur de chaque protagoniste. La doctrine de la saison qui conviendrait serait « notre pire ennemi c’est nous-même ». Buffy n’arrive pas à reprendre goût à la vie et préfère avoir une relation malsaine avec Spike, Willow (Alyson Hannigan, How I met your mother), devient dépendante à la magie au point de vouloir détruire le monde, et Alex (Nicholas Brendon) prend peur et se rétracte à l’idée de se marier, ne se sentant pas prêt à franchir le pas.
On se recentre toujours sur ces trois personnages qui ont évolué pendant 7 ans, et leurs interprètes réussissent à merveille à rendre crédible leur parcours.

Un casting qui a su se renouveler

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Saison 1 à 3

Autre point à souligner, ses personnages. Le spectateur n’est pas lassé au fil des saisons grâce au renouvellement de son casting.
On peut vraiment constater deux équipes de protagonistes qui composent le noyau dur des sept saisons de Buffy, Willow, Alex, Giles (Anthony Stewart Head). L’équipe du lycée des saisons 1 à 3 avec Cordélia (Charisma Carpenter), Oz (Seth Green) et Angel, et l’équipe post-lycée des saisons 4 à 7 avec Anya (Emma Caulfield), Riley, Tara (Amber Benson), Spike et Dawn.
Ainsi, par ses héros secondaires, on a une renaissance après la saison 3, permettant de continuer en développant de nouvelles intrigues. La franchise et le culot de Cordélia se retrouvent en Anya et Spike, la douceur de Oz à travers Tara, et l’arrivée de Dawn aborde un nouveau caractère chez Buffy comme on l’a expliqué précédemment.
La série mélanges les genres, car ce n’est pas qu’une série d’horreur fantastique, ou dramatique. Nous avons aussi beaucoup d’humour par ses dialogues, et de cette manière, Buffy contre les vampires reste unique et transcende les générations. Encore aujourd’hui, on peut revoir un épisode sans qu’il fasse vieillot face à nos séries télévisées actuelles.

Le Buffyverse

La série n’est pas trop courte, ni trop longue, l’actrice principale a fait le choix de ne pas renouveler son contrat après la septième saison. A raison ou à tort, on nous a offert une magnifique conclusion, ouverte et pleine d’espoir sur l’avenir de Buffy Summers et ses amis.
Néanmoins, le plus grand bonheur pour les fans de Buffy contre les vampires, c’est que la série ne s’arrête pas à l’épisode 144.
En effet, il existe une huitième saison sous forme de comic-books, toujours supervisée par Joss Whedon, des romans, mais surtout un spin-off autour d’Angel, en compagnie de Cordélia et Wesley (Alexis Denisof). Série dérivée diffusée entre 1999 et 2005, composée de cinq saisons. Cela a permis de développer deux fois plus l’univers fantastiques de Whedon. Ce fut aussi révolutionnaire, car il s’agit des premières séries à avoir diffusé des crossovers (double épisode qui commence dans une série et se termine dans une autre). Ainsi, même si Buffy a plus marqué les esprits, sa petite sœur n’a rien à lui envier.

Pour terminer, le show est l’un des meilleurs de son époque, mais reste toujours une valeur sûre aujourd’hui. Buffy contre les vampires parle de révélation, de faits de sociétés, de problèmes financiers, de la vie et de la mort (comment ne pas retenir l’épisode 16 de la saison 5, l’un des meilleurs épisodes de séries qui existe, traitant de la perte de l’être aimé de façon crédible et tellement réaliste). Mais ce chef-d’œuvre a aussi été novateur, en avance sur son temps en traitant de la sexualité et l’homosexualité. Il est important de souligner que les personnages de Willow et Tara symbolisent le premier couple lesbien à l’écran.
Enfin, le pouvoir de la femme est totalement exprimé sans pour autant zapper les capacités de l’homme qui n’est pas qu’un faire-valoir ou un abruti. Certes, c’est une des premières séries mettant en avant la femme, mais sans pour autant oublier le pouvoir masculin.

C’est une certitude, Joss Whedon a crée une série culte qui s’est démarquée, le simple fait de dire Buffy : tout le monde assimile ce nom à « vampire ». Elle est devenue une référence.
On n’a plus qu’à espérer qu’un revival ne voie jamais le jour, quand on constate avec tristesse la qualité des retours d’anciennes séries plus que discutables…

Buffy contre les vampires : Bande-annonce

Buffy contre les vampires : Fiche Technique

Créateur : Joss Whedon
Scénario : Joss Whedon
Interprétation : Sarah Michelle Gellard (Buffy), Nicholas Brendon (Alex), Alyson Hannigan (Willow), Charisma Carpenter (Cordélia), Anthony Stewart Head (Giles), David Boreanaz (Angel), Seth Green (Oz), Marc Blucas (Riley), James Marsters (Spike), Emma Caulfield (Anya), Amber Benson (Tara), Michelle Trachtengerg (Dawn), Eliza Dushku (Faith).
Musique : Nerf Herder, Christophe Beck.
Producteurs : Joss Whedon, David Greenwalt, Marti Noxon, Fran Rubel Kuzui, Kaz Kuzui.
Société de production : Mutant Enemy, Sandollar Television, Kuzui Entertainment, 20th Century Fox Television.
Diffusion : The WB 1997-2001 / UPN 2001-2003
Genre : dramatique, horreur, fantastique
Format : 22 épisodes de 40 minutes. 144 épisodes

Etats-Unis – 1997 – 2003

Taboo, une série créée par Tom Hardy, Edward Hardy et Steven Knight : Critique

Entrer dans Taboo, c’est accepter d’emblée de passer près de 8 heures avec quelqu’un de très peu recommandable (une ordure, n’ayons pas peur des mots), ce dans une époque crasseuse à l’atmosphère viciée où un mot de travers vous vaudra les tripes à l’air. Mais bon, après avoir passé quelques temps avec Walter White ou Tony Soprano, on peut encaisser facilement un autre sale type. Et vous aurez bien raison puisque la dernière série de la BBC One, chapeautée par le scénariste Steven Knight (Les Promesses de l’Ombre, Peaky Blinders, Alliés,…) et son interprète principal Tom Hardy (aidé de son père Chips) est, elle, hautement recommandée.

 

1814 James Delaney, présumé mort, revient à Londres au moment des funérailles de son père. Ce dernier, yoyotant vers la fin de sa vie, cède l’entièreté de ses biens à notre héros. Parmi eux, un bout de terre près de Vancouver propice à une route commerciale avec la Chine. Terre d’un grand intérêt financier mais aussi politique puisqu’elle donnera un avantage non négligeable à l’une ou l’autre partie dans le conflit opposant le Gouvernement Britannique et les États-Unis d’Amérique. Ce sans compter la puissante Compagnie des Indes Orientales persuadée de pouvoir faire vendre à Delaney. Mais le patibulaire James, revenu dans un but mystérieux, refuse catégoriquement et c’est ici que les ennuis commencent.

A vue de nez, ce petit résumé dressé promet un programme commun de la BBC avec son contexte historique et ses intrigues politiques et c’est finalement tout à son avantage. Taboo est effectivement plus une série qui prévaut par ce qu’elle raconte que sa façon de le montrer. L’histoire et les personnages sont ici l’intérêt principal du show et si la facture formelle est très bonne, elle n’est néanmoins jamais le théâtre de coups d’éclats formalistes ou de grandes scènes maniéristes comme l’était Penny Dreadful (dont la filiation reste aussi logique sur le papier que lointaine en réalité).

Il est d’ailleurs amusant de constater que c’est quand Taboo essaye de « proposer » formellement qu’elle se plante. Chaque épisode bénéficie ainsi toujours de quelques minutes sous speed, où le montage devient ultra-clippesque, reprenant à son compte les pires effets de montage des années 1990-2000 dans une imagerie sorcièro-chamanique digne du plus douteux des clips de métal. En premier lieu, c’est hyper ringard car jamais inédit et usé jusqu’à la corde dans les DTV d’horreur de supermarché. En second lieu, c’est une manière de caractériser notre héros tourmenté si grossière et fainéante qu’elle tranche radicalement avec le reste de la série.

Reste de la série qui lui, convainc franchement. En premier lieu, ce sont les moyens mis en œuvre qui séduisent. Le Londres de l’époque est ici pensé dans une optique proche de la trilogie Pirates des Caraïbes. Tout y est sale, crasseux, édenté, fardé comme une époque à bout de souffle où le caractère vicié des personnages finit par pervertir tout l’environnement immédiat. Un environnement extrêmement détaillé et travaillé, bien aidé par une direction artistique cossue, qui permet de donner authenticité et ampleur au contexte. Taboo n’a presque rien à envier au cinéma de ce point de vue. D’autant plus que la photographie assez précise joue finement des ambiances créées et du climat maussade britannique.

Pour anecdote, on pense d’ailleurs souvent à la saga de Gore Verbinski puisque trois des acteurs du casting (Tom Hollander, Stephen Graham et Jonathan Pryce) en viennent directement. Au-delà bien sûr de la Compagnie des Indes et des touches d’exotisme qui rehaussent cette faune londonienne.

Une faune peuplée de seconds-rôles codés à l’image d’Helga, prostituée allemande ou de Cholmondeley, chimiste qui a passé trop de temps à renifler ses mixtures. Toute cette galerie de personnages est campée par un casting impeccable encadrant un Tom Hardy monolithique et flippant. Une bête tout en muscles gromellante et impitoyable, animée par la vengeance et la colère et aussi sympathique qu’une porte de prison. Par ailleurs anti-héros total tant son comportement, ses actions (passées et présentes) et son absence de morale sont rarement rattrapées par une quelconque empathie. Autre bien sûr que le charisme animal et badass du personnage et de son interprète. Une ordure, une vraie comme on a plaisir à en suivre. On pourra ergoter qu’à l’instar d’un Johnny Depp, Tom Hardy s’enferme depuis quelques années dans ce type d’interprétations, au point de se demander à raison quand il pourra nous offrir autre chose. Mais il serait malhonnête de ne pas reconnaître ici un rôle taillé sur mesure pour lui qu’il tient de bout en bout sans aucune volonté d’être là pour qu’on l’aime.

Par ailleurs, son implication dans la création du show, ainsi que celle de Steven Knight et Ridley Scott, s’avère salutaire pour la proposition sérielle présentée. Exit le politiquement correct, la quête de rédemption ou le lissage policé de certains aspects. Taboo est une série pour adultes qui use mais n’abuse pas de la violence et du sexe tout en titillant des sujets plus ou moins épineux comme la prostitution infantile, l’inceste ou l’esclavage avec une froideur et un détachement qui pourra légitimement diviser. Ce puisque aucun jugement de valeur ou aucune morale prémâchée n’y est accolée.

Pour parachever, le show est surtout addictif et tenu. Sans réinventer la roue, la trame de Taboo offre suffisamment de rebondissements, de manipulations et de révélations pour captiver son audience pendant 8 épisodes. Des épisodes qui filent à toute allure mais extrêmement denses permettant ainsi de ménager un suspense et un intérêt croissants pour les enjeux flous de son héros tout en déplaçant tous les pions de l’échiquier de façon limpide et excitante. Ce sans compter la myriade de coups bas et de manipulations qui donne l’impression d’un panier de crabes dans lequel James Delaney est le goéland. Vous imaginez sans mal la suite…

Diffusée prochainement sur Canal + qui en a fait l’acquisition, Taboo est un des premiers grands shows de 2017. S’il n’est en rien révolutionnaire, sa solidité d’exécution et sa grande efficacité l’inscrivent dans les réussites de la BBC et pourraient conquérir également des spectateurs peu habitués à ce genre de productions. D’abord annoncée comme une mini-série, Taboo reviendra finalement pour une saison 2 en 2018.

Taboo : Bande-annonce

Synopsis : Présumé mort en Afrique depuis de nombreuses années, en 1814, James Delaney revient à Londres. Homme tourmenté et changé, il trouve à son retour son père, Horace Delaney, mort, et constate que son pays l’Angleterre est en Guerre avec la France et les États-Unis. L’arrivée de James menace de perturber les ambitions de sa demi-sœur Zilpha et de son époux Thorne Geary ainsi que les ambitions politiques de la Compagnie des Indes orientales, présidée par Sir Stuart Strange.

Taboo : Fiche technique

Créateurs : Tom Hardy, Steven Knight, Edward Hardy
Réalisateur : Kristoffer Nyholm Ep. 1 2 3 4
Réalisateur :Anders Engström Ep. 5 6 7 8
Distribution : Tom Hardy : James Keziah Delaney, Oona Chaplin (VF : Ludmila Ruoso) : Zilpha Geary, David Hayman : Brace, Michael Kelly : Docteur Edgar Dumbarton, Jonathan Pryce : Sir Stuart Strange,
Stephen Graham (VF : Laurent Maurel) : Atticus, Tom Hollander : Docteur George Cholmondeley, Jessie Buckley : Lorna Bow…
Musique : Max Richter
Production : Steven Knight, Tom Hardy, Ridley Scott, Liza Marshall, Kate Crowe, Dean Baker,
Format : 60 minutes
Nombre D’épisodes : 8
Chaînes d’origine : FX, BBC One
Nationalité : Britannique, américaine
Genre : Drame, Historique, Thriller
Premier épisode : 7 janvier 2017

États-Unis/Grande-bretagne 2017

Auteur : Adrien Beltoise

 

Portrait : Shia LaBeouf, l’indiscernable artiste

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Devenu progressivement la muse d’Hollywood, Shia LaBeouf surprend autant par son charisme d’acteur, que par l’originalité de ses projets artistiques. Prochainement à l’affiche du biopic Borg/McEnroe, la figure montante du cinéma américain ne cesse de se dissimuler à travers une succession de performances. Mais qui est donc cet acteur aux multiples facettes ? 

L’essor d’un dandy

Révélé par le rôle de Louis dans La Guerre des Stevens, Shia LaBeouf n’a depuis ce jour, jamais cessé de défier la caméra.

Petit prodige impudent

Né en 1986, Shia LaBeouf est dès son plus jeune âge un enfant extraverti. Virtuose de l’humour, il se dirige vers le stand-up, conscient de son talent et de l’opportunité qui s’offre à lui. Une mimique particulière, une personnalité insolite et un bagout remarquable… Bref tout prédestinait le jeune Shia à un avenir prometteur. Poursuivi par un dessein ambitieux, il engage à onze ans un agent afin de multiplier ses chances de vivre de sa passion : le cinéma. C’est chose faite, seulement six ans plus tard, il obtient son premier grand rôle dans le film La Morsure du Lézard au côté de l’éclatante Sigourney Weaver.

D’année en année, Shia LaBeouf se construit une filmographie respective, qui lui permet de rompre avec son image d’acteur Disney et d’intégrer doucement le cercle prisé des acteurs renommés. L’année de ses vingt-et-un ans marque sa consécration grâce à deux films classés dans les box-offices : Paranoiak, le thriller de D.J Caruso, mais surtout la tétralogie Transformers dans laquelle il incarne le personnage principal avec l’actrice Megan Fox.

Emporté dans un long périple cinématographique, Shia LaBeouf gravit depuis dix ans les marches du tout-Hollywood. Multipliant les blockbusters, il partage ainsi l’écran au côté de grands noms du cinéma tels que Harrison Ford dans Indiana Jones 4 (2008), Robert Redford dans Sous Surveillance (2013), ou encore Brad Pitt dans Fury (2014). La roue est désormais lancée et le rêve apparaît comme une indéniable réalité…

Une polyvalence démesurée

« Je suis en train d’essayer de m’impressionner. Je dois encore essayer. » (Shia LaBeouf)

Un tantinet frondeur, Shia LaBeouf surprend le spectateur par la pluralité de ses rôles. Enfermé dans chacune de ses performances artistiques, il n’hésite pas à briser les frontières qui séparent sa vie professionnelle à sa stricte intimité. Le prodige du grand écran se distingue par sa recherche obsessionnelle de nouvelles expériences : changer son confort quotidien pour s’imprégner d’un univers social qui lui est étranger ou encore transformer son apparence pour alimenter un nouveau rôle… Bref, Shia LaBeouf n’est pas seulement un acteur, mais surtout un homme polyvalent, désormais classé au rang d’artiste.charlie-countryman-shia-labeouf

Mais quelles sont ses limites ? Jusqu’où est-il prêt à aller pour atteindre son projet expérimental ? Apparaître dans son entière nudité dans Nymphomaniac, ensanglanté dans Charlie Countryman ou encore désœuvré dans American Honey, Shia LaBeouf est un touche-à-tout qui ne cesse à travers ses performances, de défier l’écran. Acteur ? Artiste ? Ou véritable fou ? L’union de ces trois adjectifs est sans doute ce qui se rapproche au mieux de ce personnage, pour le moins atypique. Véritable caméléon, Shia LaBeouf est devenu à seulement trente ans, le jeune protégé d’Hollywood. 

Entre artiste et militantisme

« Pour être un acteur, un vrai acteur, vous devez avoir le cœur brisé. »  (Shia LaBeouf).

Cette citation en dit long sur l’étrange personnalité de cet acteur, quelque peu impudent et prêt à tout pour assouvir sa soif artistique. D’un père clown et d’une mère ballerine, Shia LaBeouf est dès son plus âge, intimement lié au monde artistique. C’est donc tout naturellement qu’adulte, l’enfant devenu acteur, s’implante dans ce domaine en touchant du doigt l’étendue de cet univers esthétique.portrait-shia-labeouf-projet-artistique

A partir de 2014, une collaboration artistique voit le jour entre Luke Turner, Nastja Säde Rönkkö et Shia LaBeouf. Ce trio, notamment révélé par les réseaux sociaux, ne cesse aujourd’hui de s’aventurer au gré de ses envies, dans des expériences complètement insolites. Parmi elles, la dernière en date, « He will not divide us », une performance militante à l’encontre du président Donald Trump, devenue en un rien de temps l’objet d’une véritable querelle américaine.

Véritable forcené de projets artistiques, une question se pose alors : Shia LaBeouf est-il devenu une star perturbée par la célébrité, ou bel et bien un artiste en devenir ? Courir la longueur d’un marathon autour d’un musée, se voiler le visage en guise de publicité, s’enfermer dans une galerie ou encore regarder sans interruption toute sa filmographie… Tout porte à croire que Shia LaBeouf semble avoir entrepris une envolée perspicace vers le monde de l’art contemporain.

Le miroir social

Mêlant l’étiquette d’acteur à celle d’artiste, Shia LaBeouf contribue à étendre son grain de folie dans ses performances cinématographiques. C’est notamment le cas dans American Honey, le dernier film d’Andrea Arnold. À mi-chemin entre le drame et le documentaire, ce roadtrip est sans doute le film qui reflète au mieux la personnalité de cet acteur. En jouant le rôle d’un jeune désœuvré, Shia LaBeouf  semble révéler au grand jour une part de lui-même. Guidé par les excès de la vie, il est au-delà de ça, un homme avide de liberté.

« J’ai grandi autour de beaucoup de gars agressifs. Mes parents m’emmenaient aux réunions des Alcooliques Anonymes quand j’étais très jeune. Donc je connais l’agression, je connais la folie. » (Shia LaBeouf).

Tel un miroir social, Shia LaBeouf s’empare de son vécu pour réinterpréter ses rôles à l’écran. Désemparé certes, mais considérant la vie comme une perpétuelle recherche du bonheur, il réinvente sans cesse sa propre histoire, tel un éternel recommencement. Le cinéma et l’art apparaissent dès lors comme de pures échappatoires face à son passé tumultueux.

Auparavant dissimulé derrière son ombre d’acteur, Shia LaBeouf se dévoile aujourd’hui comme un artiste universel !

 

Lars von Trier : Uma Thurman confrontée à un serial killer inspiré de Donald Trump dans The House That Jack Built

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Les déclarations choc et tonitruantes du cinéaste Lars Von Trier ne surprennent plus beaucoup d’observateurs et de spécialistes du cinéma. Son prochain projet cinématographique s’annonce pourtant une nouvelle fois fascinant ! Uma Thurman va en effet rejoindre le casting du film The House That Jack Built dans lequel sévirait un serial killer qui serait directement inspiré du 45ème Président américain Donald Trump.

Lars Von Trier risque de donner quelques frayeurs à ses spectateurs et quelques cheveux blancs à la comédienne Uma Thurman d’après des révélations de Variety. Le prochain long-métrage du réalisateur danois, The House That Jack Built, devrait en effet mettre en scène les péripéties et les méfaits d’un serial killer. Ce personnage monstrueux sera incarné par l’acteur Matt Dillon. Lars Von Trier, par goût de la provocation, avait révélé à la mi-février s’être directement inspiré du très controversé Président Donald Trump.

The House That Jack Built célèbre l’idée selon laquelle la vie est mauvaise et inhumaine, ce qui est malheureusement prouvé par la récente émergence de l’Homo Trumpus, le rat souverain.

Cette phrase choc a été prononcée par le réalisateur de Melancholia dans le cadre d’une interview au Guardian. Le cinéaste au parfum de scandale avec ses deux films Nymphomaniac, interdits aux moins de 18 ans dans des versions extended cut, avait provoqué une importante vague d’indignation, d’effarement et d’incompréhension pour ses propos polémiques sur Hitler lors du Festival de Cannes en 2011.

Le tournage de son nouveau film avec Uma Thurman et Matt Dillon va débuter ce mois-ci. The House That Jack Built est prévu pour une sortie dans les salles obscures pour 2018. Les amateurs de la série Fargo sur Netflix ne devraient pas être trop dépaysés. Lars Von Trier va entraîner les cinéphiles sur la trace d’un serial killer en suivant son parcours criminel. L’intrigue se déroulera dans les années 1970 et 1980 dans la ville de Washington (encore une sacrée pique envers Donald Trump à n’en pas douter). Le meurtrier de sang-froid, incarné par Matt Dillon, va prendre de plus en plus de risques afin de poursuivre sa quête ultime à glacer le sang pour le commun des mortels : l’accomplissement du crime parfait.

Le reste du casting regroupe des comédiens talentueux avec notamment Bruno Ganz, Riley Keough, Siobhan Fallon Hogan et Sofie Gråbøl. Le film sera intégralement tourné en langue anglaise. Uma Thurman (Nymphomaniac) et Siobhan Fallon Hogan (Dancer in the Dark) ont déjà connu les joies d’une production aux côtés de Lars Von Trier.

Le tournage devrait débuter en mars en Suède dans la ville de Trollhättan avant de se poursuivre à Copenhague au Danemark en mai.

Le film promet donc une exploration fascinante et décalée sur le thème des serial killers à la manière du long-métrage de Marjane Satrapi, The Voices.

Inner City : Ashton Sanders, la révélation de Moonlight, rejoint Denzel Washington et Colin Farrell

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Le jeune comédien Ashton Sanders partagera bientôt l’affiche d’Inner City, un thriller ambitieux de Dan Gilroy, aux côtés de deux monstres sacrés d’Hollywood : Denzel Washington et Colin Farrell.

Après la consécration de Moonlight, Ashton Sanders va rejoindre l’équipe du film Inner City d’après des informations relayées par Allocine. L’acteur qui incarnait le rôle du jeune Chiron va donc intégrer le casting de ce nouveau long-métrage qui s’annonce comme un thriller passionnant.

Inner City devrait être une plongée fascinante dans le système judiciaire américain. Les amateurs de Better Call Saul, de La Firme et de L’associé du diable risquent donc d’apprécier. Les comédiens Denzel Washington et Colin Farrell devraient occuper les rôles principaux. L’intrigue du film entraînera les spectateurs dans le quotidien d’un avocat qui fait face à une crise existentielle assez sévère. Il va être confronté à des révélations et à des éléments troublants sur les pratiques de son cabinet. Ces méthodes peu orthodoxes du cabinet, totalement opposées à la morale et à l’éthique de l’avocat, vont constituer un terrible dilemme. Ashton Sanders est pressenti pour incarner un jeune avocat fraîchement diplômé qui va collaborer avec le personnage joué par Denzel Washington.  Ashton Sanders est actuellement âgé de 21 ans.

Inner City sera réalisé par Dan Gilroy. Ce cinéaste avait récemment marqué les esprits avec son premier long-métrage, Night Call. Le réalisateur avait servi sur un plateau un rôle fascinant à Jake Gyllenhaal dans ce film sur la télévision trash et les dérives des chaînes d’informations locales aux USA. Dan Gilroy a également écrit le scénario d’Inner City. Il a aussi participé par le passé à l’écriture des scénarios de Jason Bourne : L’héritage, Kong : Skull Island ou bien encore l’histoire de Real Steel.

Aucune précision n’a en revanche été dévoilée sur une date éventuelle de sortie du film.

Weeds, une série créée par Jenji Kohan : Critique

Retour sur la série « culte » créée par Jenji Kohan (Orange Is the New Black), Weeds, ou comment on est passé de l’herbe fraîche à des plantations asséchées.

Effritées même. Car Weeds, la fameuse série créée par Jenji Kohan, est passée d’alternative légère – mais efficace – à Breaking Bad au soap comico-romantico-narco-policier-aventurier-etcetera – comprenez ici au n’importe quoi longuet – en très peu de temps. Il faut le dire : garder une certaine qualité tout au long de huit saisons n’est pas une tâche évidente. Mais, allons au delà du terme « qualité » qui peut être remis en question ou qui sera remis en question par les fan-atiques de Weeds qui liront peut-être cet écrit. Je parlerai surtout de cohérence, et de développement et progression.

La cohérence est, selon le rédacteur de cet écrit, le minimum syndical de toute création. Elle exige un énorme travail de création, d’écriture. Mais aujourd’hui, à l’heure d’Internet et de la volonté d’immédiateté – presque capricieuse –, la cohérence, dans divers médias créatifs, souffre beaucoup.

Dans le genre de la comédie, la cohérence est parfois mise à mal, dans certains cas, à cause d’un manque de travail bien conscient par les auteurs, qui se plaisent à se reposer sur les codes comiques pour maquiller des incohérences, ou des éllipses qui s’apparentent plus à des trous monstrueux dans le récit.

Et puis, on peut remarquer que Showtime a du mal à terminer comme il se doit ses séries à succès. On peut penser à Californication, une formidable et rafraichissante série ; The L Word, série très intéressante sur une communauté lesbienne de Los Angeles ; ou encore à Dexter, qui suit les péripéties d’un expert scientifique de la police aussi tueur en série. Quel est le point commun de ces shows ? Ils n’arrivent pas à se terminer au bon moment. Il faut qu’ils étirent leur succès jusqu’à plus soif. Des problèmes surviennent assez rapidement : les séries deviennent interminables, répétitives, et foutraques. Il est tout de même intéressant de noter que cela a lieu alors que les créateurs bossent encore ces séries. Mais même le meilleur des druides, exploité jusqu’au bout, peut perdre de sa force magique, ici créatrice. Weeds, lancée en 2005 et terminée en 2012 sur la chaîne Showtime, n’échappe pas à la règle.

Ainsi démarre la série…

Nancy Botwin, une mère de famille qui vient de perdre son mari, et qui se retrouve alors sans le sou, est devenue une dealeuse de drogue douce. En effet, elle deale de l’herbe. Elle doit ainsi s’occuper de ses fils Sylas et Shane, tous deux en « crise » (en situation de mal-être) depuis la mort de leur père nommé Judas. La famille vit à Agrestic, une de ces villes neuves et tranquilles où chaque maison et individu se ressemblent… Ou presque. Car Nancy a des clients et amis tous un peu excentriques dans leur genre malgré leur important statut au sein de la communauté. L’un d’eux est Doug Wilson (voir photographie ci-dessous à droite), conseiller à la mairie du patelin, un salaud plein de répartie avec toutefois un bon fond. Nancy a aussi parmi ses clients, Dean Hodes, un avocat important, vivant un mariage difficile avec l’égoïste et vile Célia. La dame s’avérera être une ennemie de Nancy, notamment à cause de sa lutte anti-drogue, puis à cause de son sale caractère dangereux et de ses folles capacités à mettre tout le monde dans l’embarras, et à plonger dans un enfer en en entraînant d’autres avec elle. Aussi Nancy rencontre assez tôt dans le récit un homme avec qui elle s’est lancée dans une relation. Problème : l’individu est de la DEA, le service anti-drogue du FBI. Arrive très tôt aussi son génial beau-frère Andy, un homme au grand cœur, un peu borderline mais plein de bonté.

La série démarrait sous la forme d’une comédie dramatique aux événements parfois très réalistes et crédibles, et parfois très absurdes. On suivait aussi le quotidien ou presque d’un groupe d’individus, ses espoirs et tragédies, sans jamais tomber dans le soap.

Weeds se présentait donc comme une chouette alternative à la brillante série Breaking Bad. Puis le mot « développement » vint à l’esprit.

Vince Gillighan, créateur de Breaking Bad, et Peter Could, créatif et réalisateur conséquent de la série citée, connaissaient au moment de la production de celle-ci un terme et ses implications : « développement ». Un mot important autant dans le processus créatif que dans la progression narrative.

Parce qu’à partir de la saison 4 de Weeds, les événements s’enchaînent vite, de manière souvent surprenamment saugrenue que « What the fuck ? » sortira souvent de votre bouche. Et par conséquent les trous narratifs aussi, de telle manière que la série semble ne reposer que sur d’éternelles actions coincées dans un présent uni-latéral, sans impact sur le futur, et jamais à l’écoute du passé.

Oui dans les précédentes saisons, tout n’était pas parfait, il y avait parfois une certaine rapidité dans l’enchaînement des actions, mais le récit était cohérent, les individus étaient développés, le contexte aussi, il y avait une vraie fondation sur laquelle progressait justement – lisez logiquement et humainement – le récit. Ainsi il n’y avait pas de surprises incongrues, ou d’énormités inattendues, à vous de choisir.

Nancy était joyeuse lors de ses succès, puis en panique et terrifiée pendant la saison 3, et elle se retrouvait rassurée et accomplie à la fin de saison. Sans spoiler, une période se terminait, et Nancy semblait avoir compris que toute cette histoire d’herbe, ainsi que leur habitat à Agrestic, devaient disparaître, afin que la famille puisse dépasser le deuil, et recréer de nouvelles bases stables – qui ne seront donc plus celles découvertes dès la saison 1, ces bases cassées par le décès de Judas et de plus en plus gangrenées par le marché de la drogue et son univers. On aurait pu rester sur la très bonne fin de la saison 3, augmentée de quelques images sur leur avenir plus joyeux, ainsi que quelques autres sur le devenir de certains personnages qui disparaîtront jusqu’aux saisons 7 et 8. La justification de leur disparition passera par une phrase de dialogue balancée « vite fait bien fait » dans la saison 4. Une action à l’image de la suite de la série.

Justement, dans chaque saison à partir de la 4ème et ce jusqu’à la 8ème, la famille se déplace d’un décor à un autre (la frontière, le Danemark, New York), d’un contexte à un autre, touché plus ou moins par les conséquences du précédent. Oui il y a de nouveaux décors, oui il y a de nouveaux arcs narratifs, une nouvelle ambiance (chaude, campagnarde, ou urbaine)… D’ailleurs il y a les anciens qui ne cessent de revenir, ainsi que de nouveaux personnages présentés et lancés dans des récits qui ne seront parfois jamais terminés (je pense à Célia, ainsi qu’au personnage interprété par la talentueuse Julie Bowen dans la saison 4). À quoi bon les auteurs lancent de multiples intrigues secondaires si ils les oublient par la suite ? On peut poser la même question pour les personnages et même la préciser : à quoi bon les auteurs (re)lancent des (anciens) personnages s’ils les abandonnent en cours de route pour parfois balancer plus tard une petite phrase de ce type : « Il est mort » (plusieurs personnages y goûteront) ; ou un dialogue non moins artificiel : « Qu’est-il devenu ? » – « Elle a changé de sexe » ? À quoi bon si ce n’est pour habiller la suite d’une série qui trouvait déjà sa fin lors du final de la saison 3 et dont la raison d’être des saisons suivantes n’est autre que l’argent ?

Du reboot en série, ou l’usine à reboots

Chaque saison à partir de la 4ème semble être un reboot, un éternel recommencement pour la famille Botwin et ses camarades. Nancy est à nouveau la maman sexy en galère et aventurière qui se fourre dans des affaires obscures pour ensuite avoir un moment de rédemption – ou moment de conscience de sa connerie finie –, et finalement recommencer à « merder ». Et cela se répétera jusqu’à la huitième saison. C’est un cycle. Les nouveautés perçues dans les changements de décors et d’ambiances se révélent ainsi être des des modifications d’environnements inconséquentes et alors superflues tandis que les mêmes actions s’y répètent sans cesse. Il est intéressant de noter que la fin de la saison 6 amène une nouvelle conclusion plus ou moins correcte à la série. Les fins des saisons 5 et 7 sont de pures transitions avec leur lot de twists et de créations d’attentes pour la suite. Les deux derniers épisodes de la 8 – soit de la série – viendront mettre un terme à la série d’une manière artificielle sentant le savon (soap). Car la série s’enfonce sûrement dans le soap opera et la saison 8 en est boursouflée.

De gauche à droite : Célia, Doug, Heylia, Nancy, Andy, Sylas, Conrad

Les personnages comme figurines animées de la famille Botwin et Cie.

Revenons maintenant sur, ce que j’ai appelé : les actions coincées dans un présent uni-latéral. Un exemple : dans les deux dernières saisons, Doug devient comptable dans une boite cotée en bourse. Un problème survient : il a profité de fonds caritatifs servant normalement à financer un foyer pour SDF. Il va alors devoir s’en occuper. Plus tard, il se rend compte qu’il peut monter une arnaque religieuse. Il le fait. Problème, on ne le voit jamais gérer son métier de comptable tout en devant se démêler avec le soucis du foyer. Et cela, on peut le reprocher à quasiment tous les personnages, à partir de la 4ème saison, jusqu’à la fin de la série, ou presque, car il y a parfois heureusement des événements qui vont les obliger à penser à se multiplier, ou les faire se paniquer quant à l’impossibilité d’être sur deux lieux au même moment. Mais sur la majorité du récit, à partir de la 4ème saison, les personnages ne semblent plus qu’être des figures/figurines avec deux ou trois actions possibles, et quelques grimaces : Nancy couche, trafique, et panique ; Doug joue le blaireau, se lance dans des combines, et n’en fout pas une ; Andy a des rêves, il s’occupe des enfants, se lance dans des plans, rêve d’un avenir familial impossible avec Nancy, puis prend conscience du poison qu’elle représente pour ensuite reprendre espoir, et il cuisine… Ainsi les personnages ne se démènent plus, ne se dépensent plus dans de multiples actions qui prennent lieu simultanément, à part lors de brefs moments, par ailleurs agréables par leur tension, leur émotion ou par leur intrigue déjantée.

Weeds, ou comment l’herbe a pris feu

On note toutefois dans les saisons 4 à 8 de vraies pistes pour des moments à la fois drôles et reflexifs sur la religion, la police, les anti-mexicains à la frontière, le judaïsme, la paternité… Ainsi que de vraies idées formelles telles que les mises en image du titre et du nom de la créatrice au début de chaque épisode à partir de la saison 4. Mais malgré son formidable casting, l’ensemble, avec la rapidité et le phénomène d’action de figurines, reste majoritairement à stagner en surface. Ce qui est véritablement regrettable, quand on voit à quel point les trois premières saisons prenaient le temps de développer et de travailler en profondeur le récit…

Weeds s’apparente finalement à un éternel recommencement, virant au n’importe quoi très facilement, au brouhaha porté par le manque de cohérence, les nombreux problèmes narratifs – tels que les trous ou les oublis de fin de récits secondaires, ou encore les petits mots pour justifier l’absence de personnages relativement importants –, ou encore les facilités saugrenues mises en place sous couvert du postulat de la comédie – genre qui mérite plus de respect.

La série rejoint alors la liste déjà très riche des séries qui ont trop duré. Et l’herbe fraîche qui nous faisait tant envie dans les premières saisons est devenue de plus en plus sèche à partir de la 4ème. On aura au moins vécu les trois premières saisons.

Weeds : Bande-Annonce de la saison 8

Weeds : Fiche Technique

Créateur/trice : Jenji Kohan
Scénaristes : Jenji Kohan, Victoria Morrow, Ron Fitzgerald, Dave Holstein, Brendan Kelly, Carly Mensch, Roberto Benabib, Matthew Salsberg, Stephen Falk, Rolin Jones, Blair Singer, Barry Safchik…
Réalisateurs : Craig Zisk, Michael Trim, Scott Ellis, Julie Anne Robinson, Eric Jewett, Paul Feig, Lev L. Spiro, Tucker Gates, Brian Dannelly, Perry Lang, Ernest R. Dickerson, Michael Pressman…
Casting : Mary-Louise Parker, Elizabeth Perkins, Tonye Patano, Romany Malco, Hunter Parrish, Alexander Gould, Kevin Nealon, Justin Kirk, Andy Milder, Allie Grant, Jennifer Jason Leigh, Demian Bichir, Martin Donovan, Maulik Pancholi, Albert Brookes, Matthew Modine, Jeffrey Dean Morgan…
Chefs opérateurs : Michael Trim, Steven H. Smith, Bobby Bukowski, Feliks Parnell, Ethan Philips
Montage : David Helfand, Bill Turro, Scott J. Wallace, Lisa Bromwell, Debra F. Simone, Brian Barr, Pamela Martin, Lance Luckey, W. Kale Whorton
Musique : John Dragonetti, Joey Santiago, Gwendolyn Sandford, Brandon Jay
Chaîne d’origine : Showtime
Genre : comédie dramatique
Première diffusion : 2005 – 2012

États-Unis

La Forteresse Cachée, d’Akira Kurosawa, en coffret Blu Ray + DVD + Livre

Ce mercredi 8 mars est sorti chez les éditions Wild Side le formidable film d’Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée, une aventure épique, drôle et palpitante.

Réalisé en 1958 par le maître Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée est une œuvre phare du cinéma international. De Star Wars au Bon, La Brute et le Truand de Leone, l’œuvre de Kurosawa n’a jamais cessé d’inspirer.

Alors qu’il voulait « faire quelque chose d’amusant, un grand spectacle » pour remercier la société de production Toho pour sa fidélité malgré les échecs commerciaux relatifs de ses drames ténébreux que sont Chronique d’un être vivant (1955), Le Château de l’Araignée (1957) et Les Bas-fonds (1957), Kurosawa nous livre évidemment bien plus qu’un divertissement de haute volée.

La Forteresse Cachée, dont le titre original peut être traduit Trois salauds dans une forteresse cachée, est un véritable périple dans une période sombre du Japon. Au XVIème siècle, le pays est déchiré par la guerre de clans. Deux paysans désertent l’armée d’un seigneur qu’ils avaient rejointe pour la gloire, comprenez la fortune. Les deux compères décident de rentrer chez eux quand ils tombent sur de l’or en branches, littéralement. Mais le butin caché dans ces boiseries est géré par Rokuruta (interprété par le brillant Toshiro Mifune), un fameux général au service de la maison endeuillée des Akizuki dirigée alors par la princesse Yuki, très énergique, et aussi capricieuse. Le général et la princesse veulent se rendre dans la même contrée que les deux paysans, qui ont tendance à se comporter de manières idiote et cupide, mais qui sont aussi sympathiques, fraternels, malins et avec un bon fond. Toutefois, le général va se servir de la cupidité des deux individus pour l’aider dans sa tâche ardue de ramener la princesse et les sept cents et quelques kilos d’or en territoire allié, pour ainsi refonder le clan Akizuki. Mais un long voyage en territoire ennemi les attend, avec aussi des dangers et découvertes inattendus, ainsi que quelques moments surprenants portés par la joie, l’humour et l’espoir.

Le film est présenté dans un coffret Blu-ray + DVD + Livre dans la collection Kurosawa – Les années Toho, composée par 17 films réalisés de 1943 à 1970, et démarrée en Octobre 2015 par Wild Side.

Du côté de l’image, elle est, comme d’habitude ou presque chez Wild Side, plutôt remarquable. Si le contraste retravaillé lors de la remasterisation contribue à redonner vie aux grandes images du maître, on le regrettera pendant certains plans où des visages sont tellement blancs que les détails du faciès ont disparu. À noter toutefois que l’on ne perd aucun détail lors des scènes obscures. On peut donc alors supposer que l’image trop blanchâtre peut être due à une copie un peu abîmée ; à un remaster pas toujours soigneux ; ou encore à des erreurs techniques du maître pendant la production voire même post-production du film, mais le rédacteur de ces lignes préférerait se faire Harakiri plutôt que de croire à une chose pareille quand bien même il a émis – pour on ne sait quelle raison sauf celle de vous amuser un peu – cette improbable et blasphématoire hypothèse.

Du côté du son, le rendu général est plutôt bon. Au contraire des compléments ou bonus qu’on aurait aimés plus fournis pour l’édition d’une œuvre d’une telle ampleur. On notera toutefois que les les trois éléments présents sont plutôt riches et intéressants. Heureusement, le livre de l’édition écrit par Christophe Champclaux (historien du cinéma, spécialiste de films de genre) comblera ce petit manque, tout en vous donnant à voir les éternelles photographies « rares » de tournage et autre… Une excellente édition signée Wild Side pour cette grande aventure humaine, riche d’action, d’intrigues, d’humour, d’émotions, de majesté et de réalisme qu’est la Forteresse Cachée, œuvre cinématographique intemporelle.

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La Forteresse Cachée – Bande-Annonce du film

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Japonais DTS

& Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h13

 

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 2.35 – Résolution film : 1080 24p Format son : Japonais

DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h18

COMPLÉMENTS

Kurosawa et l’utilisation du Cinémascope (44’)

Gidai-geki Style 1950-1958 (26’)

Gidai Geki, l’héritage de Kurosawa (26’)

+ un livret de 60 pages, écrit par Christophe Champclaux

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray + DVD + Livret

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Le Château de l’Araignée, d’Akira Kurosawa, en coffret Blu-ray + DVD + Livre

Ce mercredi 1er mars débarquent chez vos fournisseurs de drogue cinématographique deux incroyables films d’Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée (sortie couverte ici), et Le Château de l’Araignée, sur lequel nous nous pencherons ici.

En 1957 est livré sur les écrans japonais un nouveau film du maître Kurosawa : Le Château de l’Araignée. Macbeth au pays du soleil levant, voilà comment l’on pourrait présenter ce film. En effet, Le Château de l’Araignée est une adaptation nippone de l’œuvre de William Shakespeare. Un film digne de l’œuvre du génie dramaturge anglais.

Si la récente adaptation de Macbeth de Justin Kurzel a su s’imposer comme une nouvelle lecture expérientielle et plus ou moins audacieuse de l’œuvre éponyme, il ne faut toutefois pas oublier celle d’Orson Welles (connu comme étant un grand shakespearien) à laquelle le Château de l’Araignée de Kurosawa n’a d’ailleurs rien à envier. Car le cinéaste japonais, en transposant l’action dans le contexte de la guerre des clans dans le Japon du XVIème siècle, n’en perd pas moins les puissances narratives et les obscures énergies propres au récit shakespearien, bien au contraire. Et même si Kurosawa prend quelques libertés vis-à-vis du texte, il capte et transcende l’essence du texte. En effet, si la bataille n’est pas exposée, vécue par Washizu (grandiose Toshiro Mifune incarnant l’équivalent japonais de Macbeth) et Miki (très juste Minoru Chiaki interprétant le rôle égal à celui de Banquo dans la pièce), ces derniers découvrent l’horreur du combat via les mots de crânes casqués et d’os des soldats tombés au combat. La scène est dominée par la brume et est d’une noirceur absolue. Des ténèbres qui sont précédées par la rencontre avec un esprit annonciateur (équivalent des sorcières) dans une scène imprégnée par le fantastique mais aussi une forme minimaliste toute droite venue du théâtre.

Le théâtre Nô en particulier, dont certains codes ont en effet été repris par le maître : du travail des corps dans l’espace au maquillage et à la performance toute en retenue, avec un visage digne d’un masque traditionnel de cette forme théâtrale, de la Lady Macbeth japonaise, Asaji, ainsi qu’aux yeux hyper-expressifs de Toshiro Mifune évoquant aussi un masque du théâtre Nô.

Ci-dessus à droite un masque du théâtre Nô ; ci-dessous à gauche, Asaji dans Le Château de l’Araignée.

Mais Kurosawa n’en oublie pas le cinéma, précisément son cinéma et alors tous les éléments qui lui tiennent à cœur, des mouvements amples de caméra suivant les personnages au réalisme des actions aux décors et costumes filmés dans des conditions météorologiques loin d’être idéales pour la majorité des cinéastes, mais intelligemment utilisées par le maître pour travailler la représentation du japon féodal. À noter que le château sur le mont Fuji a été construit spécialement pour le film à la demande de Kurosawa. On retrouvera aussi un travail pictural des images ainsi qu’un noir et blanc expressionniste dans les séquences d’intérieur.

Le Château de l’Araignée dépasse son statut d’adaptation. Œuvre à part entière du maître, grandiose et ténébreuse, le film de Kurosawa est présenté ici dans une formidable copie remasterisée. On regrettera toutefois le son, très bon dans l’ensemble, mais nasillard/saturé sur certaines parties musicales.

On appréciera les compléments de l’édition tout en regrettant à nouveau qu’il n’y en ait pas plus pour accompagner une œuvre aussi incroyable que Le Château de l’Araignée. Mais heureusement, comme pour l’édition de La Forteresse Cachée, nous pouvez compter sur le livre, ici écrit par Linda Tahir (professeure de cinéma et spécialiste du film de genre ainsi que la couleur chez Hitchcock), pour relativement combler ce manque. Wild Side nous livre ainsi une excellente édition pour une œuvre majeure du cinéma, et même majeure au-delà de son médium. À l’image de La Forteresse Cachée édité par les mêmes éditions ce mercredi 1er mars, Le Château de l’Araignée est une (re)découverte incontournable.

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Le Château de l’Araignée – Bande-Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Japonais DTS

& Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 1h45

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Noir & Blanc – Format image : 1.33 – Résolution film : 1080 24p Format son : Japonais

DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 1h49

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

COMPLÉMENTS

– Le théâtre Nô et le cinéma (26’)

– Dans la toile du maître : entretien avec Koichi Hamamura (accessoiriste) et Teruyo Nogami (scripte) (21’)

+ un livret de 60 pages, écrit par Linda Tahir