Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Pas le temps de bailler ou de ronfler avec Sleep, présenté à la Semaine de la Critique, où l’ancien assistant de Bong Joon-ho nous livre un premier long-métrage qui a de quoi donner des frissons, de jour comme de nuit.
Once upon a time... les Goonies des temps modernes, ou la fantastique épopée d'Alice, Hazel et Jodie. Présenté en avant-première à la quinzaine des cinéastes 2023.
Un film mute en permanence, que ce soit en amont de sa conception, sur le tournage ou dans la salle de montage. Cette métamorphose, Takayuki Hirao la capture à travers une animation solaire et inspirante. C’est pourquoi "Pompo The Cinephile" est annonciateur d’une explosion de joie, malgré les sacrifices et les ambitions démesurés de ses héros, pourvu qu’ils servent à réaliser nos rêves.
Ce qui est amoral peut également être de bon goût. Conann de Bertrand Mandico le prouve avec une esthétique qui n'appartient qu'à son univers gothique et fantastique, très librement inspiré du roman de Robert E. Howard.
Le banal portrait d’une famille nazi devient un terrain de jeu expérimental dans The Zone Of Interest. Jonathan Glazer réussit à détourner son regard de l’horreur de l’Holocauste pour la rendre encore plus cruelle et d’autant plus sensorielle.
Les occupants d’un monastère découvrent les limites de leur foi, tandis qu'un jeune aborigène australien, le "new boy", embrasse la bénédiction d’une divinité qui n’est pas dans sa culture. Le réalisateur, et auteur, puise alors dans sa propre enfance et nous livre un manifeste envoûtant sur son voyage mystique.
Trente sept ans après After Hours, Martin Scorsese revient sur la croisette pour présenter son nouveau film sélectionné en hors compétition, sur la malédiction meurtrière des indiens Osage, armé d'un casting quatre étoiles.
Un nouvel opus sur les aventures du plus grand archéologue du cinéma ne pouvait se faire qu'entre les mains de James Mangold, si ce n'était entre celles du géniteur Spielberg. Une hype méritée ou le résultat d'une production édulcorée ?
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.