Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.
Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
Alors que La Fille Inconnue s’apprête à sortir sur les écrans français, le nouveau projet des frères Dardenne n’est plus à l’ordre du jour selon la société de production Les Films du Fleuve. Seul l’avenir permettra de dire si ce drame sur le terrorisme en Europe est définitivement abandonné ou simplement décalé pour cause de calendrier de tournage surchargé pour Luc et Jean-Pierre Dardenne.
La dernière comédie de Pascal Chaumeil, décédé durant la post-production, est une réussite assez rafraîchissante dans le paysage un peu faiblard de la comédie populaire française. Bien écrit avec des dialogues savoureux, fait avec sérieux et soutenu par un casting solide, Un Petit boulot est un film drôle et satirique qui porte un regard assez juste sur notre société.
Outre son caractère hautement dispensable, on était curieux à la vue de ce Mechanic Resurrection, chargé de donner une suite au Flingueur. Est-ce que cette suite confiée à l'allemand Dennis Gansel allait rééditer le succès d'estime du premier film, sachant compiler un hommage aux années 80, ou s'enfoncer dans les travers de la suite facile ?
Quand le réalisateur de Very Bad Trip s’attaque à la reconstitution d’un scandale qui a entaché l’administration Bush, il ne peut pas s’empêcher de le faire sous la forme d’une comédie de potes. Cette approche mainstream permet-elle de rendre le sujet plus pertinent ou n’aboutit-telle qu’à une potacherie hors sujet ?
Dix ans après Je Vais Bien, Ne T'en Fais Pas, Philippe Lioret revient avec le nouveau récit d'une famille brisée par l'absence de l'un des leurs. Le réalisateur parvient-il à faire de ce sujet, au fort potentiel mélodramatique, un long-métrage à la charge émotionnelle finement amenée ou sombre-t-il au contraire dans une certaine complaisance sirupeuse et tire-larmes?
Critique du film d'animation Batman : The Killing Joke de Sam Liu. Une adaptation du célèbre comics d'Alan Moore et de Brian Bolland qui a partagé les fans malgré son aspect pensé et travaillé.
Honorable geste des sœurs Coulin que de traiter de la guerre dans une perspective, dommage seulement qu'elles tombent vite dans la simplicité et la caricature.
Agents presque secrets (Central Intelligence) débarque dans nos salles, est-il un honnête "buddy movie" et divertissement de l'été ? Ou au contraire, fait-il partie de la stratégie d'Universal qui veut étendre son empire de franchises / licences ?
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »