Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
"Bad Moms" dépeint, non sans justesse mais en toute légèreté, l'histoire décadente de mères qui s'adonnent à une vie de débauche et de rébellion, dans un souci de complétude de leur crise existentielle.
Molesté par une presse quasi-unanime, le Suicide Squad s'avère pourtant la surprise de l'été. Retors, puissant, brutal, le film de David Ayer multiplie les fausses pistes quitte à perdre son spectateur mais ne dévie jamais de son crédo, forcément déviant, pour le plus grand bonheur des fans de comics.
Malgré la volonté évidente de Marvel Studios de séparer en deux longs métrages l'affrontement contre Thanos, Disney a semble t-il changé son fusil d'épaule et a annulé la deuxième partie d'Avengers Infinity War. Mais que suppose ce changement de programme ?
Le nouveau né des studios responsables des deux Moi, Moche et Méchant et des Minions souhaite rendre hommage à nos amis les bêtes en leur imaginant une aventure hors de leur confort habituel, lorsque leur propriétaire ont le dos tourné. Bien que manquant d'une certaine rigueur au niveau de l'écriture, le film se suit néanmoins avec plaisir grâce à sa galerie de personnages et une qualité esthétique remarquable.
Après un diptyque en guise de reboot magistralement réalisé par J.J. Abrams, les aventuriers de l'USS Enterprise se retrouvent projetés dans l'espace devant la caméra de Justin Lin. Mais, telle la célèbre navette de Starfleet, la saga navigue à présent vers l'inconnu. Elle tente alors de se rattacher à ses vieilles formules pour mieux les moderniser. A quoi peut donc aboutir cette intention quelque peu contradictoire?
Gone Girl, le dixième opus de David Fincher offre plus qu'un thriller : il est le fruit d'une longue expertise du cinéaste dans le genre, lui permettant en outre de traiter subtilement le sujet du couple et du mariage, et même de certains faits socio-économiques de la société américaine contemporaine.
Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au dernier Festival de Cannes, L’Economie du Couple est une autopsie remarquable de la complexité des sentiments amoureux dans la descente aux enfers de deux anciens amants.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.