Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Une comédie caustique, grinçante, où le rôle de la gentille Cendrillon maltraitée, mal-aimée est interprétée par un homme, et comme la Cendrillon des frères Grimm, Jacky ne se révolte pas contre sa condition, il n’a qu’un rêve lui aussi devenir le 3ème Grand Couillon de l’héritière du trône
Le film couvre ce passé noir, du côté Allemand, de l'intérieur, sans misérabilisme à travers les yeux de Liesel, une jeune fille analphabète, recueillie par un couple, elle apprend à lire avec le soutien de sa nouvelle famille et se lie d’amitié avec son voisin Rudy (Nico Liersch), qui idolâtre Jesse Owens,
Un long métrage au graphisme sublime, un magnifique tableau impressionniste sublimé par la musique de Joe Hisaishi. Le vent se lève s’inspire aussi de la spiritualité japonaise, « il faut tenter de vivre », en dépit des vents contraires, survivre à tous les obstacles aller jusqu'au bout de ses rêves…
Un écrin visuel enchanteur, rappelant par ses couleurs chatoyantes, l’omniprésence de la nature, l’univers du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki, malheureusement l’adaptation version 2014 de la Belle et la Bête par Christophe Gans manque d'émotion, de fougue, de mystère, on ne voit jamais l'amour naître, transparaître entre la belle et la bête.
Dès les premières images, ce conte mélancolique au style fantasque et rêvé à la Gondry, rappelle forcement l’univers de Georges Méliès, présent dans cette galerie de personnages hauts en couleur. Bourré d’inventivité graphique, ce conte romantico-gothique nous embarque dans un voyage d’un autre temps
Twelve Years a Slave est une œuvre majeure d’une grande beauté esthétique, et d’une rare sensibilité émotionnelle, une déclaration prodigieuse à l’encontre du déni de la dignité humaine, une étude sur la résilience face à l'injustice la plus intolérable, et l'épopée plein d’espoir d'une liberté reconquise.
Ce RoboCop version 2014 n’est pas le désastre annoncé, certes, ce Reboot ne vaut pas son illustre modèle, la critique féroce de la société déshumanisée y était plus féroce moins aseptisé, mais Padilha apporte une touche d’émotion et un côté torturé au héros. A l’instar d’un I-Robot, le film pose la question « Qu’est-ce qui différencie les hommes des robots et les robots des hommes ? »
Après "Fighter" et "Happiness Therapy", le réalisateur américain David O. Russell film l’Amérique des années seventies avec ses décors délicieusement kitsch, sa musique vintage et une galerie de personnages interlopes.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.