Equalizer, un film d’Antoine Fuqua – Critique

Treize ans après Training Day, qui avait vu Denzel Washington remporter l’oscar du meilleur acteur, le comédien retrouve le réalisateur Antoine Fuqua pour une adaptation sur grand écran de la série culte des années 80 Equalizer.

Un projet qui devait au départ être confié à Nicolas Winding Refn, le metteur en scène de Drive, et qui est annoncé comme le début d’une nouvelle franchise façon Jason Bourne. Une suite a d’ailleurs déjà été annoncée.

On retrouve l’influence des années 80 dans le film comme dans la mise en scène. Grand connaisseur de films d’action, et rôdé au genre de par sa filmographie, Antoine Fuqua offre au spectateur plus de deux heures d’action décomplexée, violente, souvent amorale et toujours parfaitement stylisée. On se croirait parfois dans un Die Hard, le côté second degré en moins. Car le réalisateur prend son héros très au sérieux, lui offrant un statut quasi divin, comme un ange rédempteur intouchable, abattant son bras d’une terrible vengeance sur les hordes impures venues, comme de bien entendu, de la mère Russie.

Certains regretteront cet aspect très premier degré, critiquant la violence gratuite qui imprègne la pellicule. Il est vrai que le scénario tient ici sur un timbre poste, et que les motivations de Robert McCall sont pour le moins simplistes. Son désir de protéger à tout prix une jeune prostituée qu’il vient de rencontrer est peut-être un clin d’œil à Taxi Driver (probablement, même), mais la relation entre les deux personnages est loin d’atteindre le niveau de celle liant Travis et Betsy. Fuqua a l’air conscient de cette absence de justification mais, loin de s’en cacher, semble jouer avec, entraînant le spectateur dans des bagarres toujours plus spectaculaires et nerveuses.

Washington, le président de l’action

Et il peut compter sur son vieux partenaire Denzel Washington pour porter le film sur ses épaules. Dans son rôle de protecteur et de réparateur de torts, il est impeccable, proche de son personnage de Man on Fire, de Tony Scott, mais en moins truculent. Impossible, en fait, de ne pas penser à Jason Bourne dans la froide efficacité dont il fait preuve en tant que retraité au passé sombre et violent. Face à lui, Marton Csokas apporte une certaine épaisseur à un personnage pourtant stéréotypé de psychopathe embauché par la mafia russe pour régler le problème McCall. Chloë Moretz, de son côté, profite du peu de temps qui lui est offert à l’écran pour prouver sa capacité à jouer tous les rôles. Si celui de Terri ne fera sans doute pas date dans sa carrière, et s’il y a peu de chance que les spectateurs tentent d’assassiner le président en son nom, elle s’en sort tout de même avec les honneurs.

Equalizer se révèle donc être un film musclé et plutôt bien filmé, porté par un Denzel Washington toujours au sommet malgré ses 60 printemps, mais manquant d’un scénario valable et de personnages profonds. Qu’importe, son ambition principale n’est autre que de contenter le spectateur avide d’action frénétique, et il remplit parfaitement sa mission. Que demander de plus ?

The Equalizer : Bande-annonce

Synopsis : Pour McCall, la page était tournée. Il pensait en avoir fini avec son mystérieux passé. Mais lorsqu’il fait la connaissance de Teri, une jeune fille victime de gangsters russes violents, il lui est impossible de ne pas réagir. Sa soif de justice se réveille et il sort de sa retraite pour lui venir en aide. McCall n’a pas oublié ses talents d’autrefois…

The Equalizer : Fiche technique

Réalisation : Antoine Fuqua
Scénario : Richard Wenk, d’après l’oeuvre de Richard Lindheim et Michael Sloan
Interprétation : Denzel Washington (Robert McCall), Chloë Grace Moretz (Terri), Marton Csokas (Teddy), Bill Pullman (Brian Plummer), Melissa Leo (Susan Plummer)
Producteurs : Todd Black, Jason Blumenthal, Tony Eldridge, Mace Neufeld, Alex Siskin, Michael Sloan, Steve Tisch, Denzel Washington, Richard Wenk
Photographie : Mauro Fiore
Musique : Harry Gregson-Williams
Montage : John Refoua
Production : Columbia Pictures, Escape Artists, Lionsgate, Mace Neufeld Productions, Village Roadshow Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
genre : Action, thriller
Durée : 132 minutes
Date de sortie : 1er octobre 2014

USA – 2014

Auteur : Mikael Yung

Festival

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