"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Après un passage décrié à Cannes, Lost River, le premier film de Ryan Gosling débarque sur nos écrans. Chef d'oeuvre fantasmagorique ou ratage complet ?
L'Astragale d'après le roman d'Albertine Sarazin, est un beau film qui a su allier le romanesque de l'intrigue à un noir et blanc accentuant le côté retro des années 50...
Le spectateur féru d’action survitaminée, d’explosions en tout genre et de cascades à couper le souffle en aura indiscutablement pour son argent. En la personne de James Wan, Hollywood vient de trouver une nouvelle valeur sûre.
C’est bien dommage que le réalisateur ne parvienne pas tirer ni de suspense ni de force émotionnelle en adaptant ce roman dont l'intrigue promettait pourtant un excellent thriller psychologique. Les bons choix de casting et la technique posent une ambiance qui malheureusement restera inexploitée.
Les enquêtes du département V : Profanation est un film qui laisse une impression étrange : tout y est fait pour plaire, et pourtant l'on éprouve quelques réticences...
Quel dommage que ce soit à l'occasion de ce film dépourvu d'enjeux scénaristiques que Jennifer Anniston se décide enfin à nous prouver qu'elle est capable de jouer sur un ton plus mélodramatique que ses habituels rôles. Des efforts qui ne permettent à donner corps à son personnage tant son évolution tourne en rond.
Que peut nous apporter, en 2014, une énième mouture sur cette dualité culturelle saxonne? La singularité De l'autre coté du mur est de marier ce classicisme un peu rétrograde à une forme d’utopie consolatrice...
Le tour de force est d'avoir fait émaner, à partir d'une prestation assez austère d'Eddie Marsan et d'une mise en scène dépouillée, un hymne à la vie véritablement bouleversant. Sans esbroufe mélodramatique, ce feel-good-movie nous surprend par sa simplicité et son impact émotionnel revigorant.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.