Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.
Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
Idris Elba va passer derrière la caméra et réaliser son premier film, Yardie, l’adaptation d’un roman éponyme. Un dealer de drogue va subir les conséquences d’un choix périlleux : vendre dans les rues de Londres un kilo de cocaïne, récupéré en Jamaïque, alors qu’il devait transmettre ce colis à son patron.
Pour son huitième film, David Fincher sort de sa zone de confort aux commandes de The Social Network. Retraçant la création du réseau social Facebook à travers la figure controversé de son créateur Mark Zuckerberg, The Social Network surprend par la richesse de sa mise en scène et la profusion de ses dialogues.
Film militant financé par l'UNICEF, Iqbal est une réussite visuelle qui manque une des cibles qu'il aurait dû dénoncer : nous, consommateurs occidentaux conscients d'acheter des produits de consommations peu chers, fabriqués dans des conditions de travail que nous refuserions pour nous-même...
Loin du cinéma de genre que l'on aime tant de la part des Coréens, ce film d'auteur apparaît comme un regard désenchanté sur ce pays où les divers formes de ségrégations et les dégâts d'une économie dérégulée poussent la jeunesse à se replier sur elle-même. Son imagerie fantasmatique semble alors l'unique échappatoire à cet état des lieux alarmant.
David Fincher retrouve pour la 3ème fois Brad Pitt avec L'étrange histoire de Benjamin Button. Avec l'adaptation de la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, Fincher continue son ascension à travers une mise en scène, mais surtout une technique irréprochable lui permettant d'obtenir pas moins de trois oscars en 2009.
Se faisant l'écho de l'incroyable traque faite autour du tueur du Zodiac, le film de David Fincher ressemble davantage à l'auscultation d'un monde malade que d'une vraie enquête. Et en cela, son propos en devient terriblement intéressant. Suffisamment en tout cas pour captiver pendant 2h30 et ressentir le frisson caractéristique des grands films.
Colin Firth et Jude Law prêtent leur traits à deux hommes à l'origine d'un ouvrage de référence : Son auteur et son éditeur. La relation professionnelle entre les deux est bien exploitée par le scénario... mais celui-ci voudrait se focaliser sur leur relation personnelle. Résultat: Ni la mise en scène, ni le montage, et moins encore le casting ne parviennent à empêcher au film de passer à coté de son sujet.
Film de commande issu de la Columbia, Panic Room reste affublé du libellé de film mineur dans la filmographie de David Fincher. Néanmoins, usant du travail des angles et des décors cloîtrés, tout en mêlant différentes techniques de mouvement caméra, du ralenti au plan séquence labyrinthique, David Fincher fait honneur à son style et réussi à marquer de son empreinte le cinéma contemporain hollywoodien.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »