Cinéma

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Les malheurs de Sophie, un film de Christophe Honoré : Critique

Avec son adaptation des oeuvres de la Comtesse de Ségur dans son film Les Malheurs de Sophie, Christophe Honoré réussit la prouesse de respecter les romans originaux tout en apportant sa touche originale. Il réussit le pari d'intéresser tout autant les petits et les grands...

Le Fils de Joseph, un film d’Eugène Green : Critique

Après le très beau La Sapienza vu l’année dernière, le réalisateur franco-américain revient avec Le Fils de Joseph, une réinvention contemporaine du mythe du Sacrifice d’Abraham dans le Paris de notre époque.

Le chasseur et la reine des glaces, un film de Cédric Nicolas-Troyan : critique

Ce second chapitre des Chroniques de Blanche Neige est très certainement meilleur que le premier qui se voulait beaucoup plus sombre et qui reprenait la mythologie déjà suffisamment connue du conte d’origine. Cette suite propose une histoire inédite en mélangeant les univers, mais aussi une réelle aventure : rechercher le miroir magique avant la reine des glaces.

Adopte un Veuf, un film de François Desagnat : Critique

Une idée de départ des plus convenues, un développement scénaristique bâclé et une réalisation fainéante, c'est sans doute tout ce qu'il faut pour voir son film sombrer dans les abysses de la nullité. Malgré des personnages secondaires et anecdotiques qui la parasitent, l'alchimie entre André Dussolier et Bérangère Krief réussit toutefois à donner suffisamment de pep's à cette comédie pour ne pas la rendre trop ennuyeuse... à défaut d'être amusante.

To Walk Invisible : un film sur les soeurs Brontë

Sally Wainwright, la créatrice de Happy Valley sera aux commandes du drame To Walk Invisible : The Brontë Sisters sur les soeurs les plus célèbres de la littérature anglaise interprétées par Chloe Pirrie, Finn Atkins et Charlie Murphy. Jonathan Pryce ( Game of Thrones ) incarnera le patriarche.

Bande annonce musclée du nouveau Jason Bourne

Après neuf ans d'absences, la franchise Jason Bourne se renouvelle au cinéma pour un cinquième épisode qui voit le réalisateur historique et l'acteur phare revenir enfin. La bande annonce permet d'entrevoir des scènes d'actions mémorables et des affrontements qui donnent l'eau à la bouche...

Truman, un film de Cesc Gay : Critique

Ce modeste mélodrame plein d'authenticité et de bons-sentiments parvient à ne jamais sombrer dans le pathos larme-larmes grâce aux prestations irréprochables Ricardo Darin et Javier Camara. Une justesse de jeu et un soucis de sincérité des émotions qui ont fait de Truman le chouchou de l'Académie des Goyas.

Dalton Trumbo, un film de Jay Roach : Critique

Un film sur le combat d'un homme pour se faire accepter de la grosse machine hollywoodienne avait de quoi laisser envisager une représentation corrosive de la place de l'artiste dans cette industrie formatée. Paradoxalement, c'est à un film parfaitement calibré dans le moule des dernières productions à succès que nous avons droit, soit l'exact opposé de ce que Dalton Trumbo aurait pu signer. Difficile de penser que ce soit là la meilleure façon de lui rendre hommage...

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