"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Le scénario d'Annabelle est un modèle de foirage total. Les personnages sont creux et inintéressants au possible, tout droit sortis du petit manuel des clichés du genre...
The November Man a frisé la correctionnelle, passant à deux doigts du ridicule revival d’un Bond qu’a incarné autrefois Pierce Brosnan. Tout y était pour que ce film devienne un gadin mémorable...
Grand connaisseur de films d'action, et rôdé au genre de par sa filmographie, Antoine Fuqua offre au spectateur plus de deux heures d'action décomplexée, violente, souvent amorale et toujours parfaitement stylisée.
Autant portrait juvénile que thriller à suspense en passant par le drame familial, White Bird explore avec finesse l’introspection d’une adolescente qui doit affronter les névroses de sa mère, le manque de vigueur d’un père qui ne s’affirme jamais...
Still the Water est un poème cinématographique, dès les premiers plans, on est submergé par la beauté des paysages japonais, ce film tourné à Nara, ville de naissance de la cinéaste est aussi une ode à la vie
Million Dollar Arm est inspiré d'une histoire vraie, une succes story comme en raffole les américains, sur le mythe du self-made man. Avec en toile de fond, le sport numéro 1 aux USA, le Baseball...
Loin de l'image glamour du Parrain, plus proche d'un Soprano sans aller aussi loin dans la névrose, Les Âmes Noires donne à voir une autre image de la mafia.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.