Fin avril s’est terminée l’ultime saison de Girls, la série de HBO, créée, produite et jouée par Lena Dunham. Une série intime qui a su révolutionner l’image de la femme dans le paysage télévisuel et donner une voix à une génération paumée.
Synopsis : L’entrée dans la vie active de quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, de leurs humiliations à leurs rares triomphes. Hannah, l’éternelle stagiaire, rêve de devenir écrivain ; Marnie, sexy et un peu garce sur les bords, ne manque pas d’ambition; et Jessa, hippie dans l’âme, aimerait gagner sa vie de son art…
“A voice of a generation”
Il y a déjà 6 ans commençait Girls, une comédie à l’humour cynique allenien. La créatrice, Lena Dunham, se voulait la voix d’une génération, celle de quatre femmes (filles) dans cette période bâtarde entre adolescence et âge adulte. La série, mettant en scène une bande de filles, plus enfants qu’adultes, égocentriques et immatures, a été beaucoup critiquée, on lui reprochait notamment son nombrilisme. C’est pourtant dans ces personnages bourrés de défauts que se trouve l’essence même de la série. Girls n’a jamais eu pour ambition de nous offrir ce que nous voulions voir, elle a toujours montré les choses telles qu’elles étaient, sans glamour. Dépeignant une partie de cette génération Y, paumée et lâchée dans un monde qu’elle pensait différent et pour lequel elle n’était pas préparée. Une génération en constante désillusion.
Les personnages ne sont pas forcément appréciables, ils sont même parfois détestables. Encore une fois, Lena Dunham choisit de montrer ces filles telles qu’elles sont, sans les idéaliser. Et ça passe aussi par leur corps. A l’instar de Sex and the City qui, plusieurs années auparavant, libérait les femmes sur le plan sexuel, Girls libère leurs corps. Hannah (Lena Dunham), très à l’aise dans son corps, l’exhibe à l’écran, trainant sans cesse dans son appartement seulement vêtue d’un string. Loin du canon de beauté de l’entertainment hollywoodien, Hannah ne cache pourtant pas sa petite poitrine, ses bourlets et encore moins sa cellulite ou son sexe non épilé. Son corps fait partie intégrante de la série, et nous finissons par le connaître par cœur. Nous l’avons vu sous tous les angles, il se contorsionne dans des positions invraisemblables lorsqu’elle cherche de l’inspiration pour écrire ou bien lors de ses ébats avec ses amants. Si Hannah n’a jamais vraiment eu de problème avec son corps, il est difficile pour le spectateur, peu habitué à voir ce type de corps à l’écran, d’accepter la morphologie d’Hannah. Montrant un corps de femme sans gommer ses défauts ou des scènes de sexe parfois gênantes, jamais glamour, la série de Lena Dunham provoque, interpelle mais surtout réinvente l’image de la femme. Nous invitant à nous habituer à des corps aussi divers que celui de Marnie, presque maigre et athlétique ou celui de Jessa, aux courbes sensuelles; Girls a ouvert la voie à des séries comme Insecure, Fleabag, Chewing-gum ou Crazy Ex-Girlfriend qui soufflent, elles aussi, un vent libérateur sur la représentation de la femme dans le paysage sériel.
L’âge adulte
Dans le premier épisode de cette saison 6, Hannah rencontre Paul-Louis (joué par Riz Ahmed), et c’est alors le début de la fin, le passage à une nouvelle ère. C’est durant ce weekend à la plage qu’elle tombe enceinte et c’est donc logiquement que la série se clôture sur un épisode centré sur la relation d’Hannah avec son nouveau-né, un épisode qui signe définitivement son basculement dans la vie d’adulte. Toute cette saison est d’ailleurs l’illustration de ce basculement progressif, une saison de réflexivité qui fait le point sur cette aventure qu’a été Girls. A l’instar de chaque personnage qui va progressivement aller de l’avant tout en se servant du passé (c’est par exemple le film d’Adam basé sur sa relation avec Hannah, qui va leur permettre de mettre leur histoire derrière eux), des relations vont alors prendre fin et des rancunes s’effacer. L’avant-dernier épisode semble alors être le final de cette saison, un au revoir à tous ces personnages. Le dixième épisode est quant à lui une sorte d’épilogue qui vient rappeler la morale de cette série, la vie n’est jamais comme on l’attend et sera toujours pleine de désillusions. Même si Hannah est enfin une femme, elle continuera d’apprendre et de grandir, encore et encore.
Au final, que l’on ait été réceptif à cette comédie douce-amère ou que ses personnages autocentrés nous aient exaspérés au possible, on ne peut nier l’audace de Lena Dunham qui a su libérer l’image de la femme dans le paysage télévisuel et donner une voix sincère à une partie d’une génération.
Girls saison 6 : Bande-annonce
Girls, saison 6 : Fiche Technique
Créatrice : Lena Dunham
Scénariste : Lena Dunham, Jennifer Konner, Judd Apatow, Murray Miller, Sarah Heyward, Tami Sagher
Réalisateur : Lena Dunham, Jennifer Konner, Jesse Peretz, Richard Shepard, Jamie Babbit, Nisha Ganatra
Interprétation : Lena Dunham (Hannah), Jemima Kirke (Jessa), Zosia Mamet (Shoshanna), Allison Williams (Marnie), Adam Driver (Adam), Andrew Rannells (Elijah), Alex Karpovsky (Ray) ….
Directeur artistique : Toni Barton, Matthew Munn
Producteurs : Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke, Zosia Mamet, Judd Apatow, Jennifer Konner
Société de production : Apatow Productions, I Am Jenni Konner Productions
Distribution : HBO
Format : 10 x 26 min
Genre : comédie, drame
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J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures.
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