Cinéma

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

13 Hours, un film de Michael Bay : Critique

Récit de l’héroïsme de 6 soldats basé en Libye et ayant bravé les interdits pour protéger l’ambassadeur sur place en Septembre 2012, 13 Hours peut sembler à bien des titre comme le film de la maturité pour Michael Bay. S’il mettait hier avec Pain and Gain, son style tape à l’oeil et ses blagues hétéro-beaufs au service d’un pamphlet sur la vulgarité américaine, force est de constater qu’aujourd’hui avec 13 Hours, il met ici son talent pour la désincarnation et l’abstraction au service d’un film de guerre aux airs de réquisitoire contre la nation même qui l’a engendré.

TCM Cinéma Programme : Un Homme est passé

John Sturges, avant de réaliser Les Sept Mercenaires, La Grande Évasion ou Règlement de comptes à OK Corral, avait tourné ce film formidable, un drame du racisme ordinaire dans l'Amérique sauvage, avec un casting trois étoiles.

Volta à terra, un film de João Pedro Plácido : Critique

Présenté à Cannes, Volta à terra de Joao Pedro Placido rend palpable l'harmonie surnaturelle que peuvent entretenir les hommes avec la Nature.

Eva ne dort pas, un film de Pablo Agüero : Critique

La thématique de l'influence post-mortem d'Eva Perón était prometteuse mais l'approche choisie par le réalisateur, segmentant son récit en trois saynètes, est certes propice à de superbes plans séquences mais ne réussit pas à explorer pleinement son sujet. Heureusement que la qualité des images et des interprètes empêchent à ce film bavard et à la mise en scène statique d'être terriblement ennuyeux.

Médecin de campagne, un film de Thomas Lilti : Critique

Avec Médecin de campagne, Thomas Lilti nous conte d''une manière simple, douce et délicate les péripéties d'un médecin incarné de manière très juste par François Cluzet, qui voit son quotidien être chamboulé par l'arrivée d'une nouvelle collège, interprétée par Marianne Denicourt.

Aux yeux de tous, un film de Billy Ray : Critique

Remake pâlichon de Dans ses yeux de Juan José Campanella avec Ricardo Darín, Aux yeux de tous cumulait pourtant les ingrédients de la recette gagnante : un joli casting composé de Julia Roberts, Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave), Nicole Kidman et Dean Norris, une intrigue intéressante et qui a déjà fait ses preuves, une ambiance pesante et un twist final surprenant. Mais pour y parvenir, la route est longue et semée d'embûches...

Le Goût du riz au thé vert, un film de Yasujirô Ozu : Critique

Ozu fait preuve d'une extrême délicatesse pour nous embarquer dans la destinée tourmentée d'un couple sans renier le moins du monde son style épuré. Loin des artifices de la mise en scène moderne, il sais nous faire ressentir toute la compassion nécessaire par la seule grâce de sa réalisation. A voir et à revoir sans hésiter!

Batman v Superman : L’Aube de la Justice, un film de Zack Snyder : Critique

Entrée en matière bancale de l'univers cinématographique de DC, maladroitement construit et faiblement écrit mais qui dispose de vrais choix et d'une volonté d'imprégner une vision personnelle et radicale. Passionnant dans son propos et sa symbolique, intelligemment pensé dans sa dimension idéologique et politique, il s'impose comme un film actuel et radical. Accompagné d'un bon casting, à l'exception de Jesse Eisenberg, et mis en scène avec virtuosité, le film se montre tout autant admirable que décevant.

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