Cinéma

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Rétrospective David Fincher : The Social Network, Critique du film

Pour son huitième film, David Fincher sort de sa zone de confort aux commandes de The Social Network. Retraçant la création du réseau social Facebook à travers la figure controversé de son créateur Mark Zuckerberg, The Social Network surprend par la richesse de sa mise en scène et la profusion de ses dialogues.

Iqbal, l’enfant qui n’avait pas peur : Critique du film

Film militant financé par l'UNICEF, Iqbal est une réussite visuelle qui manque une des cibles qu'il aurait dû dénoncer : nous, consommateurs occidentaux conscients d'acheter des produits de consommations peu chers, fabriqués dans des conditions de travail que nous refuserions pour nous-même...

Black Stone, un film de Gyeong-Tae Roth : Critique

Loin du cinéma de genre que l'on aime tant de la part des Coréens, ce film d'auteur apparaît comme un regard désenchanté sur ce pays où les divers formes de ségrégations et les dégâts d'une économie dérégulée poussent la jeunesse à se replier sur elle-même. Son imagerie fantasmatique semble alors l'unique échappatoire à cet état des lieux alarmant.

Rétrospective David Fincher : L’étrange histoire de Benjamin Button, critique du film

David Fincher retrouve pour la 3ème fois Brad Pitt avec L'étrange histoire de Benjamin Button. Avec l'adaptation de la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, Fincher continue son ascension à travers une mise en scène, mais surtout une technique irréprochable lui permettant d'obtenir pas moins de trois oscars en 2009.

Retrospective David Fincher : Zodiac, critique du film

Se faisant l'écho de l'incroyable traque faite autour du tueur du Zodiac, le film de David Fincher ressemble davantage à l'auscultation d'un monde malade que d'une vraie enquête. Et en cela, son propos en devient terriblement intéressant. Suffisamment en tout cas pour captiver pendant 2h30 et ressentir le frisson caractéristique des grands films.

Genius, un film de Michael Grandage : Critique

Colin Firth et Jude Law prêtent leur traits à deux hommes à l'origine d'un ouvrage de référence : Son auteur et son éditeur. La relation professionnelle entre les deux est bien exploitée par le scénario... mais celui-ci voudrait se focaliser sur leur relation personnelle. Résultat: Ni la mise en scène, ni le montage, et moins encore le casting ne parviennent à empêcher au film de passer à coté de son sujet.

Rétrospective David Fincher : Panic Room, critique du film

Film de commande issu de la Columbia, Panic Room reste affublé du libellé de film mineur dans la filmographie de David Fincher. Néanmoins, usant du travail des angles et des décors cloîtrés, tout en mêlant différentes techniques de mouvement caméra, du ralenti au plan séquence labyrinthique, David Fincher fait honneur à son style et réussi à marquer de son empreinte le cinéma contemporain hollywoodien.

Arrêtons de parler du Fight Club !

Retour sur Fight Club qui, malgré un flop au box office, est aujourd'hui considéré comme un objet de culte par beaucoup de spectateurs. Le film est-il véritablement une réflexion anarchiste ou un simple coup de gueule passager?

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