Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Malgré un contexte historique intéressant et une incroyable prestation de James Thiérrée dans le rôle de Footit, Chocolat ne parvient pas à convaincre. Omar Sy déçoit et n’est pas au meilleur de sa forme, et on regrettera un traitement trop laxiste du racisme et de la crainte de l’autre à cette l’époque. Toutefois les ambitions de Roschdy Zem en réalisant ce long-métrage ne sont pas à dénigrer.
La "Chose" ré-envahit nos salles obscures dans une version restaurée. (Re)Découverte et (re)lecture du film génial de John Carpenter, trente-quatre ans après sa sortie.
Danny Boyle et le talentueux scénariste Aaron Sorkin s'associe pour revisiter trois moments clés de la vie de Steve Jobs dans un biopic habité par l'immense Michael Fassbender, sous une approche théâtrale forcément romancée mais diablement originale et immersive.
Intriguant, ce film l'est, tant par son sujet que par sa forme. Charlie Kaufman nous livre ici un film d'animation drôle et mélancolique en forme de parenthèse.
L'impossibilité de trancher, de n’être que le témoin impuissant d’une scène de famille dont on ignore le passif en détail, est terriblement déstabilisant. Là où la facilité aurait été de façonner, autour d’une situation clairement définie, un discours moralisateur sur le rejet de ce que l’on juge "anormal", Antoine Cuypers fait le choix de laisser les interprétations libres au public.
Stephen Herek revient au cinéma avec la Fabuleuse Gilly Hopkins, adaptation du roman éponyme. Dans le rôle titre, la lumineuse et talentueuse jeune Sophie Nélisse, mais le film est-il réellement à l'image de son personnage principal, fabuleux ?
Film animiste d'une grande douceur et d'une grande poésie, les délices de Tokyo, le nouveau film de Naomi Kawase souffre d'un surtexte qui écrase sa mise en scène et nuit à sa sobriété. Les recettes du bonheur selon Naomi Kawase...
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.