Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.
Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.
Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
A l'occasion de sa sélection en compétion officielle à Cannes pour "Ma Loute", retour sur "Camille Claudel 1915", le dernier drame en date de Bruno Dumont avant son détour par la comédie burlesque avec "P'tit Quinquin". Le film sorti en 2013 mettait en scène de manière inhabituelle une Camille Claudel enfermée, portée par l'interprétation de Juliette Binoche
Le nouveau Gus Van Sant déçoit fortement. Après avoir été conspué au dernier Festival de Cannes, on constate enfin l'ampleur de la catastrophe. Mal écrit, souvent mal joué et disposant d'une mise en scène impersonnelle, le film n'est qu'un drame existentiel mièvre et insignifiant qui traîne en longueurs et flirte avec le ridicule.
Alors que les frères Dardenne vont fouler pour la huitième fois le tapis rouge cannois avec La Fille Inconnue, on en profite pour revenir sur Le Fils, le quatrième long métrage des natifs de Liège et film de la consécration pour Olivier Gourmet.
Par sa simplicité et des femmes et hommes hauts en couleur, Les Habitants est un documentaire passionnant, extrêmement touchant et inépuisable, tant ces discussions sont envoûtantes et belles. Le nouveau film de Raymond Depardon donne du baume au cœur en laissant la population s'exprimer, et ça fait beaucoup de bien.
Cop Car, ou la preuve qu’une mise en scène maitrisée et une direction d’acteurs carrée suffisent pour mettre au point un thriller efficace. Malgré son pitch maigrelet et son économie de dialogues, ce film sans prétention se révèle être doté de bonnes idées, à commencer par son parti-pris, presque horrifique, de plonger deux enfants innocents dans une spirale de violence meurtrière. A la fois radical et divertissant.
Avec son nouveau film Maggie a un plan, la cinéaste Rebecca Miller réussit la gageure de cacher sous des airs de comédie une vraie étude des moeurs modernes, où les maris et les femmes peinent à trouver leur vraie place.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »