Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Surfant sur la vague anticonformiste des jeunes d'aujourd'hui, l'extrême simplicité du scénario ponctué par un humour gras fait de Hors Contrôle, une comédie bas de gamme qui ennuie rapidement.
Moka, le nouveau film de Frédéric Mermoud est une réussite en demi-teinte, un fabuleux portrait de femmes, notamment celui d'une Emmanuelle Devos au top de son art, mais une intrigue policière un peu molle. Beau et élégant comme la couleur moka, le film offre de somptueuses images des bords du lac Léman.
L'émancipation d'un Wallissien venu en métropole pour s'intégrer au sein d'une équipe de rugby apparaît comme une quête initiatique aux allures de tragédie et de choc des cultures. Ce Mercenaire réussit-il à exploiter pleinement la force universelle de cette histoire ou bien tombe t-il dans le piège des clichés?
Toni Erdmann raconte l'odyssée d'un père prêt à tout pour faire sourire sa fille. Maren Ade joue sans cesse sur les ambiguïtés pour au mieux refléter les complexités d'une relation père fille que tout oppose. C'est aussi un film politique, très critique envers l'Europe d'aujourd'hui.
Pour son troisième passage derrière la caméra, la comédienne allemande Maria Schrader s'attaque à un mythe littéraire en livrant un biopic singulier sur les années d'exil de Stefan Zweig en Amérique latine pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais son film, certes documenté et instructif, tombe dans l'écueil d'un didactisme morne qui laisse rapidement l'ennui s'installer.
Paul Greengrass et Matt Damon reviennent en très grande forme dans la saga Jason Bourne, avec un opus efficace et virtuose sur sa forme même s'il cède plus souvent aux facilités scénaristiques. Pas de quoi bouder son plaisir malgré tout devant le shot d'adrénaline de l'année et ce qui sera probablement le blockbuster de l'été.
Le nouveau S.O.S fantôme par Paul Feig, porté par un casting féminin. Malgré le torrent de haine qui s'est abattu sur le film avant sa sortie, celui-ci reste un divertissement honnête qui ne méritait pas toute cette hargne.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.