"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
Présenté il y a quelques jours en compétition à la Mostra de Venise, "Bugonia" a été présenté hier soir au Festival de Deauville, à l'occasion d'une avant-première exclusive. Dans cette comédie grinçante et horrifique, où l'on voit rouge et où l'on rit jaune, Yorgos Lanthimos poursuit sa critique de la société contemporaine à travers un huis-clos malaisant questionnant les frontières entre croyance et réalité. Un véritable ovni cinématographique.
Les sélections du Festival de Deauville se sont toujours attachées à la mise en valeur d’individus marginaux qui forment l’image d’une Amérique fracturée et composite. "The New West", premier film de la compétition, nous plonge dans le quotidien d’une famille matriarcale qui vit péniblement de la vente de chevaux élevés dans un ranch. Un drame sensible, féministe, à la fois doux et brut, qui compose un émouvant western contemporain.
Chaque année, le Festival de Deauville récompense, grâce au Deauville Talent Award, l’œuvre de cinéastes américains émérites. Une occasion exceptionnelle de reconnaître leurs talents, mais aussi de faire découvrir leurs films au public. Pour cette 51ème édition, c’est l’Australien Joel Edgerton qui a été choisi, aux côtés de Pamela Anderson. Acteur devenu scénariste, réalisateur et producteur, il a progressivement acquis une notoriété incontestable. Son deuxième long-métrage, "Boy Erased", dans lequel il interprète un thérapeute glaçant, a particulièrement marqué sa carrière.
"Girl America" de Viktor Tauš est un film sensoriel et bouleversant inspiré d’une histoire vraie. À travers le destin d’une orpheline tchèque marquée par l’abandon, l’oppression et la toxicomanie, il explore la mémoire fragmentée, la résistance intime et la quête d’une liberté intérieure. Un biopic onirique, viscéral et audacieux, entre réalisme cru et envolées poétiques.
"Hold the Fort" est une série B fauchée mais attachante qui rend hommage au cinéma d’horreur artisanal. Entre satire sociale, humour potache et monstres déchaînés, William Bagley signe un film sincère mais inégal, porté par l'énergie d'un collectif de potes. Un chaos assumé, parfois bancal, qui séduit autant qu’il frustre.
Dans "Flush", Grégory Morin nous plonge dans un huis clos complètement dingue où un cocaïnomane se retrouve littéralement coincé, la tête dans des toilettes crasseuses. Avec son humour noir bien corrosif et ses touches de body horror, ce premier film balance entre absurdité et tension, offrant une expérience choc et mémorable du cinéma de genre français.
Œuvre satirique et provocante, la trilogie "Intolérance" de Phil Mulloy confronte l’humanité à son rejet viscéral de l’altérité. À travers une animation grotesque et crue, Mulloy dénonce la peur, la haine et la paranoïa qui nourrissent l’intolérance. Une fresque noire présentée en hommage à l’Étrange Festival 2025, deux mois après sa disparition.
En ouverture de l’Étrange Festival 2025, "The Forbidden City" de Gabriele Mainetti propose un mélange audacieux de kung-fu, drame familial et romance. Entre Rome et la Chine, le film impressionne par sa mise en scène énergique et son humanité, confirmant le talent du cinéaste pour un cinéma de genre singulier et ambitieux.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »