Que valent les séries Locke & Key, Ragnarök et High Fidelity ?

Au programme de cette nouvelle vague de séries, Locke & Key, un drame horrifique adapté des comics écrits par Joe Hill (fils de Stephen King) et illustré par Gabriel Rodriguez ; Ragnarök, entre teen drama et fable écolo, le show diffusé sur Netflix explore la mythologie nordique. Pour terminer ce numéro, High Fidelity, une chronique musicale, tirée du best-seller de Nick Hornby, disponible sur Hulu.

Locke & Key, une dark fantasy trop familiale.

La nouvelle série Netflix, adaptée des romans graphiques de Joe Hill (fils de Stephen King), en dix épisodes, nous introduit dans la mystérieuse demeure de la famille Locke. Après le meurtre mystérieux du père, Randall, sa femme et ses trois enfants, Tyler, Kinsey et Bode, déménagent chez leur oncle, Duncan, dans l’ancien manoir familial nommé Key House. Très vite, la petite famille découvre que la maison renferme plein de secrets et notamment des clés aux dangereux pouvoirs magiques, qu’une certaine « Dame du puit » cherche à s’accaparer.

Après le succès de The Haunting of Hill House, on aurait pu s’attendre pour cette création Netflix à une ambiance similaire, mais pas du tout. Le côté horrifique de la BD originale est édulcoré pour se rapprocher plus d’une série à la Riverdale ou Sabrina. Les adolescents et leur drame de lycéens deviennent centraux. Mettant partiellement de côté le mystère familial, qui ne viendra que plus tard dans l’histoire. Heureusement que l’on garde la vision candide du plus jeune, Bode, pour nous immerger dans un univers un peu plus effrayant.

Le premier épisode en lui-même est assez confus, distillant des indices sur la suite pour mieux pousser le spectateur à bingwatcher la série. Les personnages sont au début un peu « cliché », respectant certains codes des séries pour ados. Seul le personnage de Nina, la mère, interprété par Darby Stanchfield (Scandal), semble se révéler plus intéressant que dans la BD. Finalement, les fans du roman graphique original risquent d’être fortement déçus par cette adaptation qui tient plus de l’inspiration.

Locke & Key est une série fantastique tout public, plus destinée aux amateurs de séries comme Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire que de Stranger Things. Il est fort dommage que le côté sombre et horrifique de l’histoire soit passé à la trappe car c’est ce qui rendait aussi Locke & Key intéressant.

4

Céline Lacroix

Ragnarök, la nouvelle fiction climatique norvégienne de Netflix.

Ragnarök : Dans la mythologie nordique, c’est la définition de la fin du monde : il commence par des catastrophes naturelles et culmine avec la bataille opposant les dieux aux géants.

Allégorie de l’actuelle mobilisation des jeunes face au changement climatique, cette nouvelle série Netflix, qui cible principalement les ados, nous propose une lecture des problèmes écologiques via le prisme de la mythologie nordique.

Tout juste arrivés dans la petite ville d’Edda, 2 frères ados et leur mère s’intègrent dans ce nouvel environnement dominé par l’immensité des paysages norvégiens. Magne, l’un des frères, dyslexique sans histoires, se voit soudainement doté de super-pouvoirs.
La dualité entre d’un côté l’économie, et de l’autre l’écoresponsabilité, se ressent rapidement dans la psychologie des personnages. Néanmoins, ils sont présentés de façon un peu stéréotypée, et chacun des profils illustre un cliché sociétal de façon un peu grossière.

La photographie maîtrisée rend l’ensemble graphiquement assez réussi : précis, moderne et coloré. La bande-son signée M83 permet d’illustrer parfaitement la froideur et l’immensité des paysages présentés ici.

Ragnarök nous présente un combat pas seulement générationnel mais aussi idéologique, pour rétablir l’équilibre sauvage fragile, en réponse à un constat alarmant : les écosystèmes sont en train d’être progressivement détruits. C’est une fable engagée sur le climat, une réflexion sur la société actuelle sur une toile de fond mythologique et surnaturelle.
La fin de l’épisode sera marqué par un événement aussi tragique qu’inattendu, ce qui nous amènera à vouloir continuer sur les épisodes suivants. Que ne feraient pas les scénaristes de Netflix pour nous garder en haleine !

3

Fred Jadeau

High Fidelity : changement de refrain

Remake du film éponyme sorti en 2000 (et déjà une adaptation du livre de Nick Hornby), High Fidelity est la nouvelle série Hulu, portée par Zoë Kravitz. Originellement, dans le long-métrage de Stephen Frears, le personnage principal est un homme incarné par John Cusack, mais les showrunners Sarah Kucserka et Veronica West (à qui l’on doit notamment la série Ugly Betty) se sont totalement et habilement réappropriées le récit, pour nous offrir une œuvre bien plus en lien avec son temps.

Rob (Robert) devient donc Rob (Robyn), une trentenaire afro-américaine, propriétaire d’une boutique de disques vinyles, qui ressasse son passé amoureux et ses pires ruptures. Ce pitch promet de ne pas trahir l’œuvre originale, et l’on sent en même temps que la série a quelque chose de rafraîchissant à nous proposer.

Dans le premier épisode, certaines séquences sont d’ailleurs presque identiques à celles du film, notamment lorsque Rob établit son top 5 des pires ruptures. Pourtant, le charisme irrésistible de Zoë Kravitz et la mise en scène moins académique que celle de Frears rendent la série bien plus dynamique que le simple remake qui était à craindre.

La place importante de Brooklyn, des disques vinyles et l’incroyable bande-son majoritairement 70-80’s (Fleetwood Mac, Darondo…) font de High Fidelity une série hipster, sans le moindre doute. Mais on est loin des clichés à la Vernon Subutex ou autres tentatives récentes qui manquent régulièrement le coche de la subtilité.

High Fidelity est une série chaude, branchée et rapidement addictive. Que vous soyez mélomane, fan de rom-coms, du film d’origine ou simplement de Zoë Kravitz (et il y a des chances que vous apparteniez à au moins l’un de ces groupes), prenez sans hésiter cinq heures de votre temps pour déguster cette mini-série.

https://www.youtube.com/watch?v=r5bkbfdVzbI&feature=emb_title

4

Thomas Gallon

 

Festival

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