« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
Dans un documentaire frappant et exceptionnel, Coeur Sanglant, Thierry Demaisières et Alban Teurlai plongent dans la psychè de Vincent Lindon et donnent à voir-entendre avec âpreté, lucidité ravageuse et émotion terrassante un acteur fou d'amour, de vérité et de désespoir.
Un Parfait Inconnu, le biopic de Bob Dylan réalisé par James Mangold. Timothée Chalamet impressionne par sa performance musicale, mais le film, malgré une reconstitution fascinante du New York des années 60, manque d'âme et d'intensité narrative.
Le Jardin zen : Inconnue chez nous malgré déjà 7 longs métrages à son actif, la cinéaste Naoko Ogigami manie un langage aussi sérieux que teinté d’ humour pour dénoncer subtilement certains travers de sa société japonaise bien-aimée.
Le romantisme des écrits de Jane Austen a inspiré la littérature, la télévision et le cinéma anglais, mais surtout l’imaginaire de toute une génération de jeunes femmes qui vivent dans l’attente désespérée d’une histoire d’amour sincère et passionnée. Une vision idéalisée, devenue anachronique dans notre société où flirts et aventures d’un jour se consomment sans modération sur des applis de rencontre. "Jane a gâché ma vie" s’engouffre dans cette dichotomie en s’attachant à une libraire célibataire en quête d’une vie romanesque.
Récompensé du prix SACD et du prix Fondation Gan à la Diffusion lors de la dernière édition de la Semaine de la Critique à Cannes, "Julie se tait", premier film de Leonardo Van Dijl, explore la résilience d'une jeune joueuse de tennis face à la pression, les abus et la quête de son autonomie. Un récit universel sur l’écoute et la guérison, à travers une performance émotive de Tessa Van den Broeck et une ambiance musicale signée Caroline Shaw.
Dans un film libre comme l'air " La voyageuse" , Hong San-Soo embarque Huppert pour la 3eme fois dans un voyage existentiel savoureux, coupant malicieusement avec tous les codes en proposant une héroïne génialement surprenante.
Dans "Jouer avec le feu", Delphine et Muriel Coulin dépeignent avec justesse les liens fragiles entre un père veuf, incarné par Vincent Lindon, et ses deux fils. Entre incompréhension, filiation brisée et dérive idéologique, le film explore les tensions silencieuses et les blessures invisibles qui façonnent cette famille. Porté par des performances intenses, il questionne les normes sociales imposées aux hommes tout en effleurant les abîmes de l’intime.
Desplechin confie comment le septième art l’a façonné, de sa fascination pour Shoah de Claude Lanzmann à l’épiphanie devant Les 400 coups. Ce parcours personnel, empreint d’idolâtrie envers le cinéma, révèle une quête plus profonde : retrouver cette "enfance perdue du regard", mêlant innocence et créativité avertie. Au final, Spectateurs ! ne parle pas seulement de cinéma, mais de la vie elle-même, et de notre manière, en s’enfermant dans une salle obscure, de chercher à mieux la comprendre.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.