Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.
Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.
Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Le 43e Festival International du Film d'Amiens se termine ce samedi 18 novembre par la diffusion des films primés. Le vendredi 17 novembre avait lieu la soirée de clôture avec la traditionnelle remise des prix. L'occasion d'un bilan !
Réalisé par Soudade Kaadan, Nezouh, raconte l'histoire d'un pays en guerre et d'un dilemme familial à travers le prisme de l'adolescence. Parfaitement à sa place dans la sélection du SIFF (Sharjah International Film Festival), Nezouh est un film empreint d'innocence, de tragique et d'une pointe d'humour qui parle à toutes les générations.
En compétition au Fifam 2023, Mon Pire ennemi est le 4e long métrage de Mehran Tamadon. Il y rejoue une violence indescriptible pour tenter de chasser ses démons peut-être, et d'une manière plus utopique dit-il, ouvrir le dialogue avec un ennemi immense, le pire de tous : l'interrogateur du régime islamiste en Iran. Le dispositif est simple, mais ce qui en ressort est vertigineux.
C’est la leçon que l’on retiendra de cette édition 2023 l’Arras Film Festival : l’important c’est de se battre. Toujours tout le temps, sans discontinuer, le poing levé et en chantant à tue-tête. Dans la vie, comme au cinéma.
Le festival de films francophones Cinemania en est déjà à sa 29e édition ! Un festival alliant majoritairement des long-métrages, mais aussi des documentaires et des courts. Une organisation à but non lucratif, destinée à faire connaître et rayonner le cinéma produit dans la langue de Molière et dont le succès ne se dément pas avec les années.
Au cœur d'un festival commencé depuis cinq jours, il y a des séances dont les films doivent voyager en nous avant de complètement nous habiter. Habiter un lieu, y faire sens et communauté, c'est tout l'objet des courts métrages (du programme 3) présentés au Fifam 2023. Ce mercredi 15 novembre, les réalisateurs Thibaut Tavernier (Collisions), Paloma Lopez (Home) et Côme Webembe Tuitcheu (Ma famille est politique) étaient présents pour échanger après la projection.
Le Sommeil d'or est le premier film réalisé par Davy Chou, venu le présenter le mardi 14 novembre au Fifam. Le documentaire tente de faire revivre un cinéma disparu : celui des années 60 au Cambodge, juste avant le massacre opéré par les Khmers rouges, au pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979. Ils mettent fin à un cinéma florissant, et aux rêves des acteurs, réalisateurs, producteurs et spectateurs qui trouvaient dans le cinéma une manière de s'exprimer, et de s'évader. Un film hommage rempli de cinéma, de récits et de trouvailles.
On ne pourra reprocher à l’immense Stéphane Brizé, spécialiste hexagonal du cinéma social sur le monde du travail, de vouloir tenter autre chose. C’est une gageure et il l’avait déjà fait à ses débuts. Il choisit donc d’écrire et de réaliser une comédie romantique à connotation balnéaire (c’est lui qui le dit dans sa note d’intention). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une réussite. En effet, Hors saison est triste et terne comme jamais et nous donnerait presque des envies dépressives à la sortie de la salle.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.