Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Le Nouveau Monde, épopée continentale et intimiste

En parlant aussi bien de l'origine des Etats-Unis que de la nature, de l'amour et de la violence (entre autres sujets), Terrence Malick fait du Nouveau Monde une œuvre centrale dans sa filmographie, annonçant The Tree of life.

La Belle Noiseuse : l’autel de la création

Rares sont les films monstres comme l’est par exemple La Belle Noiseuse de Jacques Rivette. Des films qui vous embarquent dans un antre où le pouvoir de création prend le dessus sur tout le reste. 

Boy, de Taika Waititi : mon père, ce barjot

Envie de partir au bout du monde ? A la rencontre de personnages sympathiques dans un film au style ébouriffant ? Laissez vous tenter par Boy, le deuxième film de Taika Waititi, une comédie légère à déguster en famille.

À cause d’un assassinat (1974) : La mécanique de l’ombre

Astucieux thriller saupoudré de fantastique, À cause d’un assassinat illustre par la forme les craintes éprouvées par la population américaine à l’égard d’un pouvoir manipulateur. Un grand classique du cinéma paranoïaque des années 70.

Pickpocket, de Robert Bresson, la morale dans le crime

Avec Pickpocket, Robert Bresson atteint un des sommets de son oeuvre. Déjouant les codes du film policier, le réalisateur fait une oeuvre d'une grande profondeur sur l'art et la morale.

Tropical Malady : un amour sans frontières

C’est fascinant de voir cette matière qu’est l’image, se concentrer autant sur son impact hypnotique. Là où Tropical Malady arrive à ses fins, c’est dans cette manière qu’il a de faire basculer son style naturaliste vers l’onirisme. 

Une aussi longue absence, de Henri Colpi : la confusion des sentiments

Il faut redécouvrir cette très belle Palme d'or 1961 portée par deux grands interprètes sur un scénario de Marguerite Duras.

Si loin, si proche : Grand Prix du jury 1993

Dans le Berlin de 1993, le Mur n'existe plus, mais les anges de Wim Wenders sont toujours là. Ils survolent la ville, ils lisent les pensées des habitants, et ils désirent faire l'expérience de l'humanité. Après Damiel dans Les Ailes du désir, c'est le tour de Cassiel dans Si loin, si proche, très beau film qui décrochera le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 1993.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.