Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Entre introspection, humour et tendresse, "Laurent dans le vent" explore la fragilité d’un jeune homme en quête de sens, naviguant d’une rencontre à l’autre sans direction précise. Le trio de cinéastes – composé d’Anton Balekdjian, de Léo Couture et de Mattéo Eustachon – poursuit ici son exploration de personnages à la dérive, à travers une mise en scène minimaliste qui privilégie les silences aux éclats.
Christopher McQuarrie, réalisateur et coscénariste de la saga depuis "Rogue Nation", a choisi de découper l’histoire de "Dead Reckoning" en deux parties afin de lui donner plus d’ampleur et d’émotions. Ce parti pris risqué n’a pas vraiment réussi au premier film, inutilement étiré en longueur. D’ailleurs, le titre de "Dead Reckoning partie 2" a été révisé afin de minimiser la référence au premier volet. Après la mort expéditive d’Ilsa Faust, nous avions laissé Ethan Hunt en possession d’une mystérieuse clé capable de maîtriser le code source de l’Entité, une intelligence artificielle émancipée, située au cœur d’un sous-marin russe englouti. Malgré une séquence sous-marine tendue et spectaculaire, "The Final Reckoning" ne parvient pas à se dépêtrer de l’intrigue linéaire, il faut le dire peu palpitante, amorcée par la première partie.
Dans "L’Intérêt d’Adam", Laura Wandel explore avec intensité le tumulte d’un service pédiatrique, entre drames familiaux et tensions médicales. Présenté à la Semaine de la Critique 2025, ce huis clos hospitalier interroge la protection de l’enfance et l’humanité des soignants.
Présenté à l’ACID 2025, « Put Your Soul on Your Hand and Walk » est un film de Sepideh Farsi. À travers la voix d’une jeune photojournaliste de Gaza, il témoigne sur la vie quotidienne sous les bombes, entre espoir, résistance et poésie.
Présenté à la Quinzaine des cinéastes 2025, "La mort n’existe pas" est un film d’animation 2D intense et poétique, où l’écoterrorisme, la culpabilité et la seconde chance s’entrelacent dans un voyage sensoriel au cœur d’une forêt hantée.
Il y a, dans Partir un jour, cette scène où Cécile (Juliette Armanet, lumineuse de vulnérabilité) écoute en silence une chanson de Dalida dans la cuisine du restaurant familial. Pas de dialogue, juste le froissement d’une nappe en papier, le cliquetis des couverts, et cette mélodie qui traverse les années comme un sourire oublié. Amélie Bonnin filme ces instants suspendus où l’émotion se devine plutôt qu’elle ne se montre, où l’amour se cache dans les gestes du quotidien – une main qui effleure une épaule, un regard furtif au-dessus d’un plat de frites.
Dans "Promis le ciel", présenté à Un Certain Regard 2025, la réalisatrice tunisienne Erige Sehiri dresse un portrait poignant de femmes migrantes d’Afrique subsaharienne à Tunis, prises entre espoir, précarité et solidarité. Malgré quelques faiblesses narratives, le film se distingue par son humanité, son regard social lucide et une mise en scène épurée inspirée du réalisme des Dardenne. Un récit de survie et de seconde chance dans une Tunisie en transition.
Dans "L’Aventura", Sophie Letourneur mêle humour, autofiction et chaos familial sur fond de vacances en Sardaigne, entre rires, tensions et souvenirs flous.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.