Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
A la croisée des chemins entre le road-movie et le revenge-movie sur fond d'Holocauste, Remember du Canadien Atom Egoyan déroute, agace ou enchante, mais ne laisse pas indifférent. Critique.
André Téchiné s'est associé à Céline Sciamma (Naissance des pieuvres, Bande de filles) pour écrire le scénario de son nouveau film "Quand on a 17 ans". Il y aborde la naissance du désir à l'adolescence de manière très juste, servant un film tout en tension porté sur l'intimité des personnages. A voir en salles dès le 30 mars.
Si Kung-Fu Panda 3 ne sera pas le Vice Versa de 2016, le film de Jennifer Yuh Nelson a au moins le mérite de poursuivre en toute quiétude une franchise déjà bien rôdée, aux codes et références bien établis.
L’ADN du film transpire l’exagération caractéristique de la Russie. De la cocaine, beaucoup d’armes, une violence décomplexée et de la vodka qui coule à flot suffise pour trahir l’origine d'un film conçu pour réconcilier les fans de FPS transis devant les adaptations ratées des franchises vidéoludiques.
On regrettera le léger manque d'originalité d'Au nom de ma fille, mais la prestation de Daniel Auteuil, qui se détache enfin du registre comique, nous fait vivre un intense moment de cinéma français.
Avec La Dream Team, Thomas Sorriaux réussit un très joli coup. Cette comédie potache et familiale portée par une brochette d'acteurs hauts en couleurs est un excellent divertissement qui vous offrira un moment jouissif et hilarant. Sorriaux ose la parodie, sans toutefois aller trop loin puisque notre anti-héros regagnera les faveurs du public grâce à ce retour aux pays et aux vraies valeurs.
Soucieux de voir Christian Bale déambuler sur le pavé de Los Angeles à la recherche du sens de la vie ? Ca tombe bien, Knight of Cups du toujours très imprévisible Terrence Malick sort le 25 Mars prochain.
Marseille essaye de trouver un juste milieu entre le comique et le dramatique, malheureusement, Kad Merad qui a écrit et réalisé ce long-métrage, aurait plutôt dû faire le choix de s’ancrer pleinement dans un registre ou dans l’autre pour avoir une histoire un peu plus profonde.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.