"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Mélange de thriller, de film d'horreur et de conte de fée version ultra-dark, Horns se permet aussi quelques clins d’œil discrets à d'autres monuments du 7ème art comme Friedkin ou Lynch.
La mode étant aux super-héros Marvel et DC Comics, le film tente de concurrencer ceux-ci en faisant de Dracula, un héros aux pouvoirs exceptionnelles. Là aussi, cela ne fonctionne pas. C'est un échec...
Le dernier film de David Fincher, Gone Girl n'est autre que sa vision du premier tome de Millenium. Ceux qui ont lu le roman, construit sous la forme d'une alternance de points de vue....
Vendu comme un drame social à la française, "Bodybuilder" ne déçoit pas sur ce point. Le film commence comme tant d’autres avant lui : un jeune homme, paumé, vit de petits trafics, il est rattrapé par une bande de son quartier et s’enfuit pour leur échapper.
Un film viscéral, violent et traumatisant. La langue n'est plus une barrière, les sentiments et les intentions sont d'autant plus compréhensibles. Leurs gestes, leurs regards, leurs râles, n'ont jamais été aussi expressifs.
La force du film, et ce sur quoi repose une grande partie de la promotion, c'est bien sûr le casting. Un trio de haute volée qui se montre à la hauteur de sa réputation. Nicole Kidman porte une grande partie du film sur ses épaules...
Le film Leviathan, de Zviaguintsev montre les dérives de cet état totalitaire, ce monstre qui s’enorgueillit et s’enivre de sa propre puissance. S’appuyant sur un scénario solidement construit, visiblement bien documenté, le réalisateur nous livre une belle histoire métaphorique mais bien ancrée dans le réel.
Après le succès rencontré avec La Couleur des Sentiments, son second long-métrage en tant que réalisateur, Tate Taylor s'attaque ici à un projet autrement plus délicat à mettre en place, un biopic sur l'un des plus grands artistes du vingtième siècle, le Parrain de la Soul, James Brown en personne.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.