Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté en avant-première au Festival de Berlin 2025, puis en compétition à Deauville, "Olmo" de Fernando Eimbcke nous plonge dans le New Jersey des années 1980. En nous faisant vivre, sur une journée, le quotidien tumultueux d’une famille, le film traite avec sincérité du poids du handicap, des élans de jeunesse et des relations parfois tendues entre parents et enfants. Malgré un récit linéaire, un déroulement lent et sans péripétie, "Olmo" compose un drame authentique et attachant.
"Welcome Home Baby" marque le retour d’Andreas Prochaska avec un thriller psychologique glaçant sur l’abjection de la grossesse, l’héritage familial et le contrôle du corps féminin. Entre horreur atmosphérique et critique sociale, le film mêle trauma, onirisme et esthétique soignée dans une Autriche rurale hantée.
Premier long métrage de R.T. Thorne, "40 Acres" explore la survie d’une famille afrodescendante dans un monde post-apocalyptique ravagé par la guerre et la faim. Entre héritage colonial, tensions raciales et résilience familiale, ce drame saisissant interroge la transmission, l’autonomie et le prix de la liberté dans un futur au bord de l’effondrement.
Lorsqu'un membre de sa famille a adhéré aux théories du complot et aux idées des "citoyens souverains", Christian Zwegal a décidé d'aborder ce sujet encore peu représenté dans son premier film, "Sovereign". Sous l'angle d'un jeune homme élevé dans ce bain contestataire, il traite d'une réalité américaine qui touche des centaines de milliers de personnes, de tout horizon, aux États-Unis. En mettant l'accent sur les paradoxes, et surtout les conséquences dévastatrices de cette mouvance sur la vie humaine, Sovereign compose un récit marquant. Tourné en Arkansas, sur le lieu même de la fusillade, ce drame authentique flirte parfois avec le documentaire.
Transformation du corps, sexualité, moqueries, isolement, jeux de pouvoir, l’adolescence s’accompagne d’un lot d’épreuves à la fois intimes et sociales. Avec "The Plague", Charlie Polinger nous plonge sans ménagement dans une piscine très viscérale du « coming of age », où la haine, le harcèlement et la violence attirent des garçons névrosés vers le fond. Un thriller étouffant, qui fonctionne surtout grâce à son atmosphère sonore anxiogène et sa mise en scène nerveuse.
Avec "Gibier", Abel Ferry tente le retour au cinéma de genre nerveux. Si le point de départ intrigue, le film s’embourbe vite dans une mise en scène confuse, un rythme mal maîtrisé et des personnages peu incarnés. Faute de tension et de cohérence, ce survival finit par perdre son impact et lasse plus qu’il ne secoue.
Nul besoin d’être mélomane pour reconnaître que musique, temps et mémoire entretiennent un lien intime. Les chansons qui ont bercé notre jeunesse résonnent toujours en nous rappelant des souvenirs passés, heureux ou douloureux. Sur ce fondement, "Le Son des souvenirs" compose un récit d’amour et de folklore sur la fragilité de la passion, le poids du regret et la fuite des années. Dans le contexte de la Première Guerre mondiale, Oliver Hermanus signe un drame sensible qui souffre de son ton monocorde et de sa mise en scène académique.
"Dead Lover", deuxième long-métrage de Grace Glowicki, mêle théâtre, grotesque et satire pour revisiter le monstre romantique à la Frankenstein. Entre humour absurde et body horror, le film explore un amour désespéré qui refuse le deuil, transformant la mort en une farce tragi-comique. Avec une esthétique bricolée et un jeu d’acteurs multirôles, Glowicki offre une réflexion sincère sur l’amour transgressif et monstrueux.
"Post Mortem" réunit le médecin légiste belge Philippe Boxho et le dessinateur Pierre Alary dans une bande dessinée documentaire qui s'emploie à vulgariser un métier sur lequel circulent bon nombre de fantasmes. Le résultat est une œuvre à part, traversée par l'idée que la mort ne constitue pas tout à fait une fin.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.