Cinéma

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Obsession – L’amour (terriblement) ouf

Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.

La Maison du Diable, classique de la terreur signé Robert Wise

La Maison du Diable, c'est un classique du film d'épouvante, toujours d'une redoutable efficacité alors qu'il est sorti il y a bientôt 60 ans. Misant sur la suggestion, Robert Wise nous plonge dans un univers de folie, au sein d'une maison qui semble vivante.

Take Shelter : anticiper l’apocalypse au cinéma

Sur le chemin de l’apocalypse au cinéma, Take Shelter se situe en début de chaîne. En effet, le film parle d’une préparation à l’apocalypse, de son anticipation et non de sa réalisation effective. A l’écran, cela donne un grand film paranoïaque dans lequel se perd Curtis alias Michael Shannon. Dans le genre du ciné apocalyptique, le film fait presque figure d’exception, se situant avant l’action de survie pure et héroïque vue et revue.

Énorme de Sophie Letourneur : une comédie française, mais pas franchouillarde

Énorme tient autant à sa réalisatrice, Sophie Letourneur, qu’à ses interprètes, notamment la toujours impeccable Marina Foïs. Une comédie qui sort des sentiers battus, mais aussi une réflexion sur la maternité et, partant, la paternité.

Faux-semblants de David Cronenberg (1988) : gémellité, dualité, ambiguïté

Migrant ses thématiques fétiches dans un thriller sur les relations ambiguës entre jumeaux, (vaguement) inspiré de faits réels et s’appuyant sur une prestation trois étoiles de Jeremy Irons, David Cronenberg frappe un grand coup d’emblée pour son entrée dans un cinéma « grand public ».

Tenet de Christopher Nolan : le démiurge devenu fou

Christopher Nolan a perdu de vue qu’un film, ce n’est pas une thèse de doctorat en physique. Résumer vingt années de réflexions scientifiques dans un film de fiction qui, de surcroît, se devait de répondre aux canons du spectacle hollywoodien, était une mission impossible.

Les Nouveaux mutants de Josh Boone : le teenage movie prémâché

Comme une arlésienne qui se ferait attendre, Les Nouveaux mutants de Josh Boone parait enfin dans nos salles de cinéma. Suite aux multiples problèmes de production ou de distribution, l’inquiétude était de mise quant à la qualité intrinsèque du film. Alors, catastrophe ou petite réussite ? 

Light of my Life de Casey Affleck : le féminin comme motif

Après son vrai faux documentaire qui avait étudié avec ironie la retraite de Joaquin Phoenix, Casey Affleck retourne enfin derrière la caméra avec le dénommé Light of my Life. Un film post apocalyptique aux traits fins et d’une sincérité débordante. 

Jeux Dangereux, d’Ernst Lubitsch : hommage en chanson

Ce dimanche, replongeons avec légèreté dans Jeux Dangereux, chef-d’œuvre sur lequel tout a déjà été dit, à l’occasion d’un hommage sous forme de chanson à cette comédie de Lubitsch aussi hilarante que courageuse.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.